Ancien joueur de foot professionnel du Deportivo La Corogne devenu journaliste pour le site Poker 10, Arturo Patiño s'offre sa plus belle victoire cartes en main
Media Event 30 €
Mardi soir, alors que l'Opener accaparait la majorité des tables du Casino Estoril, la presse poker déjà présente sur l'événement était conviée à participer à une petite sauterie entre confrères. 48 joueurs, pas mal de bières distribuées et, alors que la rédaction Winamax échouait lamentablement à atteindre la table finale, un vainqueur espagnol couronné sur les coups de trois heures du matin : Arturo Patiño, membre de l'équipe du site Poker10.com. C'est d'ailleurs exclusivement comme ça que nous autres le connaissons, à force de croiser son sourire et sa bonhomie sur les festivals majeurs du circuit. Mais le Galicien a eu une vie avant le poker, longue et remplie d'exploits autrement prestigieux. Une vie passée ballon au pied.
"Le football est ma passion et j'ai eu la chance d'être payé pour faire ce qui me plaisait le plus, nous a-t-il raconté. J'ai débuté à Orillamar, une équipe d'un quartier de La Corogne, et j'ai passé ma dernière année en jeune au Deportivo, l'équipe phare de la ville. J'ai passé quatre saisons et demie dans l'équipe réserve, dont je suis le meilleur buteur et je suis ensuite passé en équipe première. J'ai eu la chance d'évoluer aux côtés de joueurs comme Bebeto, Mauro Silva, Fran, Claudio, Donato ou encore Peio Uralde." Mieux, Arturo se fend d'un joli record, devenant le premier joueur à inscrire un quadruplé lors d'un match de Coupe du Roi - la Coupe de France espagnole. Record qu'il détient désormais avec un certain... Luis Suarez. Pas mal.
Nous sommes alors dans la première moitié des années 1990 et, bien que "le Depor" ne soit pas encore la grande équipe des années 2000 qui remportera la Liga et atteindra les quarts, puis les demi-finales de la Ligue des Champions, elle reste une valeur sûre du championnat espagnol, se battant régulièrement pour le titre face au FC Barcelone.
L'aventure avec La Corogne finit par tourner court pour Arturo, qui part au Deportivo Lugo puis à l'UD Las Palmas, avant d'être cédé à plusieurs autres clubs espagnols comme Figueres ou Grenade. "Des équipes pour lesquelles j'ai gardées une profonde affection." Jusqu'au moment où l'envie finit par manquer. "La décision d'arrêter ne m'est pas venue du jour au lendemain, elle a été mûrement réfléchie, alors que j'étais encore jeune (28 ans) et que je venais d'inscrire 12 buts en troisième division. J'ai fini par m'y résoudre quand, au réveil, j'avais tout simplement la flemme d'aller m'entraîner. C'est marrant parce que la veille, dans une interview que j'ai fait de João Vieira, qui a lui aussi été sportif de haut niveau, il m'a dit peu ou prou la même chose. Que quand l'envie de jouer n'est plus là, que ce soit dans un sport, au poker ou pour travailler, c'est qu'il est temps d'arrêter."
Arturo se tourne alors vers une autre de ses passions : l'écriture. "J'ai suivi une formation et des journalistes que je connaissais de l'époque où j'étais pro ont commencé à me contacter." Le chemin qui l'a mené vers le poker fut en revanche plus tortueux. "Je connaissais Juan Carlos Barros, le fondateur de Poker10 parce qu'il jouait dans l'équipe juniors de basket du Real Madrid avec mon beau-frère. Un jour, JC m'a dit qu'il avait besoin d'aide avec son blog de poker - qui allait devenir Poker10 - et je lui ai donné un coup de main. Ce qui devait durer deux jours s'est transformé en vingt ans !"
Alors qu'il n'avait encore jamais joué une main de Texas Hold'em de sa vie, Arturo se forme, apprend au contact de tous les grands joueurs qu'il finit par croiser sur le circuit... jusqu'à donc ce premier titre en live, bon pour 518 €. "Mais je reste un fish, un récréa à 100% !" Mais un récréa avec un trophée. Felicidades Arturito!
Propos recueillis par Antrodax




