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Jours :Tournois annexes
Main Event :12345Finale

Jasper Meijer van Putten ferme le ban

- 20 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Belle inspiration de Neil Stoddard (le photogtaphe officiel de PokerStars) pour le dernier portrait de vainqueur de l'histoire de l'EPT

Cette fois-ci, c'est vraiment fini : aux alentours de minuit dans la nuit de lundi à pardi, un obscur pro hollandais du nom de Jasper Meijer van Putten a remporté le 115ème et dernier Main Event de l'histoire de l'European Poker Tour. Le circuit s'achève donc comme il avait commencé en 2004 : par la victoire d'un obscur pro, dont en entendra sûrement un peu plus parler maintenant que sa bankroll vient de prendre un coup de boost de 700,000 euros. De toute façon, l'EPT, c'était le circuit des obscurs pros sur qui la lumière s'abat. Je suis vachement poétique, ça doit être l'émotion.

Meijer van Putten est le sixième et dernier joueur Néérlandais à décrocher un titre EPT. Pour cela, il a du battre en heads-up le Hongrois Marton Czuczor : ceux-ci ont conclu un deal sans trop tergiverser après l'élimination en troisième place de David Peters, le joueur le plus dangereux de la finale avec ses 14 millions de dollars de gains en live. Ce dernier manque le titre mais passe en tête du classement Global Poker Idex, doublant Fedor Holz sur la dernière droite !

Rappelons au passage la savoureuse anecdote concernant le vainqueur : au cours de la première des six journées de l'épreuve, Jasper s'est senti tellement mal qu'il est rentré se coucher : tandis qu'il dormait, son tapis à fondu à 20 blindes. Cela ne l'a pas empêché de remonter, puis finalement gagner !

Résultats - Main Event 10 300€
1 192 joueurs - Dotation : 5 781 200€

Vainqueur : Jasper Meijer van Putten (Pays-Bas)  699 300 € après deal
2e :  Marton Czuczor, Hungary, PokerStars player,  630 000 € après deal
3e :  David Peters (USA) 397 300 €
4e : Sergei Petrushevskii (Russie) 284 500 €
5e : Marius Gierse (Allemagne) 203 800 €
6e : Sam Cohen (USA) 145 900 €
7e : David Lopez Llacer (Espagne) 104 510 €
8e : Kiryl Radzivonau (Biélorussie) 74 850 €

William Kassouf avec son crew et sa carte fétiche (photo : Tomas / PokerStars)

Il frappe encore ! Acteur majeur du Main Event des WSOP 2016 (franchement, on a plus parlé de lui que du vainqueur Qui Nguyen, malgré les seize places les séparant au classement), William Kassouf a remporté le mastodonte High-Roller organisé en marge du Main Event. Mené en duel, l'Anglais a accepté un deal quelque peu désavantageux, proposé par Patrick Serda en échange de la victoire : il n'y a donc pas eu de heads-up à proprement parler ! La dernière fois que j'ai vu ça, c'était au Winamax Poker Open de Dublin en 2011. Du coup, la hauteur 9 que vous voyez sur la photo est clairement une supercherie : en l'absence de main gagnante, Kassouf s'est contenté de choisir sa carte préférée du paquet.

Résultats - High-Roller 10 300€
407 entrées

William Kassouf (UK) 532 500 € après deal
2e : Patrick Serda (Canada) 719 000 € après deal
3e : Tue Ullerup Hansen (Danemark) 351,000 €
4e : Viliyan Petleshkov (Bulgarie) 283,850 €
5e : Paul Leckey (UK) 224,600 €
6e : Grzegorz Wyraz (Pologne) 172,910 €
7e : Matas Cimbolas (Lithuanie) 128,700 €
8e : Jens Lakemeier (Allemagne) 93 170 €

Et sinon, en bref, les deux dernières perfs Françaises (en attendant un récap complet) :

Benjamin Pollak décroche la troisième place d'un dernier, dernier, dernier des derniers 10K, un Turbo 6-max. Il remporte 36 000 euros (devait vraiment pas avoir beaucoup de monde)
Quentin Lecomte remporte le troisième titre Français du festival en s'adjugeant le dernier 330€ Turbo, pour un gain sympathique de 11,000 euros.

Et c'est ainsi qu'après 12 ans, 115 étapes et plus d'un milliard d'euros distribués (!), nous fermons le livre de l'European Poker Tour. Douze ans ! Merde :  j'ai l'impression de dire définitivement au revoir à ma jeunesse. Nous ne manquerons pas de scruter avec curiosité la naissance de son successeur, le PokerStars Championship, prévue dès janvier 2017 aux Bahamas.

En attendant, je vous remercie tous, amis lecteurs, pour votre fidelité, vos encouragements et vos remarques tout au long de la semaine. Portez-vous bien, passez de joyeuses fêtes, dites à ceux que vous aimez que les aimez, dites à ceux que vous aimez pas que c'est pas si grave, remerciez mémé ou tata pour le pull moche, buvez un verre d'eau entre chaque cocktail, et faites attention avant de traverser la rue. Plein de bisous.

Benjo

Finalistes Français : la liste complète

- 20 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Quatre titres - dont deux lors de la toute dernière journée signés Sylvain Loosli et Quentin Lecomte - 37 places autour d'une table finale - sur 100 tournois - et près de 550 000 euros récoltés au total : nos petits Frenchies n'ont peut-être pas remporté le Main Event, mais ils n'en ont pas moins fait parler d'eux durant les douze jours du dernier festival Europen Poker Tour de l'histoire. Pour la postérité, rendons hommage à ceux qui repartent avec au moins un petit quelque chose de ce voyage en terre tchèque, des 220 000 euros de Jean-Noël Thorel, aux 275 euros de Wilfrid Lefer.

Jean-Noël Thorel
Runner-up du High-Roller 25 500€ #2 (22 entrées) pour 156 200€
5e du High-Roller 25 500€ #3 (24 entrées) pour 55 860€
7e du Hyper Turbo 5 200€ (46 entrées) pour 8 530€

Sylvain Loosli (Team Winamax)
Vainqueur du Turbo Knockout 10 200€ (36 entrées) pour 57 530€

Benjamin Pollak
3e du Turbo 6-Handed 5 200€ (50 entrées) pour 36 320€

Jean-Jacques Zeitoun
Runner-up du Turbo 550€ (529 entrées) pour 28 680€
Runner-up du Shootout 550€ (34 entrées) pour 6 740€
7e du Highest Hand Instant Win Turbo 550€ (47 entrées) pour 720€

Jawad Bengourane
7e du Main Event Eureka 1 100€ (2 031 entrées) pour 31 840€

Frédéric Leonetti
3e du Deepstack Big Ante 1 100€ (275 entrées) pour 26 640€

Dominique Terzian
8e du Eureka High-Roller 2 200€ (889) pour 25 280€

Joseph Moyal
Runner-up du Turbo 1 100€ (101 entrées) pour 16 280€

Olivier Rousse
4e du PLO 1 100€ (202 entrées) pour 14 780€

Quentin Lecomte
Vainqueur du Turbo EPT Edition 330€ (193 entrées) pour 10 840€

Michel Abécassis (Team Winamax)
3e du Turbo 300€ (414 entrées) pour 10 500€

Kalidou Sow
5e du Hyper Turbo Progressive Knockout 2 150€ (195 entrées) pour 10 310€

Yoni Sultan
5e du Hyper Turbo 1 100€ (182 entrées) pour 9 870€

Photo : Tomas Stacha / PokerStars

Valérie Pignot
Vainqueur du Win The Button Turbo 330€ (124 entrées) pour 7 430€

Jonathan Layani
5e du PLO Turbo Win The Button (107 entrées) pour 7 190€

Salem Sahed
8e du Hyper Turbo 550€ (315 entrées) pour 3 020€
3e du 8-handed Turbo 330€ (41 entrées) pour 1 880€

Tom Delaine
5e du Pot-Limit Omaha Lazy Rivers (!) 220€ (81 entrées) pour 1 170€
7e du 550€ (putain c'est le seul tournoi normal pas turbo pas high-roller pas machin mes couilles triple lutz les yeux bandés une main dans le dos super bidule de la liste) (250 entrées) pour 3 600€

Kevin Bismuth
7e du Turbo 330€ (453 entrées) pour 3 251€

Pierre Morin
3e du 2-7 Limit/No-Limit 6-max 550€ (36 entrées) pour 2 880€

Photo : Tomas Stacha / PokerStars

Fabien Matthieu
Vainqueur du Chess & No-Limit Hold'em Mix 220€ (parce que pourquoi pas) (18 entrées) pour 1 750€

Barbara Martinez
4e du Ladies Event 220€ (89 entrées) pour 1 620€

Aurore Sagne
5e du Super Knockout Turbo 220€ (288 entrées) pour 1 430€

Julien Muel
6e du 6-handed Sextuple Omaha 550€ (51 entrées) pour 1 325€

Souphannaro Nor
9e du Turbo EPT Edition 330€ (193 entrées) pour 1 250€

Norbert Szalaw
8e du Shootout 550€ (34 entrées) pour 1 240€

Antony Mezzaroba
9e du Turbo 330€ (142 entrées) pour 1 030€

Patrick Groppi
7e du Super Knockout Turbo 220€ (288 entrées) pour 770€

Saber Herrazi
5e du Deuces Wild Quack Quack Half a Rack Turbo 120€ (non mais sérieux...) (70 entrées) pour 704€

Florence Allera
9e du Super Knockout Turbo 220€ (288 entrées) pour 570€

Michel Chiocca
7e du Deuces Wild Quack Quack Half a Rack Turbo 120€ (je vous jure...) (70 entrées) pour 400€

Wilfrid Lefer
7e du Double Board 120€ (37 entrées) pour 275€

It's the end of the EPT (as we know it)

- 19 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

21 heures 25 à Prague. La salle de presse est quasi déserte, à l'exception de la présentatrice de PokerNews, en pleine conférence Skype avec sa famille aux Etats-Unis, qui attend patiemment que le dernier heads-up de l'histoire de l'EPT se termine, le Hongrois et le Hollandais sont en train de s'affronter, j'ai pas tout suivi, j'étais perdu dans ma nostalgie. La porte est ouverte et j'entends des conversations dans toutes les langues en provenance du couloir. Croupiers, staff, journalistes, équipe télé : toute la journée, j'ai entendu "au revoir" ou "adieu" dans tous les accents du monde. Certains se donnent rendez-vous aux Bahamas (première étape du tout nouveau circuit "PokerStars Championship") en janvier, tandis que d'autres se promettent de rester en contact : le changement de nom de l'EPT, et sa refonte dans un circuit mondial, va semble t-il en laisser quelques uns sur le carreau. Moins d'étapes, et/ou de nouvelles étapes signifie forcément que l'on ne retrouvera pas tout le monde au même endroit en 2017.

Samy Ouellani et Mesbah Guerfi ont manqué de peu la finale du High-Roller, terminant en 13ème et 11ème place. William Kassouf, LE William Kassouk, est chip-leader à sept restants. Il paraît que Quentin Lecomte a gagné un 300 Turbo. Mais j'ai du mal à me concentrer sur tout ça. J'ai le bourdon ! L'EPT, c'est terminé. Je sais, je sais, ce n'est qu'un changement de nom. Je retrouverai la plupart des acteurs du circuit à Barcelone, à Monte Carlo, ou peut-être même à Macao, ou encore ailleurs, dans des destinations que je n'ai jamais visitées. Mais tout de même. Les symboles, j'y attache de l'importance. L'Europe est à bout de forces, et pendant ce temps l'EPT est terminé. Il n'y a aucun rapport, mais je m'en fous. L'EPT, c'est terminé. On tourne une page : je me demande ce qui va être écrit sur la prochaine. Je suis anxieux. C'est à nous d'écrire tout ça. Mais j'ai la plume mal assurée. Mes doigts ne trouvent pas les mots sur le clavier. Moi j'aimais bien l'EPT. Même si parfois, il me faisait chier. Y'a des sujets parfois sur lesquels on pouvait parfois le critiquer. J'ai l'impression que je l'ai pas assez fait. Il sera pas trop tard pour le faire plus tard. Mais en attendant l'EPT c'est terminé. Je sais pas conclure, je sais pas dire "au revoir", encore moins "adieu". Je vais essayer d'aller le faire là tout de suite, de dire adieu à des gens que je reverrai peut-être plus.

 

10 ans d'EPT en photos (suite)

- 19 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Je n'ai pas tout à fait fini de piocher dans la malle à souvenirs de l'EPT... Avec cette seconde galerie photo, j'en profite pour passer une petite dédicace à tous les "couvreurs" Winamax ayant fréquenté l'EPT ces dix dernières années : Harper, Kinshu, Chhriis, Florence, Flegmatic, et la merveilleuse équipe vidéo dirigée par Paco, Régis et Junior. [EDIT : Et comment ais-je pu oublier Yuestud, Team Manager en 2008 et 2009, qui m'a remplacé à plusieurs reprises lorsque j'étais pris par le micro de l'EPT Live ?]
 

Pierre Calamusa et Adrien Allain patientent avant le plus grand moment de leur carrière : la finale de Monte Carlo (2016)

Une autre destination absolument superbe que l'EPT n'a visité qu'une seule fois : Kiev, en 2009.

Durant trois saisons, j'ai eu le privilège d'assurer la version Française de l'EPT Live. Autant dire que je ne me suis pas privé d'inviter au micro ce que le circuit Français avait de meilleur.

Lorsque les premières tables finales streamées avec cartes visibles ont été organisées, il n'était parfois pas possible pour les reporters de s'en approcher. Du coup, solution de repli : se regrouper avec les confrères au sein d'une chambre d'hôtel, et regarder le streaming avec une bonne bouteille de bourbon, comme ici à Madrid (2011).

Nicolas Levi au micro de Gloria Balding de PokerNews (Bahamas, 2010)

En salle de presse à Berlin avec Kinshu (2011) (photo : Tapis Volant)

Michel Abécassis croise le fer à Prague (2011)

Les hommes et femmes derrière les caméras : l'équipe de l'EPT live à Monte Carlo (2010)

Une panne de courant n'est pas le genre d'incident qui empêchera des joueurs de poker de continuer à jouer au poker : la preuve à Kiev en 2009.

Un deep run, ça donne la banane, n'est-ce pas Monsieur Shen ? (Prague, 2015)

Inutile de se le cacher : la bière est le carburant du couvreur, qu'elle soit prise en plein milieu de la journée (c'est très rare) ou une fois le boulot terminé (c'est systématique). Sur cette photo, on peut voir l'intégralité des mini-bars de ma chambre et celle de Cuts, lors de l'étape de Dortmund, un soir où nous avions encore soif bien après la fermeture des derniers bars.

3 sandwichs + 3 soft drinks = 46€. Pas de doute : nous sommes à Monte Carlo.

Le coach Stéphane Matheu : une présence de tous les instants auprès du Team. Ici avec Davidi, après une enième finale High-Roller (Prague, 2015)

Partie de "plus près du mur" improvisée aux Bahamas (2009)

Rail de prestige pour soutenir Nicolas Levi (Prague, 2011)

Adieux émus de Mad Harper à Barcelone en 2015, après dix ans de bons et loyaux services en tant que coordinatrice médias à l'EPT (photo : Neil Stoddart)

Le jour où j'ai joué à Guitar Hero avec Kara Scott (Varsovie, 2008). Oui, c'est un brag en bonne et due forme.

La bonne humeur d'Antony Lellouche était ominiprésente à table (Londres, 2008)

Paco et Régis, premiers caméramens de Winamax (ici aux Bahamas en 2008). Comme c'est moi qui postais les vidéos sur Wam-Poker, les topics de la grande époque étaient souvent truffés de "Merci Benjo pour les vidéos !", source inépuisable de private jokes en salle de presse. Fouillez au plus profond de notre chaîne Dailymotion pour retrouver leurs premiers chef d'oeuvres miniatures (avant qu'ils ne se tournent vers les longs formats comme
Dans la Tête d'un Pro). Pour le plaisir, l'un de mes préférés :



Le Top Shark Guillaume Diaz se fait bizuter dans les règles à Deauville (2014)

Scène typique de l'EPT en 2008, année où la folie du poker en Europe était à son paroxysme : des salles de presse blindées jusqu'à la gueule. Il fallait mieux arriver tôt pour être sûr de choper une prise libre.

Le break : moment idéal pour refaire le match... Ou s'enquérir du restaurant choisi pour le dîner (Prague, 2008)

Je mentirais si je vous disais que les journalistes s'éclatent du matin au soir en regardant des mecs jouer aux cartes pendant de très longues heures. Il y a des fois (pas tout le temps mais parfois) où on s'est quand même fait un peu chier. Mais ne le répetez pas. (ici à Varsovie en 2008)

Parmi les belles rencontres que nous avons pu faire sur le circuit : Daniel "illouna" et Matthieu "LA GOUTTE", qualifiés Winamax sur l'EPT Malte en 2015

Emotion palpable chez le Gallois Roberto Romanello au moment de recevoir le titre (Prague, 2010)

A deux reprises, l'EPT a visité une station de ski, celle d'Hinterglemm en Autriche. La salle de presse offrait une vue panoramique sur les pistes. Alors forcément, nous avons passé la semaine à pointer du doigt les plus belles gamelles, qui se produisaient devant nos yeux en continu au rythme de une toutes les cinq minutes environ.

En plein tilt, MIK22 ? (Monte Carlo, 2013)

La victoire, ça se fête à plusieurs : Sylvain Loosli sur le Super High-Roller de l'EPT Barcelone 2015.

L'uniforme était de mise pour l'arrivée du Team à Deauville en 2012, en compagnie de quelques VIP comme le chanteur Christophe.

Nous avons eu droit à de très belles salles de tournoi au fil des années. Celle de Vienne (2014) décroche la palme. Forcément : ce n'est pas tous les jours qu'on peut jouer au poker dans une des salles du Palais Gouvernemental...

Vikash Dhorasso en toute détente à Prague (2008)

Guillaume "Johny001" de la Gorce vient prendre des nouvelles d'Arnaud Mattern (Bahamas, 2010)

L'une des photos les plus mondialement célèbres de l'histoire de l'EPT, on la doit à Jay Bee, reporter occasionnel et décalé pour ClubPoker : ce jour-là à Monte Carlo (2010), le Lyonnais fut touché par la grâce divine en cliquant pile au bon moment...

Y'en a un peu plus, j'vous l'mets ?

- 19 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Sylvain Loosli remporte le Turbo Knockout 10 200€ sur la dernière ligne droite de l'EPT

J'écrivais hier qu'avec la conclusion des dernières épreuves deepstack du festival, il n'y avait guère de chances que l'on retrouve des pros du Team dans la salle aujourd'hui, pour l'ultime journée de l'European Poker Tour. Perdu : j'ai tendance à l'oublier, mais il se trouve que nos joueurs ont aussi du sang Turbo qui coule dans leurs veines...

Si Davidi Kitai a malheureusement fait la bulle de l'épreuve Turbo Knockout à 10,000 euros (deux 6 contre As-Roi), quittant en premier la table finale alors que la structure ne prévoyait que six places payées, Sylvain Loosli est allé jusqu'au bout, s'adjugeant donc l'un des tout derniers trophées en forme de pique mis en jeu sur le circuit EPT. Il s'agissait de la 96ème épreuve d'un festival en ayant compté 102 !

Entré dans l'argent avec un tapis inférieur à 30BB, Sylvain a eu le plaisir de voir sortir rapidement ses deux adversaires les plus dangereux : Ole Schemion et Justin Bonomo. Après avoir doublé avec deux 7 battant As-4, la machine était lancée : Sylvain était chip-leader, et ne s'est pas privé de mettre en pratique sa connaissance parfaite des ranges de push préflop pour mettre la pression sur ses adversaires.

Arrivé en duel en ayant déjà éliminé quatre adversaires (correspondant à quatre "bounty" de 5000 chacun), Sylvain a préféré rester prudent : "Mon adversaire était bon dans le jeu préflop, il savait avec quelles mains faire tapis et passer", explique t-il. "J'ai donc plutôt essayé d'aller chercher les coups après le flop. D'autant qu'il avait une fâcheuse tendance à me payer lorsque j'étais devant ! Il faut dire que j'ai touché beaucoup de flops [rires]".

D'ordinaire, le duel final d'un tournoi ressemble à une partie d'échecs mais, structure turbo oblige (15 minutes par niveau !), c'était plutôt une partie de Dames en blitz à laquelle on avait affaire : la profondeur de tapis se réduisait à vue d'oeil, et la profondeur de la stratégie aussi. Comme au ping pong, j'ai donc vu Sylvain et Paolo s'échanger les jetons au rythme de nombreux coups à tapis : 77 qui gagne contre As-Valet (Sylvain double et passe devant), 44 qui perd contre As-3 (Paolo double), Roi-4 qui perd contre Valet-10 (Paolo double encore), As-9 de coeur qui gagne contre Valet-10 (au tour de Sylvain de doubler), Dame-8 qui perd contre Roi-Valet (Dame au flop, quinte au turn : Paolo double de nouveau), jusqu'à ce coup final où le A7 de Sylvain est resté en tête contre 96.

Au terme d'une épreuve jouée en accéléré (cinq heures trente au compteur) Sylvain Loosli quitte donc Prague dans le vert, et avec un trophée supplémentaire à poser sur l'étagère. Félicitations ! Il reste des Français à Prague pour fêter ça ?

Résultats - Turbo Knockout 10 300€
36 inscriptions - Dotation 349 200€

Vu que c'est le dernier, j'ai le droit de m'incruster sur la photo ? Merci à Caro qui a bien voulu tenir l'appareil pour ma dernière chance de figurer sur un cliché de vainqueur EPT !

Vainqueur : Sylvain Loosli (France, Team Winamax) 57 530 € (+ 30 000 € en bountys)
Runner-up : Paolo C. 39 760 €
3e : Fady Kamar 25 380 €
4e : Preban Stockhan 19 460 €
5e : Justin Bonomo 15 230 €
6e : Ole Schemion 11 480 €

10 ans d'EPT en photos

- 19 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Tout au long des dix dernières années, Winamax vous a proposé le coverage de 71 étapes European Poker Tour, depuis Londres en septembre 2007 (ville où est née le Team Pro), jusque cette ultime visite à Prague cette semaine. Sachant que 23 des 115 festivals EPT se sont joués entre 2004 et 2007, avant que le Team ne prenne forme, cela veut dire que nous avons couvert 77% qu'il était possible de couvrir... Et qu'au moins un pro du Team était présent sur la plupart de celles composant les 23% restants.

La centième étape EPT (qui s'est déroulée à Barcelone à l'été 2014) nous avait déjà donné l'occasion de jeter un oeil aux archives, avec quelques dizaines d'articles consacrés à nos meilleurs souvenirs sur le circuit disséminés tout au long du reportage. Je ne me livrerai donc pas de nouveau à l'exercice ici même si, depuis deux ans, nous avons eu l'occasion d'ajouter quelques moments cultes à notre collection : le heads-up franco-français entre Valentin Messina et Jean Montury à Malte, le sacre du vétéran John Juanda à Barcelone, ou l'impressionnante domination de Dzmitry Urbanovich tout au long de 2015 et 2016 me viennent à l'esprit.

En lieu et place, voici quelques unes de mes photos préférées parmi les milliers publiées au cours de ces 71 reportages. Ce ne sont pas forcément les plus réussies (la qualité de nos appareils photo et des photographes a varié au fil des années). On n'y retrouve pas forcément vos vainqueurs préférés (pour les retrouver, les archives sont là en intégralité). On n'y retrouve pas non plus l'ensemble de tous les bons moments que nous avons vécu au sein de ce grand et joyeux cirque itinérant : ils sont tous simplement trop nombreux. Non, ce que j'ai voulu vous proposer, ce sont des photos qui me font ressentir quelque chose... Des visages, des paysages, et des décors que je retournerai consulter lorsque je voudrai me rappeler ce que fut l'EPT.

Attention : galerie 100% nostalgique. Sauf mention contraires, toutes les photos ont été prises par un reporter Winamax.
 

Pierre Calamusa "under the gun" de Davidi à Barcelone (2016)

Alexandre Amiel fut l'un des joueurs les plus réguliers sur nos satellites en ligne du dimanche : je ne crois pas que le producteur TV ait jamais disputé un EPT sans s'être pointé avec son ticket Main Event déjà en poche (ici a Monte Carlo en 2014).

La tournée pour fêter la fin de journée : une tradition qui se perd.

Pas de tournois sans croupiers ! Infatiguables malgré leur rôle parfois ingrat de pourvoyeurs de bad-beats, ils sont pour moi les héros sous-estimés du circuit. Parmi les meilleurs éléments francophones : Alice, ici en table TV avec Sonny Franco (Prague, 2015).

L'inclusion des Bahamas au calendrier EPT n'aura jamais cessé de faire tiquer les professeurs de géographie. Pas que l'on aura songé à s'en plaindre, loin de là.

La pose finale de Davidi pour les caméras (Berlin, 2012).

Parmi les plus beaux endroits visités par l'EPT en douze ans (à une seule reprise, hélàs) : Budapest.
 
On pourra reprocher tout ce qu'on veut au gagnant de l'EPT Deauville 2011 Lucien Cohen, sauf de savoir savourer une victoire.

Caméras, appareils photos, calepins, curieux : scène traditionnelle de bulle.

Le jeu de la credit card roulette : un grand classique des premières années du Team Winamax. De nos jours, nos pros ne la pratiquent plus jamais. Conséquence de la dominance du jeu GTO ?

Ludovic Lacay élimine Barry Greenstein de l'EPT San Remo en 2011. Comme le veut la tradition, Barry lui dédicace un exemplaire de son livre, complet avec le résumé de la main... Barry ne s'en souvenait peut-être pas, mais il avait déjà fait le même geste à Barcelone en 2007.

Une pause dans le lobby à Varsovie en 2008. Avec une certaine fatigue du côté "coverage"...

Couverture médiatique post-élimination en troisième place (Barcelone, 2008)

La neige ne s'est posée qu'une seule fois sur l'étape EPT de Deauville, en 2012. Et oui, bien entendu, les batailles de boule de neiges et concours de bonhommes ont été légion durant les pauses. (photo : Neil Stoddart)

Le circuit EPT ne fut pas fait que de destinations glamour. Ici, la vue de ma chambre d'hôtel à Dortmund, Allemagne (2008).

La photo de famille des survivants est une tradition à la fin des journées du Team. Ici, un contingent bien fourni au terme du Day 1 de Dublin 2016.

Accéssoire indispensable d'un reporter au début d'un Day 2 chargé en Français : l'antisèche papier ! Avec une liste qu'il devra malheureusement biffer au fur et à mesure des éliminations du jour.

L'un des moments les plus marquants de la sage Française à l'EPT : la victoire d'ElkY aux Bahamas en 2008. (photo : Chris Hall)

On est d'accord : l'EPT, ce fut génial. Mais certains ont poussé la déclaration d'amour un peu loin... (San Remo, 2011).

Un rail de luxe pour Pierre Calamusa en finale à Monte Carlo (2016)

La première finale de l'étape de Prague, remportée par Arnaud Mattern : en 2007, pas de streaming mais des gradins bien remplis.

Retrouvailles à Vienne (2014) entre le coach Stéphane Matheu et son vieux partenaire de tennis à Vegas, un certain Gus Hansen.

22 et 'Dou : les deux MIK du Team en deep-run à Vienne (2014)

L'ouverture du toit et des baies vitrées de la salle des étoiles, avec vue sur toute la Principauté, était chaque année l'un des moments les plus attendus par les joueurs de l'étape de Monte Carlo.


A SUIVRE...




 

La der des der

- 19 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Mes yeux sont mouillés, mes doigts tremblent sur le clavier : l'émotion m'étreint au moment de vous présenter les derniers joueurs du dernier tournoi European Poker Tour de l'histoire. Ces présentations n'ont rien de superflu : les six prétendants au titre disputent tous leur première finale EPT. Celle-ci a débuté peu après midi, heure locale, et le stream avec cartes révélé a été lancé une heure plus tard. Une recherche google à base de "EPT live" vous y ménera tout droit.

Profils par PokerStars / Traduction et ajout de conneries diverses par moi-même

Marton Czuczor - 27 ans, Budapest (Hongrie) - 9,71 millions (chip-leader avec 81BB)
Le pro Hongrois parcourt le circuit EPT depuis plus de six ans, affichant à l'âge de 27 ans six ITM sur les Main Events, avec plusieurs finales manquées de justesse : 11e à Vilamoura (saison 7) et Barcelone (saison 8). Avec 655,000$ engrangés en live, la base de données Hendon Mob le classe 15ème sur la All Time Money List des joueurs Hongrois. Sa perf la plus lucrative ? Une seconde place sur un side-event à 2000€ à Barcelone en 2013. Czuczor est le neuvième joueur de son pays à atteindre une finale EPT, mais aucun de huit précédents n'a réussi à s'emparer du titre. Avec sa position de chip-leader à six joueurs restants, ses chances d'y parvenir à l'occasion de la toute dernière étape EPT sont plus que bonnes.

Avant l'EPT Prague :

EPT Main Event cashes: 6
EPT Main Event final tables: 0
EPT Main Event best finish: 11th (deux fois : EPT7 Vilamoura & EPT8 Barcelona)
EPT Main Event winnings: 113 843 €

Son run sur le Main Event après le...

Day 1 : 8e / 593
Day 2 : 41e / 231
Day 3 : 8e / 65
Day 4 : 4e / 18
Day 5 : 1er / 6

David Peters - 29 ans, Toledo, Ohio (USA) - 8,88 m. (74BB)
David Peters s'est catapulté en 19ème de la All Time Money List mondiale en 2016, engrangeant 7 millions de dollars en douze mois pour porter son total de gains de carrière live à 14 millions (!) On ne sera donc pas surpris d'apprendre que le joueur venu de l'état de l'Ohio est un régulier des plus gros tournois du monde entier : pour gagner autant, il faut forcément jouer, et perfer sur un paquet de High-Rollers. Comme par exemple le Triton Super High-Roller à 200,000$ l'entrée aux Philippines, sur lequel il a terminé second pour 2,3 millions, ou encore le Super High-Roller Bowl (5e pour 1,505 million). A Vegas, ses fortunes ont aussi été conséquentes cette année, et si l'on ne prend en compte que les quarante derniers jours, Peters compte plus de 1,6 millions de dollars de gains. Ses résultats online sont à l'avenant : son dernier gros score devant un ordinateur remonte à deux mois seulement, avec une victoire sur le Sunday Million pour 143,000 dollars. Il s'agit de sa première finale sur le circuit EPT, après l'avoir manqué à Monte Carlo il y a dix ans de cela. Vous l'avez compris : nous avons là affaire au favori pour le titre.

Avant l'EPT Prague :

EPT Main Event cashes: 4
EPT Main Event final tables: 0
EPT Main Event best finish: 12e (EPT3 Grand Final)
EPT Main Event winnings: 144 605 €

Son run sur le Main Event après le...

Day 1 : 222e / 593
Day 2 : 31e / 231
Day 3 : 1er / 65
Day 4 : 3e / 18
Day 5 : 2nd / 6

Seat 6: Sergei Petrushevskii - 36 ans, Saint Petersburg (Russie) - 5,265 m. (43BB)
L'unique amateur de cette ultime finale EPT dirige une entreprise de développement (c'est un peu vague mais bon, je ne fais que traduire les bios officielles fournies par l'organisation). Il s'est pointé à Prague avec deux potes pour s'amuser et vivre l'experiénce EPT pour la première fois (c'était sa dernière chance). Les trois ont fait l'argent, ses deux potes arrivant jusqu'aux 56èmes et 26èmes places. D'ordinaire, Sergei joue à la maison entre amis : là, il est assuré de remporter une somme à six chiffres. Son meilleur résultat ? Une victoire online pour 6,500 dollars. Ses hobbies ? Manger entre amis, et boire de la bière. Voilà un homme qui a le sens des priorités.

Avant l'EPT Prague :

EPT Main Event cashes : zéro
EPT Main Event final tables : nada
EPT Main Event best finish : des nèfles
EPT Main Event winnings : nid de nibe

Son run sur le Main Event après...

Day 1 : 244e / 593
Day 2 : 107e / 231
Day 3 : 15e / 65
Day 4 : 10e / 18
Day 5 : 3e / 6

Sam Cohen - 31 ans, Fort Lauderdale, Floride (USA) - 4,52 m. (37BB)
Elle est née Samantha, mais préfère qu'on l'appelle simplement Sam et Sam va très bien comme ça. Désolé. Plus de 600,000$ au compteur en live, principalement engrangés aux USA mais ses plus beaux scores ont été collectés à l'étranger, comme cette huitième place à l'Aussie Million en 2013, ou une troisième place sur l'APPT Séoul en 2014 (Sam plaît bien). A part le poker, Sam aime le foot, celui de son pays (Sam étonne pas), et supporte les Dolphins de Miami.

Avant l'EPT Prague :

EPT Main Event cashes: 1
EPT Main Event final tables: 0
EPT Main Event best finish: 105e (PCA 2014)
EPT Main Event winnings: 14,895 €

Son run sur le Main Event après le...

Day 1 : 249e / 593
Day 2 : 59e / 231
Day 3 : 21e / 65
Day 4 : 9e / 18
Day 5 : 4e / 6

Jasper Meijer van Putten - 29 ans, Alkmaar (Pays-Bas) - 3,815 m. (31BB)
Le parcours de Jasper dans le Main Event est tout bonnement incroyable, et mérite un récit détaillé. Le joueur de 29 ans a joué le Day 1B, et a rapidement doublé son tapis de départ à 60,000. C'est à ce moment qu'il a commencé à se sentir malade (l'épidémie dont je vous ai parlé à longueur d'articles, c'était pas des conneries), le forçant à remonter à sa chambre pour s'allonger. Tandis que Jasper dormait, son tapis a été prélevé de toutes les blindes et antes du Day 1, fondant à 22,500, soit 23BB pour entamer le Day 2. Encore bien fatigué, Jasper est revenu à survécu au second tour, pour finir par obtenir un siège en finale durant le Day 5. Il remportera quoi qu'il arrive le plus gros gain de sa carrière après avoir terminé troisième d'un side du WPT Amsterdam cette année pour 31,151 euros.

Avant l'EPT Prague :

EPT Main Event cashes: 1
EPT Main Event final tables: 0
EPT Main Event best finish: 52e (EPT13 Barcelona)
EPT Main Event winnings: 17 920 €

Son run sur le Main Event après le...

Day 1 : 511e / 593
Day 2 : 131e / 231
Day 3 : 14e / 65
Day 4 : 1er / 18
Day 5 : 5e / 6

Marius Gierse - 24 ans, Munster (Allemagne) - 3,555m. (29BB)
Le bourreau de Fabrice Soulier durant le Day 4 va fêter son 25e anniversaire la semaine prochaine. Sa carrière pro est jalonnée de plus de 300,000 dollars de gains en live, la moitié engrangée lors d'une épreuve des WSOP 2016. On l'a aussi vu terminer second d'un side 6-max aux Bahamas la même année, et disputer une finale à Barcelone il y a deux ans.

Avant l'EPT Prague :

EPT Main Event cashes: 2
EPT Main Event final tables: 0
EPT Main Event best finish: 83e (EPT12 Prague)
EPT Main Event winnings: 21 090 €

Son run sur le Main Event après le...

Day 1 : 26e / 593
Day 2 : 25e / 231
Day 3 : 25e / 65
Day 4 : 2nd / 18
Day 5 : 6e / 6

Un épilogue entre randoms

- 18 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

Main Event (Day 5)

L'European Poker Tour va donc s'achever lundi par une table finale où l'observateur moyen aura bien du mal à reconnaître plus d'un joueur, et encore. C'est peut-être mieux ainsi après tout : au cours des douze dernières années, aucun autre circuit n'a joué un rôle aussi important en tant qu'incubateur et révélateur de jeunes talents Français, Allemands, Russes, Américains, et j'en passe.

La table finale a débuté ce dimanche en milieu d'après-midi, et été mise en pause après les éliminations de Kiryil Radzivonau (74,850€) et David Lopez Llacer (104,510€). Le dernier champion EPT de l'histoire se cache parmi les joueurs suivants...


Siège 1 : Jasper Meijer van Putten (Pays-Bas) 3 815 millions (31BB)
Siège 2 : Sam Cohen (USA) 4,52 m. (37BB)
Siège 3 : Marton Czuczor (Hongrie) 9,71 m. (81BB)
Siège 4 : Marius Gierse (Allemagne) 3,555 m. (29BB)
Siège 5 : Sergei Petrushevskii (Russie) 5,265 m. (43BB)
Siège 6 : David Peters (USA) 8,88 m. (74BB)

Bien entendu, "random" ne veut pas dire "mauvais" : aucun de ces joueurs n'est là par hasard, la plupart sont des pros, et plusieurs ont un palmarès déjà bien rempli : nous aurons l'occasion de vous les présenter en détail avant le coup d'envoi de la dernière journée, qui sera donné lundi à midi (le streaming web en direct débutera lui à 13 heures : le décalage vous permettra de voir les cartes de tous les joueurs !)

Vainqueur : 774 600 €
Runner-up : 554 700 €
3e : 397 300 €
4e : 284 550 €
5e : 203 800 €
6e : 145 900 €

Top 10 : le Team Winamax à l'EPT

- 18 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

La comptabilité du coach Stéphane Matheu est formelle : depuis sa création en septembre 2007, le Team Winamax a collecté plus de 7,7 millions d'euros sur les tables finales des Main Event et side-events de l'European Poker Tour. Ce chiffre ne comprend que les performances réalisées autour de la dernière table des tournois : si l'on y ajoutait la quantité d'ITM et demi-finales atteintes au cours des neuf dernières années, le total serait bien supérieur ! A l'heure où l'on dit adieu au plus prestigieux des circuits Européens, un coup d'oeil dans le rétroviseur s'impose : voici notre Top 10 des plus beaux moments du Team Winamax sur l'EPT.

10/ Varsovie, 2008 : deux W en finale

La dernière visite de l'European Poker Tour en terres polonaises fut l'occasion d'observer non pas un, mais deux pros du Team Winamax en finale : Arnaud Mattern et Ludovic Lacay. L'évènement s'est produit alors que l'équipe avait récemment fêté sa première année d'existence, mais pour ces deux joueurs, le contexte était moins réjouissant : les rapides succès obtenus par Cuts et FrenchKiss dès leur recrutement en 2007 (runner-up du WPT Barcelone pour l'un, victoire à l'EPT Prague pour l'autre) avaient été suivis d'une longue période de disette pour les deux, avec notamment un long et infructeux grind estival à Las Vegas durant les WSOP. Raison de plus pour se réjouir de cette double finale Varsovienne, même si leurs runs en finale allaient rapidement être stoppés net : Ludo se fit craquer les Rois par un brelan floppé d'entrée de jeu (8e pour 32,843€), tandis que Arnaud ne resta pas en tête avec une paire de 10 jouée à tapis préflop contre les 8 de Joao Barbosa, vainqueur final de l'épreuve (5e pour 72,724€). A noter qu'on aura failli assister à un autre doublé du même genre lors de l'étape EPT de Madrid organisée en 2012, avec un Tristan Clémençon manquant de peu la finale (11e), laissant Nicolas Levi seul pour porter le logo autour de la dernière table (7 pour 69,450€), assis face à un Kool Shen qui allait être recruté quelques mois plus tard par par Wina.

9/ Deauville, 2013 : Guillaume Diaz réussit son entrée

C'était, jusqu'à ce que l'EPT ne raye de la carte son étape Française en 2015, la tradition pour les vainqueurs de la Top Shark Academy : faire son baptême de Team Pro à Deauville en compagnie de toute l'équipe. Lauréat en 2014, Guillaume Diaz aura parfaitement géré ses premiers pas au sein du Team en remportant l'un des gros side-events organisés en marge du Main Event de l'EPT Normand, un 2000€ ayant rassemblé 226 compétiteurs, pour un premier prix de 85,000 euros. Trois années ont passé : Volatile38 continue d'engranger les résultats muni de l'écusson W, ayant ajouté à son palmarès une seconde place sur le circuit WPT National Series (Paris, 2015), et disputé une finale aux WSOP cet été (One Drop à 1,111$ l'entrée). Trois autres side-events ont été remportés par le Team au cours de l'EPT : un 1100€ gagné par Michel Abécassis à Prague en 2012 (38,300€ de prix), un 2150€ shippé par Davidi Kitai à Deauville en 2015 (45,930€) et un autre, inoubliable, que l'on retrouvera plus bas dans ce classement.

8/ Monte Carlo, 2016 : LeVietF0u explose son high-score

La dernière visite de l'EPT sur le Rocher Monégasque fut sans aucun doute l'une des plus excitantes pour les fans Français de poker, avec pas moins de quatre excellents pros Tricolores réunis autour de la dernière table : Antoine Saout, Adrien Allain, Jimmy Guerrero et un Pierre Calamusa engrangeant le plus gros gain de sa carrière, avec une cinquième place valant 233 800 euros, six mois après avoir remporté le Winamax Poker Open de Dublin, sa première épreuve en tant que Team Pro.

7/ Prague : la ville fétiche du Team Pro ?

Comme on le verra plus loin, la capitale Tchèque fut en 2007 le théâtre de la première vraie consécration du Team Winamax. Et c'est avec bonheur que l'équipe allait revenir à Prague chaque hiver suivant. En 2009, Anthony Roux (photo) allait ainsi atteindre la quatrième place du Main Event (171,000€), suivi l'année d'après par Manuel Bevand (7e pour 71,000€), puis par Nicolas Levi en 2011, auteur d'un podium très lucratif (270,000€). Au total, le Team a donc atteint quatre fois la finale de l'EPT Prague : son record sur ce circuit.

6/ Davidi Kitai : des finales qui pèsent lourd

Davidi Kitai fut un autre de ces joueurs ayant soigné leur arrivée au sein du Team, remportant le premier de ses trois bracelets WSOP en juin 2008 alors que l'encre de la signature au bas de son contrat avait à peine fini de sécher. Et le Belge a bien failli récidiver sur un autre circuit aussitôt rentré de Vegas, fonçant tel un bulldozer sur l'étape EPT de Barcelone pour arriver jusqu'en finale avec le sixième tapis. Assis en face de calibres comme Jason Mercier (lui aussi révélé la même année à San Remo), Samuel Chartier ou Sebastian Ruthenberg, Davidi devra cette fois se contenter de la troisième place (bonne pour 455,000 euros, tout de même) : la consécration EPT devrait attendre (voir ci-dessous). Après avoir complété la trilogie WSOP/WPT/EPT en 2012, Kitbul allait se trouver un nouveau défi sur le circuit Européen : les High-Rollers. Une entreprise lucrative, avec quatre finales au total, la plus mémorable étant survenue en 2014 à Monaco : une troisième place parmi 214 joueurs sur un 25,500€, bonne pour 526,400 euros.

5/ Antony Lellouche : trois finales en treize mois

Déjà considéré comme l'un des meilleurs joueurs de la place de Paris au moment d'intégrer la première mouture du Team Winamax à la rentrée 2007, Antony Lellouche fut le grand animateur de la première année d'existence du Team. Déjà, c'est lui qui a ouvert le palmarès des finales du Team, dès le premier voyage de l'équipe, avec une 6e place à Londres (dont je garde des souvenirs émus : c'étaient mes premiers pas en tant que commentateur Français sur l'EPT Live !). Un an plus tard, Anto allait presque égaler son score en terres Albionnes avec une huitième place. Entre temps, le cash-gamer aura signé l'une des plus belles pages de l'histoire du Team, lors de la première étape jamais organisée à San Remo : au terme d'une finale express de deux heures et demi (record absolu à l'EPT), seul Jason Mercier aura su mettre à terre un Lellouche en tenue de gala. Sa seconde place lui permettra d'engranger 505,000 euros, dont une partie non néligeable fut réinvestie le soir même dans une boîte de nuit huppée de Monte Carlo : sachez-le, Antony Lellouche était aussi réputé pour ses largesses d'après-tournoi que pour son talent à table...

4/ Barcelone, 2015 : Sylvain Loosli confirme

Nous arrivons maintenant aux chapitres les plus lumineux de l'histoire du Team Winamax sur l'EPT : ceux des victoires qui changent une vie. Quoique : lorsque celle de Sylvain Loosli survint sur le monstrueux Super High-Roller à 50,000€ l'entrée de l'EPT Barcelone en 2015, sa vie avait déjà changé depuis presque deux ans, après son accession en table finale des Championnats du Monde, autrement dit l'épreuve la plus prestigieuse et la plus regardée de la planète, alors qu'il était encore un joueur de cash-game online inconnu du public. Mais aussi belle et lucrative soit t-elle, une quatrième place laisse forcément des regrets. Armé d'une bankroll et d'un capital confiance au maximum après l'édition 2013 des November Nine, Sylvain s'est transformé en une machine de guerre sur les tournois live. Sa décision, à l'été 2015, de s'attaquer aux tournois High-Rollers les plus chers d'Europe, ne laissait donc rien au hasard : c'était "la suite logique de mon évolution dans le monde du poker", selon ses propres mots. Incroyablement, sa première tentative sur une épreuve à 50K fut la bonne : au terme de deux années marquées par plusieurs presque-victoires (à Vegas, donc, mais aussi à Marrakech, Dublin, Monte Carlo et Malte) et d'une finale extrêmement difficile (Dzmitry Urbanovich, JC Alvarado, ou encore Steve O'Dwyer étaient au casting) et où il dut jouer de nombreux coups à tapis, Sylvain est cette fois allé jusqu'au bout. "Seule la victoire est belle", avions nous écrit à l'époque, et Sylvain n'aurait pas pu mieux choisir le tournoi sur lequel décrocher le titre: avec 1,224 million d'euros remportés, il détient à jamais le record de gains engrangés sur une seule épreuve EPT au sein du Team. (Un an plus tard, Sylvain Loosli allait atteindre de nouveau la finale du Super High-Roller, se contenant cette fois de la sixième place).

3/ Prague, 2007 : Arnaud Mattern ouvre le bal

Cela crève les yeux avec le recul : avec un lancement marqué d’entrée de jeu par plusieurs résultats probants, le Team Winamax est né sous une bonne étoile. Le pari était pourtant loin d’être évident : donner sa chance sur le circuit pro à une ribambelle de joueurs de poker Français, certains déjà établis (Antony Lellouche, Michel Abécassis), d’autres complètement inconnus, sauf auprès des initiés les plus attentifs (Ludovic Lacay, Guillaume de la Gorce). On connait la variance inhérente aux tournois de poker : l’affaire aurait pu tourner court, et le succès était loin d’être garanti, peu importe la quantité de talent rassemblée au sein de l’équipe initiale. Impossible de ne pas être nostalgique en se remémorant cette époque : le premier EPT de Prague, organisé durant les derniers jours de 2007 et seulement trois mois après la naissance du Team fut aussi mon premier en tant que reporter Wina. Pour avoir fréquenté Arnaud Mattern au cours des mois précédents, je savais déjà qu’il était un excellent joueur de poker. Il ne lui restait plus qu’à le prouver avec une vraie belle perf’. Aussitôt dit, aussitôt fait, avec une victoire mémorable devant 554 joueurs, bonne pour 708,400 euros. Cette victoire sonnait aussi comme un accomplissement collectif pour le Team : les nombreuses séances de brainstorming qui étaient déjà la marque de fabrique de l'équipe portaient déjà leurs fruits. Nous ne le savions pas encore, mais ce n'était que le début...

2/ San Remo, 2012 : Ludovic Lacay enfin au sommet

Contrairement à Arnaud Mattern, Ludovic Lacay aura du s'armer de patience pour enfin vivre son premier sacre indélibile sur le circuit. Sa carrière en tant que pro du Team avait pourtant débuté par une prometteuse seconde place sur l'étape WPT de Barcelone en 2007, mais ce n'est que cinq ans plus tard, après de multiples finales EPT, WPT et WSOP, après avoir vécu de multiples frustrations et tant d'éliminations si près du but, après que sa hargne de vaincre ne fut mise à l'épreuve tant de fois, que Sir Cuts décrocha enfin un titre majeur, à l'âge de 27 ans, au terme d'une prestation de haut niveau à San Remo devant 795 joueurs. On dit souvent que terminer second d'un tournoi de poker, c'est comme terminer second d'un combat de boxe : cette fois, c'était bel et bien debout, et avec un sourire à un million de dollars (ou plutôt 745,000 euros) que Ludovic Lacay terminait le plus beau combat de sa carrière.

1/ Berlin, 2012 : un grand devient géant

Ce n'est pas seulement l'exploit qui compte, mais la manière dont on l'accomplit. En remportant l'étape EPT de Berlin le 21 avril 2012 devant 744 joueurs, Davidi Kitai est rentré dans l'histoire. En partie parce que ce jour-là, il a rejoint le club très fermé des joueurs ayant remporté au moins un titre sur chacun des festivals majeurs du circuit pro (à savoir : World Series of Poker, World Poker Tour, et European Poker Tour). Mais aussi et surtout parce que sa démonstration de force en finale reste à ce jour l'une des plus belles choses qu'il nous ait été données de voir à une table de poker, en particulier lors de son duel final contre Andrew Chen, un heads-up considéré aujourd'hui comme mythique. "4-bet, 5-bet, click back, call avec hauteur As et j'en passe : ces deux génies déballent toute la panoplie du poker moderne", écrivait alors notre reporter Kinshu. En 2012, le public Francophone connaissait depuis longtemps l'étendue du talent de Davidi. Mais si sa première victoire WSOP était passée relativement inaperçue à l'international en 2008 (noyée parmi une cinquantaine d'autres cet été-là), et que son titre WPT en 2011 avait été quelque peu critiqué (il s'agissait d'un tournoi freeroll sur invitation ayant rassemblé moins de 500 joueurs), à Berlin, Davidi jouait pour 712,000 euros sous les feux des caméras de l'EPT Live, et c'est médusés que des milliers de fans de poker du monde entier ont véritablement découvert cet OVNI Belge capable de miser en bluff sur la rivière avec hauteur As, pour payer dans la foulée la relance en contre-bluff de son adversaire, ou d'investir l'intégralité de son tapis sur la rivière avec rien de mieux qu'une paire de 5 ! Vus des centaines de milliers de fois sur YouTube, et célébrés par des monstres sacrés comme Daniel Negreanu, ces deux coups d'extraterrestre font désormais partie du folklore du poker moderne, et ont cimenté le statut de génie de Davidi sur le circuit pro. Disons le tout net : la victoire de Davidi Kitai à Berlin n'est pas seulement la plus belle du Team Winamax sur le circuit European Poker Tour, elle est probablement l'une des plus belles de l'histoire de l'EPT tout court.
 

Qui paire perd

- 18 décembre 2016 - Par Benjo DiMeo

High-Roller 10 300€ (Day 2)

Ce jeu est parfois (souvent ?) cruel : la remontée fantastique de Sylvain Loosli a brutalement été interrompue par deux coups impliquant quatre pocket paires.

A la minute même où je publiais l'article consacré à son réjouissant début de Day 2, Sylvain s'est fait craquer une paire de 9 par une paire de 8 sur un pot de 240,000. Tombé à 135,000 (35BB), Sylvain est resté patient... Jusqu'à disputer une nouvelle confrontation préflop contre le même joueur : cette fois, il n'est pas largement en tête (sa paire de 10 affronte les As) et, contrairement au coup précédent, la main favorite au départ restera en tête.

La sortie de Sylvain met fin à l'aventure du Team Pro sur cet ultime EPT. Il reste une poignée de tournois annexes au programme ce soir et lundi, mais je ne pense pas qu'on y retrouvera l'un de nos joueurs : ce sont en majorité des Turbo peu alléchants sur le papier.

Il reste 92 joueurs pour 56 places payées, et seuls cinq Français restent en course parmi les onze qui étaient au départ du Day 2 :

Jimmy Guerrero
Mesbah Guerfi
Philippe Barouk
Samy Ouellani
Paul-Francois Tedeschi

Jimmy Guerrero est bien en place avec 300,000 pour une moyenne actuelle à 221,000