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High-Roller : un bilan du Day 1

- 16 décembre 2014 - Par Benjo DiMeo

Prague, 1 heure 26. La première journée du tournoi High-Roller à 10 000 euros l’entrée vient tout juste de s’achever. Au compteur, 294 inscriptions au total, dont 62 sous la forme de Re-Entry de joueurs ayant perdu l’intégralité de leur cave initiale de 50,000 au cours des dix heures de jeu écoulées aujourd’hui. Moins de 140 de ces joueurs ont survécu à ce premier tour de chauffe.

Parmi les espoirs brisés du jour, trois joueurs du Team Winamax. Kool Shen nous a quittés peu avant la pause-dîner. Il fut suivi ensuite de Michel Abécassis. Sa sortie était probablement inévitable : muni d’une paire de 5, Michel trouve un brelan sur le turn Q625. Les tapis partent au milieu :  il ne possède pas le meilleur jeu face à 4-3, et la rivière ne change rien à la situation. Game over.

Gaëlle Baumann aura joué de nombreux coups avant de rendre les armes. Une paire de Rois coûteuse parce que jetée sur la rivière, un Roi-Dame qui trouve un petit quelque chose sur la dernière carte, mais abandonné tout de même face à un joueur trop remuant. Une bouffée d’air frais sous la forme d’un coin-flip gagné (QQ contre As-Roi), suivi peu après minuit d’un autre coin-flip, le dernier : As-Valet qui ne s’améliore pas contre une paire de 8.

Il me semble bien qu’on a aussi perdu Jean-Noël Thorel et Nicolas Cardyn, que je n’ai pas trouvés autour des tables durant la dernière demi-heure de jeu.

De leur côté, Fabrice Soulier et Benjamin Pollak franchissent le Day 1 (20BB chacun environ), de même que ElkY (dans la moyenne avec 100,000), Erwann Pecheux (bien en place avec 1450,000), et Christophe Benzimra (70,000). Alexandre Amiel reviendra lui aussi mardi, avec 84,000 unités.

Sylvain retrouve son trône



Le November Nine du Team Winamax a dû batailler sur deux fronts en simultané ce soir. En effet, ayant remporté la finale Révolution dimanche, Sylvain Loosli affrontait donc à 22 heures pouipoui10, l’Empereur en place, pour tenter de le détrôner. Chose qui fut faite après 61 minutes de bataille. Un duel plutôt long contre un adversaire dont le fair-play fut exemplaire : déconnecté en plein milieu du duel en raison d’une liaison Internet pas optimale dans la salle de tournoi de l’EPT, Sylvain a vu pouipoui10 attendre patiemment la reconnection du joueur du Team, refusant de lui piquer ses blindes sans combat. Un geste qui mérite d’être salué !

Côté High-Roller, Sylvain franchit le Day 1 en dessous de la moyenne (68,800), mais peut être satisfait de son sort, ayant trouvé un double-up chanceux avec As-7 assortis contre deux Rois en milieu de journée alors qu’il ne lui restait plus que onze blindes.

Reprise de la partie mardi à midi : avec seulement deux journées au programme pour liquider un tournoi deep-stack comptant encore 140 joueurs, deux très longues nuits sont à prévoir…

Benjo



Parmi les cadors encore en course, le Champion du Monde tout juste couronné, Martin Jacobson

Davidi Kitai jouera les demi-finales de l’EPT Prague

- 15 décembre 2014 - Par Benjo DiMeo



La vie est un éternel recommencement, celle du joueur de poker comme celle de celui chargé de raconter les exploits du dit joueur. Ainsi, me revoilà en train d’écrire sur une énième perf' de Davidi Kitai. Combien de fois me suis-je déjà prêté à l’exercice depuis l'entrée du Belge dans le Team Winamax en 2008 ? Impossible de vous répondre, malheureux ! Entre le bracelet WSOP, la victoire au SISMIX, les finales un peu partout dans le monde, en Asie, à Chypre, en Angleterre, à Paris, à Monaco, je ne serais même pas capable de vous dire combien de fois Davidi a perfé... rien qu'en 2014.

Cette frénésie de bons résultats a poussé Davidi a donner le meilleur de lui-même pour la dernière ligne droite de l'année, et pour l’ultime tournoi au calendrier, Davidi est de nouveau en position pour accomplir un exploit mémorable. Au terme d’un Day 4 difficile, le génie du Team Winamax possède un tapis enviable le plaçant en 4e position parmi les 22 joueurs restants. « Ce fut une bonne journée », récapitule t-il, « si ce n’est pour les deux niveaux que j’ai passés en table TV. Je n’ai reçu que des mauvaises cartes, et mes quelques tentatives de bluff avec ces mauvaises cartes n’ont pas fonctionné. »

Mais l’essentiel des objectifs ont été accomplis aujourd’hui : malgré quelques passages dangereux, Davidi s’est maintenu, et a réussi au passage à faire croître son tapis en appliquant sa méthode préférée qu’on pourrait appeler simplement ‘le bulldozer’. C’est à dire, profiter de son gros tapis pour jouer énormément de coups, quasiment tous les coups, afin de provoquer l’épuisement chez ses adversaires, qui se retrouvent à jouer à l’envers, abandonnant face à ses bluffs, tout en le payant lorsqu’il est max. Le tout en faisant fonctionner à plein régime sa véritable arme : une lecture au rayon laser de ses adversaires, lui permettant de détecter nombre de failles dans le comportement d'autrui, des failles qui échapperaient à la majorité des joueurs.

A l’aube du cinquième et avant-dernier jour de l’épreuve, il reste 21 adversaires entre Davidi et son deuxième titre EPT, parmi lesquels un ratio très élevé de bons joueurs - c'est normal pour un tournoi de ce circuit. A ce stade de la partie, Davidi a partagé une table avec la quasi-totalité de ses adversaires restants. « Il y en a au moins cinq ou six qui m’ont l’air très forts », dit-il, sans préciser lesquels, mais on peut supposer que la déjà légendaire Vanessa Selbst fait partie du lot.

Autres joueurs notables encore en course : Rémi Castaignon, dont personne n’a oublié la victoire à Deauville en 2013 sous la bannière Winamax, et l’excellent Anglais Sam Grafton.



Sam Grafton (à gauche) et Vanessa Selbst, discutant avec un collègue High-Stakeur

Parmi les joueurs moins en vue, citons Balazs Botond, un Hongrois finaliste au défunt EPT de Campione (Italie) en 2012. Le reste du field se répartit entre des joueurs de l’Est (Russie, Ukraine, Hongrie…), et quelques représentants des nations majeures du poker Européen - un random Allemand par-ci, un ou deux Suédois, un Italien inconnu de tous, etc.

Rendez-vous mardi à midi pour le coup d’envoi des demi-finales de l’EPT Prague, et assister en direct à l’écriture d’une nouvelle page d’histoire du grand Livre d’Or de Davidi Kitai. Un ouvrage déjà bien fourni, et qui ne semble pas être prêt de trouver une fin...

Benjo

PS : Je repasserai un peu plus tard ce soir pour faire le point sur le High-Roller à 10 000 euros.

Les Français éliminés lors du Day 4

39e : Omar Lakhdari 19 920 €
42e : Romain Follet 16 970 €
43e : Klaus Pautrot 16 970 €
54e : Claude Metais 16 960 €
 

Les 22 joueurs du Day 5

Fabio Sperling (Allemagne) 4,357 m.
Stephen Graner (USA) 3,228 m.
Sam Grafton (UK) 2,61 m.
Davidi Kitai (Belgique) 2,307 m.
Vanessa Selbst (USA) 2,04 m.

Miltiadis Kyriakides (Grèce) 1,9 m.
Andras Nemeth (Hongrie) 1,813 m.
Bjorn Wiesler (Allemagne) 1,504 m.
Remi Castaignon (France) 1,385 m.
Tamer Kamel (UK) 1,304 m.

Jakub Slemr (Rep. Tchèque) 1,278 m.
Balasz Botond (Hongrie) 1,248 m.
Jonathan Wong (UK) 1,216 m.
Francesco Grieco (Italie) 1,215 m.
Simon Mattsson (Suède) 1,172 m.

Anton Bertilsson (Suède) 1,131 m.
Artem Metalidi (Ukraine) 1,065 m.
Sergey Lebedev (Russie) 678,000
Pascal Pflock (Allemagne) 671,000
Roman Pavliuk (Ukraine) 608,000

Thomas Butzhammer (Ukraine) 320,000
Nandor Solyom (Roumanie) 182,000

Tableau de bord
22 joueurs restants (sur 1 107 au départ)
Blindes : 15 000/30 000, ante 3 000
Tapis moyen : 1 509 545
Prochain prix : 33 270 euros

Fin du Day 4 en vue

- 15 décembre 2014 - Par Benjo DiMeo

C’est écrit dans le marbre du règlement : à l’EPT, quand on tombe à trois tables restantes (et donc à 24 joueurs), la composition des tables est complètement chamboulée, avec un nouveau tirage au sort des sièges. Une bonne nouvelle pour Davidi Kitai, qui n’a pas du tout kiffé son passage en table TV : « il me coûte un million », dit-il sur Twitter. De retour à une table ‘normale’, Davidi a retrouvé des couleurs, repassant au dessus de la barre symbolique des deux millions.

Assis à sa gauche, un autre champion EPT, dont on n’a pas encore beauoup parlé aujourd’hui, et c’est un tort : Rémi Castaignon. Le vainqueur de l’EPT Deauville avait entamé le Day 4 en dessous de la moyenne mais, contrairement à tous les autres Français encore en course au départ de la journée, il s’est maintenu, et affiche un très beau tapis de 1,8 millions après avoir joué plusieurs coups fumants. Mon confrère Tapis Volant m’a notamment relaté cette main à peine croyable où Rémi se voit confronté à une mise à tapis (225,000 dans un pot de 250,000) sur un board 10-5-8-8-3 (pas de couleur possible). Rémi paie, son adversaire montre un bluff avec QJ, et Rémi…ne peut montrer mieux !

Plus récemment, j’ai observé Rémi (à gauche sur la photo) relancer en fin de parole, puis payer un 3-bet à 130,000 du joueur assis en petite blinde (à droite)

Flop J32. Rémi paie un c-bet de 115,000.

Turn J. Son adversaire poursuit sur sa lancée, envoyant 130,000. A ce stade, il a investi la moitié de son tapis mais surprise, Rémi répond en poussant une énorme pile de jetons jaunes (valeur 25,000). Son adversaire abandonne aussitôt.

Il reste une trentaine de minutes de jeu ce soir, et 23 joueurs aux tables.

Un High-Roller aux allures de Main Event

- 15 décembre 2014 - Par Benjo DiMeo

C’est désormais une habitude à l’European Poker Tour : le tournoi High-Roller à 10 000€ organisé en fin de festival affole les compteurs, rassemblant nombre de cadors habitués des tournois à gros buy-in, des tas d'éliminés du Main Event pas rassasiés de poker, des joueurs qualifiés par satellite, et de riches amateurs prêts à disputer une compétition chère contre des pros, et si besoin est, à remettre la main au portefeuille pour profiter de l’option re-entry le premier jour.

Avec 239 inscrits, dont 21 ont déjà opté pour une recave, c’est un Main Event en miniature auquel nous avons affaire, avec une affluence rappelant les premières saisons de l’EPT, mais avec un prix d’entrée beaucoup plus élevé.

Parmi les partants, nombre de visages familiers : Steve O’Dwyer, Ole Schemion, Dan Shak, Juha Helppi, Eugene Katchalov, Marvin Rettenmaier, Olivier Busquet, Benny Spindler, Andrew Chen

Du côté Français, pas de surprise non plus, les habitués sont là : Fabrice Soulier et Benjamin Pollak, pour qui les tournois High-Roller ont souri en cette année 2014 (Fabrice a remporté celui organisé à Vienne, Benjamin a terminé 5e de celui de Barcelone, l’un des plus gros de l’histoire), Jean-Noel Thorel, Christphe Benzimra et Gilbert Diaz dans la catégorie ‘amateurs éclairés’, ElkY bien sur, mais aussi Nicolas Cardyn, Erwann Pecheux, l’ami du Team Alexandre Amiel, et Florence Allera, présence de plus en plus régulière sur les tournois EPT.

Le Team Winamax a aligné quatre joueurs sur la feuille de match. Prenons la température après six heures de jeu.

Avec 65,000, Kool Shen effectue un bon départ (tout le monde a débuté le tournoi avec 50,000 unités) et ne se départit pas du style solide et prudent que l’on peut observer en ce moment dans les épisodes de Dans la Tête d’un Pro consacrés au rappeur. « J’ai fait une belle quinte avec 42 », raconte Bruno, « j’ai défendu ma BB contre quatre joueurs et trouvé mon jeu sur le turn, mais personne ne m’a payé sur la rivière, car elle faisait rentrer à la fois la couleur et le full. » Bruno me raconte aussi avoir 4-bet préflop depuis la grosse blinde avec 54. Son adversaire voit le flop J-2-2, paie encore une mise, mais abandonne sur le turn, un autre Valet. Heureusement pour Bruno !

Michel Abécassis s’est abstenu de jouer le Main Event Tchèque cette année (une histoire de grosse compétition de bridge programmée en même temps), n’arrivant en ville que pour disputer le High-Roller. Très occupé par  ses responsabilités de membre du jury Top Shark (cette semaine, les candidats ont soumis au jury une vidéo où ils doivent raconter une série d’anecdotes personnelles, vous pouvez les regarder sur cette page), jonglant sur son iPad entre plusieurs fenêtres Skype, emails et vidéos des Académiciens, MIK22 n’en oublie pas moins de jouer au poker. Rapidement tombé à 23,000, Michel est parvenu à doubler son tapis avec une paire d’As contre une paire de Rois - comme il s’agit d’un tournoi super deep stack, il a fallu attendre le turn pour voir les stacks partir au milieu. Avec ses ‘flèches’, Michel avait d’ailleurs opté pour le slowplay avant le flop en se contenant de payer en position la relance d’un troisième joueur. C’est peut-être cela qui lui a permis de convaincre son adversaire d’engager tous ses jetons deux tours d’enchères plus tard. Alors que la pause-dîner approche, Michel est stable avec 46,000 unités.

« La table joue serré, la table joue vite, la table est pas ouf. » C’est par ces mots laconiques que Gaëlle Baumann me décrit son début de tournoi. « Il y a des bons joueurs à ma gauche… Et à ma droite, ce n’est pas mieux ! » Du coup, avec ses 54,000, Gaëlle prend son mal en patience en attendant un bon spot.

Assis à une table de jeunes grinders anonymes, Sylvain Loosli n’a pas effectué le meilleur des départs, ayant perdu la moitié de sa cave durant les premières heures du tournoi.

Une pente glissante

- 15 décembre 2014 - Par Benjo DiMeo

Après trois jours d'ascension ininterrompue, David subit quelques turbulences en table TV...


Les tracas de Davidi continuent en table télévisée ! Pas de bluff ou entourloupe d’aucune sorte cette fois, juste un coup de pile ou face archi-classique, le genre de main qui, au vu des hauteurs de tapis et des positions, se joue les yeux fermés sans réfléchir.

Roman Pavkliuk relance au cut-off. De petite blinde, Davidi 3-bet pour 128,000 avec AK. La parole revient à Pavliuk qui fait tapis pour 325,000. Evidemment, Davidi paie en moins d’une seconde, et voit Pavliuk relancer QQ.

L’ordre dans lequel les cartes vont tomber sur le board apportera un peu de piment à ce coup vu et revu :

Q24, un flop qui semble tuer le suspens pour de bon
6 sur le turn : ah, non, c’est pas fini !
J sur la rivière : une carte noire qui aura fait sursauter quelques joueurs, Pavliuk le premier.

Davidi tombe à 1,75 millions, soit 88BB. Jusqu'ici tout va bien...

Tableau de bord
26 joueurs restants (sur 1 107 au départ)
Blindes : 10 000/20 000, ante 3 000
Tapis moyen : 1 277 000
Prochain prix : 27 060 euros