La longue marche

- 15 avril 2008 - Par Benjo DiMeo

Minuit est passé, et le compteur poursuit sa descente à rythme d'escargot... De 47 joueurs, on passe à 46 puis 45.... Le nombre de joueurs restants semble bloqué à 44 depuis un moment.

Difficile d'en vouloir aux joueurs de vouloir rester en vie le plus longtemps possible dans ce tournoi, de vouloir prendre le maximum de temps pour pondérer chaque décision. La différence entre un bon et un mauvais choix gagne en importance à mesure que les joueurs progressent dans leur escalade de leur échelle des prix. On parle en millions d'euros, ici.

Depuis le rail, derrière le cordon de sécurité, j'observe un français qui pourrait bien faire parler de lui cette semaine : David Miara. Son cousin n'est autre que l'illustre Antony Lellouche - ce dernier se tient à mes côtés, les bras croisés sur la poitrine, avec l'air soucieux du papa fier de sa progéniture.

David relance en milieu de position. Un joueur fait tapis pour 70,000. Le français étudie la situation, puis paie. "J'ai vraiment senti qu'il n'était pas très haut", dira t-il plus tard. David révèle As-Dame, une pointure en dessous du As-Roi de son adversaire. Une erreur d'intuition balayée sur le turn quand apparait une magnifique Dame de carreau.

Antony est hilare. "Que c'est bon, de chatter parfois."

David Miara pointe à 320,000 après le coup. "On est au dessus de la moyenne", note Lellouche. Quelques minutes plus tard, Miara relance préflop au cut-off. Il est payé par le Marocain Belkhayate au bouton. Ce dernier mise le flop 82Q, puis le turn 8 - David choisit d'abandonner le coup. Il trébuche d'une marche, pour tomber à 270,000. Il est solide et confiant, bien dans ses baskets.

Un break est annoncé. Dehors, le rookie Vincent Secher fume une clope avec ses potes surexcités. Et dire qu'ils avaient songé à vendre leur ticket, gagné en équipe pour un investissement de sept dollars. Deux semaines plus tard, Secher est en train de nous refaire le coup de Moneymaker. Son tapis est très en dessous de la moyenne : 130,000 environ. Mais les potes gardent leur moral. Ils sont assurées de se partager au moins 10,000 euros chacun.

Plus loin, le Marseillais Michel Carvin décompresse en compagnie du clan Marseillais - mené par Eric Koskas, bien sur. Carvin possède 300,000 et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Après la pause, un autre qualifié Internet, Simon Faure, saute avec deux Dames contre deux Rois. Il remporte 33,000 euros pour sa belle 44e place.

La partie continue... Trois français sont encore en course. On en retrouvera au moins un en table finale. C'est tout du moins ce que prédisent les statistiques et la loi des séries.

Blindes 3,000/6,000, ante 500. Tapis moyen 300,000.