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Montez le son, bon sang

- 14 octobre 2014 - Par Benjo DiMeo

C’est une journée de poker calme, très calme qui s’est achevée peu après minuit au sein du prestigieux écrin qu’est le centre de réception Grand Connaught Rooms au beau milieu des beaux quartiers de Londres.

Trop calme, oserait t-on dire ? Certes, des gros tapis se sont montés en ce Day 1B de l’EPT Britannique (11ème édition). Certes, des joueurs ont sauté, certes des brelans ont battu deux paires, des couleurs ont battu brelan, des fulls ont battu couleur, d’accord, certains se sont même pris de bons gros bad beats, mais tout de même, quelque chose a manqué. Un peu de piment. Un peu d’excitation, de nervosité Méditerranéens dans cette froide et pluvieuse capitale Britannique où tout le monde est tellement poli que cela en devient écoeurant pour tout bon Français qui se respecte, prompt au coups de sangs et aux coups de gueule qui font du bien par où il passe.

Disons le tout net : passer du Winamax Poker Open de Dublin, avec ses centaines d’amateurs Français braillards et joyeux, à l’EPT Londres, avec ses joueurs professionnels concentrés comme un jus d’orange de Floride, casque sur les oreilles, l’oeil ne quittant jamais l’iPad ou l’iPhone, n’ouvrant la bouche que pour bailler, voilà qui a tout d’un choc thermique prompt à donner un coup de froid au couvreur le mieux couvert.

Vous me rétorquerez que ces messieurs très sérieux ont payé l’équivalent de 5,000 euros pour s’assoir à ces tables feutrées, tandis que nos foutraques Dublin ont investi dix fois moins, pour la minorité n’ayant pas décroché sa qualification pour une poignée d’euros. Je vous répondrai que le sérieux, la concentration et les gros enjeux n’excluent pas tout à fait une dose, même infime, de fantaisie et de légèreté.



L’affluence est au rendez-vous, mais pas les têtes de séries

224 joueurs dimanche pour le Day 1A, 441 joueurs lundi pour le Day 1B, le compte est bon : avec 665 participants, les chiffres de l’édition 2013 ont été améliorés, et la dotation globale du tournoi va dépasser les 2,6 millions de livres sterling. Mais contrairement à la coutume en vigueur, nous ne connaissons pas encore la réparttion officielle des prix.

A l’international, les grands noms qui d’ordinaire répondaient présent à l’appel de Londres, ont cette fois boudé le tournoi. Il faut dire que la branche Australienne des World Series of Poker tombait pile-poil au même moment, attirant les chasseurs de bracelets invétérés du style Negreanu ou Hellmuth. Ce qui n’empêche pas, bien entendu, la présence de joueurs au niveau extrêmement relevé : Daniel Colman et Viktor Blom étaient là (avec cependant huit heures de retard, sans doute un move calculé de leur part), de même qu’Olivier Busquet, Benny Spindler, Theo Jorgensen, Marc-André Ladouceur, Stephen Chidwick, et j’en passe.

Côté Français, même problème de calendrier :  les petits jeunes fêtards du circuit ont préféré aller jouer une étape World Poker Tour pas trop chère sous le soleil de Marrakech plutôt que de se ruiner contre les pros Internet de l’EPT Londres. Résultat, outre le Team Winamax, les Français ayant fait le déplacement à Londres sont plutôt des joueurs plus âgés et/ou aisés, ayant leurs habitudes ici, et/ou les moyens de s’offrir un gros tournoi :  Paul Testud, Candido Goncalves, Christophe Benzimra, Edouard Mignot.. Sans oublier bien sur nos fiertés nationales sur la scène High Stakes : Alexandre Luneau et Cyril André, ainsi que ElkY, qui termine la journée en bonne position.

Team Winamax : à la maison, mais pas forcément chez eux

Huit des dix joueurs de l’équipe de poker la plus performante de l’univers étaient au départ du tournoi, la plupart d’entre eux à la maison en leur qualité d’expatriés Londoniens. On passera rapidement sur les contres-performances de Gaëlle Baumann (deux mauvais calls avant le dîner, puis un bad beat avec As-Dame qui perd contre un autre As-Dame, ça arrive), Sylvain Loosli (deux Rois contre deux Dames à tapis préflop, ça arrive aussi), Manuel Bevand (As-10 contre As-9, ça arrive, mais ça lui arrive un peu trop souvent quand même) et enfin Michel Abécassis, à quelques minutes de la fin de la journée (As-Valet contre Roi-10, devinez quoi ? Oui, ça arrive)

Pour l’autre moitié de nos pros en course aujourd'hui, le cap de la première journée a en revanche été passé. À commencer par Ludovic Riehl, qui vise une quatrième place payée consécutive sur un EPT. Avec un tapis de 74 000, il est le mieux placé de l’écurie Winamax. « Une fois cette difficile première heure passée, tout s’est bien déroulé » apprécie Mikedou, qui a doublé son tapis avec full contre couleur chez Olivier Busquet avant d’éliminer un joueur avec une paire de dames contre deux sept. Hyperactif tout au long de la journée, Davidi Kitai devra se contenter d’un tapis de 66 400 au day 2, lui qui a longtemps flirté avec la barre d’un tapis à six chiffres. « Qui fait le malin, tombe dans le ravin », conclue Davidi qui reconnait avoir joué avec le feu à plusieurs reprises. Bruno Lopes est lui satisfait de son tapis de 48 000. « J’ai été très sérieux toute la journée puis j’ai fait deux énormes bluffs en fin de journée. » Suffisant pour être proche de la moyenne. Guillaume Diaz ferme la marche du contingent Winamax avec 32 000. « Je ne suis pas très content de moi » soupire le Top Shark. « Je n’ai pas très bien joué quelques mains et j’ai perdu deux flips contre Luca Pagano. » Il disposera tout de même de quarante blindes pour attaquer la seconde journée.

Day 2 : 380 joueurs environ au rendez-vous

On se retrouve à midi, heure locale (13h en France) pour la suite des hostilités, avec un deuxième tour qui devrait être autrement plus intéressant que le premier : le rythme des éliminations sera très élevé, les décisions plus tendues, récompensant les plus audacieux, et les erreurs plus dévastatrices !

En direct de Londres, rendez-vous mardi pour un nouveau épisode de « Les Français parlent aux Français »

Tableau de bord
380 joueurs restants (sur 665 au départ)
Blindes 400/800, ante 100
Tapis moyen : 52,500

Benjo et Harper

Black day

- 14 octobre 2014 - Par Harper

Rien n'a vraiment souri à Michel Abécassis aujourd'hui. Un exemple ? Revenu à un tapis de 28 000, il place un 3-bet avec K8 en position. Alors que son adversaire n'a pas encore décidé s'il allait payer ou pas, le croupière retourne le flop, où figure un roi ! La direction du tournoi est appelée : si le relanceur initial vient à payer, le paquet sera à nouveau mélangé et un nouveau flop sera donné. C'est ce qu'il se passe et, évidemment, sur ce flop remodelé, pas la moindre aide pour Michel qui perd le pot. Son calvaire s'est terminé lorsqu'il a poussé son tapis pour plus de quinze blindes avec As-Valet derrière une relance. Payé par Roi-Dix, il voit son adversaire trouver deux rois dès le flop. Allez, salut.

Devant, derrière, Bevand, dehors

- 14 octobre 2014 - Par Benjo DiMeo

On perd Manuel Bevand alors que le dernier niveau du Day 1B, le sixième au total, vient de débuter. Revenu de la pause-dîner avec 24,000, Manu a grimpé à 33,000 avant de chuter à 11,000. C’est à ce moment qu’il joue son ultime coup.

Un joueur relance à 1,300 au hi-jack. Manub est assis à sa gauche avec AT et pousse tous ses jetons au milieu.

En petite blinde est assis un joueur décrit par Manu comme « riche amateur » (« On me dit qu’il joue tous les tournois High Roller du circuit ») paie les 11,000 demandés par Manub. Longue réflexion chez le premier relanceur, qui finit par abandonner.

Showdown : l’adversaire de Manu retourne A9, et le joueur du Team Winamax peut raisonnablement espérer un double-up. Mais le croupier va le stopper net dans son élan en retournant un flop 52Q. Le turn et la rivière ne changent rien (c’eût été difficile), et Manuel Bevand rejoint Sylvain Loosli et Gaëlle Baumann sur le banc des éliminés.

Autres éliminations récentes

Simon Trumper
Martin Finger
Olivier Busquet
Edouard Mignot
Salvatore Bonavena

Travail à la Shen

- 14 octobre 2014 - Par Harper

« J'ai envoyé des salves ! » sourit Bruno Lopes en empilant un joli tas de jetons. « J'ai fait un gros bluff où je check-raise un flop hauteur cinq alors que j'ai 97 puis barrel le turn. » De quoi gagner un pot de 10 000. Puis, premier de parole, Bruno ouvre 98 et relance à 1 250 sur des blindes 300/600 ante 75. Il est payé par un joueur en position, puis par les blindes.

Q6T

La grosse blinde opte pour un donk bet à 3 000 et, avec son double tirage quinte, Kool Shen est le seul payeur. Il trouve une paire sur un 9 sur le turn. La blinde envoie 4 000, et le pro Winamax répond en le mettant à tapis ! Ce dernier hésite une vingtaine de secondes avant d'abandonner sa main. Voilà Bruno assis derrière 44 000. Je le préviens alors qu'il s'agit du dernier niveau de la journée. « Oui, je sais, je ne vais pas m'envoyer en l'air, promis » se marre-t-il.

Signes ostentatoires

- 13 octobre 2014 - Par Harper

Un bracelet de champion EPT au poignet, la quasi-totalité des jetons verts de petite valeur de la table, synonyme d'hyper-activité et de nombreux vols de blindes, le doute n'est pas permis : nous sommes derrière Davidi Kitai. « Personne ne me 3-bet » souligne Kitbul. « Je n'ai jamais autant relancé et personne ne me 3-bet » insiste-t-il, semblant presque frustré. Déçu de ne pas avoir de résistance notre Belge ? « Non, tout de même pas déçu » sourit-il, « mais j'aimerais comprendre. » À savoir, comprendre pourquoi ses adversaires ont abandonné le combat, et ainsi laisser le pro Winamax tranquillement remonter à 80 000 à une table où figure également Ilan Boujenah, qui n'a pas encore vu son tapis décoller.