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Davidi en demi-finales du High-Roller

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Il l'a fait ! A la force du poignet (et de patience), Davidi Kitai s'est qualifié pour la toute dernière journée du High-Roller à 10,000€ de l'EPT Dublin. Il ne reste plus que 13 joueurs en course et notre Belge préféré a terminé le Day 2 avec un tapis de 512,000, soit plus de 25 blindes. Quelques jolis bluffs lui ont permis de faire gonfler son capital durant les tous derniers tours de jeu.

Content de lui au moment de ranger ses jetons, Davidi expliquait avoir alterné entre des phases très calmes ("Je ne jouais pas un coup pendant une heure") et très actives ("Je jouais tous les coups pendant une heure"), en ayant globablement opté pour une stratégie low variance, préférant attendre le flop pour faire parler la poudre.

On retrouvera le triple vainqueur WSOP/WPT/EPT samedi à 12h30 (13h30 en France) pour tenter de faire mieux qu'à Prague dans le même spot (Dav avait terminé neuvième) et pourquoi pas de s'adjuger les 397,500 euros promis au vainqueur.

Le casting est très relevé (voir ci-dessous), mais tout le monde sait que ce n'est pas ce genre de détails qui a empêché Davidi de gagner dans le passé...

Les 13 derniers joueurs

Diego Ventura (Pérou) 1,570,000
Sergey Lebedev (Russie)  1,522,000
Emil Patel (Finlande) 1,339,000
Ryan Riess (USA) 1,174,000
Akin Tuna (Allemagne) 1,100,000
Timothy Adams (Canada) 758,000
Jerry Odeen (Suède) 596,000
Rocco Palumbo (Italie) 565,000
Davidi Kitai (Belgique) 512,000
William Arruda (Brésil) 458,000
Sam Chartier (Canada) 458,000
Christoph Vogelsang (Allemagne) 310,000
Samuel Panzica (USA) 276,000

Blindes : 10,000/20,000, ante 3,000
Moyenne : 711,000

Sylvain Loosli 15e du High-Roller

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

C'est sans souffrir que Sylvain Loosli a franchi le cap de la bulle dans le tournoi High-Roller à 10,000 euros, ayant monté un tapis considérable grâce à pêle-mêle : quelques 3-bets en bluff envoyés au bon moment, une paire de Rois craquée avec un gros tirage qui rentre, ou encore une livraison de Nicholas Palma qui 5-bet all-in les 10 au moment où Sylvain a trouvé les Dames.

Une fois l'ITM assuré, Sylvain a fait un très gros fold avec As-10 sur un board Roi-10-7-10-8, ayant conclu que son adversaire Russe ne pouvait qu'avoir une meilleure main, ayant check/raisé le turn avant d'envoyer gros sur la rivière. "Je ne bat pas assez de mains pour qu'un call soit profitable", expliquera Sylvain après coup.

Sylvain éliminera ensuite un autre joueur (Joao Vieira), craquant sa paire de Rois avec un 89 qui trouve brelan sur le flop (l'argent est parti sur le turn).

On vient de passer à deux tables lorsque Sylvain trouve AK. Avec 30 blindes, le coup va se dérouler de manière ultra-classique : relance et 4-bet all-in après le reraise d'un joueur Suédois, qui paie en découvrant une paire de 10.

Sylvain perdra le banal coin-flip, remportant 26,910 euros pour sa quinzième place.


En d'autres nouvelles

Romain Lewis et Pierre Neuville ont manqué l'argent de peu, sautant respectivement en 30e et 29e place (27 joueurs ont été payés)
L'ex-chip leader Dominik Nitsche a du se contenter d'un min-cash (26e), de même que Jason Mercier et Jeff Gross (18e et 16e).
Parmi les joueurs encore en course : Ryan Riess, Sam Chartier, Emil Patel, Tim Adams, Rocco Palumbo et un Davidi Kitai short-stack.
Il reste une heure à jouer à l'heure où j'écris ces lignes (minuit). Le tournoi se terminera dans la journée de samedi. Espérons que Davidi soit au rendez-vous !

Hugo moche

- 19 février 2016 - Par Benjo DiMeo

En atteignant la troisième place du tournoi #49, un mille balles ayant comptablisé 245 inscriptions, Hugo Lemaire a réalisé l'une des plus belles perfs françaises de cette quinzaine Dublinoise jeudi soir, ajoutant plus de 23,000 euros à sa bankroll. Son élimination s'est jouée sur un coup atypique et mérite d'être racontée.

"Cela faisait assez longtemps qu'on jouait à trois lorsque je décide de limp avec une paire de Dames. J'ai à peu près 800,000, les blindes sont à 10,000/20,000. Derrière moi, le Canadien envoie une énorme pile de jetons de 25,000. C'est là que je commets une grosse erreur : je pense qu'il a fait tapis, alors je dis "call" et je retourne tout de suite mes Dames, histoire de pas le slowroll. Ca partait d'une bonne intention !"

Problème, le Canadien (Christopher Symesko) n'a pas fait tapis, mais juste relancé un peu plus de 600,000. Il reste des jetons en jeu ! En l'occurence 160,000 du côté d'Hugo.

"Du coup, le croupier m'explique que je vais jouer le reste du coup avec mes Dames retournées. Je lui réponds qu'il n'y a pas de problème, je connais la règle, aucun souci. Mais là, il ajoute que je n'ai pas le droit de miser sur le flop ! Là, je suis un peu étonné, c'est la première fois que j'entends ça. Je ne vois aucun superviseur dans les parages, je suis pris dans le feu de l'action, je ne proteste pas, en plus, de toute façon, pour moi le coup va être joué à fond quoi qu'il arrive, j'ai misé presque tous mes jetons, il me reste huit blindes."

Le croupier retourne le genre de flop qu'Hugo ne voulait pas voir : As-10-X.

"Là, mon adversaire checke ! Avant même que j'ai le temps de dire ou faire quoi que ce soit, le croupier, toujours dans son idée que je n'ai pas le droit de miser, retourne directement le turn : un 7. Et là, j'entends "tapis" !" J'hésite à garder mes huit blindes, il y a un tirage couleur, peut-être qu'il joue un flush draw, peut-être qu'il essaie de bluffer puisqu'il connaît parfaitement ma main... Je paie : il a deux 7 pour le brelan !"

Evidemment, un superviseur confirmera le lendemain ce que Hugo savait déjà : cette règle improvisée de "pas le droit de miser au flop" est complètement farfelue. Tout en rappelant qu'au moindre doute quand au respect des règles, il ne faut pas hésiter à râler et appeler un floor, même lorsque l'on est pas directement concerné.

Hugo relativise : "Je ne pense pas que ça aurait changé grand chose si la règle avait été respectée. En tout cas, je ne le saurai jamais !"

Notons aussi, dans cette épreuve, la sixième place d'Alexandre Viard pour 11,620 euros.

Christopher Symesko (Canada), vainqueur pour 50,260 euros

Urbanovich contre le reste du monde

- 19 février 2016 - Par Benjo DiMeo

LA grosse histoire de la dernière ligne droite de l'EPT Dublin est bien entendu Dzmitry Urbanovich : le Polonais de 20 ans peut potentiellement remporter son dixième titre (!) en moins d'un an (!!), et fait figure de favori après s'être construit le plus gros tapis des six derneirs joueurs grâce à de bonnes cartes et de bonnes décisions durant les demi-finales. Lorsque l'on songe qu'Urbanovich est encore trop jeune pour disputer les World Series of Poker (d'ici trois mois, le problème sera réglé) on ne peut qu'être épaté par l'étendue d'un talent si précoce.

Sinon, nous mentionnons dans le post précédent que le Franco-Allemand Gilles Bernies produit de la musique électronique à ses heures perdues. Nous avons retrouvé la page Soundcloud où il publie des titres et mixes résolument orientés "tech-house" sous le pseudo "Adam-A" On aime beaucoup... et, du coup, on espère fêter avec lui sa perf dans l'une des boîtes de Dublin !

Les six finalistes
Dzmitry Urbanovich (Pologne) 5 125 000
Patrick Clarke (Irlande) 4 300 000
Kuljinder Sidhu (UK) 3 260 000
Gilles Bernies (Allemagne) 2 735 000
Iliodoros Kamatakis (Grèce) 1 965 000
Rhys Jones (UK) 740 000

Blindes : 25 000/50 000, ante 5 000 pendant encore 45 minutes

Les prix
Vainqueur : 561 900€
2e : 349 800€
3e : 250 300€
4e : 193 650€
5e : 152 600€
6e : 119 450€

La partie reprendra à 13h, heure de Dublin (donc 14h en France), avec une diffusion vidéo sur Internet avec une heure de décalage afin de montrer les cartes des joueurs. Les premières infos arriveront donc aux alentours de 15h, heure Française !
 

Faisons connaissance avec les six prétendants au titre

- 19 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Biographies par Mad Harper / PokerStars - Traduction par Benjo/Tapis Volant

Siège 1 : Gilles Bernies - 27 ans, Bretten/Düsseldorf (Allemagne) - 2 735 000 de tapis (55BB)
Né à Bretten d'un père allemand et d'une mère française (il parle donc les deux langues), Gilles Bernies vit actuellement à Düsseldorf où il suit des études en management international. Pour sa première apparition sur un EPT, Bernies a déjà réalisé le rêve de beaucoup de joueurs sur le circuit : atteindre une table finale. Chipleader dès le Day 1, il n’a jamais quitté les cîmes du classement depuis. Même s’il avoue jouer surtout pour le plaisir, Bernies a déjà à son actif deux performances de choix, toutes deux obtenues à Breda (Pays-Bas) : une win sur le Breda Poker Series (23,571€) et une deuxième place sur le Dutch Open Poker Series deux mois plus tard (29,688€). A la fin du Day 4, Bernies a décrit son run sur ce Main Event comme « étrange », conscient de n’être qu’un amateur au milieu de joueurs professionnels talentueux. Il est d’ores et déjà assuré de remporter 119,450 € mais ne compte pas passer pro pour autant après cette table finale. Bernies est également musicien, composant de la musique électronique à ses heures perdues, ce qui contribue grandement à me le rendre très sympathique. Allez Bernie !

Siège 2 : Dzmitry « Colisea » Urbanovich - 20 ans (Pologne) - 5 125 000 de tapis (103BB)
Si l’on avait du faire un résumé des accomplissements de Dzimitry Urbanovich il y a an, le travail aurait été rapide. Entre juillet 2013 et février 2015, Urbanovich a n’avait accumulé « que » 200,000 dollars de gains sur le circuit live. Mais durant les douze mois qui ont suivi, il a ajouté 3,6 millions à ce palmarès ! C’est au premier festival EPT organisé à Malte en mars 2015 qu’il a fait irruption sur le devant de la scène comme un boulet de canon, remportant pas moins de quatre tournois en dix jours (un record), parmi lesquels le High-Roller à 25,000 euros. Du jour au lendemain, Urbanovich était devenu LA star du Tour, et la communauté attendait avec impatience de voir si cette entrée magistrale allait être suivie d’autres coups d’éclat. La communauté n’a pas eu à attendre longtemps : lors de la Grande Finale à Monte Carlo, Urbanovich a terminé second dans le Super High-Roller à 100,000€ (juste derrière Erik Seidel), remportant 1,446 million d’euros, son plus gros ITM à ce jour. Grâce à cette monumentale perf’, celui qui n’avait que 19 ans à l’époque put soulever le trophée de Joueur de l’Année de la Saison 11 de l’European Poker Tour. Une star était née : Urbanovich était désormais vu comme l’égal de joueurs comme Ole Schemion et Steve O’Dwyer, ces pros qui « crushent » le circuit EPT tournoi après tournoi. Déjà solidement installé en première place au classement des gains des joueurs polonais, Urbanovich dispute sa toute première table finale sur un Main Event EPT, et fêtera ses 21 ans en mai prochain, l’âge minimum pour participer aux WSOP à Vegas. Pleinement confiant de ses capacités à répliquer ses succès Européens aux States, Urbanovich a parié une forte somme avec Vanessa Selbst, convaincu qu’il parviendra à remporter trois bracelets - un objectif très, très ambitieux que seulement deux joueurs sont parvenus à accomplir durant l'ère moderne du poker (Jess Lisandro en 2008 et George Danzer en 2014). Vu la bankroll qu'il s'est constituée depuis un an, il n'aura aucun mal à disputer toutes les épreuves qu'il souhaite, mais gare au burnout ! Après une belle série de gros coups gagnés en demi-finale, Urbanovich entame la dernière journée en temps que chip-leader. Deux jours plus tôt, il n'avait que 16BB alors qu'il restait 45 joueurs.

Siège 3 : Patrick « clickii10 » Clarke - 27 ans, Ardree (Irlande) - 4 300 000 de tapis (86BB)
Patrick Clarke est le dernier irlandais en course : tous les espoirs de l’Ile d’Emeraude reposent sur ses épaules. Est-ce que jouer à la maison représentera un avantage pour le joueur de 27 ans ? Etre prophète en son pays n'est pas si courant à l'EPT  : la dernière victoire « à domicile » sur le circuit EPT remonte à Daniel Pidun, c’était à Berlin durant la Saison 9. En tout cas, Clarke a déjà remporté un gros tournoi à Dublin : l’Irish Open, en avril 2014, pour un premier prix de 200,000 euros, sa plus grosse perf’ à ce jour. Un an plus tard, Clarke a atteint la finale de l’étape UKIPT de Nottingham, terminant en quatrième place pour un prix de 58,100£. Avant de prendre part au Main Event de l’EPT Dublin, Clarke était classé 47ème au classement des gains des joueurs irlandais, avec 396,000$ de gains au total. En douze saisons EPT, un seul irlandais est sorti victorieux : Steve O’Dwyer, né dans l'état du Colorado, Etats-Unis. (Si vous voulez mon avis, O'Dwyer est aussi irlandais que Vanessa Rousso est française, mais bon, il a la double nationalité.)

Siège 4 : Kully Sidhu - 33 ans, Walsall (UK) - 3 260 000 de tapis (65BB)
Kuljinder (il préfère "Kully") Sidhu est un joueur de poker professionnel qui a déjà été sous les projecteurs lors de sa table finale sur l’EPT Londres lors de la Saison 10. Malheureusement, l’aventure s’était terminée à la 8ème place pour un gain de 60,640£. De fait, il ne s’agit même pas de sa meilleure performance en EPT, puisqu’il a dealé à trois le High-Roller de Barcelone l'an dernier avec Mustapha Kanit et Nick Petrangelo, récoltant 640,000 € pour sa deuxième place. Il y a trois mois, il s’adjugeait également le High-Roller des Master Classics of Poker à Amsterdam pour un gain de 161,172€. Sidhu a pas mal perfé au Royaume-Uni, ayant notamment gagné le GUKPT Manchester en 2010. En avril de l’année dernière, il s’est retrouvé face à Patrick Clarke sur la table finale de l’UKIPT5 de Notthingham : il devra de nouveau composer avec le joueur irlandais samedi, avec l'avantage de la position.

Siège 5 : Iliodoros « ILIOS72 » Kamatakis - 43 ans, Preveza (Grèce) - 1 965 000 de tapis (39BB)
Doyen de cette table finale (43 ans, la retraite est encore loin), Iliodoros Kamatakis est connu sous le pseudo « ILIOS72 »  sur Twitch où il streame ses sessions online. En décembre dernier, il a réalisé son plus gros gain en carrière à Prague en terminant 5ème du High-Roller 10,000€ pour 180,890€. Avec 626,000€ de gains de carrière, il est actuellement classé 8ème sur la All-time Money List des joueurs grecs. Avant Dublin, il totalisait 4 ITM sur les Main Event EPT (meilleur résultat : 19e à Prague l'année de la victoire d'Arnaud Mattern). Kamatakis s’est également illustré online en terminant 4ème du Sunday Million pour 69,624$ (mars 2009), entre autres joyeusetés online

Siège 6 : Rhys « floppinhell » Jones - 25 ans, Portsmouth (UK) - 740 000 de tapis (15BB)
Ce joueur pro partage son temps de jeu entre les tournois live et online, avec pas mal de succès dans les deux domaines. En live, son plus gros ITM à ce jour a été acquise avec une troisième place sur un tournoi des WSOP 2014 (85,131$), avec un total de dix ITM de plus de 20,000$ depuis 2011. Deux mois plus tard, sa victoire sur un tournoi à 2,100$ des FTOPS 2014 lui a permis de remporter 93,000$, la plus belle de ses 84 victoires sur Internet - son palmarès affiche plus de 3,5 millions de dollars de gains au total ! Il y a un mois, Rhys s’est fiancé avec sa petite amie Kristy (la preuve qu’un bonheur n’arrive jamais seul), et va quoi qu’il arrive grimper au classement des gains des joueurs anglais, où il occupe actuellement la 148ème place avec 618,390$ d’ITM live. Il a remporté son siège pour l’EPT Dublin en remportant un satellite à 215$ en janvier. Pour l’anecdote, Rhys a participé à l’émission « Le Maillon Faible » sur la télé anglaise, et entamera la finale avec le plus petit tapis.