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Davidi Kitai rend les armes en cinquième place

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Très belle bataille dans le High-Roller à 10 000€

On aura vibré. Pas aussi longtemps qu'on n'aurait  préféré, mais on aura vibré : l'impressionnante démonstration de patience de Davidi Kitai dans le High-Roller s'est terminée par une cinquième place. Davidi ajoute donc une finale de plus à son palmarès, et la somme de 120,050 euros qu'il remporte le rapproche des 7 millions de dollars de gains sur l'ensemble de sa carrière.

Vous vous en doutez, le poker short-stack n'est pas le terrain de jeu préféré de Davidi : le Belge préfère de loin jouer deep, aller voir un maximum de flops, bluffer gros, et payer de gros bluffs. C'est donc par défaut, contraint et forcé, qu'il a adopté le mode serrure en table finale, étant assis à la gauche des deux chip-leaders Samuel Panzica et Akin Tuna qui relançaient la plupart des coup préflop l'un après l'autre, l'empêchant de faire lui-même tapis, et contribuant à rendre sa fold equity peu à peu inexistante.

Ce fut donc une situation rarissimme que de voir Davidi tomber aussi bas que cinq blindes (!), et c'est encore plus étonnés que nous avons vu tous ses adversaires jeter leurs cartes lorsque Davidi poussa ce maigre montant UTG ! A croire qu'ils craignaient trop Davidi pour lui permettre de doubler son tapis... Mais le pro du Team Winamax allait bien être payé lors de ses deux relances suivantes, doublant une première fois sur un coin-flip plein de suspens (QJ contre les 10 de Sergey Lebedev, board : 8-9-As-2... Valet !) puis de manière plus classique avec les Rois contre les Valets d'Emil Patel.

L'un des avantages de la stratégie ultra-patiente de Davidi : elle a contribué à le faire grimper sur l'échelle des prix. Rocco Palumbo (As-Roi contre deux As), William Arruda (deux Valets contre As-Dame) et Timothy Adams (As-10 contre As-Dame) eurent en effet moins de réussite que Davidi lors de leurs premières confrontations à tapis préflop, sautant respectivement en neuvième, huitième et septième place.

Arrivé aux blindes 25,000/50,000 avec un tapis de 450,000, Davidi parvint à éliminer le seul joueur possédant moins de jetons que lui à ce stade : Ryan Riess. Voyant le Champion du Monde 2013 pousser ses six blindes au milieu, Davidi n'eut guère d'autre choix que de payer de grosse blinde avec une paire de 8, constatant avec soulagement qu'il était loin devant les 7 de Riess. Le board As-4-Valet-As-As laissa les positions en l'état : il ne restait plus que cinq joueurs et même si Davidi restait encore short-stack, ses chances de ratrapper les chip-leaders venaient d'augmenter considérablement.

Hélas, cela n'allait pas durer. Quelques minutes plus tard, Davidi était de petite blinde et voyait le chip-leader Akin Tuna relancer pour la millième fois de la journée. 100,000, soit deux fois la grosse blinde. Muni de A7, Davidi n'avait pas une décision très difficile : tapis, pour 725,000 au total.

"Je n'avais pas envie qu'il paie", dira Davidi après coup. "Du coup, je lui ai parlé un petit peu, histoire d'influencer sa décision."

Les mots choisis par Davidi ? Une libre adaptation de Shakespeare :

"Gamble, or not gamble ? That is the question."

Il se trouve que Tuna avait envie de gamble, d'autant que sa main n'était pas trop vilaine pour payer un tapis de 15 blindes : A6. Mais Davidi était bel et bien favori pour doubler une fois de plus son tapis, et se relancer complètement dans la course au titre !

La croupière a retourné un flop 988 laissant entrevoir un partage.

Le 7, en revanche, fit de nouveau pencher la balance du côté du Belge, qui reçut la rivière comme un coup de poing en pleine figure : un 5, donnant la quinte à Akin Tuna.

Eliminé en cinquième place, Davidi n'affichera que peu de regrets : "Je ne peux pas me plaindre ! Je n'ai eu que très peu de bonnes cartes, et aucune décision compliquée."

Emil Patel a rapidement suivi Davidi Kitai  sur le chemin de la sortie, son As-10 se faisant craquer par le As-8 de Samuel Panzica. Ce dernier s'est ensuite employé à éliminer Sergey Lebedev en troisième place avec une paire de 9 gagnante contre une paire de 3.

Le duel final de ce High Roller oppose donc Samuel Panzica à Akin Tuna. Les deux se sont arrangés financièrement (moins de vingt blindes séparent leurs tapis respectifs), PokerNews nous indiquant un deal offrant 310,000 euros au premier et 290,000 au second, avec 65,770 encore en jeu, en plus du joli mais encombrant trophée.

On refait le match avec Sylvain Loosli, Hugo Lemaire et Basil Yaiche