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Dzmitry Urbanovich, comme prévu

- 21 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Pour le joueur professionnel lambda, remporter un titre sur l'European Poker Tour représente la consécration d'une carrière, un sommet qu'il sera, dans la majorité des cas, difficile de dépasser. Dzmitry Urbanovich n'est pas un joueur lambda : sa victoire sur le premier tournoi EPT organisé à Dublin depuis 2007 n'est rien d'autre qu'une banale journée de plus au bureau.

Nous ne faisons pas référence ici à l'attitude du polonais à la table, bien que nous pourrions consacrer quelques paragraphes à la perpetuelle démonstration de stoicisme du jeune pro, quelle que soit la situation : il est bien rare, même dans les sphères ultra-compétitives de l'EPT, de croiser un joueur autant maître de ses émotions, à la poker face aussi imperturbable, à l'air aussi - osons employer le mot - blasé.

Non, si la victoire de Dzmitry Urbanovich semble aussi banale, c'est tout simplement parce qu'elle est rien de moins que sa sixième sur le circuit European Poker Tour, et ce en moins d'un an*. Les amateurs de statistiques se régaleront d'ailleurs de cette anecdote : les 561 900 euros qu'Urbanovich remporte ce soir ne représentent que son quatrième plus gros gain en live au cours des douze derniers mois. C'est une certitude : ce soir à Dublin, absolument aucun observateur du circuit ne manifestera de surprise en apprenant la nouvelle de son sacre.

Il peut sembler ridicule d'écrire cela à propos d'un joueur de vingt ans encore trop jeune pour participer aux Championnats du Monde, un joueur dont personne n'avait jamais entendu parler il y a un an, mais les faits sont là : après avoir fait irruption sur le circuit live comme un boulet de canon à Malte en mars dernier, remportant quatre tournois annexes en dix jours sur l'île méditéranéenne, et après avoir confirmé ce coup d'éclat par deux finales supplémentaires à Monte Carlo (dont une sur le tournoi le plus cher du festival monégasque, à 100,000€ l'entrée), trois finales de plus à Barcelone, une victoire supplémentaire, toujours à Malte, et une grosse finale de plus à Prague, la victoire de Dzmitry Urbanovich sur le circuit EPT était attendue, prévisible, en un mot inévitable. Il ne s'agissait pas de prévoir si Urbanovich allait remporter un jour un titre majeur : il s'aggissait surtout de prévoir quand cela allait arriver.

Ce soir, Dzmitry Urbanovich est fermement installé sur un petit nuage, le même petit nuage sur lequel il a élu résidence il y a presque un an de cela. Plein de confiance dans ses talents (et à ce stade, qui pourrait lui reprocher ?), le jeune polonais n'avait pas attendu de remporter son premier Main Event EPT pour lancer un pari incensé quand à ses futures performances aux World Series of Poker, qu'il disputera pour la première fois cet été : trois bracelets, rien de moins ! Le challenge est énorme, et je ne vous en voudrais pas de trouver le gamin prétentieux. Cependant, ne comptez pas sur moi pour parier contre lui.

Il y a deux types de tables finales : celles dont on se souvient pour le duel final entre les deux derniers joueurs, et les autres. Dans la seconde catégorie, on retrouve les finales où l'ultime mano a mano fut rapidement expédié en une poignée de mains, la plupart du temps parce qu'un des finalistes s'était détaché depuis longtemps, faisant du dernier heads-up une formalité. On peut notamment citer la finale de l'EPT San Remo remportée par Jason Mercier en 2008, ou, plus récemment, la dernière édition du Winamax Poker Open à Dublin, remportée en deux temps trois mouvements par Pierre Calamusa : dans les deux cas, les vainqueurs n'ont eu besoin que de deux heures et demie pour conclure, le dernier duel n'étant l'affaire que de quelques minutes.

La finale de ce Main Event Irlandais appartient à la première catégorie : il aura fallu soixante mains pour départager Gilles Bernies et Dzmitry Urbanovich après l'élimination de Kully Sidhu en troisième place. Et malgré l'étendue de son talent (et de son good run, diront les mauvaises langues), la victoire du polonais n'était pas acquise d'avance : il lui fallait d'abord battre un dernier adversaire, en l'occurence un adversaire possédant cinq fois plus de jetons que lui.

"Vous ne me reverrez plus jamais sur un tournoi de poker. Je n'avais rien à faire ici !" Ainsi s'exprimait Gilles Bernies peu après son dernier coup perdu, tandis qu'Urbanovich savourait calmement sa victoire. J'ai vu assez de tables finales, et croisé assez de perdants dégoutés pour savoir qu'il ne s'agit que d'un banal coup de sang, d'une réaction à chaud sans grande valeur. Dans les jours qui viennent, l'amateur allemand aura tout loisir de savourer l'étendue de son accomplissement.

Certes, il a chuté sur la dernière marche malgré un net avantage en jetons. Certes, il a par deux fois complètement craqué, livrant trop facilement une grande quantité de jetons sur des bluffs impossibles. Mais Bernies, qui se voit dans le futur comme musicien electronique et DJ, et non pro du poker, ne fut pas que cela, au cours de ce tournoi : il faudra aussi se souvenir de lui comme d'un joueur qui n'a jamais quitté le sommet du classement depuis la première des six journées que comptait le tournoi. Il faudra se souvenir d'un joueur volontaire, n'hésitant pas à relancer et sur-relancer avec des mains dégueulasses, tendant des pièges et des bluffs audacieux, impresionnant de sang-froid pour son tout premier tournoi EPT. Le fait qu'il ait échoué sur la dernière ligne droite contre le joueur le plus hot de ces douze derniers mois n'enlève rien à son mérite.

* J'ai initialement mentionné le chiffre de dix victoires en moins d'un an. En fait, Urbanovich a remporté six tournois sur le circuit EPT depuis que nous avons commencé à prêter attention à ses talents à l'EPT Malte en mars 2015. Mais c'est bien dix victoires que le polonais a remportées depuis ses débuts en live en juillet 2013.
 

Résultats - Main Event EPT Dublin

605 inscriptions - 5 300€ l'entrée

Vainqueur : Dzmitry Urbanovich (Pologne) 561 900€

2nd : GIlles Bernies (Allemagne) 349 800€
3e : Kully Sidhu (UK) 250 300€
4e : Patrick Clarke (Irlande) 193 650€
5e : Ilios Kamatakis (UK) 152 600€
6e : Rhys Jones (UK) 119 450€
7e : Alexandre Meylan (Suisse) 88 300€
8e : Ivan Banic (Croatie) 60 750€

Les Français ITM

25e : Antoine Saout (17 310€)
39e : Pierre Calamusa (Team Winamax, 13 200€)
45e : Adrien Allain (11 440€)
55e : Gaëlle Baumann (Team Winamax, 11 440€)
61e : Ivan Deyra (10 270€)
71e : Fabrice Soulier (10 270€)

Ainsi s'achève ce reportage en terres irlandaises. La suite, c'est tout de suite : on se retrouve dans dix jours à peine au cercle Clichy-Montmartre pour la Grande Finale de notre circuit à nous, le Winamax Poker Tour !

Benjo

 

Victoire américaine dans le High Roller

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Grand animateur de la finale et responsable de la majorité des éliminations, Akin Tuna a chuté sur la dernière marche dans le High Roller face à un joueur Américain beaucoup plus reservé autour de la dernière table : Samuel Panzica. Il faut dire qu'avec Roi-5, Panzica a trouvé un flop diabolique KKK pour achever son adversaire allemand, qui a payé son tapis sur la rivière après avoir trouvé un full. Il s'agit de la plus belle victoire de la carrière de Panzica, qui roule sa bosse sur le circuit américain depuis 2011. Vu qu'il est encore tôt (20 heures 20 à l'heure où j'écris ces lignes), j'imagine qu'il aura le temps de fêter ça au Temple Bar avec son pote Ryan Riess avant de prendre l'avion demain !

Résultats - High-Roller EPT Dublin

140 joueurs (+45 re-entries) - 10 300€ l'entrée

Vainqueur : Samuel Panzica (USA) 375 770€ après deal

2nd : Akin Tuna (Allemagne) 290 000€ après deal
3e : Sergey Lebedev (Russie) 184 650€
4e : Emil Patel (Finlande) 150 550€
5e : Davidi Kitai (Belgique, Team Winamax) 120 050€
6e : Ryan Riess (USA) 92 240€
7e : Timothy Adams (Canada) 67 120€
8e : William Arruda (Brésil) 48 630€

Les Français ITM

15e : Sylvain Loosli (Team Winamax, 26 910€)
 

Davidi Kitai rend les armes en cinquième place

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Très belle bataille dans le High-Roller à 10 000€

On aura vibré. Pas aussi longtemps qu'on n'aurait  préféré, mais on aura vibré : l'impressionnante démonstration de patience de Davidi Kitai dans le High-Roller s'est terminée par une cinquième place. Davidi ajoute donc une finale de plus à son palmarès, et la somme de 120,050 euros qu'il remporte le rapproche des 7 millions de dollars de gains sur l'ensemble de sa carrière.

Vous vous en doutez, le poker short-stack n'est pas le terrain de jeu préféré de Davidi : le Belge préfère de loin jouer deep, aller voir un maximum de flops, bluffer gros, et payer de gros bluffs. C'est donc par défaut, contraint et forcé, qu'il a adopté le mode serrure en table finale, étant assis à la gauche des deux chip-leaders Samuel Panzica et Akin Tuna qui relançaient la plupart des coup préflop l'un après l'autre, l'empêchant de faire lui-même tapis, et contribuant à rendre sa fold equity peu à peu inexistante.

Ce fut donc une situation rarissimme que de voir Davidi tomber aussi bas que cinq blindes (!), et c'est encore plus étonnés que nous avons vu tous ses adversaires jeter leurs cartes lorsque Davidi poussa ce maigre montant UTG ! A croire qu'ils craignaient trop Davidi pour lui permettre de doubler son tapis... Mais le pro du Team Winamax allait bien être payé lors de ses deux relances suivantes, doublant une première fois sur un coin-flip plein de suspens (QJ contre les 10 de Sergey Lebedev, board : 8-9-As-2... Valet !) puis de manière plus classique avec les Rois contre les Valets d'Emil Patel.

L'un des avantages de la stratégie ultra-patiente de Davidi : elle a contribué à le faire grimper sur l'échelle des prix. Rocco Palumbo (As-Roi contre deux As), William Arruda (deux Valets contre As-Dame) et Timothy Adams (As-10 contre As-Dame) eurent en effet moins de réussite que Davidi lors de leurs premières confrontations à tapis préflop, sautant respectivement en neuvième, huitième et septième place.

Arrivé aux blindes 25,000/50,000 avec un tapis de 450,000, Davidi parvint à éliminer le seul joueur possédant moins de jetons que lui à ce stade : Ryan Riess. Voyant le Champion du Monde 2013 pousser ses six blindes au milieu, Davidi n'eut guère d'autre choix que de payer de grosse blinde avec une paire de 8, constatant avec soulagement qu'il était loin devant les 7 de Riess. Le board As-4-Valet-As-As laissa les positions en l'état : il ne restait plus que cinq joueurs et même si Davidi restait encore short-stack, ses chances de ratrapper les chip-leaders venaient d'augmenter considérablement.

Hélas, cela n'allait pas durer. Quelques minutes plus tard, Davidi était de petite blinde et voyait le chip-leader Akin Tuna relancer pour la millième fois de la journée. 100,000, soit deux fois la grosse blinde. Muni de A7, Davidi n'avait pas une décision très difficile : tapis, pour 725,000 au total.

"Je n'avais pas envie qu'il paie", dira Davidi après coup. "Du coup, je lui ai parlé un petit peu, histoire d'influencer sa décision."

Les mots choisis par Davidi ? Une libre adaptation de Shakespeare :

"Gamble, or not gamble ? That is the question."

Il se trouve que Tuna avait envie de gamble, d'autant que sa main n'était pas trop vilaine pour payer un tapis de 15 blindes : A6. Mais Davidi était bel et bien favori pour doubler une fois de plus son tapis, et se relancer complètement dans la course au titre !

La croupière a retourné un flop 988 laissant entrevoir un partage.

Le 7, en revanche, fit de nouveau pencher la balance du côté du Belge, qui reçut la rivière comme un coup de poing en pleine figure : un 5, donnant la quinte à Akin Tuna.

Eliminé en cinquième place, Davidi n'affichera que peu de regrets : "Je ne peux pas me plaindre ! Je n'ai eu que très peu de bonnes cartes, et aucune décision compliquée."

Emil Patel a rapidement suivi Davidi Kitai  sur le chemin de la sortie, son As-10 se faisant craquer par le As-8 de Samuel Panzica. Ce dernier s'est ensuite employé à éliminer Sergey Lebedev en troisième place avec une paire de 9 gagnante contre une paire de 3.

Le duel final de ce High Roller oppose donc Samuel Panzica à Akin Tuna. Les deux se sont arrangés financièrement (moins de vingt blindes séparent leurs tapis respectifs), PokerNews nous indiquant un deal offrant 310,000 euros au premier et 290,000 au second, avec 65,770 encore en jeu, en plus du joli mais encombrant trophée.

On refait le match avec Sylvain Loosli, Hugo Lemaire et Basil Yaiche

Pendant ce temps, sur le Main Event...

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

La dernière ligne droite du tournoi principal du festival est en cours, et il n'a pas fallu attendre longtemps avant d'assister à la première élimination, celle de Rhys Jones. Short-stack à l'entame de la partie, l'Anglais a rapidement envoyé ses 15BB avec As-9, et est tombé contre le As-10 de Dzmitry Urbanovich - le chip-leader polonais a trouvé un 10 dès le flop.

La partie est restransmise sur Internet avec une heure de décalage par rapport au direct, ce qui vous permet de voir les cartes privées des joueurs sur chaque coup.

High-Roller : la finale est prête

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Après une grosse heure de jeu dans le Day 3 du High-Roller, la finale est prête.

Ceux qui n'en feront pas partie sont...

Diego Ventura (13e) : ses deux Dames se font craquer par le As-10 de de Sergey Lebedev.
Sam Chartier (12e) : notre Québécois préféré défend sa BB avec J6 et relance à tapis après un c-bet d'Akin Tuna sur Q62. De petite blinde, Tuna fait un bon call avec une paire de 10 et reste en tête.
Christoph Vogelsang (11e) : le coup est similaire. Vogelsang défend sa BB avec 85 et check/raise à tapis sur 533 après un c-bet du même Tuna, qui là encore possède une overpaire (bien que légère) : il paie et reste en tête avec 66.
Jerry Odeen (10e) : Akin Tuna arrache son troisième scalp en vingt minutes avec une paire de Rois qui reste en tête contre le Dame-Valet d'Odeen, qui a fait tapis après avoir trouvé la top-paire sur le flop.

Davidi ne s'est pas contenté d'un poste de spectateur, trouvant deux spots pour voler les blindes et réussissant un "3-barrel" dans une bataille de blindes contre Emil Patel en misant flop (30,000) turn (90,000) et rivière (150,000) sur AT54T. Patel attend la rivière pour abandonner.

Le plan de table avec des estimations très approximatives des stacks :

Siège 1 : Timothy Adams (Canada) 620 000
Siège 2 : Emil Patel (Finlande) 950 000
Siège 3 : Sergey Lebedev (Russie) 1 million
Siège 4 : Ryan Riess (USA) 470 000
Siège 5 : William Arruda (Brésil) 1,1 million
Siège 6 : Samuel Panzica (USA) 2,1 million
Siège 7 : Rocco Palumbo (Italie) 630 000
Siège 8 : Akin Tuna (Allemagne) 1,7 million
Siège 9 : Davidi Kitai (Belgique, Team Winamax) 630 000

Blindes : 12 000/24 000 ante 3 000

Davidi en demi-finales du High-Roller

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Il l'a fait ! A la force du poignet (et de patience), Davidi Kitai s'est qualifié pour la toute dernière journée du High-Roller à 10,000€ de l'EPT Dublin. Il ne reste plus que 13 joueurs en course et notre Belge préféré a terminé le Day 2 avec un tapis de 512,000, soit plus de 25 blindes. Quelques jolis bluffs lui ont permis de faire gonfler son capital durant les tous derniers tours de jeu.

Content de lui au moment de ranger ses jetons, Davidi expliquait avoir alterné entre des phases très calmes ("Je ne jouais pas un coup pendant une heure") et très actives ("Je jouais tous les coups pendant une heure"), en ayant globablement opté pour une stratégie low variance, préférant attendre le flop pour faire parler la poudre.

On retrouvera le triple vainqueur WSOP/WPT/EPT samedi à 12h30 (13h30 en France) pour tenter de faire mieux qu'à Prague dans le même spot (Dav avait terminé neuvième) et pourquoi pas de s'adjuger les 397,500 euros promis au vainqueur.

Le casting est très relevé (voir ci-dessous), mais tout le monde sait que ce n'est pas ce genre de détails qui a empêché Davidi de gagner dans le passé...

Les 13 derniers joueurs

Diego Ventura (Pérou) 1,570,000
Sergey Lebedev (Russie)  1,522,000
Emil Patel (Finlande) 1,339,000
Ryan Riess (USA) 1,174,000
Akin Tuna (Allemagne) 1,100,000
Timothy Adams (Canada) 758,000
Jerry Odeen (Suède) 596,000
Rocco Palumbo (Italie) 565,000
Davidi Kitai (Belgique) 512,000
William Arruda (Brésil) 458,000
Sam Chartier (Canada) 458,000
Christoph Vogelsang (Allemagne) 310,000
Samuel Panzica (USA) 276,000

Blindes : 10,000/20,000, ante 3,000
Moyenne : 711,000

Sylvain Loosli 15e du High-Roller

- 20 février 2016 - Par Benjo DiMeo

C'est sans souffrir que Sylvain Loosli a franchi le cap de la bulle dans le tournoi High-Roller à 10,000 euros, ayant monté un tapis considérable grâce à pêle-mêle : quelques 3-bets en bluff envoyés au bon moment, une paire de Rois craquée avec un gros tirage qui rentre, ou encore une livraison de Nicholas Palma qui 5-bet all-in les 10 au moment où Sylvain a trouvé les Dames.

Une fois l'ITM assuré, Sylvain a fait un très gros fold avec As-10 sur un board Roi-10-7-10-8, ayant conclu que son adversaire Russe ne pouvait qu'avoir une meilleure main, ayant check/raisé le turn avant d'envoyer gros sur la rivière. "Je ne bat pas assez de mains pour qu'un call soit profitable", expliquera Sylvain après coup.

Sylvain éliminera ensuite un autre joueur (Joao Vieira), craquant sa paire de Rois avec un 89 qui trouve brelan sur le flop (l'argent est parti sur le turn).

On vient de passer à deux tables lorsque Sylvain trouve AK. Avec 30 blindes, le coup va se dérouler de manière ultra-classique : relance et 4-bet all-in après le reraise d'un joueur Suédois, qui paie en découvrant une paire de 10.

Sylvain perdra le banal coin-flip, remportant 26,910 euros pour sa quinzième place.


En d'autres nouvelles

Romain Lewis et Pierre Neuville ont manqué l'argent de peu, sautant respectivement en 30e et 29e place (27 joueurs ont été payés)
L'ex-chip leader Dominik Nitsche a du se contenter d'un min-cash (26e), de même que Jason Mercier et Jeff Gross (18e et 16e).
Parmi les joueurs encore en course : Ryan Riess, Sam Chartier, Emil Patel, Tim Adams, Rocco Palumbo et un Davidi Kitai short-stack.
Il reste une heure à jouer à l'heure où j'écris ces lignes (minuit). Le tournoi se terminera dans la journée de samedi. Espérons que Davidi soit au rendez-vous !

Hugo moche

- 19 février 2016 - Par Benjo DiMeo

En atteignant la troisième place du tournoi #49, un mille balles ayant comptablisé 245 inscriptions, Hugo Lemaire a réalisé l'une des plus belles perfs françaises de cette quinzaine Dublinoise jeudi soir, ajoutant plus de 23,000 euros à sa bankroll. Son élimination s'est jouée sur un coup atypique et mérite d'être racontée.

"Cela faisait assez longtemps qu'on jouait à trois lorsque je décide de limp avec une paire de Dames. J'ai à peu près 800,000, les blindes sont à 10,000/20,000. Derrière moi, le Canadien envoie une énorme pile de jetons de 25,000. C'est là que je commets une grosse erreur : je pense qu'il a fait tapis, alors je dis "call" et je retourne tout de suite mes Dames, histoire de pas le slowroll. Ca partait d'une bonne intention !"

Problème, le Canadien (Christopher Symesko) n'a pas fait tapis, mais juste relancé un peu plus de 600,000. Il reste des jetons en jeu ! En l'occurence 160,000 du côté d'Hugo.

"Du coup, le croupier m'explique que je vais jouer le reste du coup avec mes Dames retournées. Je lui réponds qu'il n'y a pas de problème, je connais la règle, aucun souci. Mais là, il ajoute que je n'ai pas le droit de miser sur le flop ! Là, je suis un peu étonné, c'est la première fois que j'entends ça. Je ne vois aucun superviseur dans les parages, je suis pris dans le feu de l'action, je ne proteste pas, en plus, de toute façon, pour moi le coup va être joué à fond quoi qu'il arrive, j'ai misé presque tous mes jetons, il me reste huit blindes."

Le croupier retourne le genre de flop qu'Hugo ne voulait pas voir : As-10-X.

"Là, mon adversaire checke ! Avant même que j'ai le temps de dire ou faire quoi que ce soit, le croupier, toujours dans son idée que je n'ai pas le droit de miser, retourne directement le turn : un 7. Et là, j'entends "tapis" !" J'hésite à garder mes huit blindes, il y a un tirage couleur, peut-être qu'il joue un flush draw, peut-être qu'il essaie de bluffer puisqu'il connaît parfaitement ma main... Je paie : il a deux 7 pour le brelan !"

Evidemment, un superviseur confirmera le lendemain ce que Hugo savait déjà : cette règle improvisée de "pas le droit de miser au flop" est complètement farfelue. Tout en rappelant qu'au moindre doute quand au respect des règles, il ne faut pas hésiter à râler et appeler un floor, même lorsque l'on est pas directement concerné.

Hugo relativise : "Je ne pense pas que ça aurait changé grand chose si la règle avait été respectée. En tout cas, je ne le saurai jamais !"

Notons aussi, dans cette épreuve, la sixième place d'Alexandre Viard pour 11,620 euros.

Christopher Symesko (Canada), vainqueur pour 50,260 euros

Urbanovich contre le reste du monde

- 19 février 2016 - Par Benjo DiMeo

LA grosse histoire de la dernière ligne droite de l'EPT Dublin est bien entendu Dzmitry Urbanovich : le Polonais de 20 ans peut potentiellement remporter son dixième titre (!) en moins d'un an (!!), et fait figure de favori après s'être construit le plus gros tapis des six derneirs joueurs grâce à de bonnes cartes et de bonnes décisions durant les demi-finales. Lorsque l'on songe qu'Urbanovich est encore trop jeune pour disputer les World Series of Poker (d'ici trois mois, le problème sera réglé) on ne peut qu'être épaté par l'étendue d'un talent si précoce.

Sinon, nous mentionnons dans le post précédent que le Franco-Allemand Gilles Bernies produit de la musique électronique à ses heures perdues. Nous avons retrouvé la page Soundcloud où il publie des titres et mixes résolument orientés "tech-house" sous le pseudo "Adam-A" On aime beaucoup... et, du coup, on espère fêter avec lui sa perf dans l'une des boîtes de Dublin !

Les six finalistes
Dzmitry Urbanovich (Pologne) 5 125 000
Patrick Clarke (Irlande) 4 300 000
Kuljinder Sidhu (UK) 3 260 000
Gilles Bernies (Allemagne) 2 735 000
Iliodoros Kamatakis (Grèce) 1 965 000
Rhys Jones (UK) 740 000

Blindes : 25 000/50 000, ante 5 000 pendant encore 45 minutes

Les prix
Vainqueur : 561 900€
2e : 349 800€
3e : 250 300€
4e : 193 650€
5e : 152 600€
6e : 119 450€

La partie reprendra à 13h, heure de Dublin (donc 14h en France), avec une diffusion vidéo sur Internet avec une heure de décalage afin de montrer les cartes des joueurs. Les premières infos arriveront donc aux alentours de 15h, heure Française !
 

Faisons connaissance avec les six prétendants au titre

- 19 février 2016 - Par Benjo DiMeo

Biographies par Mad Harper / PokerStars - Traduction par Benjo/Tapis Volant

Siège 1 : Gilles Bernies - 27 ans, Bretten/Düsseldorf (Allemagne) - 2 735 000 de tapis (55BB)
Né à Bretten d'un père allemand et d'une mère française (il parle donc les deux langues), Gilles Bernies vit actuellement à Düsseldorf où il suit des études en management international. Pour sa première apparition sur un EPT, Bernies a déjà réalisé le rêve de beaucoup de joueurs sur le circuit : atteindre une table finale. Chipleader dès le Day 1, il n’a jamais quitté les cîmes du classement depuis. Même s’il avoue jouer surtout pour le plaisir, Bernies a déjà à son actif deux performances de choix, toutes deux obtenues à Breda (Pays-Bas) : une win sur le Breda Poker Series (23,571€) et une deuxième place sur le Dutch Open Poker Series deux mois plus tard (29,688€). A la fin du Day 4, Bernies a décrit son run sur ce Main Event comme « étrange », conscient de n’être qu’un amateur au milieu de joueurs professionnels talentueux. Il est d’ores et déjà assuré de remporter 119,450 € mais ne compte pas passer pro pour autant après cette table finale. Bernies est également musicien, composant de la musique électronique à ses heures perdues, ce qui contribue grandement à me le rendre très sympathique. Allez Bernie !

Siège 2 : Dzmitry « Colisea » Urbanovich - 20 ans (Pologne) - 5 125 000 de tapis (103BB)
Si l’on avait du faire un résumé des accomplissements de Dzimitry Urbanovich il y a an, le travail aurait été rapide. Entre juillet 2013 et février 2015, Urbanovich a n’avait accumulé « que » 200,000 dollars de gains sur le circuit live. Mais durant les douze mois qui ont suivi, il a ajouté 3,6 millions à ce palmarès ! C’est au premier festival EPT organisé à Malte en mars 2015 qu’il a fait irruption sur le devant de la scène comme un boulet de canon, remportant pas moins de quatre tournois en dix jours (un record), parmi lesquels le High-Roller à 25,000 euros. Du jour au lendemain, Urbanovich était devenu LA star du Tour, et la communauté attendait avec impatience de voir si cette entrée magistrale allait être suivie d’autres coups d’éclat. La communauté n’a pas eu à attendre longtemps : lors de la Grande Finale à Monte Carlo, Urbanovich a terminé second dans le Super High-Roller à 100,000€ (juste derrière Erik Seidel), remportant 1,446 million d’euros, son plus gros ITM à ce jour. Grâce à cette monumentale perf’, celui qui n’avait que 19 ans à l’époque put soulever le trophée de Joueur de l’Année de la Saison 11 de l’European Poker Tour. Une star était née : Urbanovich était désormais vu comme l’égal de joueurs comme Ole Schemion et Steve O’Dwyer, ces pros qui « crushent » le circuit EPT tournoi après tournoi. Déjà solidement installé en première place au classement des gains des joueurs polonais, Urbanovich dispute sa toute première table finale sur un Main Event EPT, et fêtera ses 21 ans en mai prochain, l’âge minimum pour participer aux WSOP à Vegas. Pleinement confiant de ses capacités à répliquer ses succès Européens aux States, Urbanovich a parié une forte somme avec Vanessa Selbst, convaincu qu’il parviendra à remporter trois bracelets - un objectif très, très ambitieux que seulement deux joueurs sont parvenus à accomplir durant l'ère moderne du poker (Jess Lisandro en 2008 et George Danzer en 2014). Vu la bankroll qu'il s'est constituée depuis un an, il n'aura aucun mal à disputer toutes les épreuves qu'il souhaite, mais gare au burnout ! Après une belle série de gros coups gagnés en demi-finale, Urbanovich entame la dernière journée en temps que chip-leader. Deux jours plus tôt, il n'avait que 16BB alors qu'il restait 45 joueurs.

Siège 3 : Patrick « clickii10 » Clarke - 27 ans, Ardree (Irlande) - 4 300 000 de tapis (86BB)
Patrick Clarke est le dernier irlandais en course : tous les espoirs de l’Ile d’Emeraude reposent sur ses épaules. Est-ce que jouer à la maison représentera un avantage pour le joueur de 27 ans ? Etre prophète en son pays n'est pas si courant à l'EPT  : la dernière victoire « à domicile » sur le circuit EPT remonte à Daniel Pidun, c’était à Berlin durant la Saison 9. En tout cas, Clarke a déjà remporté un gros tournoi à Dublin : l’Irish Open, en avril 2014, pour un premier prix de 200,000 euros, sa plus grosse perf’ à ce jour. Un an plus tard, Clarke a atteint la finale de l’étape UKIPT de Nottingham, terminant en quatrième place pour un prix de 58,100£. Avant de prendre part au Main Event de l’EPT Dublin, Clarke était classé 47ème au classement des gains des joueurs irlandais, avec 396,000$ de gains au total. En douze saisons EPT, un seul irlandais est sorti victorieux : Steve O’Dwyer, né dans l'état du Colorado, Etats-Unis. (Si vous voulez mon avis, O'Dwyer est aussi irlandais que Vanessa Rousso est française, mais bon, il a la double nationalité.)

Siège 4 : Kully Sidhu - 33 ans, Walsall (UK) - 3 260 000 de tapis (65BB)
Kuljinder (il préfère "Kully") Sidhu est un joueur de poker professionnel qui a déjà été sous les projecteurs lors de sa table finale sur l’EPT Londres lors de la Saison 10. Malheureusement, l’aventure s’était terminée à la 8ème place pour un gain de 60,640£. De fait, il ne s’agit même pas de sa meilleure performance en EPT, puisqu’il a dealé à trois le High-Roller de Barcelone l'an dernier avec Mustapha Kanit et Nick Petrangelo, récoltant 640,000 € pour sa deuxième place. Il y a trois mois, il s’adjugeait également le High-Roller des Master Classics of Poker à Amsterdam pour un gain de 161,172€. Sidhu a pas mal perfé au Royaume-Uni, ayant notamment gagné le GUKPT Manchester en 2010. En avril de l’année dernière, il s’est retrouvé face à Patrick Clarke sur la table finale de l’UKIPT5 de Notthingham : il devra de nouveau composer avec le joueur irlandais samedi, avec l'avantage de la position.

Siège 5 : Iliodoros « ILIOS72 » Kamatakis - 43 ans, Preveza (Grèce) - 1 965 000 de tapis (39BB)
Doyen de cette table finale (43 ans, la retraite est encore loin), Iliodoros Kamatakis est connu sous le pseudo « ILIOS72 »  sur Twitch où il streame ses sessions online. En décembre dernier, il a réalisé son plus gros gain en carrière à Prague en terminant 5ème du High-Roller 10,000€ pour 180,890€. Avec 626,000€ de gains de carrière, il est actuellement classé 8ème sur la All-time Money List des joueurs grecs. Avant Dublin, il totalisait 4 ITM sur les Main Event EPT (meilleur résultat : 19e à Prague l'année de la victoire d'Arnaud Mattern). Kamatakis s’est également illustré online en terminant 4ème du Sunday Million pour 69,624$ (mars 2009), entre autres joyeusetés online

Siège 6 : Rhys « floppinhell » Jones - 25 ans, Portsmouth (UK) - 740 000 de tapis (15BB)
Ce joueur pro partage son temps de jeu entre les tournois live et online, avec pas mal de succès dans les deux domaines. En live, son plus gros ITM à ce jour a été acquise avec une troisième place sur un tournoi des WSOP 2014 (85,131$), avec un total de dix ITM de plus de 20,000$ depuis 2011. Deux mois plus tard, sa victoire sur un tournoi à 2,100$ des FTOPS 2014 lui a permis de remporter 93,000$, la plus belle de ses 84 victoires sur Internet - son palmarès affiche plus de 3,5 millions de dollars de gains au total ! Il y a un mois, Rhys s’est fiancé avec sa petite amie Kristy (la preuve qu’un bonheur n’arrive jamais seul), et va quoi qu’il arrive grimper au classement des gains des joueurs anglais, où il occupe actuellement la 148ème place avec 618,390$ d’ITM live. Il a remporté son siège pour l’EPT Dublin en remportant un satellite à 215$ en janvier. Pour l’anecdote, Rhys a participé à l’émission « Le Maillon Faible » sur la télé anglaise, et entamera la finale avec le plus petit tapis.