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Le marchand de sable est passé par Copenhague

- 26 février 2008 - Par Benjo DiMeo

Qui aurait pu le croire ? La finale de l'étape Scandinave de l'European Poker Tour, d'ordinaire réputée pour sa difficulté et le caractère aggressif de ses participants, s'est finalement soldée par le tête à tête le plus soporifique du poker professionnel.

Le dernier jour du tournoi avait pourtant commencé de manière habituelle : assis autour de la table télévisée, on trouvait, rescapés parmi les 460 joueurs au départ, les huit survivants de l'épreuve (la plupart relativement inconnus jusque là) tous en quête de l'argent (834,000€) et de la gloire associés à la première place.

Parmi eux se démarquaient le charismatique américain (expatrié en Europe) Danny Ryan, expert en tournois on-line et déjà aperçu à Dortmund quelques semaines auparavant, où il avait atteint les demi-finales. Et puis, comme il se doit, un joueur français, mais ça, on commence à en avoir l'habitude, après les victoires d'Arnaud Mattern et Elky à Prague et aux Bahamas respectivement, ainsi que la huitième place de Thibaut Durand à Dortmund. Le « français en table finale du jour » était un joueur inconnu jusque là, Nicolas Dervaux, qui d'après sa biographie a effectué il y a deux ans un glissement depuis les tapis verts des tables de billard vers ceux des tables de poker.

Bref, on tenait une finale de facture classique, sans grosses stars, certes, mais comportant le mélange habituel de pros, semi-pros et amateurs éclairés qui compose les tables finales du circuit pro. La moitié de la table était de nationalité danoise, le reste des sièges allant à deux américains, un français et un suédois.

Justement, c'est ce dernier, répondant au nom de Patrik Andersson (patronyme très original en Suède) qui allait tomber le premier, quand son K5 ne s'améliora pas contre le A6 de Danny Ryan. Peu avant, Andersson avait perdu la moitié de ses jetons avec une paire d'As trouvée sur le flop, qui ne put se défendre contre le brelan de Dames du Danois Simon Dorslund.

Le même Dorslund allait être le suivant à sortir. Digne représentant de l'école Gus Hansen lors de cette finale, Dorslund a peut-être péché par excès d'aggressivité, ne jetant pas ses cartes aux moments où il était clairement battu.

Sixième au classement au départ de la finale, c'est à cette même sixème place que notre français Nicolas Dervaux allait finalement s'arrêter. Mis à mal par un évident manque de bonnes mains de départ, le francilien n'a jamais réussi à démarrer quoi que ce soit dans sa première finale majeure, et fit sa sortie après un « move » à tapis avec J5 payé par Soren Jensen qui détenait A7. Le français est reparti avec tout de même plus de 130,000€ pour ses efforts.

Coverage par Winamax

Belle percée dans le circuit pro pour Nicolas Dervaux

Après quatre heures de jeu, cinq joueurs étaient encore en course pour le titre. Notez que jusque içi, tout allait bien. Le chip-leader Américain Timothy Vance, incapable de rester assis sur son siège, amusait/ennuyait la galerie avec ses interpretations très personnelles de ses chansons favorites des Beatles, tandis que Soren Jensen célebrait chaque pot gagné par des beuglements en direction de ses supporters, qui, génés, quittaient peu à peu la salle.

Coverage par Winamax

Cette finale Danoise allait perdre l'un de ses deux représentants américains après le dinner-break, quand le AQ de Danny Ryan allait se heurter au AK de Rasmus Nielsen. Ce dernier allait ensuite faire un excellent call sur le flop J97 avec juste une paire de 8. Tim Vance, qui avait sur-relancé lors du premier tour d'enchères, poussa le tapis avec AQ une fois le flop tombé, obtenant un call instantané de Nielsen.

Hélàs pour Nielsen, la rivière fut le très Barry Greenstein-esque As de pique, et le Danois était éliminé en quatrième place. Il serait très vite suivi par l'excellent Magnus Hansen, qui a 20 ans était le plus jeune des huit finalistes. Après sept heures d'excellent poker, mélange de patience et d'aggressivité calculée, Magnus fit sa sortie avec un tirage couleur poussé à tapis sur le flop qui manqua le turn et la rivière, aisément battu par les deux paires floppées de Soren Jensen.

Ainsi, vers 21 heures, on tenait le tête à tête final entre deux joueurs jusque là inconnus, Tim Vance et Soren Jensen. Des deux joueurs, on connaissait en revanche bien leur tendance à l'extériorisation à outrance. D'un côté, l'Américain, souffrant sans doute de TOC jamais traités, ne tenait pas en place et demandait régulièrement l'autorisation de quitter la table pour faire les cents pas, tout en fredonnant ses Beatles chéris, de quoi donner un sérieux mal de crâne à tous les spectateurs, même à l'aguérri fan des Beatles que je suis. De l'autre, Soren Jensen, un grossier personnage ayant sans doute appris les bonnes manières pokériennes en regardant à la télé des personnages du genre d'Hevad Khan ou Phil Hellmuth. Hurlements, gestes déplacés et chants du cru étaient de mise chez le Danois.

Tout au mieux aurait-on pu esperer que le caractère haut en couleur de ces deux joueurs allait transparaître dans leur manière de jouer. Raté. A la place des duels aggressifs et rapides observés ces derniers mois dans le circuit pro, nous avons assisté à un festival de checks et de folds. Une torture abominable qui dura plus de quatre heures et mis à bout la patience des specateurs, journalistes et techniciens de l'European Poker Tour. Quatre heures et plus de 200 mains qui ont donné à plus d'un reporter aguerri l'envie d'en finir en se plantant des fourchettes dans les oreilles en avalant des éponges. Si, si.

C'est finalement le « moins pire » de ces deux médiocres joueurs qui finit par triompher en la personne de Timothy Vance. L'ensemble du public Danois, épuisé par le comportement désagréable de Jensen, avait fini par se retourner en faveur du joueur Américain, une scène qui ne fut pas sans rappeller les dernières scènes de ce chef-d'oeuvre qu'est Rocky IV. L'ensemble du tête à tête rappelait d'ailleurs furieusement le nanar suscité : c'était tellement nul que ca en devenait drôle.

Mais les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, et vers une heure du matin, Soren Jensen mis fin au supplice collectif en envoyant son tapis à la rivière, sur un tableau contenant trois piques.

Tim Vance se leva, contempla un instant le tableau, puis sortit la plus belle réplique jamais entendue lors d'une finale depuis le « If you call it's all over baby » de Scotty N'Guyen aux championnats du monde 1998 : « It was nice playing with you, sir. I call », avant de retourner la main max : As-10 de pique.

Coverage par Winamax

Tim Vance : champion par défaut

Une brillante réplique qui rentrera à coup sur dans le jargon et l'histoire du poker, ce qui ne sera sans doute pas le cas de cette finale, que la mémoire collective devrait oublier en un temps record. Vite, vite le prochain tournoi ! Prochain rendez-vous : Varsovie, début mars...

Scandinavian Open : finale !

- 26 février 2008 - Par Benjo DiMeo

Coverage par Winamax

Pour la quatrième fois consécutive, un joueur français atteint une finale de l'European Poker Tour. La révélation du jour s'appelle Nicolas Dervaux. Le Parsien nous vient du monde du billard américain, dont il est l'un des meilleurs experts français. Toujours est possible aujourdh'ui avec un tapis de 336,000 qui le place en 6e position au départ de cette finale


Coverage par Winamax

Le turbulent Timothy Vance est passé énorme chip-leader hier après un fanstastique call contre Kristian Pedersen avec 99 sur le flop QJx. "Je sais que tu as As-Roi", avait annoncé l'Américain à son adversaire Danois. Vance avait vu juste, et après deux cartes finales sans conséquence, il remportait le pot de 800,000 pour passer à 1,4 millions. Vance est un joueur amateur qualifié sur Internet. Signe distinctif : il ne tient pas en place à la table, et parle sans arrêt ! Voilà qui va détonner au milieu de tous ces Scandinaves inexpressifs...

Coverage par Winamax

Maintenir un chip-lead durant toute une journée n'est pas une mince affaire : cet exploit, Rasmus Nielsen est parvenu à l'accomplir. Avec 789,000, il n'est dépassé que par Vance, mais commencera avec une large avance devant ses six autres adversaires en finale.

Coverage par Winamax

La palme du plus gros bad-beat des demi-finales revient à Danny Ryan, qui, à 9 joueurs, pousse son tapis dans un pot non relancé avec Roi-Dame de coeur. Payé instantanément par Johan Lund de grosse blinde avec paire d'As. Flop : un coeur. Turn : un coeur. Rivière ... Vous l'avez deviné, un coeur ! L'Américain, chouchou du public, entamera la finale avec un bon tapis de 557,000 après ce coup de chance venu de nulle part.

Rappel des hauteurs de tapis, par ordre de position autour de la table :

":
1 Rasmus Hede Nielsen (Danemark) 789,000
2 Timothy Vance (USA) 1,408,000
3 Daniel Ryan (USA) 557,000
4 Patrik Andersson (Suède) 283,000
5 Simon Dørslund (Danemark) 267,000
6 Nicolas Dervaux (France) 336,000
8 Søren Jensen (Danemark) 500,000
9 Magnus Hansen (Danemark) 458,000


Les prix arrondis en €uros :

":
Vainqueur/834 590
2e/ 472 463
3e/ 274 425
4e/ 209 355
5e/ 172 576
6e/ 135 798
7e/ 107 507
8e/ 76 386


Rendez-vous à 14 heures !

Coverage par Winamax
photo Lina Olofsson/PokerStarsBlog

Rendez-vous à 14 heures !

- 22 février 2008 - Par Benjo DiMeo

Ne manquez pas la retransmission en direct de l'épreuve à partir de 14 heures sur www.eptlive.com ! Je serai présent au micro pour assurer le commentaire en compagnie de joueurs pros, dont Nicolas Levi et Arnaud Mattern.

Bonne nuit à tous !

Coverage par Winamax

Nicolas Dervaux tentera cet après-midi d'acceder en finale de l'EPT de Copenhague : ce serait la quatrième consécutive pour un joueur français !

39 joueurs en route vers la table finale

- 22 février 2008 - Par Benjo DiMeo

Pour conclure la couverture de l'EPT de Copenhague ce soir, voiçi la liste des joueurs qui seront au départ vendredi à partir de 14 heures, par ordre décroissant.

A noter :

- Notre français Nicolas Dervaux a survécu et pointe en 13e position avec un tapis de 143,500.
- La présence de 14 danois (sur 39 joueurs au total)
- Trois excellents Hollandais sont encore en course : Joris Jaspers, Ed de Haas et Rolf Slotboom. Belle perf pour le pays de la tulipe !
- Plusieurs joueurs aux titres prestigieux sont là : Trond Eidsvig (Master Classics Amsterdam) Alex Kravchenko (1 bracelet WSOP) et Cristian Grundtvig (WPT de Paris 2006)

Code:
Rasmus Hede Nielsen (Danemark) 295,500
Joris Jaspers (Hollande) 294,800
Johan Lund (Suède) 290,500
Patrik Andersson (Suède) 268,500
Jospeh Serock (USA) 265,000
Jan Sørensen (Danemark) 173,500
Ed de Haas (Hollande) 167,500
Timothy Vance (USA) 154,000
Peter Eastgate (Danemark) 154,000
Trond Erik Eidsvig (Norvège) 149,500
Simon Dørslund (Danemark) 148,500
Thomas Christiansen (Danemark) 145,500
Nicolas Dervaux (France) 143,500
Miikka Samuli Mustonen (Finlande) 131,000
Daniel Ryan (USA) 129,000
Michael Marek (Rep. Tchèque) 111,000
Henrik Rune (Danemark) 105,500
Martin Bjerring Hansen (Danemark) 105,000
Allan Bække (Danemark) 95,500
Luca Pagano (Italie) 93,500
Jarle Aasen (Norvège) 93,500
Tommy Pavlicek (Canada) 87,500
Andreas Glannbro (Suède) 85,500
Torbjörn Jonson (Suède) 85,500
Ulrik Pedersen (Danemark) 77,000
Peter Kalsen Petersen (Danemark) 70,500
Gino Alacqua (Italie) 70,000
Alexander Kravchenko (Russie) 68,000
Rolf Slotboom (Hollande) 64,000
Christoffer Thorsen (Norvège) 64,000
Magnus Hansen (Danemark) 60,500
Søren Jensen (Danemark) 58,500
Runar Runarsson (Islande) 56,000
Christian Grundtvig (Danemark) 54,500
Sigbjørn Mortueit (Norvège) 47,800
Erik Veld (Hollande) 46,000
Michael Eriksson (Suède) 32,000
Kristian Pedersen (Danemark) 28,000
Severin Hovde (Norvège) 27,200

Une bulle rarissimme !

- 21 février 2008 - Par Benjo DiMeo

Je n'avais jamais assisté à ça dans un tournoi live : lors de la dernière main, DEUX joueurs étaient à tapis sur deux tables différentes.

Au micro, Thomas Kremser a judicieusement rappellé la règle officielle en vigueur : si deux joueurs sont éliminés au cours de la même main, c'est celui avec le plus gros tapis au départ du coup qui passe devant au classement.

Evidemment très important quand il reste 41 joueurs dans un tournoi où 40 joueurs sont payés.

Ainsi, deux joueurs avaient leur tournoi en jeu au même moment. Celui d'entre eux avec le plus gros tapis avait

As de pique Roi de trèfle contre

Dame de coeur Valet de coeur pour Trond Eidsvig.

Flop 8 de pique 5 de carreau 8 de coeur 5 de coeur Dame de trèfle

Le joueur en question était donc certain d'être éliminé, mais il pouvait encore espérer finir dans l'argent, à la condition que sur la table d'à côté, l'autre joueur (avec moins de jetons) saute aussi.

Le deuxième "bulleur" était lui en difficulté avec

Roi de coeur Valet de coeur

contre As de carreau Roi de trèfle

Il n'arriva pas à s'améliorer, et ainsi, chose rarissimme, deux joueurs étaient éliminés en même temps à la bulle, l'un d'entre eux repartant les mains vides, l'autre avec un lot de consolation de 63,259 couronnes danoises.

Ce sont donc seulement 39 joueurs, qui seront au départ demain, au lieu des 40 attendus.

Je vous livrerai les chip-counts complets dès que possible.