Un seul français, mais avec un gros tapis
Arnaud Mattern l'avait annoncé lorsque la nouvelle structure de l'European Poker Tour revue et corrigée par ses soins fut lancée au début de la saison 6 du circuit préféré des joueurs du Vieux Continent : avec des tapis de départ plus fournis et des niveaux rallongés, plus que jamais, les bons joueurs allaient briller, plus que jamais, il allait falloir se démener pour espérer aller loin dans un tournoi. Neuf épreuves plus tard, il faut se rendre à l'évidence : l'EPT est bel et bien devenu un repaire de professionnels aguerris. Il suffit de regarder les compositions des tables finales de ces trois derniers mois pour s'en convaincre. Si l'on combine les tables finales de Prague, Deauville, les Bahamas et Copenhague, on peut compter les joueurs amateurs sur les doigts d'une seule main, et ce sont généralement des amateurs avec une immense bagage d'expérience.
Tout cela pour vous dire que Berlin ne fera pas exception à cette série. Ils ne sont plus que 24 joueurs encore en course sur les 124 qui avaient pris part à l'épreuve, et un gros tri a été fait. La bonne vieille logique Darwinienne est une fois de plus parfaitement applicable au poker : seuls les plus forts ont survécu. Oh, peut-être que vous vous demanderez où sont dans la liste des demi-finalistes les joueurs connus, les stars, les « têtes de série » médiatiques. C'est vrai qu'on en retrouvera pas beaucoup au départ demain. Mais peu importe : connus ou pas, les 24 derniers joueurs de l'EPT Berlin sont tous (ou presque) d'excellents joueurs. Parmi les noms que le fan de poker averti pourra sans doute identifier, citons notamment Theo Jorgensen, l'un des meilleurs compétiteurs tout-terrain de Scandinavie, Joao Barbosa, vainqueur de l'EPT de Varsovie en 2008, Nico Behling, dauphin de Barbosa lors de cette même épreuve, et Johannes Strassmann, multi-récidiviste allemand à l'EPT. A titre personnel, j'ai un faible pour les moins connus Ilya Gorodetskiy, commentateur russe de l'EPT Live qui devra donc se faire porter pâle demain, Marko Neumann, excellent joueur en ligne allemand, et Jude Ainsworth, un discret irlandais accumulant les performances ces temps-ci. En ce qui concerne les autres, les Kevin MacPhee, les Ketul Nathwani, les Stefan Huber et les Iikka Tahkokallio, nous aurons tout le temps de les découvrir demain. Rapide statistique au passage : onze joueurs allemands sont encore en course.
« Je me sens à l'aise en live », a commenté Marc Inizan après la conclusion de la partie. « Il y a tellement de petites informations supplémentaires à prendre en compte par rapport au jeu en ligne. » Bien que ce Day 3 fut pour « Locsta » l'occasion de monter un énorme tapis à force de moves, gros bluffs et belles confrontations, le jeune pro français a su se montrer critique sur sa prestation : « Je n'ai pas joué mon meilleur poker » a t-il admis, faisant référence à un 8-9 joué très – trop – agressivement contre un joueur allemand en tilt. « C'était une main très marginale », admet-il, précisant par ailleurs qu'une partie de son succès aujourd'hui fut due à « deux gros coin-flips gagnés, et une livraison [brelan de dix contre top-paire] ». Cela étant dit, de notre point de vue d'observateurs privilégiés, l'expérience montre qu'en phases finales d'un EPT, si l'on a pour objectif de gagner, un excès d'agressivité est toujours préférable à une trop de timidité. Aujourd'hui, Marc Inizan a définitivement produit une excellente impression à ses adversaires les plus aguerris : à coup sur, ils espéreront avoir la position sur lui pour entamer les demi-finales demain. « Locsta » est sur la bonne voie : nul doute qu'il procédera samedi aux ajustements nécessaires pour atteindre la première table finale majeure de sa carrière en live, quelques mois après une belle neuvième place aux championnats de Belgique.
Inizan sera seul pour représenter le clan tricolore en demi-finales. Guillaume de la Gorce, Bruno Fitoussi et Manuel Bevand ont rapidement du s'incliner, faute d'avoir pu faire sortir leur tapis de la zone rouge. Avec ces places d'honneur (110e, 109e, et 93e respectivement), ces trois joueurs d'expérience ajoutent une ligne à leur palmarès déjà fourni, et empochent un joli lot de consolation au passage.
Vikash Dhorasoo est partout en ce moment : consultant à la télé pour 100% foot, acteur de courts-métrages, chroniqueur pour Le Monde et So Foot, et bien sur émérite joueur de poker aux couleurs du Team Winamax. Au milieu de cet emploi du temps chargé, son voyage en Allemagne s'est décidé en dernière minute. Arrivé à Berlin quelques heures avant la clôture des inscriptions, Vikash n'aura pas à regretter son voyage. Tel un bon vin, il se bonifie avec le temps au milieu des pros expérimentés du Team grâce à une rage de vaincre sans bornes. Cette semaine à Berlin, Vikash a joué un excellent poker, trouvé des situations favorables, et malheureusement manqué de réussite sur la fin. Qu'importe, la performance est déjà belle : 37ème, pour un gain de 19,000 euros.
C'est tout pour aujourd'hui... Pour la première fois en quatre jours, l'EPT berlinois nous offre un peu de répit, nous libérant bien avant minuit. Vos reporters préférés vont en profiter pour aller poser les deux coudes sur le bar. Mais ne vous inquiétez pas : c'est frais, dispos et motivés comme jamais que nous serons sur le pont samedi dès midi pour vous faire vivre en direct les demi-finales. Chacun à son poste : Harper ici-même, carnet et appareil photo en main, et moi au micro de l'EPT live en compagnie d'Alexis Laipsker et nos invités triés sur le volet. A très bientôt !
Les prix
Vainqueur : un myon d'euros
2e/ 600,000€
3e/ 350,000€
4e/ 280,000€
5e/ 210,000€
6e/ 165,000€
7e/ 120,000€
8e/ 72,000€
9e et 10e : 50,000
11e et 12e : 40,000€
13e et 14e : 30,000€
15e et 16e : 25,000€
17e et 24e : €23,500€
EPT Berlin : belles demi-finales en perspective
-

