Day 4 : six Français seront au départ

- 24 août 2014 - Par Benjo DiMeo

Jolie hécatombe côté Français aujourd’hui : de 22 représentants tricolores, ils ne sont plus que six dix heures plus tard. Trois quarts de sortants, tandis que le field au global a diminué de deux tiers seulement : nous n’avons pas été très en forme aujourd’hui !

Mais ne boudons pas notre plaisir : nous retrouverons lundi une figure des cash-games Parisiens avec un joli tapis (Mesbah Guerfi), le flamboyant vainqueur du Monster Stack des WSOP Hugo Pingray, et plusieurs joueurs inaugurant de fort belle manière leur palmarès à l’European Poker Tour :

Mesbah Guerfi 668,000
Benjamin Nicolas-Teboul 421,000
Hugo Pingray 338,000
Jimmy Guerrero 336,000
Imad Derwiche 124,000
Pierre-Olivier Jandaud 117,000



Benjamin Nicolas-Teboul

Les éliminés Français du Day 3

ITM

125e : Sylvain Loosli (Team Winamax) 10,300€
141e : Vincent Robert 10,300€
142e : Thomas Petit 10,300€
144e : Remi Le Meur 9,300€
151e : Adel Kabbani 9,300€
168e : Ludovic Riehl (Team Winamax) 9,300€
172e : Paul-Francois Tedeschi 9,300€
174e : Jean-Jacques Zeitoun 9,300€
178e : Jessy Marillaud 9,300€
208e : Georges Sultanem 8,500€
214e : Thierry Gogniat 8,500€
236e : François-Charles Scapula 6,440€



Paul-François Tedeschi

Pas ITM

Christophe Malaurie, Franck Calonnec, Jean Montury, Gwenal Palanque

Tableau de bord
100 joueurs restants (sur 1,496 au départ)
Blindes : 5,000/10,000, ante 1,000
Tapis moyen : 450,000
Prix minimum assuré : 12,050€

Fin du Day 3 : Davidi est (presque) chip-leader

- 24 août 2014 - Par Benjo DiMeo

C’est, de l’avis général, une journée bien longue qui s’achève. Une journée qui se termine très bien pour Davidi Kitai, dernier rescapé du Team Winamax après les éliminations (dans l’argent) de Ludovic Riehl et Sylvain Loosli.

« Difficile de demander plus, tout a été parfait aujourd’hui », sourit Davidi en emballant un imposant tas de jetons - 1,2 millions très exactement, suffisant pour le placer dans le trio de tête avec cent joueurs restants. « Je n’avais pas énormément de jetons en début de journée, et des joueurs agressifs et bien stackés placés à ma gauche. Du coup, je n’avais grosso modo qu’une heure devant moi pour attaquer, et monter des jetons avant que la période de la bulle ne commence. »

« J’ai réussi à gagner mes premiers coups, puis j'ai joué une main cruciale juste avant la bulle, quand j’ai réussi à doubler avec deux As contre deux Rois. Après, j’ai pu imposer mon rythme, et les autres ont commencé a avoir un peu peur, du coup j'ai continué de grimper. »

Une sorte de cercle vertueux pokérien, en somme ! Avec Davidi, ce jeu semble toujours plus facile qu’il ne l’est réellement.

« En fait, j’ai eu beaucoup de bons timings ! Mes adversaires jetaient leurs cartes quand je bluffais, et ils me payaient quand j’avais le meilleur jeu. Et puis, j’ai beaucoup grindé, gagné plein de pots sans showdowns, et bluffé à plusieurs reprises un joueur que j’avais pris pour cible. »

« Il n’y a plus qu’à espérer que la suite se passe aussi bien… »

Le classement définitif n’est pas encore connu, mais il semblerait qu’un seul joueur ait réussi à dépasser Davidi au classement : le Biélorusse Andrei Konopelko (inconnu au bataillon, qui termine la journée avec 1,451 million.

Sylvain vaincu

- 24 août 2014 - Par Benjo DiMeo

Le come-back n’aura pas lieu. Sylvain Loosli a perdu ses derniers jetons à l’entame du dernier niveau du Day 3, suite à une confrontation entre sa paire de 9 et une paire de Dames adverse. Il y a 300,000 au milieu, plus ou moins la moyenne, mais pas de carte miracle au bout du compte pour sauter le November Nine, qui se contenter de la 125e place, et d’un prix de 10,300 euros (tout de même).

Il reste encore six Français potentiellement qualifiés pour le Day 4 de ce centième EPT :

Hugo Pingray
Jimmy Guerrero
Pierre Oliver Jean
Benjamin Nicolas-Teboul
Mesbah Guerfi
Imad Derwiche (qui a doublé son short-stack juste avant la dernière pause)

Il reste 90 minutes à jouer ce soir

- 24 août 2014 - Par Benjo DiMeo

Le prochain niveau sera le dernier du Day 3, et Davidi Kitai commence à ressentir la fatigue : « Je n’ai pas beaucoup dormi la nuit dernière : juste au moment où je fermais les yeux, un moustique est venu m’embêter ! » Aujourd’hui, Davidi fait face à un moustique d’un autre genre en la personne du fantasque Josh Prager, assis directement à sa gauche. L’Américain n’est pas dangereux en ce qui concerne le poker (short-stack et serrure) mais est en revanche un moulin à parole incontrôlable, qui ne s’est pas arrêté de parler plus d’une minute durant l’intégralité du dernier niveau. « J’ai mis mes écouteurs pour qu’il arrête de me parler », rigole Davidi qui, malgré la fatigue, affiche un énorme tapis de 900,000 après avoir joué énormément de coups. « Je ne saurais pas te raconter une main en particulier », dit-il, « j’en ai juste joué beaucoup, sans trop aller au showdown. »

A l’autre bout du spectre, Sylvain Loosli traverse un désert de cartes, et entamera l’ultime niveau du Day 3 avec une quinzaine de blindes.

On a perdu trois Français durant le niveau qui vient de s’écouler :

129e : Dan Shak (USA) 10,300€
133e : Max Pescatori (Italie) 10,300€
134e : Andre Akkari (Brésil) 10,300€
141e : Vincent Robert (France) 10,300€
142e : Thomas Petit (France) 10,300€
144e : Remi Le Meur (France) 9,300€
151e : Adel Kabbani (France) 9,300€
152e : Thor Hansen (Norvège) 9,300€
153e : Joao Barbosa (Portugal) 9,300€



Thomas Petit



Rémi Le Meur

Tableau de bord
125 joueurs restants (sur 1496 au départ)
Blindes : 4,000/8,000, ante 1,000
Tapis moyen : 359,000

EPT Best-of #11 - Bahamas, 2008 : ElkY en orbite

- 24 août 2014 - Par Benjo DiMeo

L’étape EPT des Bahams en janvier 2008 : si l’on devait ne retenir qu’un seul moment où le poker Français a connu son « France 98 », ce serait celui-là. Un instant de communion, de ferveur collective, avec toute une communauté soudée et unie derrière la performance d’un formidable joueur. Bien sur, d’autres grandes et belles performances ont jalonné le poker Français dans les années qui ont suivi, notamment l’exceptionnelle finale d’Antoine Saout dans le Main Event des WSOP 2009. Mais pour nombre de ceux qui sont restés éveillés devant leur ordinateur pour suivre le parcours d’ElkY aux Bahamas, cette nuit de janvier 2008 reste le souvenir le plus fort de tous.

Toutes les conditions étaient réunies pour créer l’évènement. L’effet de mode du poker atteignait son apogée en France. L’EPT avait commencé à retransmettre en direct ses finales quelques mois plus tôt, complet avec commentaires en langue Française. Et le protagoniste principal de cette finale, déjà très populaire à l’époque, intriguait encore nombre d’observateurs. Car c’est un ElkY nouveau que nous avions vu débarquer au Bahamas cet hiver là, sortant d’une longue traversée du désert durant laquelle l’ancien gamer avait perdu des tonnes d’argent en ligne en jouant des SNG turbo très très cher, tout en se laissant aller au niveau de l’hygiène de vie, résultant en une prise de poids rapide et visible - plus de 110 kilos sur la balance à son point culminant.

Décidé à se sortir du trou sur les deux fronts, ElkY avait engagé quelques paris audacieux avec des amis joueurs au sortir des WSOP, mettant en jeu de grosses sommes sur une perte de poids rapide - moins 50 kilos en trois mois à peine, pour 75,000 dollars engagés. Un pari complètement fou mais que pourtant il ne pouvait pas perdre : comme il le révèlera plus tard, il était presque broke à ce moment-là. La suite est connue : ElkY se mit au travail comme un forcené (il fut sans doute le premier joueur de poker à se rendre compte l’impact positif d’une bonne condition physique sur les résultats à table), remporta son pari de justesse, se pointa aux Bahamas avec une nouvelle silhouette, et une bankroll sortie de la zone rouge, et c’est avec une confiance retrouvée qu’il entama le tournoi principal de la PokerStars Carribean Adventure parmi 1136 joueurs - à l’époque, un record pour un tournoi organisé hors de Vegas.

Je n’oublierai pas de sitôt la ferveur provoquée par l’impeccable prestation d’ElkY en table finale. Tous les joueurs Français présents aux Bahamas cette année-là ont défilé au micro du streaming live pour encourager et commenter les progrès d’ElkY, et les emails de fans nous sont parvenus en flux tendu tout au long de la journée. Cette victoire incontestable allait servir de rampe de lancement à ElkY : durant les deux années qui ont suivi, il fut tout simplement intouchable, remportant un titre WPT au Bellagio neuf mois plus tard, un gros High Roller à 25,000$ aux Bahamas début 2009, et manquant de peu un autre titre WPT, encore au Bellagio. Et l'on était encore loin de son bracelet WSOP, remporté en Stud durant l'été 2011.

Presque sept ans plus tard, il nous reste comme souvenir un montage vidéo signé Paco et Régis, qui capture parfaitement l’esprit qui régna aux Bahamas durant cette belle semaine. Je le regarde encore avec nostalgie quand j’ai un petit coup de bourdon :

Archives Winamax : notre reportage aux Bahamas en 2008