EPT Best-of #16 - Berlin, 2010 : quand les braqueurs font irruption à l'EPT

- 28 août 2014 - Par Benjo DiMeo

Le moment fut bref. Deux minutes à peine. Mais deux minutes que n’oublieront jamais tous ceux qui étaient là, deux minutes durant lesquelles une équipe d’hommes masqués et armés (machettes, pistolets) ont fait irruption dans l’hôtel Hyatt où se tenait l’étape EPT de Berlin, la toute première jamais organisée dans la capitale Allemande. Deux minutes durant lesquelles l’équipe de malfaiteurs a eu le temps de dérober le contenu des coffres de l’EPT, se battre avec quelques courageux agents de sécurité, et s’enfuir avec le butin.


Un agent de sécurité maitrise un braqueur (avant qu'il ne parvienne à s'enfuir, un complice étant venu à la rescousse)

Pas de bobos graves, pas de coups de feu, mais un moment de peur glaçante, et une cohue incontrôlable dans la salle de tournoi transformée en deux trois mouvement en champ de bataille : ces deux minutes ont paru deux heures.

Il suffit de relire nos articles écrits sur le vif, et les témoignages des joueurs pour s’en convaincre :

Harper : «  D'un coup, un bruit sourd raisonne à ma gauche : je me retourne et voit une dizaine de personnes détaler à travers les tables, en en renversant deux ou trois au passage. Des centaines de scénarios passent à travers ma tête mais le plus plausible selon moi est qu'un feu vient de se déclarer, ou qu'une bombe va exploser, et qu'il faut absolument quitter la pièce. J'ai alors ce réflexe, non réfléchi mais totalement humain, de faire comme tout le monde : courir. La nature humaine est ce qu'elle est : à cet instant, c'était du chacun pour soi. Bousculades, piétinements... J'ai vu Michelle Orpe littéralement se faire renverser sans que personne ne l'aide à se relever. »

Arnaud Mattern : « J'ai vu Jeff Sarwer se saisir de sa veste et partir avant tout le monde. Comme ce garçon est un génie qui pense plus rapidement que les autres, je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de le suivre... Cela ne loupe pas : l'affolement survient juste après et nous avons une longueur d'avance. »

Samuel Chartier : « C'est Johannes Strassman qui a lancé la panique. Il est arrivé en déboulant dans la salle du tournoi en brayant en allemand. J'ai eu peur et j'ai également couru. »

Michel Abecassis : « C'était inhumain... Des cris, des gens qui courent dans tous les sens, qui se piétinent... »

Moi, j’étais dans la régie de l’EPT live en train de commenter le tournoi en direct, à une bonne centaine de mètres de distance du braquage : je n’ai rien vu, si ce n’est quelques joueurs paniqués s’enfuyant de la table télévisée. Puis les caméras se sont éteintes. La confusion était totale au micro, j'étais littéralement sans voix :

Pour autant que je sache, tous les braqueurs (qui s’étaient enfuis avec au bas mot 250,000 euros) ont été arrêtés dans les semaines qui ont suivi, et ont tous été condamnés à de belles peines de prison. La légende raconte qu’ils avaient déjeuné au McDonalds en face de l'hôtel avant de commettre leur méfait, à visage découvert et sous les yeux des caméras de sécurité, permettant à la police des les identifier rapidement en comparant les images avec celles prises à l'intérieur de l'hôtel par les médias poker. Un premier braqueur a été arrêté, et n’a pas mis longtemps à se mettre à table.

Et vous ne serez pas surpris que ce fut l’une des rares fois où l’EPT a fait la une des médias généralistes, en Allemagne, en France, en Angleterre et jusqu’aux Etats-Unis, car les médias n’aiment vraiment parler de notre jeu favori que lorsqu’il est associé à un scandale. Le tournoi, lui, a repris dans la journée, et s’est terminé le lendemain par la victoire de Kevin McPhee, qui fut le seul vainqueur EPT de l’histoire a être interrogé par la chaîne ABC News quelques minutes après son sacre. Les journalistes étaient bien entendu plus intéressés par le vol que par sa performance.

La une des journaux TV Allemands le soir même, avec des images du braquage proprement dit

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