Sept jours au Casino Barcelona

- 9 septembre 2009 - Par Harper

Coverage par Winamax

Souvenez-vous. C'était il y a une semaine. On vous parlait des tenants et aboutissants de cet European Poker Tour Barcelone. La conclusion : cette étape permet le plus souvent à de jeunes qualifiés en ligne de se mettre en avant et pour les plus talentueux (un peu chanceux aussi, on vous l'accorde), de l'emporter. L'édition 2009 n'a pas dérogé à la règle. Mais avant de conclure, revenons sur les six jours de compétition auxquels nous avons d'assister.

Coverage par Winamax

Tout a commencé par deux Day 1 aux antipodes l'un de l'autre. Le premier comptait 208 entrants et fut la journée la plus morose qu'il nous ait été donné de voir depuis un moment. Les joueurs connus s'appelaient Johnny Lodden, Jason Mercier ou encore Sebastian Ruthenberg et aucun n'est vraiment sorti du lot. Le rayon de soleil venait d'Almira Skripchenko qui réussissait à passer la première journée malgré un début difficile. Le deuxième fut au contraire un véritable régal. 271 joueurs comprenant une pléthore de stars parmi lesquels « Elky », Dario Minieri, Daniel Negreanu, Mike Mc Donald, Ivan Demidov, Lex Veldhuis ou encore Scotty N'Guyen. Mais également cinq membres du Team Winamax : Patrick Bruel, Davidi Kitai et Nicolas Levi n'allaient pas sortir de ce Day 1B, à l'inverse de Guillaume de la Gorce et Anthony Roux.

Coverage par Winamax

Le Day 2 fut surnommé par beaucoup « fast and furious ». On a effectivement recensé cent soixante-huit éliminations en six heures de jeu ! Parmi les français, cinq payés. On y retrouvait la membre du Team Winamax Almira Skripchenko qui, shortstack, allait ensuite rapidement être éliminée durant le Day 3. Elle remportait 14,000€ et confirmait sa bonne forme, elle qui jouait son premier tournoi depuis sa table finale aux WSOP. Cette journée allait être celle de « l'écrémage » de tous les shortstack ayant joué la bulle. Parmi eux, on retrouvait le français Kevin Feisselier. Ayant dans un premier temps réussi à multiplier son stack par six, une mauvaise rencontre deux dames contre deux as le poussait vers la sortie. Il empochait au passage 23,000€.

Coverage par Winamax

Mais la bonne nouvelle venait des vingt-trois joueurs restants. On y retrouvait cinq vainqueurs d'EPT : Mike McDonald, Roland de Wolfe, Jens Kyllonen, Bertrand Grospellier et Jan Boubli mais également en plus des deux français cités, Patrick Bueno, en position de quasi chipleader. Le Day 4 allait pourtant s'annoncer désastreux, aussi bien pour les français que pour les favoris. Dans un tir groupé, les trois tricolores allaient sauter. Bertrand Grospellier, Jan Boubli, Patrick Bueno. 19ème, 18ème, 17ème. Bim, Bam, Boum. C'était ensuite le tour de Mike McDonald, Roland de Wolfe et Jens Kyllonen, laissant se dessiner une table finale constituée de « random », exception faite de Marc Goodwin, seul joueur expérimenté de la table.

Coverage par Winamax

La table finale allait pourtant se montrer animée. Notamment grâce au local de l'étape, Santiago Terrazas, ayant transformé le Casino Barcelona en Camp Nou pour l'occasion. Il trouvait pour débuter un « trois-outer » à la rivière face à Matt Lapossie, l'un des favoris de la table finale. Le canadien ne se remettra jamais de ce coup, partant en « tilt » pour le reste de la partie, terminant même par envoyer vingt-cinq blinds avant le flop avec J4. Carter Phillips fut le joueur qui en profita le plus. Ce qui lui permit de posséder la moitié des jetons de la table alors que quatre joueurs étaient encore en course ! Mais Marc Goodwin allait se charger d'éliminer les deux derniers, permettant ainsi à un heads-up équilibré de débuter.

Coverage par Winamax

C'est finalement Carter Phillips qui allait s'imposer. Le heads-up fut pourtant riche en rebondissements. L'américain, souhaitant effectivement peut-être un peu trop en finir, réalisa quelques « call » tendancieux et permit à Marc Goodwing de revenir dans la partie. Puis vint le dernière main. Les spectateurs, plongés dans la katharcis, n'ont plus fait un bruit. Cinq minutes de silence totale où Carter Phillips, faisant face à un overbet à tapis a réfléchi, pris son temps, analysé. Avant de finir par payer. Avec une simple top paire. Cela suffisait. Goodwin était en bluff avec une simple hauteur as. Ainsi s'achevait l'European Poker Tour Barcelone avec de nouveau la consécration d'un jeune américain issu du net. Alors, heureux d'un jour ou véritable talent ? Difficile encore de le dire. Rappelons tout de même que Phillips avait déjà atteint les trois premières places d'un tournoi à 1,000€ en début de semaine, où il avait réalisé un « deal » avec Jason Mercier. En attente de confirmation donc.

Coverage par Winamax

Le récapitulatif de la table finale :

1. Carter Phillips - 850,000€
2. Marc Goodwing - 530,000€
3. Santiago Terrazas - 300,000€
4. Mihai Manole - 250,000€
5. Asa Smith - 200,000€
6. Toni Ojala - 160,000€
7. Matt Lapossie - 120,000€
8. Georgios Kapalas - 80,000€

Ce qu'on retiendra :

- la concurrence faite par le Partouche Poker Tour de Cannes et le World Poker Tour Chypre, ayant pour la première fois depuis sa création empêché l'étape barcelonaise de l'European Poker Tour d'augmenter son nombre de participants ;
- la place payée de la membre du Team Winamax Almira Skripchenko pour sa première participation à un tournoi depuis sa table finale aux World Series of Poker ;
- la structure, qui a laissé les joueurs avec une soixantaine de blinds de moyenne pendant toute la durée de la compétition ;
- le nombre de « move » tentés grâce à cette nouvelle structure : « squeeze » permanents, « double check-raise bluff », « new-york back-raise » ;
- la régularité des bons joueurs de tournoi : Mike McDonald, Bertrand Grospellier, Roland de Wolfe ;
- l'émergence de jeunes « joueurs d'internet » qu'on sera peut-être amené à revoir : Matt Lapossie, Carter Phillips ;
- Et puis, enfin, cette ville, Barcelone. Parce que c'est quand même quelque chose !

A très vite pour un nouveau reportage. Il s'agira, selon l'actualité, de la table finale d'Anthony Lellouche à Chypre, ce qu'on espère très fort. Ou, s'il ne l'atteint pas, les World Series Of Poker Europe dès la semaine prochaine à Londres. D'ici là, portez-vous bien !