WSOP Europe : deuxième bracelet pour ElkY !

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Huit ans après son premier titre en Stud, ElkY s'est offert le Colossus des WSOPE lundi soir. Avant cela, Julien Martini avait atteint la finale du Main Event. Retour sur les derniers événements marquants à Rozvadov.

Il y a tout juste deux semaines, dans notre bilan à mi-parcours des World Series of Poker Europe, nous appelions de nos voeux une véritable perf' française, alors que les joueurs tricolores s'étaient montrés discrets (et peu nombreux) du côté de Rozvadov. À peine notre article publié que Julien Martini se hissait en finale du Mixed Games Championship à 25 500 €, avant de terminer cinquième (77 502 €). Alors qu'il ne restait plus que cinq autres bracelets à distribuer, nous étions loin de nous douter que nos compatriotes nous avaient réservé le meilleur pour la fin avec, en guise de bouquet final, un enthousiasmant comeback. Prêt pour un dernier court voyage en République Tchèque ?

ElkY, huit ans après

ElkY Winner Photo #2

Existe-t-il un joueur de poker français plus imprévisible qu'ElkY ? Passé en à peine quelques années de nouveau venu sur le circuit live à détenteur de la Triple Crown (à une époque où le WPT était encore florissant) et numéro 1 de la All-Time Money List de notre pays avant de connaître une violente traversée du désert de trois ans, Bertrand Grospellier se rappelle à notre bon souvenir à l'été 2017, où il manque d'un souffle de décrocher le bracelet sur le High Roller for One Drop à 111 111 $. Le retour en grâce de l'ancien professionnel de StarCraft ? Pas tout à fait, avec une confirmation qui se fait attendre pendant plus de deux ans. Jusqu'à donc ces WSOP Europe 2019 au King's Casino de Rozvadov, l'une de ses nouvelles terres d'accueil, lui désormais expatrié à Prague. Aperçu sur la quasi intégralité des tournois du festival, il doit cependant attendre la toute dernière épreuve à l'affiche pour s'illustrer. L'une des moins chères aussi, au buy-in plus de 200 fois inférieur à celle sur laquelle il avait manqué de triompher deux ans plus tôt. Mais celui dont la future femme s'affiche régulièrement en pleine séance de sport sur les réseaux sociaux n'est plus à un grand écart près.

ElkY Colossus

Pourtant, ce Colossus - puisque c'est bien de lui qu'il s'agit - n'a pas débuté de la meilleure des manières pour ElkY, qui a dû envoyer trois bullets, après une première élimination rapide et une seconde, dans les places payées, sur la toute dernière main de l'un des neuf Day 1 au programme. Au milieu d'un field de 2 738 unités (légèrement inférieur aux 2 992 de l'an passé), Bertrand se fraie un chemin jusque dans le onze type, atteignant la TF à neuf avec le troisième tapis. Mais le rythme s'emballe et, à cinq joueurs restants, le Français se retrouve en position de short stack. Un double up chanceux avec J10 contre le AK de Dieter Becker, puis un autre avec AK contre le KJ de ce même Becker l'installent confortablement dans un fauteuil de chipleader qu'il ne quittera plus. Environ 90 minutes plus tard, ElkY recevait son deuxième bracelet, huit ans après le premier, remporté de façon complètement improbable sur le Stud Championship à 10 000 $. Presque de quoi nous donner envie d'ajouter un sixième paragraphe ligne à notre Top 5 des comebacks inattendus.

ElkY Colossus #2

Un exploit qui lui rapporte en prime 190 375 €. De quoi repousser un petit peu Benjamin Pollak dans la course au numéro 1 de la All-Time Money List française et lui permettre de devenir le deuxième joueur tricolore après Roger Hairabedian à détenir deux bracelets WSOP. "Cela représente beaucoup car c'est tellement difficile d'en gagner un, à confié ElkY à nos confrères de PokerNews. Cette victoire est aussi spéciale puisqu'elle a lieu sur un énorme field, où il est toujours plus difficile de s'imposer. J'étais à deux cartes de sortir cinquième et finalement, je termine premier !" Après les sacres à Vegas de Thomas Cazayous, Jérémy Saderne et Ivan Deyra, le total de bracelets français pour 2019 grimpe donc à quatre. Un chiffre qui n'avait plus été atteint depuis... 2011, année où avait ouvert le bal un certain ElKY. La boucle est bouclée.

WSOP Europe Event #15 : NLHE Colossus 550 € - Résultats
2 738 entrées - Prizepool 1 300 550 €

ElkY Winner Photo

Vainqueur : Bertrand 'ElkY' Grospellier (France) 190 375 €

Runner-up : Avraham Dayan (Israël) 117 630 €
3e : Marian Kubis (Slovaquie) 86 172 €
4e : Mick Heder (Danemark) 63 670 €
5e : Dieter Becker (Allemagne) 47 452 €
6e : Christoph Peper (Allemagne) 35 674 €
7e : Sergii Karpov (Ukraine) 27 057 €
8e : Alessandro Pezzoli (Italie) 20 703 €
9e :Francesco Candelari (Italie) 15 984 €

Main Event : une finale de plus pour Julien Martini

Julien Martini

Il nous l'avait dit début juin à Vegas : Julien Martini voulait marquer 2019 de son empreinte en remportant deux bracelets. Après une campagne estivale pas loin d'être désastreuse (quatre places payées seulement et aucune finale), le Corse était de nouveau en quête de breloque à Rozvadov et n'est pas passé loin de s'offrir la plus belle, celle du Main Event. Leader des 42 joueurs qualifiés pour le Day 4, Julien faisait toujours partie du peloton de tête très resserré, au moment où s'est constituée la finale à neuf. Bien placé pour gagner sa place pour la sixième et dernière journée du tournoi, un set-up a mis fin à son parcours, lorsque sa paire de Dames s'est fracassée contre les As d'Anthony Zinno à tapis préflop. "Seulement" septième sur 541 entrants, il s'est tout de même mis dans la poche 132 017 €, son deuxième meilleur résultat de l'année.

"J'ai fait de mon mieux, aucun regret, a aussitôt écrit Julien sur TwitterÉvidemment déçu du résultat mais le second bracelet arrivera un jour ou l'autre. J'évolue dans un environnement sain qui me pousse à la performance. J'ai bien conscience de la chance que j'ai de pouvoir me concentrer uniquement sur devenir meilleur et être heureux." On fait confiance au runner-up du PSPC pour revenir toujours plus motivé et préparé.

Dario Sammartino

Le lendemain, et alors que tous les regards étaient tournés vers le chipleader Zinno et surtout Dario Sammartino, auteur d'un improbable back to back, quelques mois après sa deuxième place à Vegas, le bracelet le plus convoité du festival et les 1 133 678 € à la gagne sont revenus au discret high staker Alexandros Kolonias, que l'on n'avait plus vu sur le devant de la scène live depuis 2016. Le Grec a vaincu en heads-up un autre joueur méconnu, Claas Segebrecht, déjà passé tout près du bracelet deux ans plus tôt à Rozvadov, lorsqu'il avait terminé troisième du High Roller à 25 000 €.

WSOP Europe Event #14 : NLHE Main Event 10 350 €
541 entrées - Prizepool 5 139 500 €

Alexandros Kolonias

Vainqueur : Alexandros Kolonias (Grèce) 1 133 678 €
Runner-up : Claas Segebrecht (Allemagne) 700 639 €
3e : Anthony Zinno (USA) 485 291 €
4e : Dario Sammartino (Italie) 341 702 €
5e : Anh Do (Rép. Tchèque) 244 653 €
6e : Rifat Palevic (Suède) 178 171 €
7e : Julien Martini (France) 132 017 €
8e : Jakob Madsen (Danemark) 99 555 €

WSOP Player of the Year : et de trois pour Negreanu !

Avant cette année, Daniel Negreanu était le seul joueur à avoir remporté deux fois le titre honorifique de Joueur de l'Année WSOP. Un statut plus que jamais mis en danger cet automne par un Shaun Deeb bien décidé à réaliser le premier back to back de l'histoire, un an après son éblouissante campagne 2018. Un duel qui se jouait en fait à trois, avec l'Australien Robert Campbell en potentiel trouble-fête, lauréat de deux bracelets l'été dernier.

Pourtant, à la faveur de sept places payées à Rozvadov, pour porter son total de l'année à 23, dont cinq finales et deux places de runner-up, le Kid Poker était monté sur la première marche provisoire et semblait en passe de réussir son pari. Seul Shaun Deeb, bien placé parmi les onze derniers joueurs du Colossus, pouvait lui ravir le titre, à condition de se hisser au moins jusqu'en cinquième place. Un suspense qui fut de courte durée, le tenant du titre abandonnant ses 32 blindes en une quinzaine de minutes. Après 2004 et 2013, Daniel Negreanu pouvait alors célébrer un troisième titre remporté au forceps, et sur le fil.

"Même s'il n'y a pas de récompense pécunière pour ce titrele poker est ma passion, s'est empressé de tweeter le Canadien. Cette victoire est un réel accomplissement et une reconnaissance envers tout mon dur travail, et de longues et épuisantes heures de jeu contre les meilleurs du monde.Fun fact qui plaira aux amateurs de statistiques inutiles (et donc indispensables), c'est la première fois qu'un joueur est sacré Player of the Year sans remporter le moindre bracelet cette année-là. Cela vaut bien un troisième portrait géant, que l'on ne manquera pas d'admirer l'été prochain sur l'un des murs du Rio.

Crédit photo : Christian Zetzsche / PokerNews / King's Casino


Flegmatic

Adorateur de Cheick Diabaté. Goûteur semi-professionnel de reblochon. Enchaîne les tapis. Finit souvent carpette.

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