WiPT : costumes noirs, équipe en or | Partie 1 - Rassemblement
Par dans Tournois Live Winamax Poker Tour
Depuis le lancement en 2011 jusqu’à aujourd’hui, Anaël, Guillaume, Krys, Eric et Yann ont été de toutes les éditions du WiPT. Arbitres, mais aussi mémoires du Tour, ils racontent 15 ans de passion au service du jeu. En commençant par le début.
Si vous avez joué ne serait-ce qu’une étape du Winamax Poker Tour dans votre vie, vous les avez forcément vu en action. Du samedi matin au dimanche soir, ils tranchent les litiges à table, manipulent des dizaines de racks de jetons, cassent et rééquilibrent les tables, multiplient les annonces au micro ou vous expliquent comment remplir vos sacs en fin de Day 1. Tout ça, affublés de leurs iconiques costumes noirs et arborant toujours un franc sourire sur leur visage.
On les appelle communément les “floors”, femmes et hommes chargés de la bonne tenue des étapes freeroll de notre cher WiPT. Parmi ceux-là, certains officient depuis les prémices du Tour. En quinze ans à parcourir la France, ils ont tout connu : des galères de montage des feu-étapes à 120 joueurs à la renaissance post-pandémie en passant par les dantesques super-lancements sous la verrière de la Villette. Le long d’une saison 2025/2026 achevée début février et qui a vu 9 583 joueurs concourir aux quatre coins du pays, nous avons pris le temps de discuter avec Anaël Bergeron, Guillaume Gleize, Krys Millies, Éric Nakache et Yann Roudaut. Cinq profils, cinq parcours, pour cinq témoins de l’évolution hors normes du plus grand circuit freeroll de l’Hexagone. Mais avant qu’il puisse œuvrer de concert à l’élaboration de ce formidable projet, il a d’abord fallu rassembler nos cinq héros pour en faire une équipe de choc. Première partie d’un feuilleton retraçant près de quinze ans d’histoire et de passion.
Le Winamax Poker Tour, il y a ceux qui le jouent - vous, les joueurs, que nous prenons plaisir à rencontrer et dont nous racontons les hauts faits à longueur de reportages - et ceux qui le font. Nous ne nous gênons pas, dans ces colonnes, pour louer le travail abattu par Matthieu Duran et l’ensemble du pôle live. D’année en année, lui ses équipes préparent puis assurent la bonne tenue du Tour. Mais derrière chaque étape se trouve une autre team… ou plutôt des autres teams. Une bande de fidèles qui accompagne Winamax depuis ses tout premiers pas. Sans eux, pas de WiPT. Du moins, pas sous la forme que vous connaissez et avez appris à apprécier depuis la première édition, lancée en 2011 sur les cendres du France Poker Tour. Pour preuve, tous ont vécu en direct la naissance du Winamax Poker Tour.
“Ma première rencontre avec Winamax a eu lieu en 2008. Quand j’ai connu l’équipe, ils étaient six et étaient encore basés à Londres.” Éric Nakache fait partie des tout premiers à avoir fait vivre le W rouge en live. À la tête de Boosty Poker, une agence d’événementiel spécialisée dans notre jeu préféré, basée en région parisienne, il organise “des petits événements, par exemple pour le millième inscrit sur le site. On venait avec notre matériel et nos croupiers.” Il est alors loin de se douter qu’il deviendra le référent pour toutes les futures étapes organisées dans le nord et le nord-est du pays, “jusqu’à Strasbourg.”
"Je n'ai jamais été aussi proche d'une autre room"
Au sein de son équipe, Éric peut notamment compter sur Krys Millies. Au moment de commencer à travailler sur le Tour, en tant que TD “du premier Side Event 6-max du lancement à la Villette,” le Francilien a, lui aussi, déjà eu le temps de nouer une belle relation avec le poker et Winamax… mais de l’autre côté. “Je suis alors sur le circuit live en tant que croupier et floor, tout en étant semi-pro. J’étais Diamond 3 Carats à l’époque ! Le statut Red Diamond n’existait pas. Je jouais sur le réseau OnGame [au temps du “point com”, NDLR] et je lisais les articles de Benjo et Harper sur Las Vegas. Ça me faisait rêver.” Les coverages sont restés, mais l’entreprise a bien évolué. “Le premier événement Wina sur lequel je bosse, la boîte fait neuf salariés - aujourd’hui, vous êtes quoi, 450 ? C’était une soirée dans Paris pour préparer l’arrivée en France. Derrière, il y a eu les premiers Club Trophy. En fait, le WiPT, c’est la continuité de mon histoire avec Winamax. C’est la room avec laquelle j’ai l’histoire la plus intime. J’ai bossé quasiment pour toutes les rooms françaises, mais je n’ai jamais été aussi proche d’une room que Wina.”
Une relation privilégiée, que s’apprêtait également à nouer, de l’autre côté de la France, Yann Roudaut. Sans le savoir, le Girondin s’est rapidement retrouvé aux premières loges pour assister à l’éclosion du Tour. “À l’époque, fin 2000-début 2010, je travaillais avec Matthieu Duran, on avait lancé ensemble le projet PokerSphere - qui n’existe plus aujourd’hui. Les débuts étaient un peu difficiles, et c’est à ce moment-là que Winamax a ouvert un poste d’Event Live Manager. Il a postulé, il a eu le poste et sa première mission a été de lancer le Winamax Poker Tour. Moi, j’étais consultant pour le casino de Gujan-Mestras, qui organisait des tournois réguliers. Lui avait besoin de directeurs de tournoi expérimentés et c’est parti comme ça.” Implanté à Bordeaux, Yann s’est vu assigné au “grand sud-ouest, de Nantes à Montpellier”.
"Organiser, ça a toujours été une passion"
Pour Anaël Bergeron, en revanche, le nom de Matthieu Duran était encore inconnu. Ce qui ne l’a pas empêché de recevoir un coup de fil un beau jour de 2011. “Je m’en rappelle encore. J’étais en train de conduire sur le périph’ lyonnais. Je ne le connaissais pas du tout, et il m’explique le concept de la tournée, que c’est la continuité du France Poker Tour, etc.” Le poker a beau n’en être qu’à ses balbutiements en France, lui aussi a déjà un peu de bouteille dans le milieu, à 26 ans à peine. “Cela faisait trois ans que j’avais lancé ma boîte d’événementiel, Esprit Poker [associé à Marc Lapernat, qui est aussi présent depuis le premier jour et encore aujourd'hui, NDLR]. À la base, on organisait des tournois de poker, mais quand on s’est rendus compte que le commun des mortels connaissait assez mal le jeu, on s’est vite diversifiés vers les soirées casino. On a fait quatre événements en 2008, puis dix en 2009, encore un peu plus l’année suivante, c’est monté petit à petit. C’est peut-être comme ça que Matthieu a entendu parler de nous ? Je n’ai jamais su.” Sans doute que ses liens avec toute la bande de Poker@Lyon, parmi lesquels Harper, Kinshu ou le futur président Jay Bee (qui officiera, lui aussi, plus tard en tant qu’arbitre sur le Tour) ont dû aider. Opérant donc depuis la capitale des Gaules, Anaël et ses équipes se retrouvaient ainsi dévolus à tout le quart sud-est de la France.
Le quatuor central est formé, ne manque que le chef d’orchestre. Cette fois encore, Matthieu Duran n’a pas à chercher bien loin, portant son dévolu sur l’ancien directeur de tournoi du France Poker Tour, Guillaume Gleize. “Il est venu chez moi, il a pris un thé dans mon jardin et on a discuté business.” Tout de suite, la promesse emballe le Tourangeau. “Il me fait cette superbe proposition de repartir sur les routes avec le Winamax Poker Tour, et avec de bien meilleures conditions de travail. Parce qu’avant ça, on montait les salles à partir de 5 heures du mat’ pour commencer à 14 heures ! Matthieu m’assure un plus grand confort, avec des salles montées la veille. On n’avait jamais connu ça.” La manière dont Guillaume a contribué à façonner le métier de directeur de tournoi de poker en France mériterait un article à part entière. Mais pour le bien de ce papier, il faudra se contenter de la version courte. “Je joue au poker depuis longtemps et j’ai toujours préféré le cash game. Mais mes copains, eux, préféraient les tournois, donc je me suis mis à les organiser moi-même. Organiser, ça a toujours été une passion pour moi. J’ai monté des tournois que j’appelais les TEC : Tournois Entre Copains. J’ai été un des premiers en France à avoir un logiciel de poker, en prenant ceux qui venaient des États-Unis. J’ai même écrit un bouquin de règles de poker.” Un hobby qui ne tarde pas à prendre une tout autre ampleur. “Je faisais ça à Tours et des gens venaient d’un peu partout, y compris de Paris ou de Pau, dont Laurent Dumont, le patron du Club Poker. Je faisais ça dans des salles d’hôtel qui étaient louées et on pouvait monter jusqu’à 100-150 joueurs. Chacun mettait 100 € il y avait jusqu’à 3 000 € pour le premier. Tout ça, en respectant les trois conditions imposées par la loi : c’était un tournoi privé, donc sans spectateur, il n’y avait aucun prélèvement et la participation était uniquement sur invitation privée.” Autant de connaissances et de compétences rares, soudain ardemment recherchées alors que s’enclenchait le boom du poker en France. “C’est à partir de là que j’ai commencé à bosser pour la boîte qui a monté le France Poker Tour.” Jusqu’à donc cette proposition de Winamax qu’il ne pouvait pas refuser.
Ils sont là, nos Avengers du poker live du début des années 2010, rassemblés par un Matthieu Duran endossant à merveille le costume de Nick Fury. Et il fallait bien cet aréopage de talents pour mener à bien la mission qui allait leur être confiée. La plus périlleuse, mais aussi la plus gratifiante de leur carrière. Une mission devenue passion, qui perdure encore aujourd’hui. Mais tout reste alors à faire.
À suivre…
Les pages à suivre













