Winamax Club Trophy : bien plus qu'un week-end de poker

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Retour sur la septième édition du Championnat de France des Clubs à Disneyland Paris.

La septième édition du Winamax Club Trophy s’est tenue à Disneyland Paris le week-end dernier, rassemblant 107 binômes membres de clubs et associations amateurs de toute la France. Les jours qui ont suivi furent l’occasion pour nous de passer en revue vos récits, prendre note de vos remarques et commentaires, sourire devant les joyeuses galeries photo publiées çà et là sur Facebook, et débriefer à chaud entre nous. Apparemment, vous avez passé un bon week-end… Tant mieux, c’était comme chaque année notre principal objectif !

Si vous avez suivi notre reportage réalisé sur place, vous êtes déjà au courant des faits d’armes pokéristiques qui ont marqué le week-end… Bien évidemment, on se souviendra longtemps de l’incroyable doublé du club NCA Cabalatium : le duo formé par Patrice et Nicolas s’est payé le luxe de remporter les deux Main Events de la compétition organisés en parallèle. Autant vous dire qu’au moment d’inaugurer ce nouveau format de jeu, nous étions loin de prévoir qu’un tel exploit se produirait. Nos calculs réalisés en vitesse sur  un coin de nappe au moment de la remise des prix étaient formels : la probabilité qu’un club donné rafle les deux Main Event approchait 1 chance sur 11 000 ! Les Arcachonnais ont donc bel et bien réalisé l’impossible sur ce Trophy… et inutile de préciser que les deux vainqueurs ont aisément donné à NCA Cabalatium la coupe de Champion de France des clubs 2016 !

Non loin de là, le duel final entre Benjamin (Montpellier Poker) et Romain (Arras Poker) dans le Side Event Turbo aura tenu en haleine les derniers spectateurs durant un bon moment. Même le bienveillant arbitre en chef Guillaume Gleize avait fini par s’émouvoir de la durée particulièrement étendue de l’affrontement, envoyant au micro des signaux de moins en moins subtils à destination des deux marathoniens : « Le tapis moyen vient de passer sous la barre des sept blindes… On assiste à quelque chose de très rare !» Peu avant, Serge du Poker Club Auribeau remportait l’ultime Heads Up du tournoi du même nom, s’assurant une jolie tablette de la marque américaine à la pomme.

Au total, ce sont plus de soixante joueurs qui ont été primés au cours de ce week-end hautement compétitif, dont 21 qui partiront disputer le Winamax Poker Open à Dublin en septembre prochain – ce décompte n’inclut pas les dizaines de joueurs ayant défié les pros du Team Winamax présents en duel (remportant au passage des tickets de tournoi), et la dotation du classement des clubs : les dix meilleurs assos recevront prochainement ces tables et mallettes de jetons estampillées Winamax que l’on jalouse dans le monde entier.

Mais une fois le week-end bouclé, au moment de publier les souriantes photos des vainqueurs tandis que mes collègues vidaient la salle et remplissaient les camions, je me suis fait la remarque que le sel du Winamax Club Trophy, ce qui fait que ses places sont chèrement disputées chaque année, va au-delà de ce que l’on a pu observer autour des tables. J’ai passé la quasi-totalité de la journée du dimanche à observer et raconter à toute vitesse les coups à tapis qui s’enchaînaient en mode turbo sur les dernières tables du Main Event (les joueurs qui sont venus me saluer en fin de journée et qui m’ont trouvé tête baissée, air méchant et tapant à débit mitraillette sur mon clavier ont dû me prendre pour un lunatique), mais une fois les tournois terminés, je me suis dit que j’avais omis de relater l’essentiel.

C’est le moment de faire une confession : l’auteur de ces lignes participait là à son tout premier Winamax Club Trophy. Calendrier encombré par d’autres tournois, vacances qui tombent au même moment, collègues se portant volontaires avant moi : ces six dernières années, l’évènement m’est à chaque fois passé sous le nez, malgré l’insistance des collègues (« C’est le meilleur de tous nos tournois ! »). Et je suppose qu’inconsciemment, je me disais qu’avec le Winamax Poker Tour et son tour de France annuel, ainsi que le grand raout annuel à Dublin, j’avais fait le tour de la question en ce qui concerne le poker amateur… C’est donc avec humilité que j’ai dû ravaler mon chapeau (ou plutôt, mes oreilles de Mickey) ce week-end : j’étais loin d’avoir tout vu !

Vu de loin, le Trophy revendique les mêmes valeurs que les autres tournois live organisés par Winamax : convivialité et esprit de compétition. Autrement dit : des tournois organisés de manière professionnelle, dans un cadre exceptionnel, avec de beaux prix… Mais où l’on est invité à ne pas trop se prendre au sérieux, et à s’amuser avant tout. En zoomant un peu, on trouvera quelques particularités qui démarquent le Trophy de tous les tournois que j’ai pu visiter.

La soirée de samedi, par exemple. Nous avions décidé, pour la première fois, de mettre en pause le Main Event très tôt, et de ne pas reprendre la partie avant le lendemain matin. Là où, les années précédentes, le dîner ne représentait qu’une courte pause avant de retrouver le chemin des tables jusque très tard, tous les participants ont bénéficié cette année d’une vraie coupure, vécue ensemble. J’ai pu observer l’équipe des clubs faire attention à ce qu’aucun binôme ne soit laissé à l’abandon dans un coin du resto, et puisse se mélanger aux autres clubs. Cet esprit « banquet », où l’on se retrouve à parler et picoler avec des parfaits inconnus, je ne l’ai jamais observé poussé à un tel point. Je crois d’ailleurs avoir été particulièrement gâté au niveau du tirage de table – mes voisins sortaient tout droit d’un film de Coluche écrit par Audiard (coucou le Haillan !). Mais à entendre les chants qui venaient des autres tables en fin de repas (salut la French No Limit !), je me dis que j’aurais passé un bon moment peu importe mon siège. Nous en avons d’ailleurs retrouvé pas mal en fin de soirée dans l’improbable boîte de nuit du Disney Village, pour une after qui en aura laissé quelques-uns avec de belles cernes au moment de revenir dans la salle du tournoi une poignée d’heures plus tard.

La présence du Team Pro est un incontournable des évènements live Winamax, mais là encore, le contre-emploi est de mise au Trophy : les pros (et les WIP) ne sont pas là pour disputer les compétitions du week-end. En revanche, vous pourrez tout à fait voir Guillaume Diaz vous aider à porter vos sacs à la bagagerie de l’hôtel, ou Aurélie Quélain observer votre table à la recherche d’un coup fumant à raconter sur le reportage. Pas banal, mais au finalement parfaitement adapté pour un évènement amateur de ce type : quitte à rencontrer un joueur pro, autant que cela soit en dehors de l’élément où ce dernier est le plus dangereux !

Ce bilan à froid sera surtout l’occasion pour moi de remercier tous les participants avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger tout au long du week-end, quelques minutes (voire quelques heures, dans le cas de la poignée qui ont poursuivi l’after plus tard que raisonnable) durant. On a parlé de nos vies, un peu, de notre passion pour le poker, beaucoup, de ce qui nous fait vibrer à table, des petits et gros soucis du quotidien qui s’estompent le temps d’une soirée entre amis autour d’un tapis vert, des bad beats que l’on retient plus facilement que les gros pots gagnés, de l’adrénaline des coups à tapis et des bluffs réussis : tout ce qui nous réunit, en somme.

Nous avons eu l’occasion de saluer les clubs de Martinique et de Guyane qui se sont tapés 7 000 bornes pour aller jusqu’au Trophy, mais je suis tout autant admiratif devant tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont passé une nuit en bagnole, enchaînant les kilomètres depuis Clermont-Ferrand, la Bretagne ou Bordeaux pour arriver dans les temps à Marne-La-Vallée.

Votre engagement et votre passion sont le meilleur des carburants pour nous motiver à organiser un Trophy encore plus beau l’année prochaine !


Benjo DiMeo

Triple vainqueur VSOP à Cognac.

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