LuckyKitten : le chaton devenu requin

Par dans

Il a frappé un grand coup dès la première soirée des Winamax Series en remportant le Marathon Championship. Rencontre avec un jeune joueur catalan en pleine ascension.

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C'est la voix haletante que Gerard Rubiralta a répondu à notre appel. L'adrénaline, sans aucun doute. Cela faisait à peine 24 heures qu'il venait de décrocher la plus grosse perf' de sa vie, et il ne s'en était toujours pas remis. "Je n'avais même jamais atteint les cinq chiffres," avoue-t-il. Aujourd'hui, sa bankroll est plus épaisse de 42 991 €, grâce à une victoire acquise face à 934 joueurs sur l'Event #8 des Winamax Series, le Marathon Championship à 250 €.

Mais ne vous y trompez pas : ce n'est pas le premier résultat probant qu'obtenait sur nos tables le natif de Badalona (une ville cotière de la banlieue de Barcelone). Avant cela, LuckyKitten s'était déjà illustré sur l'XTREM, le Rush Hour, le Battle Royale et les Summer Shots, sifflant un titre l'été dernier. Mais cette dernière victoire-là représente pour Gerard un véritable tournant. Elle est la confirmation qu'il attendait après avoir laissé l'arbitrage de côté et décidé l'an passé de ne pas chercher de travail une fois terminé son cursus en "Administration et Direction d'Entreprises". Le poker. Voilà maintenant à quoi il dédie tout son temps. Ce jeu de cartes qu'il connait depuis ses 18 ans mais pratique sérieusement depuis environ deux ans. Aujourd'hui, à 26 printemps, le Catalan semble avoir fait le dernier pas vers l'objectif qu'il s'était fixé en 2020 à la fin de ses études : devenir joueur professionnel.

LuckyKitten ArbitreMême si les jeux de cartes en général lui ont toujours plu, Gerard a longtemps divisé son temps entre plusieurs activités. Entre arbitrer des matchs de football (au milieu sur la photo ci-contre), travailler pour ses études, jouer un peu de poker le week-end et au jeu vidéo Top Eleven, les occupations ne manquaient pas. C'est d'ailleurs en partie via ce dernier, une simulation de gestion de club de foot façon Football Manager mais sur mobile, que la révélation est arrivée. "Un jour je me suis dit : 'Rien qu'en travaillant un tout petit peu mon poker, je gagne plus qu'en passant des heures sur ce jeu !'" Il n'y a plus jamais retouché.

Mais quand bien même l'idée de passer pro l'attirait, il savait que le chemin qui mène à la réussite est long et fastidieux. Peu importe le moment où l'on s'y met, il faut marcher plus vite, plus longtemps que les autres et si possible en évitant les détours. "Il y a un an et demi, je voulais seulement pouvoir me consacrer à plein temps au poker, sans me dire 'Je veux être le meilleur' ou 'Je veux jouer les tables les plus chères,'" explique-t-il. Plutôt tortue que lièvre, Gerard a pris son temps, se formant via plusieurs écoles de poker espagnoles (BePoker, Secondbarrel, Pokerevolution...), emmagasinant de la théorie. Un choix qui a donc porté ses fruits : le voici désormais parmi les plus gros champions de cette rentrée sur Winamax.

Une dernière ligne droite de rêve

Un résultat qui est loin d'être le fruit du hasard, tant les signes avant-coureurs étaient nombreux. "Durant les mois précédents, j'ai fait plusieurs bons deep runs, détaille Gerard, avec plusieurs Top 20/30 ou m'arrêtant en début de table finale de tournois avec 30 000 ou 40 000 € à la gagne." Soit exactement ce qu'il y avait à gagner sur le Marathon Championship. Saut que contrairement aux autres, celui-ci s'est transformé en ce genre de tournois où tout va dans le bon sens : la pièce qui tombe du bon côté, les bons calls pour attraper des bluffs et les value bets qui passent. Entré en TF avec un bon stack d'une quarantaine de blindes, LuckyKitten voit son tapis fondre progressivement, jusqu'à ce qu'arrive l'un de ces "coups clés", prenant la forme d'un bon vieux coin flip en bataille de blindes (main #70 du replay ci-dessous). Alors qu'il n'avait que 4% de chances de l'emporter après le turn, un 5 miraculeux lui permet d'éliminer nomn0mnom. Il restait encore sept joueurs, Gerard ne remontait qu'à 33 blindes, mais cette main lui offrait le bol d'air dont il avait besoin à ce moment-là.

Après cela, la suite ne fut pas forcément plus facile. À quatre joueurs restants, il se retrouve en position de short stack avec moins de neuf blindes et va alors se résoudre à tenter le plus gros call de son tournoi. En position de force au bouton avec trente blindes face aux deux petits tapis dans les blindes, Nuez Moscada envoie la couscoussière (#187). "C'était limite, mais j'ai décidé de payer avec KJ." La suite lui donne raison puisqu'il domine sans problème le KT de son adversaire. "Dès la main suivante, je double une deuxième fois avec AQ et sept mains plus tard, le tournoi était terminé !" Et voilà comment on passe en un rien de temps de joueur en difficulté à vainqueur d'un chèque de 42 991 €. "Quand tout se passe comme ça, on a l'impression de gagner presque sans efforts !," conclut-il.

Une victoire qui a de quoi rendre fier notre grand champion. "Mon objectif a toujours été de jouer au poker le plus longtemps possible, de me consacrer à quelque chose qui me passionne," poursuit Gerard. Une passion qui lui permet de se donner à 100%, et qu'il ressent à chaque fois qu'il s'asseoit face à son ordinateur ou à une table en dur. "Un jour, j'aimerais pouvoir jouer quelques gros tournois live, le Main Event ou n'importe quel Event WSOP... Gagner un tournoi comme ça, ce serait fou," enchaîne-t-il. Fan de live plus que de online, il devrait au moment où est publié cet article se trouver à Barcelone, en plein Championnat d'Espagne de Poker (CEP). Il ne ferme pas non plus la porte à un petit séjour à Rozvadov en février prochain, pour y jouer le Spanish Poker Festival (SPF).

Bientôt un grand du live ?

LuckyKitten TournoiConscient de ce qu'il lui reste à accomplir, LuckyKitten préfère se montrer prudent à propos de ce qu'il fera avec l'argent remporté : "Je veux prendre le temps de réfléchir à comment bien l'investir. Je ne vais pas dépenser pour dépenser." Si la majeure partie de cette somme va rester sur son compte Winamax, Gerard a aussi quelques idées en tête en dehors des tables en ligne : "Le seul caprice que je m'autoriserai sera de me payer un tournoi live que je ne pourrais pas me permettre de jouer en temps normal. En tout cas, je ne compte pas changer ma façon de faire. C'est elle qui m'a permis d'en arriver là."

Avant de nous quitter, Gerard n'a pas tari d'éloges à propos de Winamax, devenue aujourd'hui sa "room de poker préférée". C'est bien simple, il compte jouer "tout ce qu'il peut ! La grille de tournois est très complète, avec de très bonnes structures sur les tournois high stakes." Sans oublier en passant de saluer notre service client, qui "s'occupe très bien des joueurs." Merci de nous le rendre comme tu le fais Gerard, et bonne chance pour la suite !

Article original par David Sarabia pour Winamax.es
Traduction et adaptation par Flegmatic

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David S.

Je pensais que mon truc était le journalisme, pas le poker. Mais finalement, j'ai choisi le poker et j'ai fini par faire les deux.

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