L'interview croisée : Jérémy Pied et Benjamin André

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Du haut de leurs 30 ans, Jérémy Pied et Benjamin André font figure de vieux briscards dans le vestiaire lillois. Pour Winamax, les deux joueurs racontent leur rôle, leurs coéquipiers et leur passe-temps préféré : le poker.

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Vous avez respectivement 30 et 29 ans, vous ne vous sentez pas trop vieux dans ce vestiaire ?

Jérémy Pied : (Rires) Ouais ! Vieux, je ne sais pas. Mais en tout cas, on est dans une autre génération. On va dire que l’on est dans l’entre-deux. On a commencé avec l’ancienne et on termine avec la nouvelle qui est plus jeune pour nous.

Benjamin André : (Rires) Ca commence ! Si tu regardes les âges des uns et des autres, on n’est pas beaucoup à être au-dessus de 26-27 ans. On est un peu esseulés, mais on essaye d’apporter cette expérience à la jeunesse.

C’est un projet basé sur les jeunes à fort potentiel. Comment vous inscrivez-vous dans ce projet ?

J.P. : Le projet, on le connait. On sait très bien qu’il y a beaucoup de jeunes joueurs qui viennent pour faire de belles saisons, progresser et par la suite faire des plus-values. Après l’année du maintien, le coach Galtier a compris qu’il y avait évidemment besoin de cette jeunesse, de leur folie, mais qu’il y avait aussi besoin d’anciens pour encadrer tout ça, être son relai dans le vestiaire et entretenir un peu ce que l’on pourrait appeler « l’hygiène du vestiaire ».

B.A. : Le projet est comme ça, mais tu as toujours besoin d’équilibre dans une équipe. Eux ont un très fort potentiel, et nous on est là pour les encadrer et les guider afin de les aider à exploiter ce potentiel.

Vous avez tous les deux changé de poste au cours de votre carrière, comment s’est passée votre transition ?

J.P. : Oui, j’ai fait toute ma formation et le début de ma carrière en tant qu’ailier droit. Je sortais d’une belle saison en prêt avec Guingamp à ce poste-là quand je suis revenu à Nice. Cette saison-là, on venait de changer de système pour passer dans un 4-4-2 en losange, donc il n’y avait plus d’ailiers. Suite à quelques pépins, je me suis retrouvé à dépanner au poste d’arrière droit, et il s’est avéré que dans ce système-là, j’avais un rôle relativement offensif, même si évidemment il fallait aussi défendre. J’ai progressé sur ce plan-là et par la suite, je suis resté à ce poste.

B.A. : C’est surtout quand tu es jeune, on te trimballe un peu de partout. C’est quand je suis arrivé à Rennes que je me suis vraiment fixé au milieu devant la défense. Quand tu es jeune, tu as envie de jouer. Même si on te demande de passer gardien, tu vas le faire. C’était surtout pour avoir du temps de jeu. Maintenant, je me suis fixé au poste où j’avais été formé.

Votre début de saison est très irrégulier, on vous a vu intraitable à domicile et fébrile à l’extérieur, comment vous l’expliquez ?

J.P. : Oui, c’est mitigé. Sur les matchs à domicile, cela se passe plutôt bien. À l’extérieur, on a eu deux faits de jeu très importants. Sur le match d’Amiens, on sentait que le carton rouge n’était pas très mérité. On n’a pas réussi à s’en sortir, même en essayant de tenir le 0-0. On s’est un peu fait avoir.

B.A. : On n’est pas forcément très fébriles à l’extérieur. Déjà, on a pris deux rouges en deux rencontres. Forcément, c’est plus compliqué quand tu joues à un de moins. Ensuite, quand tu sors d’une saison comme Lille l’année dernière, tu es forcément plus attendu. Toutes les équipes ont envie de te taper, et ne jouent pas le match de la même façon que l’année dernière.

Vous faites partie des rares joueurs qui ont déjà disputé des matches de Coupe d’Europe dans cet effectif. Comment appréhendez-vous ce rôle ?

J.P. : Forcément, je suis très heureux de retrouver cette compétition. J’ai 30 ans, la dernière fois que je l’ai disputée, je devais avoir 20 ou 21 ans. C’est un plaisir, c’est la récompense de tous les sacrifices que l’on a faits la saison dernière pour obtenir la deuxième place. On va la jouer sans aucune pression et tout faire pour prendre du plaisir. Après, moi, je n’ai pas de rôle particulier, j’ai la chance d’avoir pu jouer des matchs européens, je sais comment les aborder et faire abstraction de la pression, et de pouvoir expliquer à mes plus jeunes coéquipiers ce qui va nous attendre dans certains stades avec des ambiances chaudes.

B.A. : La Coupe d’Europe, c’est quelque chose de magique pour un joueur. La Ligue des Champions, je ne l’ai pas encore joué. L’Europa League, c’était déjà quelque chose d’énorme. Mais entendre la musique, jouer le mardi ou le mercredi, c’est encore plus fort. C’est super pour les joueurs, le club, et les supporters. En plus on a un groupe avec des beaux noms en Europe, il y a tout pour faire quelque chose de bien.

Affronter le SCO de Stéphane Moulin, ne serait-ce pas un peu la meilleure préparation possible avant de jouer le demi-finaliste de la dernière Ligue des champions ?

J.P. : La meilleure préparation pour nous, c’est de gagner le match. D’autant plus que l’on sort d’une défaite, donc nous aurons à cœur de rectifier le tir à la maison, et de prendre confiance avant la Ligue des champions. La meilleure chose à faire, c’est de bien préparer ce match et de ne surtout pas penser à Amsterdam. C’est la pire erreur à faire. Il faut vraiment se concentrer sur Angers et faire abstraction du reste.

B.A. : Tout ce qu’on sait, c’est qu’après la désillusion de Reims, il faut repartir de l’avant et récolter des points. Angers fait un super début de saison et jouer très bien au ballon. On sait que ce sera un match compliqué, mais on se prépare bien. La Coupe d’Europe, ce sera après.

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Le duel Benjamin André – Ngolo Kanté, il se prépare comment ?

B.A. : (Rires) J’ai déjà joué contre lui quand il était à Caen. Il n’y a pas forcément de préparation. On a envie de faire le maximum, de tenter notre chance, sans complexe. On va y aller libérés et jouer notre carte à fond.

Si chacun de vous devait voler un aspect de la carrière de l’autre ?

J.P. : (Il réfléchit) Je n’en sais rien. Je suis sûr que lui va dire que j’aurais aimé lui voler la Coupe de France qu’il a gagnée, mais non, je l’ai déjà ! Peut-être sa longévité. Il a été pendant plusieurs années capitaine du Stade Rennais. Être aussi longtemps dans un club solide et indiscutable, c’est quelque chose qui est beau.

B.A. : Lui a déjà joué à l’étranger. C’est quelque chose que j’aimerais faire aussi. On verra par la suite, mais je pense qu’il a bien kiffé en Premier League. Ça devait être top.

Il parait que vous jouez souvent au poker sur Winamax…

J.P. : Oui ! Je ne suis pas un grand expert et je n’ai pas énormément de talent, mais pour nous c’est le top. De pouvoir jouer sur le réseau quand on est en déplacement, c’est sympa. Ça nous fait passer le temps et c’est cool.

B.A. : Je suis assez moyen, plutôt un beau fishou ! Mais le fishou ne se laisse pas faire (rires). Avec Jérémy, on en parle souvent et on joue pas mal sur internet. Mais on ne fait pas trop de parties privées, car on n’a pas beaucoup de coéquipiers qui y jouent.

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Session One-shot spécial coéquipiers

José, il pousse de la Fonte à l’entrainement ?

J.P. : Oui ! Je l’ai déjà faite celle-là la dernière fois. Il pousse hein ! On peut utiliser ce jeu de mots bien comme il faut.

B.A. : Il pousse un peu ouais ! Lui aussi il est vieux donc il est obligé de s’entretenir un minimum !

Vous préférez : manger un filet mignon ou marquer dans les filets de Maignan ?

J.P. : Manger un filet mignon. On va plutôt essayer de défendre les filets de Mike ! On n’est pas dans le bon sens hein.

B.A. : Le filet mignon ! Si tu marques dans les filets de Maignan, ce n’est pas bon signe pour nous quand même. Ça me ferait chier de marquer contre mon camp, et lui ne serait pas trop content non plus !

Leo Jardim, il donne des conseils tactiques à Galtier ?

J.P. : Pas encore ! Il faudrait déjà qu’il parle français ! Il parle anglais, ce qui est déjà bien pour communiquer, c’est plus facile.

B.A. : (Rires) Il pourrait, mais pour l’instant je pense qu’il hésite encore. Il a un problème au niveau du français.

Thiago Maia, il fait du bon miel ?

J.P. : (Rires) Je pense que celle-là, il ne va pas la comprendre ! Il ne fait pas du bon miel non.

B.A. : Il ne fait pas du bon miel, mais c’est vraiment une abeille lui. Il est toujours en train de charrier tout le monde, de rigoler. Il porte bien son nom finalement !

Depuis son but en Equipe de France, tout le monde Ikoné Jonathan ?

J.P. : Ah bah maintenant c’est sûr, tout le monde le connait oui !

B.A. : Le pire c’est qu’il ne marque jamais ! À l’entrainement, il rate tout. Je fais que de lui dire. Et là, il fait une sélection, il marque. C’est vraiment le monde à l’envers (rires).

Si Jeremy s’était appelé Jéremy Main, est-ce qu’il se serait mis au hand ?

B.A. : (Rires) Je pense qu’il aurait été trop petit. Il aurait plutôt fait un bon joueur de curling.

J.P. : Tout ce qui est manuel, ce n’est pas pour moi. Je suis nul ! Je préfère me concentrer sur tout ce qui est ballon au sol.

Est-ce que si Jérémy se fait tacler on dit que c’est un Pied à terre ?

B.A. : (Rires) On peut dire ça mais il se relève vite, il est tonique !

J.P. : Ben ouais, clairement ! Pour l’anecdote, j’ai marqué mon premier but de la tête. Dans le journal, il y avait écrit « But de Pied de la tête ». Les gens ne comprenaient rien à l’époque.

Est-ce que l’on peut dire que Jeremy prend son pied à Lille ?

B.A. : Je pense que oui, il est content. Tous les matins, il a plein d’histoires à me raconter, il me casse un peu les pieds !

J.P. : Oui, je prends mon pied tu peux le dire !

Combien de fois est-ce qu’on t’a posé ces questions dans ta vie ?

J.P. : Peut-être mille fois. Ce qui est marrant, c’est que les gens ont toujours l’impression que c’est la première fois ! Après forcément quand tu t’appelles Pied et que tu joues au foot, le jeu de mot est facilement créé.


Thibault

J'aime le bruit blanc de l'eau.