[ITW] Florence, première gagnante d'un Expresso Million PLO
Par dans Général
En remportant le premier jackpot sur un Expresso PLO, Florence a vu son quotidien basculer en sept minutes. Elle nous raconte.
28 mars, 22h57. Un samedi soir comme les autres. Ses enfants et son mari viennent de se coucher, et Florence, alias Clamox500Mg, profite de ce moment de calme pour lancer quelques Expresso en PLO. Elle s’imagine, comme souvent, jouer pour gagner 10 €… mais l’improbable se produit : la fameuse table à un million d’euros apparaît sur son écran ! Sept minutes plus tard, sa vie bascule. 800 000 € dans la poche, un rêve devenu réalité, et un moment suspendu dans le temps qu’elle nous raconte pleine d'émotions.
Bonjour Florence. Il y a quelques jours, tu es tombée sur le tout premier Expresso Million en PLO après avoir lancé une table à 5 €. Comment en es-tu arrivée là ?
Je joue au poker depuis une vingtaine d'années. J’ai découvert ce jeu grâce à Patrick Bruel, à une époque où il contribuait à le populariser en France. Très vite, j’ai accroché et commencé à regarder beaucoup de contenu. Pour le Hold’em, je suivais notamment Nicolas Lévi, et pour le Pot-Limit Omaha, qui est une variante que j’apprécie particulièrement, je regardais Antony Lellouche. Aujourd’hui, les Expresso PLO, c’est clairement ce que je préfère : j’en joue régulièrement.
Tu réagis comment quand tu vois ta table se parer d’or ?
Le contexte était déjà particulier. Il était tard, mes enfants et mon mari dormaient, donc j’étais dans de bonnes conditions pour être concentrée. Mais quand j’ai vu le million apparaître à l’écran, j’ai eu un vrai sentiment d’irréalité. En jouant des Expresso, on n’imagine jamais tomber sur une telle somme. Et paradoxalement, la première chose que je me suis dite, c’est : “Je vais finir 3ᵉ, je ne peux pas gagner.” Sans doute une manière de me protéger. Finalement, ça m’a aidée à rester focus et à ne pas penser aux 800 000 €.
On assiste à un début de partie assez calme où personne ne s'emballe. C’était une stratégie de ta part ?
Oui, en partie. L’enjeu pousse forcément à être plus prudent, mais j’ai surtout ressenti le besoin d’observer. Voir comment les autres joueurs réagissaient, prendre des informations… J’étais dans une approche assez attentiste au début.
Quand le premier joueur est éliminé et que tu te retrouves au coude à coude en heads-up, tu te dis quoi ?
Je me dis surtout que je suis déjà assurée de gagner au minimum 120 000 €, et qu’il faut rester concentrée. Le plus important, c’est de réussir à se détacher de l’enjeu, de se dire qu’on joue un Expresso pour gagner 10 €, même si, évidemment, ce n’est pas si simple.
"J’ai fait une capture d’écran pour prouver à mon mari que ce n'était pas une blague"
Deux mains plus tard vient le tournant de la partie. Tu laisses ton adversaire à 0,3 BB après une river favorable. Tu te vois déjà gagner à ce moment-là ?
Non, du tout. Le fait d’être seule m’a beaucoup aidée. J’ai réussi à garder en tête que rien n’était terminé, que tout pouvait encore s’inverser, même si j’avais pris un gros avantage.
Et quand tu gagnes, quelle a été ta première réaction ?
Je me suis mise à trembler, je n’y croyais pas. J’ai même fait une capture d’écran pour prouver à mon mari que ce n'était pas une blague. Ensuite, je suis allée le réveiller pour lui annoncer… et il m’a répondu : “Mais qu’est-ce que tu racontes encore ?”
Si ça ne s'était pas passé comme ça, si tu avais perdu ce coup malgré ta domination, tu l'aurais vécu comment ?
J’aurais forcément eu des regrets. Il y a de la stratégie, bien sûr, mais aussi une part de chance. Mais ce qui est assez étrange, c’est qu’au moment où le deuxième carreau tombe à la turn, j’ai eu ce sentiment que rien ne pouvait m’arriver, que la couleur allait forcément rentrer. Un peu comme si les planètes étaient alignées pour que je gagne.
Tu es sophrologue pour sportifs de haut niveau et infirmière en psychiatrie. Est-ce que ça t’a aidé pendant cette partie ?
Oui, clairement. Les outils que j’utilise dans mon travail, je les applique aussi à moi-même : gérer la respiration, limiter les distractions, rester concentrée… Mais ce sont des choses que je mets déjà en place habituellement quand je joue, pas uniquement sur cette partie.
"Se connaître, comprendre son rapport au jeu, savoir ce qui nous motive… c’est essentiel"
On pense à des joueurs comme Davidi Kitai, qui ont déjà évoqué l’importance du travail mental et qui ont déjà eu recours à la sophrologie. Est-ce que ce travail pourrait expliquer leur réussite et leur longévité ?
Je pense que oui. En tant que professionnelle de l’accompagnement, je ne vais pas vous dire le contraire, mais je suis intimement convaincue que ça ne peut qu’être qu’une plus-value que de se connaitre. Se connaître, comprendre son rapport au jeu, savoir ce qui nous motive… c’est essentiel. Concernant Davidi Kitai, je pense que sa longévité vient aussi du fait qu’il est très aligné avec lui-même et avec son jeu.
Ton expérience en psychiatrie t’aide-t-elle à lire les joueurs, notamment en live ?
Je n’ai encore jamais joué en live, donc c’est difficile à dire. Mais même online, on peut observer certaines choses : le chat, les réactions, les timings… Le temps de décision, notamment, peut donner des indications, même si ça reste à double tranchant, car certains joueurs en jouent aussi.
Plus globalement, est-ce que tu considères les joueurs de poker comme des sportifs de haut niveau ?
Oui. Les joueurs professionnels ont des routines très proches de celles des sportifs que l'on peut voir à la télévision : préparation mentale, visualisation, récupération… Jared Tendler en parle brillamment dans son livre Le Mental au Poker que j'ai lu il y a peu. En parlant de cela, je place ça un peu comme ça, mais, accompagner des joueurs de poker dans leur préparation mentale est une chose qui pourrait beaucoup me plaire à l'avenir.
Ces 800 000 €, qu’est-ce que ça change concrètement dans ta vie ?
Les 800 000 € ont déjà changé beaucoup de choses ! On a pu rembourser notre crédit immobilier, il fallait que je change de voiture, donc ça s’est fait, je récupère ma nouvelle voiture d’occasion dans peu de temps. Une partie de la somme va ensuite être placée, et le reste servira à se faire plaisir, voyager, faire des travaux… Ça va aussi peut-être changer des choses professionnellement. Vivre uniquement de la préparation et du coaching mental, ce n’est pas simple aujourd’hui, mais cette victoire pourrait me permettre de me lancer davantage dans ce projet.
"Winamax fait définitivement partie de ma vie"
Tu envisages de jouer davantage, de découvrir le live ?
Oui, j’aimerais beaucoup rencontrer d’autres joueurs et découvrir le live, notamment pour l’aspect psychologique. Ça pourrait aussi nourrir mon activité. En revanche, jouer plus cher, ce n’est pas forcément prévu. Et même si ça peut paraître étrange, depuis cette victoire, j’ai un peu perdu la motivation de jouer. C’est quelque chose sur lequel je vais devoir travailler.
Avec le recul, qu’est-ce que cette victoire dit de ton rapport au poker aujourd’hui ?
Je me suis posée une question assez forte : est-ce que je suis légitime à gagner une telle somme sans être une joueuse professionnelle ? Et puis il y a aussi le regard des autres. Je suis une femme de 49 ans, dans un environnement où le poker est peu connu, donc ce n’est pas toujours simple à expliquer. D’ailleurs, j’ai une anecdote assez drôle. J’ai contacté mon notaire pour lui parler de ce gain et lui demander des conseils. Persuadée qu’il ne me croirait pas, je lui ai envoyé un justificatif… et il ne m’a pas répondu tout de suite. Quand il m’a rappelée quelques jours plus tard, il pensait que je m’étais fait pirater ma boîte mail ! Il m’a dit que les hackers étaient capables de tout aujourd’hui. Il a eu du mal à croire que c’était réel. C’était assez surréaliste, mais il a fini par me croire quand il a compris que le justificatif envoyé par Winamax était bien vrai.
Le mot de la fin ?
Aujourd’hui, une chose est sûre : Winamax fait définitivement partie de ma vie !
Les pages à suivre









