[Interview] Sébastien Grax, motivé comme jamais

Par dans

Autrefois espoir du foot français, LasVegraxXxX joue maintenant au poker à la table des grands. Et fait tout pour y rester…

Après avoir bouclé une première vie de footballeur en Ligue 1, Sébastien Grax se donne maintenant à fond dans le poker, au point de tenter l'aventure professionnelle depuis le début de l'année, à 36 ans. Et pour réussir dans une discipline qui constitue un fil rouge dans son existence depuis son enfance, le Bourguignon met toutes les chances de son côté. Récemment, il a d'ailleurs récolté les premiers fruits de ses efforts avec une énorme victoire en ligne (après avoir manqué de peu un bracelet WSOP online en août). Interview d'un joueur ultra-motivé pour réussir une meilleure carrière cartes en main que balle au pied.

Grax ITW

Bonjour Sébastien ! Aujourd'hui, tu es joueur de poker professionnel, mais comment cette histoire avec le Texas Hold'em a t-elle commencé ?

C'est mon père qui m’a appris le poker à sept ans. On jouait le midi pour s’amuser en rentrant de l’école, et je me suis très vite piqué, je voulais jouer tous les jours ! J’ai senti de suite que ça me prenait vraiment aux tripes... Après j’ai zappé parce que ma mère voyait que ça prenait trop d’ampleur, mais j'ai gardé ça en moi. Je n'ai jamais lâché ce jeu, il m'a toujours suivi.

Tu as arrêté le foot pro en 2014 après une dernière année à Troyes. 2014, c'est aussi l'année où l'on recense tes premiers résultats sur des tournois live. Comment s'est déroulée cette rapide transition des pelouses aux tapis verts ?

Durant ma carrière de footballeur, j'ai toujours joué un peu sur Winamax (sous le pseudo LasVegraxXxX, Sébastien a notamment atteint une finale lors des Winamax Series cette année, NLDR), ou entre amis, mais je ne comprenais vraiment rien. Comme c’est quelque chose qui me passionnait et que je ne savais pas trop quoi faire de ma vie au moment d'arrêter le foot, je me suis dit : pourquoi ne pas s'y mettre sérieusement ? J’ai acheté des bouquins, maté des vidéos, j'ai cherché tout le contenu disponible, et j’ai commencé à bosser mon jeu comme ça. Je voulais prendre mon temps, voir si ça me plaisait vraiment et si ça n'allait pas me lasser. J'allais jouer à côté de chez moi, à Monaco ou à Cannes, je faisais les tournois annexes de l'EPT à Barcelone ou Prague, j’ai essayé de voir ce que ça donnait un peu partout. Je n’ai pas envisagé une autre reconversion.

Et puis il y a quatre ans, comme je m'emmerdais un peu à Cannes, j’ai décidé de partir à Las Vegas tout seul pendant un mois et demi, pour me mettre en immersion. J'ai loué l'appart, la voiture, et j'ai fait du cash-game en 1/2 $. Je voulais grimper les paliers petit à petit, et savoir si j’étais capable de m’investir à 100 % dans le poker. Je faisais mes gammes, mes propres erreurs. Au final, ça m’a vraiment plu, et après quelques années en tant qu'amateur où le poker n'était qu'un plaisir, j'ai décidé de me lancer et d'en faire mon métier début 2020. J'attendais un peu avant de prendre ma décision parce que j’avais un plan pour entraîner des jeunes au foot à Las Vegas.

Du soccer à Vegas ?

En fait, j’avais vu une vidéo Facebook d'un petit tournoi de charité des WSOP qui reverse une partie du prizepool à un club de foot de Las Vegas, le Heat Football Club, pour l'aider à se développer. Je me suis dit qu'il y avait peut-être une possibilité d'entraîner les joueurs lors d'un de mes voyages là-bas. J'entre en contact avec le directeur français des WSOP, Grégory Chochon, il me présente Ty Stewart, le boss des World Series : en fait, c'est son fils qui joue au foot et c’est à son club que le prizepool est reversé. Alors je lui propose de venir l'entraîner en privé, en mode club de sport, car je n'ai pas de diplôme d'entraineur. Je remonte à Vegas fin 2018 exprès pour le coaching, et Greg Chochon me présente alors Guy Pariente, le fondateur de OnPok (une marque de compléments alimentaires "poker" représentée par une Team de joueurs pros, NDLR). Il me propose de me staker sur un tournoi au Wynn, je termine 2e et je prends un bon billet. C'est lui qui me stake désormais, j'ai signé avec OnPok. C'est grâce à Guy et Gregory si j'en suis là aujourd'hui : si je ne les avais pas rencontrés, je serai peut-être encore en train de jouer des 300 $ en live, alors qu'en terme de buy-ins, j’ai une moyenne de 450 $ environ online aujourd'hui, et je joue des tournois de 500 à 10 000 € en live.

Exergue 3bb

Avoir vécu une carrière de footballeur pro, et touché les salaires qui vont avec, on imagine que cela procure une certaine aisance financière bien utile au moment de bifurquer vers le poker. C'est le cas ?

C’est sûr que ça été plus facile pour moi que pour quelqu’un qui a un travail « normal » et qui débute, car j’avais de l’argent de coté. En tournoi, tant que je jouais pour moi, je ne dépassais jamais les 1 100 € de buy-in, mais je jouais tout à Cannes sur les petits festivals, les 200, 300, 500 €…

N'as-tu jamais été tenté de déroger aux règles de gestion de bankroll ?

Si je l'avais voulu, j'aurai pu commencer le cash-game direct en 5/10 €. Mais j'ai toujours eu une démarche guidée par ma progression et non par l'argent. Même si j'avais les moyens, je ne serais jamais allé jouer des tournois à 5 000 € dès le début : j'étais conscient de mon niveau, je savais que je devais progresser. Je me suis dit que j’augmenterais les buy-ins le jour où je serais plus à l’aise.

Grax WPTIl y a un an, tu as fini 17e d’un des plus gros tournois WPT du circuit, le Five Diamond à 10 400 $ au Bellagio de Las Vegas. Quels souvenirs gardes-tu de ce deeprun ?

Franchement, c’était génial ! Déjà, pour ce genre de tournoi, le plan que nous avons mis en place avec Guy est de passer par des satellites pour obtenir le ticket, car je ne buy-in jamais en totalité des tournois supérieurs à 2 000 €. Pour ce WPT, j'ai pris le ticket, et j’ai donc joué presque en freeroll. Ça a été une super expérience pour moi, j’ai pu me confronter à des vrais joueurs, au haut niveau, et c'était magnifique d'aller aussi loin. C'était aussi génial pour ma progression : quand je suis à table, je regarde beaucoup ce que font les autres joueurs plutôt que de rester collé sur mon téléphone. J’essaie de regarder chaque move et de prendre le maximum d'informations sur ce que font les bons joueurs. Je pense que ne pas le faire est une erreur. Et quand je ne comprends pas, je prends des notes.

Tu as passé pas mal de temps à Vegas. Qu'est-ce qui t'attires à Sin City ?

J’adore cette ville. J’adore le calme en dehors du centre-ville, avec les montagnes, et il n'y a pas de bouchons comme dans les grandes villes. À côté de ça, il y a la folie du Strip avec des tournois H24 : tu peux jouer quand tu veux, tu n'es pas obligé d'attendre deux mois et de faire 500 bornes pour aller jouer un tournoi à 500 €. Et il y a les restaurants, les concerts, tout. En temps normal, j'habite à Cannes, mais le cash-game n'y est pas génial en dehors de l'été, d'ailleurs je suis actuellement installé à Monaco pour jouer sur le .com. Mais je viens de faire une demande de visa pour aller vivre à Vegas ! J'aurai la réponse fin décembre-début janvier, et si ça ne passe pas je me replierai sur Manchester (où réside Julien Martini, voir plus bas, NDLR), que je connais bien car mon ancien coéquipier Gaël Givet a joué pas loin, à Blackburn.

Tu veux aller t’installer à l'autre bout du monde, mais tu n’as pourtant jamais tenté d’expérience à l’étranger durant ta carrière de footballeur. Pourquoi ?

J’aurais bien voulu ! J’aurais adoré aller en Angleterre. Quand j’ai cassé mon contrat avec Saint-Étienne en 2010, je me suis retrouvé au chômage et j’ai fait des essais à Crystal Palace et Preston. Le deuxième s’est super bien passé, mais l’entraîneur s’est fait virer le dernier jour de mon essai... Je suis donc reparti pour finalement retourner à Troyes. Sinon, j’ai eu quelques pistes, en Grèce et en Israël notamment, mais ça ne me branchait pas trop.

Exergue 2

Grax WPT 2

Tu sors de deux très grosses perfs online, toi qu’on avait plutôt l’habitude de voir s'illustrer en live. En août, tu as notamment trébuché à deux marches d'un bracelet WSOP online. As-tu digéré d'être passé si près ?

C’est vrai que gagner un bracelet aurait été magnifique. Je suis un peu déçu car j’ai pris deux mauvais coups à trois joueurs restants, mais je n’ai pas de regrets sur la façon dont j’ai joué. Je n'ai pas fait de grosses erreurs et pour moi c’est le principal, compte-tenu de ma faible expérience. J'ai perdu sur un bad beat, et je l’accepte. C’était quand même un tournoi énorme pour moi : faire un 1 500 $ sur Internet alors que je jouais des 300 $ il y a un an et demi... Ce n’était que du kiff, même si ça n'avait pas la même saveur qu'à Las Vegas, surtout pour moi qui suis d'abord un joueur de live. Là-bas tu peux t'imprégner de l’atmosphère, ce n'est pas comparable. Mais j’ai tout de même poussé des bon cris quand j’ai pris les bad beats !

Justement, ton passé de sportif de haut niveau, blindé mentalement, t’aide t-il à encaisser les mauvais coups au poker ?

Ce que je sais, c’est que j’accepte plus facilement les bad beats quand je me sens bien, quand je mets ma discipline en place et que je fais ma nutrition : dès que je délaisse ça, c’est beaucoup plus dur à supporter. Quand je vais à Las Vegas, j’ai plus de mal à digérer les bad beats au bout de deux mois non-stop, alors qu'au début c'est plus facile parce que je suis en forme.

As-tu conservé tes routines de sportif professionnel pour ton quotidien poker ?

Quand je suis sorti du monde du football, le plus dur était de ne plus avoir de structure : un footballeur pro est encadré à 100 %. Il a fallu que j'engage un coach sportif, que je me mette en place des nouvelles routines. Personnellement, j'ai besoin d’être cadré pour être performant.

Début novembre, nouveau gros score en ligne : tu remportes un Highroller à 10 000 $ pour un gain de 321 000 $. Qu'est-ce qui t'as poussé à tenter ta chance au milieu des tops regs mondiaux ?

On m'a proposé de me staker pour ce tournoi, et évidemment j’ai accepté. J’ai joué relâché, car c’est tout de même plus simple quand ce n'est pas toi qui paye l'entrée. J’ai essayé de faire ce que je savais faire, de jouer mon jeu, de ne pas faire des trucs de fou et de ne pas me monter la tête en me disant "Ce sont les meilleurs joueurs du monde, il va falloir en faire plus." Je sais que ces mecs-là ont plus d’expérience que moi, je sais où je me situe, donc mon seul moyen de rivaliser était de faire le moins d’erreurs possible. Et ça s’est fait tout seul, je n’ai pas eu de mauvais coups ni de mauvaises rencontres, ça fait aussi partie de la réussite. Finalement, je ne peux pas dire que l’un d’eux m’ait impressionné (Sébastien a tout de même battu en finale ElkY, Elio Fox, Niklas Astedt, Ami Barer ou encore Christian Rudolph, NDLR) car je passe mon temps à les regarder jouer. Du coup je me suis fié à ce que je connaissais d’eux. Là où ces mecs font la différence, c’est qu’il ne font pas les erreurs que toi tu vas faire. Il sont très disciplinés, ne jouent presque pas de gros pots : tout est sous contrôle, ce n'est pas avec eux que tu verras un pot de 80 BB au turn.

Toi qui débute ta carrière pro, as-tu mis à profit cette année spéciale pour te focaliser davantage sur ta progression ?

Je profite du confinement pour étudier beaucoup plus le jeu. Aujourd'hui, je dirais que je passe 60 % de mon activité poker à travailler mon jeu, et 40 % à jouer online. Je joue sur trois tables pour être concentré à 200%, car j’ai plus de mal avec le multitabling. J'essaie de trouver le maximum d'infos, j'ai vu tous les épisodes de Dans La Tête d'un Pro plusieurs fois, je regarde aussi tous les énormes tournois à 300 000 $ sur PokerGo, et j'essaie de comprendre les raisonnements des meilleurs même si ce n'est pas toujours facile. J'ai dû regarder 500 heures de vidéos, je suis mordu.

MartiniEt surtout, j'ai rencontré Julien Martini (photo), que Gregory Chochon m'a présenté en décembre dernier lors du WPT Bellagio. On a sympathisé, on s'est revu à Rozvadov récemment et je lui ai un peu monté la tête pour qu’il me coache : je lui ai dit que mon but était d’aller le plus haut possible, et que tout seul ça allait être compliqué. On a fini par monter un deal sur quatre ans, et nous avons entamé notre collaboration début novembre. Il y a tellement de boulot avec les solvers, Julien va me faire gagner un temps précieux. Par exemple, on a review ma finale sur le Highroller, il a attiré mon attention sur des détails que j’aurais mis deux ans à repérer. En quatre heures, on a passé en revue cinq mains... et encore, ce n’était même pas les miennes ! Sinon, avant de rencontrer Julien, dès que je voyais un joueur pro, je lui demandais toujours son avis, car le moindre tips que tu prends d'eux te fait progresser immédiatement. Je pense à Erwann Pécheux, Quentin Lecomte, Alex Reard, Tonin Teisseire... Je cassais un peu les c*** à tout le monde... mais ils ont tous été super sympas ! Sinon, mentalement, je n'ai pas trop de problèmes, car je suis capable de rester concentré plusieurs heures, donc pas besoin de coach pour l'instant.

Au final, mes perfs d’aujourd'hui sont la partie visible de mon travail. Ça fait cinq ans que je grinde dans l’ombre et que je passe des heures et des heures à chercher comment m'améliorer. Maintenant, je peux dire que je joue correctement, mais je suis encore loin de savoir tout ce que je peux connaitre. Le jour où on se dit que l'on joue bien, c’est la fin.

Exergue 3

Grax FootPourquoi les anciens footeux réussissent si bien dans le poker ?

Il faut être passionné à la base, puis devenir un acharné, ne penser qu’à ça, et avoir la niaque. Me concernant, si j’arrive à faire ressortir ces qualités dans le poker, c’est justement parce que je ne l’ai pas fait durant ma carrière de footballeur. J’avais du talent, mais je n'ai pas eu la motivation de me dire que je voulais aller toucher les sommets. J’ai joué avec mes qualités sans vraiment forcer, et à l’arrivée je fais une carrière très moyenne par rapport à ce que j’aurai pu espérer (Sébastien a fait toutes les sélections de jeunes françaises, des U15 aux Espoirs, NDLR). J’exploite ça dans le poker : je me dis que j’ai loupé quelque chose dans le foot, et je n’ai pas envie de revivre ça dans le poker. Je pense aussi que beaucoup de joueurs se mettent au poker pour retrouver les sensations du football, car le pire manque après une carrière, c’est bien cette adrénaline, la compétition, le défi. La vie est fade quand tu arrêtes le foot : quand tu es habitué à t’entraîner et à jouer depuis tout petit et que tu te retrouves chez toi le soir à 19 heures sans ces perspectives, tu prends un coup derrière la tête… À la limite quand on prend un bad beat on est content, car on ressent un petit truc !

À ton avis, comment les joueurs pros en exercice vivent-ils la période actuelle, avec les stades à huis clos ou presque ?

Personnellement, j’avais besoin du public pour me motiver, alors j'imagine que pour les joueurs ça doit être compliqué, sauf peut-être pour ceux qui jouent la Ligue des Champions. La communion avec le public quand tu marques un but, notamment... Il faut l’avoir vécu pour comprendre ce que c’est. D’ailleurs, on met le son du public dans certains stades durant les matches même s'ils sont vides, ça veut bien dire que c’est important. Je pense que quand tu pars en contre-attaque et que tu entends ce bruit, ça fait quelque chose.

Ce soutien populaire peut-il être également utile autour d'une table de poker ?

Au poker, tu n'as pas trop de public, à part lors des tables finales aux WSOP, alors qu'au foot ça crie, ça chante... Et émotionnellement, c'est dur de comparer avec le poker, car tu gardes tout en toi, que tu prennes un bad beat ou que tu gagnes. En tout cas, moi je n’aime pas trop montrer ma joie par respect pour les autres joueurs, alors que dans le foot tu cours partout, tu peux extérioriser.

Te rappelles-tu de ton plus beau but ? Et de ton plus beau coup de poker ?

Mon plus beau coup de poker, c’est pendant le heads-up du Highroller : dans un pot limpé, je finis par call trois barrels avec une troisième paire (à partir de 2"52"12 dans le replay de la TF, même Nanonoko est impressionné aux commentaires, NDLR). Celui-là fait partie de mes plus beaux, c’est celui qui me fait gagner le tournoi. Concernant mes buts, je n'en ai pas mis 10 000, hein ! (une petite cinquantaine durant ses 13 ans de carrière professionnelle, NDLR) Mais je retiens un coup-franc avec Troyes contre Saint-Étienne. J’avais 21 ans.

Exergue 4

Si tu as le choix entre devenir champion du monde de foot ou de poker, tu prends quoi ?

Je prendrais champion du monde de foot, quand même. C’est là où tu as le plus d’émotions. Même un titre dans le Main Event WSOP n’égalera jamais les sensations ressenties sur un terrain, en marquant un but important par exemple. Gagner une Coupe du Monde, ça doit être un truc de fou, car c’est aussi une émotion partagée, alors que tu seras souvent seul en gagnant un tournoi. Pareillement, je n'échangerai pas ma victoire en Coupe de France avec Sochaux en 2007 contre mon titre dans le Highroller.

Qui sont tes joueurs de poker préférés ?

J’aime bien David Peters, je le trouve super humble, propre, et Stephen Chidwick aussi, mais c’est surtout parce que je les ai beaucoup vu jouer. J’aime bien Paul Tedeschi, et Davidi Kitai également, pour sa simplicité : de nombreux joueurs ont beaucoup d'ego, et lui sait le mettre de côté. En plus, il ajoute son ressenti à la technique, j'aime cette façon de jouer.

MorientesQui est le meilleur joueur de foot avec lequel tu as joué ?

Fernando Morientes (photo) ou Yaya Touré, tu as le choix. Les deux m’ont choqué durant mes années à Monaco, notamment Morientes parce qu'il jouait à mon poste, attaquant. C’était magnifique : le mec ne courrait pas vite, ce n'était pas un dribbleur à la Neymar, mais il ne perdait jamais un ballon ! Balle au pied il était super fort, de la tête pareil, au niveau intelligence de jeu il était incroyable, et il te mettait 25 buts dans l’année. La classe.

Tu as écumé les catégories jeunes en Équipe de France et fait partie de la génération Anthony Le Tallec/Florent Sinama-Pongolle, avec notamment Jacques Faty, Emerse Faé, Chaouki Ben Saada ou Damien Perquis. Que t'a-t-il manqué pour percer au niveau international chez les grands ?

Je pense que dès le début de ma carrière, je jouais surtout sur mes qualités, je n’étais pas un gros travailleur au foot. Les premières années se sont super bien passées, mais après je me suis blessé au genou, et cette blessure vient aussi d’un certain relâchement. Je n’avais pas le "truc" de me dire qu’il fallait en faire plus, tout le temps. C’est pour ça qu'il y a des joueurs pros qui ne sont pas exceptionnels techniquement, mais ces gars-là ont la volonté qui fait la différence à la fin. Après, pour l’Équipe de France, je suis allé jusqu’aux Espoirs, mais il y a un gros palier à franchir pour être sélectionné en A par la suite. Il faut être régulier dans ses performances, et comme j’ai été blessé plusieurs fois, ma progression a stagné, car je rechutais souvent.

Quelle est ton sentiment sur la jeune génération de footballeurs actuelle ? Qu’est-ce qui a changé par rapport à ton époque ?

On était moins mis en avant, on devait se construire une image par nous-mêmes avec nos performances. Après, si les réseaux sociaux sont aujourd'hui un accélérateur de carrière, alors tant mieux ! Et les joueurs d'aujourd'hui sont naturellement habitués à la pression qui en découle : regardez Eduardo Camavinga, qui joue en équipe de France à 17 ans, on dirait qu'il a dix ans de plus ! C'est normal pour cette génération, et s'il s'était passé la même chose à notre époque, on se serait mis dans le bain aussi.

Vous jouiez aux cartes entre coéquipiers ?

Quand j’étais à Sochaux (de janvier 2007 à juin 2008, NLDR), on jouait beaucoup ! Durant les mises au vert, on mettait 100 € chacun et on jouait à 5 ou 6, on s’éclatait. Autour de la table, il y avait Jérôme Leroy, Jeremy Gavanon, Anthony Le Tallec, Karim Ziani... On ne jouait pas jusqu’à 3 heures du mat' hein, ça durait 2-3 heures et on allait se coucher. Mais à part le poker et la bataille, je ne sais jouer à aucun jeu de cartes.

Qui composerait ta table de poker idéale ?

ChochonJe mettrai Grégory Chochon (photo ci-contre) et Guy Pariente, mon ancien coéquipier Gaël Givet, mon père, qui m’a tout de même appris le foot et le poker, ainsi que mes amis Jimmy Juan, lui aussi ex-footballeur pro, et Yannick Azzopardi, qui m'a accompagné sur le circuit au début.

Pour finir, un petit prono foot pour cette saison ?

Je ne regarde plus que la Ligue des Champions et quelques affiches des championnats anglais ou espagnols, alors je dirais le Bayern Munich ou Liverpool pour la victoire finale en C1. J’adore les équipes qui jouent pour marquer, et le Bayern met cinq buts à tout le monde. C’est pour ça que la Ligue 1 est un peu fade, on pense avant tout à défendre…

Vous croiserez peut-être Sébastien Grax aux tables des prochaines Winamax Series, sous le pseudo LasVegraxXxX.

Crédits photos :
Sébastien Grax : World Poker Tour, Flashpress
Fernando Morientes : asmonaco.com

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