Interview d'Olivier Atton

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Découvert dès son plus jeune âge sous les couleurs de la Newteam, Olivier Atton a fait du chemin, jusqu'à devenir champion du monde U20. Il revient sur son parcours, de jeune prodige à star mondiale.

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Les medias te suivent depuis ta plus tendre enfance. Comment as-tu géré cette pression ?

Jouer au football n'est pas une pression, c'est un plaisir. Je suis quelqu'un de chanceux. Je n'ai jamais eu à me plaindre de quoi que ce soit. Mes parents ont toujours fait les sacrifices nécessaires pour que je puisse m'épanouir et donner le meilleur de moi même sur un terrain. Je n'avais plus qu'à montrer de quoi j'étais capable. Être sous le feu des projecteurs ne m'a jamais dérangé.

Roberto Sedinho, la légende brésilienne, t'a pris sous son aile très jeune. Comment a-t-il influé sur ta carrière ?

Il m'a fait comprendre plusieurs choses. J'ai toujours su que j'avais les qualités de footballeur. Mais il m'a aidé à les développer. Grâce à lui, j'ai acquis cette mentalité de killer qui fait la marque des plus grands joueurs. Celle qui te permet de ne jamais être rassasié, de toujours avoir soif de buts, de victoires ou de titres. C'est ce qui fait la différence au plus haut niveau. Mais pour parvenir à ce niveau-là, il faut également faire attention à ne pas perdre l'amour que l'on a pour le football. Et c'est en ça qu'il a été le plus précieux. Dans les moments où j'en avais le plus besoin, il m'a rappelé pourquoi j'aimais tant ce sport.

La relation entre ta mère et Roberto n’est-elle pas un peu ambigue ?

C’est à dire ?

On va passer à la question suivante...

Bah explique ! Qu’est-ce que tu voulais dire ?

Ta carrière a pris un nouveau tournant lors du championnat national des écoles, où la Newteam s'est formée...

On avait une équipe exceptionnelle. Thomas aux cages, Bruce en défense, Ben et moi au milieu... Il y a eu la dream team de 92 et la Newteam. Pourtant, on a rencontré beaucoup d'adversaires de haut niveau. On a perdu le premier match de poules face à la Muppet de Marc Landers. Les frères Derrick, avec leurs tactiques originales, nous ont poussé à nous surpasser. Un match n'est jamais terminé avant la 90e minute, on n'arrête pas de le dire, mais nous l'avons prouvé ce jour-là.

C'est vrai... d'ailleurs, pourquoi est-ce que le terrain mesure 10 kilomètres de long ?

C'est fait exprès afin que tout les joueurs aient le temps de repenser à leur enfance et à tous les sacrifices qu'ils ont dû faire pour se retrouver là où ils en sont aujourd'hui. Généralement, on commence à apercevoir les cages adverses lorsque l'on arrive au milieu du terrain. Et là, on a le choix. Soit on est en plein milieu de l'épisode et on a donc le temps d'avancer jusqu'à la surface de réparation, soit l'épisode touche à sa fin, et dans ce cas on doit tenter un tir dont nous avons le secret : la feuille morte pour ma part, mais cela peut également être le tir du tigre pour Marc...

En demi-finale de ce tournoi, vous avez affronté la Mambo, d'un certain Julian Ross...

Julian est le meilleur joueur que j'aie rencontré dans ma carrière. Il avait tellement de talent que ne pas avoir pu le voir jouer au plus haut niveau restera un de mes plus gros regrets. Certains disent qu'il aurait dû devenir meilleur que moi. Je ne sais pas si c'est vrai, malheureusement, on ne le saura jamais. En tout cas, cette demi-finale, je m'en souviendrai toute ma vie. Il m'a poussé dans mes derniers retranchements. Contrairement à moi, qui suis avant tout un attaquant, Julian était extrêmement complet. C'est un génie du foot, dans tous les sens du terme. Il avait la technique et le sens du but. Mais il avait également une science tactique exceptionnelle, et c'était un excellent défenseur. Il organisait son équipe à la perfection.

90e minute, vous êtes menés 3-4. Et là, tu t'élèves à 10 mètres de haut pour effectuer un retourné acrobatique. Franchement, c'est pas un peu abusé ?

Bon ok j'avoue, ce n'est pas très réaliste. Mais on en revient à ce que je te disais tout à l'heure. Il faut qu'on ait le temps de repenser à notre enfance pendant que l'on est en l'air. Donc, non seulement on va très haut, mais en plus on reste 10 minutes en lévitation.

Vous remportez finalement le tournoi contre la Muppet, 4-2 après 2 prolongations au bout de 150 minutes... à 10 ans... ça va, ça ne dérange personne ?

C'est pour le suspense... Ce fut un match extrêmement serré. Marc a toujours été mon meilleur ennemi, et ce sont ces rencontres qui ont fait notre légende. Et puis il ne faut pas oublier Ed Warner, qui est capable de prendre appui sur ses poteaux pour pouvoir arrêter un tir à l'opposée de la cage. Pouvoir les battre au bout de la fatigue, et devenir champion national, ce fut une joie intense. Un de mes meilleurs souvenirs encore aujourd'hui.

On vous retrouve quelques années plus tard, sans Thomas Price, parti poursuivre sa carrière en Allemagne...

Ce fut un énorme coup dur. D'abord parce que Thomas était un grand ami, mais aussi parce que son remplaçant était nul.

D'ailleurs, pourquoi est-ce que la série s'appelle Olive et Tom, alors que Tom n'est jamais là ?

Ah ça... ce n'est pas à moi qu'il faut demander. C'est comme les frères Scott ou Mon oncle Charlie. Après, ils n'allaient pas l'appeler Olive et Bruce, Bruce est nul.

Tu es au collège et tu transperces les filets du milieu de terrain. Allez, à la limite on peut passer dessus. Mais tu joues avec plusieurs blessures, tu finis même à l'hôpital après la demi-finale, et les médecins te laissent jouer la finale...

Je suis un compétiteur. Je suis prêt à mourir sur le terrain. Jusqu'à mon dernier souffle, je continuerai à donner tout ce que j'ai pour gagner. Mais c'est vrai que cette blessure à l'épaule était handicapante, peut-être même plus que celle à la jambe.

En finale contre la Toho de Marc Landers, tu fais même un malaise à cause de la douleur... puis tu reviens quand même sur le terrain. Non mais on est où là ?

Je me suis réveillé à l'infirmerie. Les médecins ne voulaient pas me laisser revenir, mais je savais que si je ne le faisais pas, on allait perdre. Mais c'est un dessin animé pour enfants, il faut véhiculer des valeurs de courage.

Et là, 4-4, fin des prolongations... et les deux équipes sont déclarées vainqueurs. Vous n'avez pas un peu l'impression de vous foutre de la gueule du téléspectateur ?

Il faut également véhiculer des valeurs de fair-play. Marc et moi, nous sommes deux joueurs totalement différents. Lui, c'est le travail acharné. Moi c'est le talent... Pourquoi toujours nous comparer au lieu de tout simplement profiter que l'on soit tous les 2 champions ?

Suite à ça, tu décides de partir suivre Roberto Sedinho au Brésil, à seulement 15 ans, dans le but de passer pro. Pourquoi ?

Le Brésil, c'est le pays du foot. Si tu aimes ce sport, tu as forcément envie d'aller jouer là bas. Pour ma part, l'opportunité s'est présentée très tôt, et j'aurais été bête de la refuser. J'aurais pu partir en Europe, comme tout le monde. Mais je savais que j'aurais la possibilité d'y jouer dans le futur, et qu'il était plus intéressant pour moi de continuer ma progression au Brésil. Je pense que j'ai fait le bon choix, car cela m'a permis de m'imprégner de la culture sud-américaine, et cela a fait de moi un meilleur joueur. Sao Paulo est un club mythique, et je suis très heureux d'avoir pu porter ce maillot. J'y ai rencontré des adversaires de très haut niveau, supérieurs à ceux que j'ai affronté au Japon, et cela m'a servi par la suite.

Tu rentreras au Japon pour y disputer la Coupe du monde U20... avec succès.

On s'était qualifiés en remportant la Coupe d'Asie U18. Puis, finalement, nous nous sommes retrouvés à organiser la compétition après le forfait du pays organisateur. Ca a été beaucoup de pression. Nous n'étions pas forcément parmi les favoris, mais nous savions que nous avions une génération dorée. Il ne nous restait plus qu'à faire le plus compliqué : le prouver au monde entier. La finale contre le Brésil restera à jamais le match le plus dur de ma vie. Cette victoire en prolongations (3-2, ndlr), on est allés la chercher au plus profond de nous mêmes.

Et maintenant, qu'est-ce qui t'attend ?

Je suis prêt à tenter ma chance en Europe. J'ai gagné partout où je suis passé. Désormais, je dois m'imposer dans les championnats les plus compétitifs du monde. Je rêve d'être ballon d'or un jour.

Les pages à suivre

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