Interview d'Eric Di Meco

Par dans

Sur le terrain comme dans ses commentaires, Eric Di Meco a toujours été tranchant. Le consultant RMC Sport a répondu à nos questions sur ses deux sports de prédilection : le football et le Kikadi.

dimeco

Combien de jambes as-tu cassées dans ta carrière ?

Zéro ! Alors que je termine ma carrière sur un tacle assassin qui me bousille le genou. Je me suis fait opérer six fois, mais je ne suis jamais revenu. Comme quoi, tu vois, il y a des réputations qui ne sont pas forcément bonnes.

Comment juges-tu l'évolution du football depuis que tu as arrêté ?

Par rapport à ce que j’ai connu, les attaquants sont un petit peu plus protégés, et finalement, tant mieux, ce n’est pas plus mal comme ça. Il y a encore moyen de rivaliser physiquement quand tu es défenseur, mais c’est vrai qu’il y a eu une évolution. Même moi, dans ma carrière, j’ai connu une évolution. Quand j’ai commencé ma carrière, l’OM était en D2. Et en deuxième division, au début des années 80, je peux te dire qu’il fallait être solide. Ça volait bas ! Aujourd’hui, les attaquants sont protégés. Certains diront trop, mais je pense que pour le jeu, ce n’est pas plus mal.

Quel type de joueur serais-tu en 2020 ?

Je croise souvent des gens qui me disent : « aujourd’hui, tu ne pourrais plus jouer ». Mais oui, je pourrais jouer, et je m’adapterais jusqu’aux limites de la règle. Ce que font des Sergio Ramos, des défenseurs rugueux. Le tout, c’est d’être à la limite de la règle. C’est ce que l’on faisait à l’époque, et c’est ce que certains font encore aujourd’hui.

On dit souvent que l’OM de 91 était meilleur que celui de 93. Qu’en penses-tu ?

Je vais même aller plus loin. Je pense que la meilleure équipe dans laquelle j’ai pu jouer, c’est l’OM de 90, avec Enzo Francescoli, Chris Waddle, Philippe Vercruysse, Karl-Heinz Förster, Carlos Mozer, Manu Amoros… Pour moi, c’est la plus belle équipe. Celle qui se fait éliminer en demi-finale avec la main de Vata.

Qui est le meilleur joueur avec lequel tu as joué ?

(Il réfléchit) J’ai beaucoup appris avec Karl-Heinz Förster. Quand je me suis reconverti latéral, j’ai joué à ses côtés. C’était le meilleur défenseur central du monde. Tu apprends le métier dix fois plus vite avec ce garçon, donc j’ai une tendresse particulière pour lui. Après, j’ai adoré jouer avec Enzo Francescoli devant moi dans le couloir. Parce que tous les ballons pourris que tu pouvais lui donner, il les transformait en caviars.

Que penses-tu de la saison actuelle de l’OM ?

Je suis agréablement surpris. À Marseille, tout le monde s’attendait à une saison galère, de par la cure d’austérité et le fait qu’on savait que l’actionnaire ne mettrait plus d’argent. Et je ne sais pas pourquoi, mais très rapidement dans la saison, je me suis amusé à faire un pari avec Duga à la radio. Avec le fait que l’OM ne jouait pas l’Europe et aurait donc moins de matchs à jouer, je me suis dit que le onze type avait de la gueule. Bon, c’est vrai que je comptais Thauvin d’entrée, mais quand j’ai parié avec Duga qu’ils finiraient deuxièmes, je l’ai fait à moitié par conviction, et à moitié par superstition. Du coup, je vais sûrement le gagner. Mais c’est vrai que Villas Boas a réveillé les morts, entre Payet, Amavi, Mandanda, même si Steve s’est pris en main tout seul… Il tire 120% des qualités de son groupe.

Tu es passé des commentaires de Lorient – Rennes le vendredi soir aux commentaires de Manchester United – Liverpool le dimanche après-midi. Ca ne t’a pas trop fait un choc ?

(Rires) Non, parce que sur Bein je commentais la Ligue des Champions, et j’ai même eu la chance de commenter la Coupe du monde au Brésil, les matchs de l’Equipe de France… Donc ça ne m’a pas fait de choc. Mais par contre, je pense que l’inverse ne sera plus possible. Retourner commenter de la Ligue 1 derrière, j’aurais du mal. Et d’ailleurs, je pense que je ne le ferai pas.

On a senti que ton « Oh putain » sur le but de Haaland venait du fond du cœur…

C’est vrai que tu ne dis pas « Oh putain » à la télé. Il m’est sorti comme ça parce que de là où on est placés dans la tribune, je la vois venir l’action. Quand le petit au milieu récupère le ballon, se tourne, et qu’il a du champ, dans ma tête je me dis « putain, s’il la donne bien et que Haaland arrive à enchaîner, ça peut faire mal ». Et le problème, c’est qu’il la donne bien, et que l’autre arrive à enchaîner encore mieux que ce que je pensais. Et donc je dis « Oh putain » comme si je disais « oh putain, il l’a fait », ils ont réussi le truc parfait quoi.

Donc je ne sais pas pourquoi je dis ça. Ça m’est arrivé une fois de dire « oh putain » en Premier League, mais c’était sur un gros tacle (rires). Je me souviens que mon boss m’avait appelé, mort de rire, en me disant de ne pas trop le faire souvent quand même, mais c’était rigolo. Et là en plus, je le sors, mais je le dis en l’étouffant quand même parce que je m’en rends compte, mais c’est sorti tout seul.

Qu’espères-tu de cette fin de saison en Ligue des Champions ?

Pour un diffuseur français, avoir une équipe française qui va au bout, ça serait le top. Car ça signifie un énorme engouement, tout le monde qui nous suit… Mais quand je vois la compétition folle que l’on a eue l’an dernier… J’ai eu la chance de suivre l’Ajax, et j’ai pris un pied pas possible. Quand je vois ce qui s’est passé à Dortmund cette semaine encore… j’attends de prendre mon pied comme l’an dernier.

Pour moi, le métier de commentateur, c’est un métier de passion. L’an dernier, quand j’ai pénétré dans la Johann Cruyff Arena, j’ai rajeuni de 40 ans. J’étais comme un enfant. J’aimerais revivre la même chose. Quand Lucas marque à la dernière seconde et arrache la finale à l’Ajax, au début, j’étais dégoûté. J’ai la vision de la frappe qui part, et je vois tout de suite qu’elle va dans le coin. Et si je me souviens bien, je crie « NON » parce que je suis dégoûté que l’Ajax n’aille pas en finale. Ensuite je me reprends, je me dis qu’il y a des supporters de Tottenham devant la télé, et que je n’ai pas le droit d’avoir de parti pris. Mais de ne pas voir l’Ajax en finale, ça avait été un crève-cœur.

On a l’habitude de voir le Barça, le Real, le Bayern, la Juve… Et l’an dernier tu as Tottenham et l’Ajax qui arrivent et qui foutent le bordel. Si on pouvait avoir la même chose cette année, ce serait vraiment bien. Il y a Dortmund, aussi l’Atalanta : ça ressemble un petit peu à l’Ajax, avec moins de joueurs que l’on connait. L’Ajax, on les voyait venir depuis un moment les petits jeunes. L’Atalanta, j’en entends beaucoup parler. Je les ai un petit peu vu en championnat, mais mercredi soir, j’ai pris une claque dans la gueule.

Pariez sur la Ligue des Champions

Commenter l'OM en Ligue des champions l'année prochaine, c'est l'objectif ?

Clairement. Ça risque d’être ma dernière année en Ligue des Champions, donc je pousse tous les week-ends pour que ça passe. J’aimerais bien les commenter. Je l’ai déjà fait à Bein, mais ça ne s’était pas très bien passé. Et même l’an dernier, je les ai commenté en Ligue Europa, donc t’imagines la souffrance (rires). Je pense que je vais avoir ce grand plaisir pour ma dernière. En tout cas, ça prend forme.

Session one shot : Kikadi edition

Si tu devais choisir entre la LDC et tes 3 titres de champion du monde de Kikadi ?

(Rires) Il faut être lucide, c’est ma Ligue des Champions qui m’a emmené dans les medias après ma carrière. Donc sans elle, il n’y aurait pas eu ces titres. L’un ne va pas sans l’autre, donc je garde la Ligue des Champions bien sûr.

Quelle est la plus grosse rivalité de l’histoire du sport : Mohamed Ali – Joe Frazier, Messi – Ronaldo ou Di Meco – Moscato ?

Quand on voit la haine, la violence et surtout l’animosité qui se répète tous les jours, c’est quand même Di Meco – Moscato. Frazier – Mohamed Ali, il y a eu quoi, 3 combats ? Messi – Ronaldo, c’était 2 fois par an en Espagne. Di Meco – Moscato, c’est tous les jours. Arriver à tenir un tel degré de violence quotidiennement, c’est quand même du très très haut niveau.

Peu importe le binôme avec le quel tu es aligné, tu réussis toujours à sortir ton épingle du jeu. Quel est ton secret ?

C’est simple : une hygiène de vie au-dessus de tout soupçon, c’est-à-dire faire l’apéro régulièrement. Lire les journaux de temps en temps, même si ce n’est pas vraiment la peine face à Vincent. Il suffit de regarder un peu la télé et les informations et ça passe, il est tellement nul. Mais surtout l’apéro, c’est important pour être lucide.

L’arrivée de l’arbitrage vidéo dans le Kikadi est-elle une bonne nouvelle, ou, au contraire, cela peut-il aider Vincent Moscato dans sa corruption ?

C’est en train de tuer notre sport. J’avais déjà averti lorsque l’on faisait des débats sur la VAR. Je savais que l’on aurait des problèmes. On a très vite vu que l’arbitrage audio serait partisan. Il faut savoir que la personne qui s’en occupe est un mec qui mange grâce à Vincent Moscato tous les week-ends. C’est lui qui s’occupe de ses spectacles. On pourrait faire mieux au niveau de l’impartialité.

Malheureusement tu as perdu les championnats d’Europe de Kikadi en fin de saison. Tu travailles dur pour récupérer ton titre ?

C’est un peu comme Teddy Riner : quand un mec gagne trop, on banalise la performance. Le fait de perdre une fois, ça a montré que finalement, ce n’était pas si facile que ça. Donc je ne vais pas dire que je l’ai fait exprès, car je n’aime pas perdre. Mais par contre, ça évite de banaliser mes performances qui sont au-dessus de la moyenne.

Les Jeux Olympiques approchent, le titre de champion olympique de Kikadi est-il l’objectif principal de la saison ?

Tu sais que l’on n’y avait pas pensé, mais il faut qu’on le fasse ! Tu as raison. Il faut que l’on trouve un système pour organiser les Jeux Olympiques de Kikadi, je vais proposer l’idée. Mais je vais aller plus loin, je pense qu’à terme, le Kikadi sera un jour une discipline olympique. Quand on voit l’esport qui commence à se professionnaliser je ne serais pas étonné qu’un jour, on y vienne. Le Kikadi, c’est pareil. On commence à y jouer dans beaucoup de pays, donc ce serait une suite logique. En plus on a une bande de bras cassés qui nous suit, l’IKF (International Kikadi Federation), et qui fait un gros lobbying. D’ailleurs, on les embrasse.

Les pages à suivre

twitter @WinamaxSport


fb Winamax Sport 


insta Winamax Sport
 

wtv Winamax TV
 

site Pariez sur le sport