Interview de Zack Nani

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Zack Nani, YouTubeur aux quelques centaines de milliers d'abonnés, s'est confié sur ses deux principales passions : le Sport et l'eSport. Dans son viseur : Call of Duty, dopage, Aulas, Génésio... Attention rafale !

Zack Nani

Est-ce vraiment nécessaire de se présenter quand on possède 305 000 abonnés sur YouTube et 148 000 followers ?

Bien le bonjour ! Je m'appelle Zakaria, j'ai 23 ans et j'habite à Lyon. Je suis en train de terminer un master en Digital Marketing et Communication. Voilà, on commence en douceur.

Tout commence en 2014 avec Call of Duty... Peux-tu nous raconter comment tu es arrivé sur YouTube ? Quels étaient tes objectifs, tes modèles ?

À l’époque, j’étais joueur compétitif sur Call of Duty et j'avais déjà participé à plusieurs LANs, tournois et autres, en France et Europe. Je rediffusais mes aventures le plus souvent en livestream. Plusieurs personnes qui me suivaient à cette période m'ont demandé de poster les VODs sur une chaîne YouTube pour pouvoir regarder en replay. C'est ainsi que j'ai démarré. Je n’avais pas spécialement d'objectif ou de modèle.

Peux-tu nous parler un peu de l’évolution de la franchise Call of Duty, désormais décriée, avec l’apparition et le déclin de la compétition par exemple ?

Au fur et à mesure, la franchise a essayé d'évoluer. Malheureusement, toutes les innovations qu'ils ont voulu apporter n'ont pas toujours été bien reçues. Il y a aussi eu une sorte de lassitude par rapport au modèle prôné par Activision, l'éditeur, à savoir un nouveau jeu par an. Un des problèmes vient du fait qu'Activision fait développer ses jeux par trois studios différents (Treyarch/Infinity Ward/Sledgehammer Games). Chaque studio dispose de trois ans pour pouvoir développer son jeu. Le problème c’est que d'une année sur l'autre, tu n’es pas sûr que le jeu va en valoir la peine, il peut tout à fait être indigeste et à partir de là tu lâches un peu la série pendant plusieurs mois. Puisqu'ils disposent de trois ans, les jeux ont une sorte de "direction artistique" à suivre (modèle plus futuriste, retour à l'ancienne ou autre...) et ensuite il devient difficile de faire marche arrière si le jeu ne plait pas à la communauté. Toutes ces choses expliquent le déclin de la licence. D’autant plus que la concurrence est de plus en plus féroce.

Quel est pour toi le meilleur opus ? Et le pire ?

Le meilleur, c'était Black Ops 1. De manière générale, les jeux produits par Treyarch se démarquent. 

Le pire, Infinite Warfare. Avec Ghost.

Parles-nous de ton évolution personnelle sur YouTube, au fil des différents jeux et nouvelles tendances.

Mon évolution sur YouTube est assez simple ; je suis quelqu'un qui ne se prend que très peu la tête, je laisse ressortir mon naturel. C’est ce que beaucoup de gens apprécient dans mes vidéos et dans ma personnalité. Quand j'ai commencé sur Black Ops 3, je faisais tout moi-même, j'ai tout appris sur le tas, notamment la façon de monter une vidéo etc… J’ai fait mon trou de cette manière, bien aidé également par Gotaga - un ami à moi - qui avait déjà 1 million d'abonnés et avec qui j'ai déjà réalisé plusieurs séries.

Depuis j'ai progressivement abandonné Call of Duty même si j'y rejoue de temps à autre, notamment lors de la sortie des nouveaux opus. Je me suis davantage axé dans l’optique de faire ce qui me plaît sur le moment. Cela peut être un autre jeu comme Fortnite, une vidéo football IRL ou bien du contenu autour des soirées et de la techno, un style de musique que j'apprécie particulièrement. Je ne fais pas la course aux abonnés et aux vues, bien que comme tout YouTubeur, je fais en sorte que mes vidéos marchent toujours un minimum car ça fait également partie du côté plaisir de ce travail. Cependant, j'ai rarement suivi les modes et les différentes tendances. J’appréciais beaucoup ce que faisait PrimeTimeFUT, sa manière d'allumer la caméra, jouer à un truc et débiter 100 000 conneries sans se prendre la tête. C'est ce que j'ai essayé de reproduire à ma manière : on allume la caméra, petit gameplay, des vannes et du freestyle, un petit montage sympa et hop dans la boite pour dix minutes de plaisir !

Comment se passe le quotidien d’un YouTubeur dans la vie réelle ?

Je ne peux pas réellement témoigner parce que j'ai toujours eu mes études à côté, ce qui fait que j'ai rarement eu l'occasion de le faire à plein temps, bien que je gagne ma vie grâce à cela.

De ma courte expérience, c'est assez particulier dans le sens où dans mon cas je mise pas mal sur la créativité, le côté spontané et l'inspiration pour parler de différents sujets avec humour. Cela demande d’avoir le bon mood au bon moment. Je n'écris pas ce que je vais dire mais j'ai toujours en tête deux ou trois sujets que je veux aborder. Ça m'est souvent arrivé de tourner une vidéo, la monter, regarder le rendu final et finalement ne pas la sortir car elle ne me plaisait pas. Je mets l'accent sur le fait de proposer un contenu de qualité même si cela engendre une certaine irrégularité, ce qui est l’un de mes principaux défauts, j'en suis conscient. Ça reste un "problème de riche" parce que je peux me permettre de gagner ma vie comme ça. Globalement, je suis un privilégié, même si j'ai beaucoup travaillé pour en arriver là.

Quel regard portes-tu sur l'eSport ? Quels sont pour toi les jeux les plus adaptés à la compétition ? De quel œil vois-tu l’arrivée des sponsors, de la médiatisation et même des paris sportifs dans le domaine ?

L’eSport est une très bonne chose et je suis satisfait qu'en 2018, enfin, des partisans de cette pratique arrêtent d'essayer de le comparer au vrai sport car c'est totalement différent. La seule chose que ça emprunte au sport, c'est le côté compétitif. Pour le reste, c'est une discipline à part entière qui se rapproche plus des échecs par exemple (bien que les échecs soient reconnus comme un sport), ça ne sert à rien d'essayer de comparer les deux. Moi, j’adore le côté performance. C’est toujours intéressant de voir les meilleurs joueurs en action, il peut y avoir des rivalités, des "Classico". Les éditeurs ont compris qu'investir dans l'eSport permet de fédérer la communauté et de garder son intérêt au-delà du simple fait de jouer. Personnellement, j'adore la compétition sur League Of Legends (un MOBA) alors que je ne joue quasiment plus au jeu. Les équipes professionnelles disposent toutes d'un coach, d'analystes, de psychologues pour aider les joueurs à améliorer leur mental et garder leurs nerfs sous la pression.

Je ne pense pas qu'il y ait de types de jeux qui soient plus adaptés, il y a une grande gamme de jeux différents qui sont compatibles à l'eSport ; FPS, MOBA, RTS, jeux de sport et compagnie. Seuls les jeux où la RNG (en gros le hasard) a une place importante sont inadaptés car cela implique une part d'aléatoire qui fait que le meilleur ne gagne pas toujours.

Pour ce qui est de la médiatisation et l'arrivée des sponsors, c’est est juste cohérent. Les jeux vidéo sont populaires et la compétition est ancrée dans la nature humaine. À partir de là, puisque que ça fait déplacer des foules et que ça atteint des dizaines et des centaines de milliers de spectateurs pour les plus gros événements, il est logique de voir des marques investir. L’arrivée des paris sportifs sur les matchs répond à cette même logique.

Récemment, on t’a vu aussi t’agacer sur le problème du dopage dans l'eSport… Parles-en nous.

Ces dernières années, toute la scène a vu ses coûts et ses cash-prizes décupler jusqu'à atteindre des centaines de milliers de dollars. Le salaire des joueurs a également augmenté et de ce fait beaucoup d’entre eux se mettent à prendre des médicaments qui accentuent leur concentration pour améliorer leurs performances. L'eSport n'est pas physique mais plutôt mental donc la concentration prime. Call of Duty est dominé par la scène américaine et l’un des problèmes de la société étasunienne s'est répercuté dans le jeu vidéo : l'Adderall.

L'Adderall est un médicament qui est fait pour les gens qui ont des soucis de concentration et notamment les hyperactifs. En Amérique, son usage est détourné par énormément de monde, de l'étudiant au businessman et désormais jusqu'au joueur professionnel. Le phénomène s'est tellement amplifié que ce produit est devenu la gangrène de la scène Call Of Duty, plus que dans tout autre jeu. Actuellement, 95% des meilleures équipes compétitives ont leurs joueurs qui se chargent avec des produits afin de mieux jouer ou jouer plus longtemps. L’apport n'est pas que physique, il est aussi psychologique. Tu vas te sentir plus en confiance si tu as eu recours à ces produits et inversement.

Ce problème dure maintenant depuis cinq ans et ces trois/quatre dernières années, aucune équipe ayant remporté un gros event ne contient pas au minimum deux/trois de ses joueurs sous ce produit. Les effets indésirables sont terribles ! Il peut provoquer des malaises, t'empêcher de dormir, te couper la faim… Un joueur a déjà fait un malaise à un tournoi car il en avait trop pris. Les joueurs ne contrôlent pas leur consommation et avalent ça comme des Maltesers... La chose que je déplore le plus, c'est qu'en cinq ans, Activision n'a jamais fait quoi que ce soit pour contrer ce problème. Mettre en place des contrôles antidopage peut être onéreux et compliqué, ok. Mais Activision ce n’est pas la MJC du quartier ! Ils sont milliardaires et chaque année les jeux génèrent des centaines de millions de dollars. Il n'y a même jamais eu de simples campagnes de sensibilisation sur les risques, rien. Le jour où un joueur va faire une overdose, les langues vont se délier. Et ce sera trop tard !

Quel est ton rapport au football ? Qui supportes-tu ? Quels sont tes modèles ? 

Le football est mon sport préféré depuis tout petit. J'ai aussi un gros faible pour le cyclisme. J’ai commencé à suivre le foot pendant l'âge d'or lyonnais, c'est donc assez logiquement que j'en suis devenu supporter assez tôt. Mon oncle me ramenait souvent à Gerland. J'ai aussi une petite attirance pour le Real Madrid. Le Barca comme le Real sont des clubs très populaires, notamment au Maghreb. Tous les étés, quand je me rendais au Maroc mon pays d'origine, j'avais mes cousins qui me faisaient regarder le Real. Ils me courraient après si j'avais le malheur de répondre autre chose que "Real" à la question "Real ou Barca ?" !

Pour ce qui est de mes modèles, j'ai toujours adoré non pas les meilleurs ou les plus beaux mais plutôt les seconds, ceux qui arrivent à leur tenir la dragée haute. Pour donner un exemple concret, je pense que Messi est un extraterrestre et le meilleur joueur de football de l'histoire, mais j'ai toujours eu tendance à adorer Cristiano Ronaldo, même lorsqu’il était à Manchester, pour la simple et bonne raison que chaque année il a toujours eu tendance à répondre coups pour coups à Messi. Réussir à prendre cinq Ballon d'Or et autant de Ligue des champions durant l'âge d'or de ce dernier, c'est quelque chose qui force le respect. Même s'il est progressivement devenu moins bon footballeur avec le poids des années, il se montre plus décisif que jamais, notamment dans les grands rendez-vous. En cyclisme, j'avais toujours plus tendance à préférer Andy Schleck à Contador, bien que l’Espagnol avait plus de qualités de manière générale. C'est comme ça, c'est ma perception.

Tu deviens directeur sportif de l’Olympique Lyonnais cet été. Quel chantier entames-tu ? Enlever Twitter à Aulas ?

Si je devenais directeur sportif de l'OL, beaucoup de choses changeraient ! (rires)

Principalement :
- Couper le Twitter d'Aulas.
- Changer la communication détestable que peut avoir le club de manière générale après certains matchs (exemple : « la barre en tremble encore » puis le mug face au PSG).
- Changer l'entraîneur afin de coller davantage aux ambitions que le club peut avoir.
- Démarrer le chantier dont l'équipe a besoin, notamment en défense centrale

Je tiens quand même à justifier un peu ces choix. Couper le Twitter d'Aulas, bon, ça paraît assez clair ! Oui, il faut être reconnaissant envers lui pour tout ce qu'il a fait, là où il a ramené le club et compagnie… Toutefois, son utilisation des réseaux sociaux, sa manière de se plaindre constamment, de toujours faire preuve de mauvaise foi, de vouloir rembarrer systématiquement les gens en sortant son expérience même quand le contexte ne s'y prête pas ainsi que son envie de contrôler la presse et de s'en prendre aux médias en parlant de leur objectivité à la moindre critique, c’est non, juste non ! Le fait que l'OL soit mal aimé provient surtout de son Président qui agit de manière détestable même si, dans le fond, il n’y a pas besoin d'avoir bac +5 pour comprendre que c'est avant-tout dans le but de défendre le club. Il y a d'autres manières de faire.

Concernant la défense centrale, même si Marcelo est ok, j'aimerai quelqu'un de plus technique que Jérémy Morel pour l'accompagner. Les deux sont très mauvais en terme de relance, cela coupe souvent l'équipe en deux car le milieu est obligé de redescendre pour repartir de l'avant et construire.

Au niveau de l'entraîneur, je sais que je peux me montrer un peu virulent mais allons-y, parlons de manière argumentée : Bruno Genesio est un bon meneur de groupe. En deux ans et demi, il a toujours eu ce talent de fédérer les joueurs derrière lui. Toutefois, si l'OL veut passer un cap, cela passe obligatoirement par un changement d'entraîneur. Comme le disait une fois Daniel Riolo, quand tu as le budget, l'équipe et les infrastructures de l'OL, tu ne peux pas te contenter d'être heureux de finir sur le podium et de pointer à 20 points du PSG chaque année. La question n'est même pas d'être champion de France car la machine parisienne rafle presque tout. Des saisons comme Monaco l'année dernière font figure d'exception. Analysons : l'an dernier le parcours en Ligue Europa fait cache misère mais la vérité est qu'on termine éliminé de toutes les coupes et quatrième à 11 points de Nice avec Tolisso/Lacazette/Fekir/Valbuena et sans l'excuse de la jeunesse. Cette année, on finit sur le podium ric rac à la dernière journée (l'OM fait une saison fantastique) et on se fait éliminer en Europe par le CSKA de manière honteuse, ainsi que par Caen et Montpellier en coupes nationales. Tu rajoutes à cela le manque de fond de jeu terrible qu'on a eu toute la saison face à des blocs bas (les matchs de l'OL sont souvent des purges) ainsi que la réussite dont on a bénéficié (Memphis au Vélodrome ou contre Paris à la dernière minute, Fekir et son un coup franc de l'espace contre Monaco…) et tu as totalité des ingrédients qui expliquent pourquoi Lyon doit changer de coach.

Bref, je pourrai en parler des heures ! 

Qui supporteras-tu à la Coupe du Monde ? Quel est ton favori ? Et le meilleur buteur ?

Au Mondial, je supporterai la France et le Maroc. Ma priorité va vers L’Equipe de France car je suis né en France et je me sens bien plus proche des Bleus que de l'équipe du Maroc. Néanmois, ça me ferait plaisir de voir les Lions de l'Atlas réussir à sortir de leur groupe difficile, sait-on jamais.

Mes Favoris sont l'Allemagne, l'Espagne, le Brésil et la France.

Le titre de meilleur buteur se jouera entre Griezmann ou Firmino.

Pariez sur France vainqueur du Mondial et Griezmann meilleur buteur

Zidane vient d’annoncer qu’il quittait son poste au Real Madrid. Une réaction ?

Grand homme, rien d'autre à dire. Partir au plus haut et avoir la maturité de reconnaître qu'un changement est nécessaire quand tu viens prendre ta troisième Ligue des Champions, je trouve ça incroyable. L’un des plus grands entraîneurs/joueurs de l'histoire !

Session one-shot « Aux armes ! »

Pour partir à l’attaque : AK47 ou KB9 ?

AK47, ça libère les espaces encore plus efficacement que KB9.

Pour un match de l’OL : Plutôt BAR (M1918) ou Café du Commerce ?

Café du commerce !

Le plus explosif : C4 ou CR7 ?

CR7, en Ligue des champions.

Pour faire la bagarre : Rust ou Parc OL ?

Parc OL. FC Castagne, ça ne bouge pas !

Pour soigner les maux de l’OL : Aulas Intervention ou Génésio Démission ?

#GenesioDémission

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