Interview de Tanguy Turgis

Par dans

Plus jeune coureur à terminer Paris-Roubaix, Tanguy Turgis a été forcé de prendre sa retraite à seulement 20 ans à cause d'un problème cardiaque. Faisons le point avec lui sur sa carrière, sa reconversion, ses frères ou encore Pro Cycling Manager.

tur

Grand espoir du cyclisme français, Tanguy Turgis est désormais en pleine reconversion pour devenir directeur sportif. Retour avec lui sur son début de carrière, sa retraite forcée et ses projets de long terme.

Paris-Roubaix arrive. L’an dernier, tu avais réalisé une performance incroyable en devenant le plus jeune coureur à terminer l’Enfer du Nord depuis plus de 70 ans. C’était comment, ce moment ?

À chaque fois, avant Paris-Roubaix, même chez les jeunes, je rentrais dans un état mental complètement différent tellement j'aimais cette course. J'étais à chaque fois transcendé par l'évènement. L'année dernière c'était pareil. Quand on est arrivé dans le Vélodrome de Roubaix avec Jimmy (ndlr : son frère, coureur professionnel également), c'est le plus beau moment que j'ai vécu dans ma vie. C'étaient des émotions très fortes. Pour mon frère aussi, c'était son plus beau moment, ça l'a marqué. À un moment, je me suis senti comme à l'entraînement sur la fin. Sur le long faux plat qui mène au Vélodrome, je me suis rappelé des séances d'entraînement, j'étais dans la roue de mon frère, là c'était pareil mais on était en course. C'était génial.

Tu es le dernier d’une fratrie de trois. Anthony court chez Direct Energie et Jimmy chez Vital Concept, ton ancienne équipe. Comment tes deux frères ont-il influencé ta carrière ? C’était une concurrence, une inspiration ?

Il n'y a jamais eu de concurrence entre nous. Ils ont toujours été une inspiration pour moi. En fait, avec eux, à chaque fois que je faisais une course chez les jeunes, c'est comme si je l'avais déjà courue deux fois avant. Mes frères m'expliquaient comment ça se passait, là où ça allait être dur. Contrairement à plein de juniors qui n'avaient jamais couru, moi j'avais déjà une idée en tête des scenarios de course, des pièges, des moments difficiles. Du coup, ça a toujours été un gros atout. En général, on s'est toujours tirés vers le haut, on espère toujours que l'un de nous aille le plus haut possible.

Au terme d’une première saison encourageante, tu as dû arrêter ta carrière à cause d’un problème cardiaque, à seulement 20 ans. Comment tu as vécu cette nouvelle ?

Sur le coup je l'ai mal encaissé. La nouvelle a été vraiment dure. Comme l'a dit Jérôme (ndlr: Jérôme Pineau, manager de l'équipe Vital Concept-B&B Hotels), c'est un gamin à qui on brise les rêves. Même encore maintenant, j'ai un peu de mal. Tu vois, je vois Marc Hirschi qui fait 10e du GP E3, et c'est rageant. Pas que Marc fasse 10e, parce que c'est un ami, je suis super content pour lui. On a couru ensemble, on est arrivés ensemble à Paris-Roubaix juniors, on a couru ensemble chez BMC Development (ndlr : l'équipe réserve de BMC, désormais CCC, où Tanguy a couru en 2017). Et là, lui il fait Top 10, et moi je suis sur le canapé, c'est chiant. Ceci dit, ça prouve aussi que la génération 98 est forte. On en a perdu quelques uns en chemin, mais aujourd'hui on voit Marc Hirschi qui fait Top 10, Jasper Philipsen qui gagne sur le Tour Down Under, c'est plaisant !

Et du coup, ça va, moralement ?

Moralement, ça va plutôt bien. Entre temps il s'est passé d'autres choses qui ont été très difficiles à vivre, et je me suis vite rendu compte qu'il y avait autre chose dans la vie, des choses beaucoup plus importantes que le vélo. J'ai été plus ou moins forcé de faire le deuil du vélo, et c'est pas plus mal au final, car ça m'a fait profiter des moments dont on profite pas forcément dans la vie.

Comment se passe ta reconversion ? Quels sont tes projets pour la suite ?

En ce moment je suis en pleine reconversion pour devenir entraineur/directeur sportif de haut niveau. Là je sors tout juste d'une formation avec MGS Reconversion, ça m'a vraiment plu. C'était centré sur l'aspect mental et psychologique. J'apprends à comment faire passer un message, comment gérer ses troupes. C'est quelque chose qui m'a toujours intéressé. J'ai des idées de ce que je veux faire par la suite, rien de précis pour le moment, mais j'ai une réelle envie de passer à l'étape suivante de ma vie professionnelle. Là en ce moment je dois faire des heures en entreprise, je les fais avec le VPC Loudéac (ndlr : l'équipe réserve de Vital-Concept-B&B Hotels) et parfois avec Vital-Concept.

Tu suis toujours le vélo de près, du coup, qui sont tes favoris pour les classiques qui arrivent ?

Je vais être chauvin, je vais dire Anthony et Jimmy Turgis (rires). Pour moi Anthony peut faire des vraies perfs. Sur Milan-Sanremo, il a montré qu'il pouvait faire mieux que ce qu'on dit de lui. Sur Milan-Sanremo, on a beaucoup parlé de Nacer Bouhanni ou d'Arnaud Demare, mais au final, niveau français, on a vu que Julian Alaphilippe et Anthony dans le final. Il fait des bons résultats, mais il lui manque encore une victoire en World Tour. Moi je sais qu'il est capable de faire des belles choses.

Et pour Paris-Roubaix ?

Wout Van Aert. Il est là partout, c'est le plus régulier. Déjà l'an dernier, j'étais l'un de ceux qui ne doutaient pas de lui. Beaucoup de gens se demandaient s'il allait confirmer ce qu'il avait montré sur le cyclocross. Aujourd'hui, il n'y a plus de doutes, c'est l'un des favoris. Mon deuxième nom pour voir large, c'est Zdeněk Štybar.

Pariez sur Paris-Roubaix

Session One Shot :

Ta course préférée ?

Paris-Roubaix.

Ton idole ?

Avant, c'était Thomas Voeckler. Puis ensuite ça a été Philippe Gilbert. Puis mes frères, évidemment !

Jusqu’où t’es allé dans ta partie la plus longue sur Pro Cycling Manager ?

Alors déjà, c'était Pro Cycling Manager 2006, avec Bouygues Telecom ! Sur les championnats de France, je voulais pas que ce soit pas quelqu'un d'autre que Voeckler qui gagne la course du coup je recommençais à chaque fois. Je gagnais des Paris-Nice avec Laurent Brochard ou Didier Rous !

Ton commentaire préféré ?
"Attaque de Pierre Rolland" ! Forcément ! En plus il est dans mon équipe maintenant !

Les pages à suivre

t @WinamaxSport 
 

t @TanguyTurgis 
 

f Winamax Sport 
 

w Pariez sur le sport


Charly

Kim Källström est mon idole de jeunesse. A part ça, j'ai eu une enfance plutôt heureuse.