Interview de Jules Koundé

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Révélation girondine, symbole de la nouvelle stratégie du club, Jules Koundé raconte son parcours et affiche ses ambitions avec Bordeaux ainsi que pour la suite de sa carrière.

Jules Koundé

Commençons en douceur… Où comptes-tu ranger ton ballon d’Or ?

(Rires) En douceur… Je ne sais pas, je vais dire dans un placard à côté de toutes mes chaussures !

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

J’ai commencé le football à l’âge de six ans dans un petit village où j’habite, à Landiras (sud Gironde, 40 minutes de Bordeaux). Comme tout le monde, au début je jouais un peu partout : devant, derrière, au milieu. Ensuite, pour entrer en sixième, je suis parti à Cérons durant une année avant de rejoindre La Brède jusqu’à 15 ans. Après, je suis arrivé aux Girondins en U17 Nationaux, où j’ai fait toutes mes classes.

Quelles sont les caractéristiques d’un bon défenseur central moderne ? 

Un bon défenseur moderne c’est quelqu’un qui est fort dans le un-contre-un, qui ne se jette pas. Il possède une grosse vision du jeu et une intelligence dans le placement. Et surtout, c’est un joueur qui relance bien, qui arrive à casser des lignes et à apporter quelque chose offensivement. Enfin, c’est un leader qui guide ses partenaires au mieux en essayant de les rendre meilleurs par le jeu de passes ou la parole en communiquant beaucoup.

On peut donc réunir toutes ces qualités en faisant seulement 1m78, tu en es le parfait exemple...

J’ai toujours essayé de faire abstraction du fait que la taille puisse être un frein à ce poste-là. Pour beaucoup, notamment les recruteurs, on exige des joueurs de grande taille en défense centrale. La taille n’est qu’un détail pour moi, c’est un tout petit aspect du jeu et du poste.

Mon petit gabarit ne me pose donc pas de problème. Avec le coach, on a une bonne relation. Il me fait confiance et me laisse pas mal de liberté, notamment à la relance avec le ballon. On discute beaucoup et cela me permet d’être performant. De plus, avec Pablo on a une bonne entente sur le terrain.

As-tu des modèles à ton poste ?

Sergio Ramos, c’est l’archétype du défenseur moderne, il sait tout faire. Il sait relancer, il est agressif, il est bon dans le un-contre-un, il court vite et c’est un leader. Après, mon joueur préféré c’est Varane ! Il est super bon techniquement, il court très vite, il a une grosse intelligence de jeu, il ne se jette jamais et il est très peu pris dans les duels et les courses, j’aime beaucoup.

Quelles sont les différences majeures entre le monde amateur et le monde professionnel ? 

Il y a beaucoup moins de moyens dans le monde amateur, que ce soit dans les infrastructures ou dans le matériel utilisé pour l’entrainement. C’est un peu moins cadré, moins structuré. Au niveau des entrainements, c’est moins intense. Ici, quand tu entres au centre de formation des Girondins, c’est vraiment l’esprit de compétition à fond. Dans le monde professionnel, cet esprit est décuplé et c’est ce qui fait que les joueurs professionnels arrivent à performer. En revanche, je pense que dans le football amateur, l’esprit est un petit peu plus sain !

Tu es aujourd’hui l’étendard d’une belle génération de jeunes pousses aux Girondins. Comment vis-tu le fait d’être érigé en exemple ?

Je le vis avec plaisir, je reçois des commentaires qui font toujours du bien, c’est très positif pour moi et pour le club aussi. C’est valorisant de montrer à tout le monde qu’il y a des jeunes issus du centre de formation qui arrivent à émerger en équipe première, à jouer des matchs et à s’imposer en tant que titulaires. Pour le moment, c’est un peu moi le représentant du centre de formation mais il y aussi Zaydou (Youssouf) et Aurélien (Tchouameni) qui jouent bien et qui sont actuellement titulaires. C’est bien pour tous qu’il y ait autant de jeunes présents en équipe première avec du temps de jeu.

On sait que le club va désormais miser sur ses jeunes, ce qui est de bon augure pour toi, Tchouameni et Youssouf par exemple. Est-ce que cette stratégie a joué un rôle déterminant dans le choix de prolonger ton contrat ?

Oui, après c’était vraiment une volonté personnelle. Je savais qu’au-delà du fait que le club compte sur les jeunes, il comptait sur moi. On me l’a exprimé et on me l’a démontré donc on a réussi à se mettre d’accord pour une prolongation qui arrivera à partir du mois de janvier. C’était important surtout pour les plus jeunes, pour ceux qui sont encore au centre de formation. C’est motivant de voir qu’il y a des joueurs plus âgés, qui ont un jour été comme eux, parvenir à être titulaires en équipe première. Cela les pousse à se dire que s’ils bossent bien et qu’ils sont performants, ils auront leur chance aussi car le club compte sur les jeunes.

Penses-tu qu’il est encore possible de faire une carrière dans un seul club, à l’image de Marc Planus ?

Je pense que oui, c’est toujours possible. Après, il faut avoir l’envie. Si un jour je suis vraiment bien dans un club, par exemple à Bordeaux, et que celui-ci a de très grandes ambitions, pourquoi pas ! Après, forcément, quand on est joueur on a envie de jouer au plus haut niveau. Aujourd’hui, il y a beaucoup de transferts, les joueurs bougent énormément donc c’est plus compliqué de faire carrière dans un seul club. On est toujours à la recherche de la meilleure opportunité.

Comment as-tu vécu le rachat ? Vous a-t-il perturbé en interne ?

Nous, les joueurs, on a vécu la vente un peu de loin. On n’était pas vraiment dans les détails. Forcément, pour tout ce qui est recrutement, on était un peu dans l’incertitude, c’est pour cela aussi que les choses ont mis du temps à se décanter. Globalement, de notre côté, le rachat s'est déroulé sereinement.

Quelles sont tes attentes et tes objectifs pour cette saison avec les Girondins ?

Pour ce qui est des objectifs collectifs, on souhaite accrocher une place européenne comme chaque année. Dans les faits, ce serait bien que l’on trouve plus de régularité dans nos performances durant toute la saison. L’année dernière, on a eu une grosse période de creux avant de bien repartir, c’était souvent en dents de scie. Cette année, l’objectif principal c’est d’améliorer notre classement. Dans le déroulement, il ne faut plus se mettre en danger comme c’était le cas la saison dernière.

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Tu es surnommé « the quiet force » (la force tranquille), d’où tires-tu ce calme, cette sérénité ?

De mon éducation ! Ma mère est comme ça, mes proches aussi le sont donc je pense que cela a déteint sur moi. C’est vrai que dans la vie je suis quelqu’un de plutôt calme. J’essaie de ne jamais m’affoler, de voir le côté positif des choses. Sur le terrain, je ne vois pas pourquoi cela changerait. Puis c’est bien de ne pas s’affoler quand tu as le ballon, c’est mieux d’être serein !

À force de marquer, n’as-tu pas peur de redevenir attaquant sur MPG ?

(Rires) Non ! Je pense que le détail est bien réglé désormais, ils ont enregistré que j’étais défenseur. Mais pourquoi pas me reconvertir un jour en n°9 !

La Coupe du Monde 2018, ça te donne forcément des idées pour 2022...

Bien sûr ! C’est un objectif. Premièrement, cette saison, j’aimerai arriver à être en Equipe de France Espoirs et à être appelé régulièrement. Évidemment, à terme, mon ambition est d’être avec les Bleus A et de pouvoir disputer de grandes compétitions comme la Coupe du Monde et l’Euro !

Session one-shot « Dans la peau d'un autre »

Si tu étais un autre footballeur ? 

Marius Trésor.

Si tu étais un autre joueur des Girondins ? 

Hum... Zaydou !

Si tu étais un autre sportif ?

LeBron James !

Si tu étais un rappeur ?

Kendrick Lamar.

Si tu étais un acteur ?

Denzel Washington.

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Ils comprendront dans cent ans.

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