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Interview de Jhon Rachid

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Youtubeur de la première heure, comédien et réalisateur, Jhon Rachid est un Lyonnais de naissance et de coeur. Il revient avec nous sur ses débuts, son amour pour sa ville natale et son attachement à l'Olympique Lyonnais.

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Tu as 1.3 million d'abonnés sur Youtube à l'heure actuelle : ça te fait quoi d'être un des Lyonnais les plus connus de France ?

Ça fait plaisir ! Moi, mon but dans la vie de toutes façons c'est de dépasser Laurent Gerra et Mimie Mathy (ndlr : tous deux originaires de la région lyonnaise).

Et Clovis Cornillac ?

Non, Clovis Cornillac je le kiffe, donc ça va je veux pas le dépasser ! 

Ca vient d'où, "Jhon Rachid" ?

En fait ça vient d'une parodie que je faisais avant, de la série Dallas, pour les vieux, avec J.R. Ewing. Ca vient de là, j'ai pris le JR de J.R. Ewing et c'est devenu Jhon Rachid car je faisais une parodie qui s'appelait "Dallas du Bled".

Tu faisais quoi avant Youtube ?

J'ai fait plein de métiers. J'ai quitté l'école à 16 ans et j'ai fait plein de formations : imprimeur, boulanger, pâtissier. Les deux derniers jobs que j'ai faits : je distribuais le 20 Minutes à la sortie du métro de Lyon le matin, je me gelais les couilles le matin, c'était dur. Puis après j'ai été vendeur en téléphonie.

À quel moment tu t'es dit "Je vais vivre de Youtube" ?

En fait j'ai très vite fait un film, un téléfilm qui s'appelle "Le Troisième Jour". J'avais une copine qui était prof de sport, et ils sont venus caster des gens dans la salle de sport. Ma pote était en train de regarder mes vidéos et la casteuse lui a dit "C'est qui lui ?". Elle a regardé mon profil et les vidéos que je faisais sur Skyblog à l'époque. Ils m'ont contacté et j'ai été pris ! Et à partir du premier jour de tournage de ce truc, je me suis dit "Okay, c'est ça mon métier en fait".

Et c'était quand ça ?

En 2006, 2007. Après, ça a mis du temps à démarrer. On va dire que ça roule bien depuis 3-4 ans. Avant ça c'était un peu galère. C'était un peu : tous mes potes sont connus et gagnent leur vie mais moi non.

C'était qui tes potes à l'époque ?

Les mêmes que maintenant : Norman, MisterV. On a tous commencé à la même période, on était un peu les pionniers sur Youtube et Dailymotion, on s'est tous très vite rencontrés. On a grandi ensemble, mais eux sont allés plus vite, moi j'ai un peu galéré. À l'époque on était 15 grand max, et du coup quand tu faisais un petit buzz tu ressortais. Moi j'en ai eu quelques-uns mais ça ne suffisait pas pour vraiment percer.

Recemment, tu postes un peu moins sur Youtube : c'est une volonté de te tourner vers des projets plus perso ? 

Oui, complètement. Si je fais des trucs, autant que ce soit vraiment génial et pas des trucs qui vont me mettre dans des cases dont je veux pas. Il y a beaucoup de gens qui font des lives, moi ça me dérange pas d'y participer, mais pour pour ma chaine, je préfère me diriger vers ce que j'aime et ce que je sais faire et ce que je veux faire plus tard, c'est-à-dire du cinéma. Parfois je fais quelques pubs, comme la dernière fois avec Umtiti, mais le reste faut que ce soit quali sinon ça ne sert à rien. Après, parfois tu travailles des heures, des jours entiers, tu le mets en ligne et ça fait peu de vues. Alors qu'un mec qui se filme face cam sans se couper en disant ce qu'il pense, ça marche mieux. C'est ce que le public demande, j'ai rien contre, mais moi je veux pas me plier à ça.

Tu as fait un court-métrage, Jour de Pluie, qui parle du massacre des Algériens en 1961. Est-ce que tu te considères comme un "artiste engagé" et est-ce que ta notoriété te permet de faire passer des messages ?

Je ne veux vraiment pas que le gens se disent "Ouais c'est Jhon Rachid, le comédien engagé". Après tu portes un poids que tu peux pas assumer tout le temps. Je fais ce que j'aime et je dis ce que je pense, et parfois ce que je pense c'est engagé. C'est malgré moi, ce n'est pas calculé. Je suis quelqu'un d'entier, donc forcément ça se ressent. Après, tu sais comment ça marche Twitter et compagnie : plus t'es connu, plus te fais shitstormer. Plus tu t'engages, plus tu te fais chier dessus, c'est abusé. Les gens adorent la polémique. À force de prendre position et de te faire chier dessus, au bout d'un moment, tu fais plus rien et tu restes lisse.

Tu as joué des petits rôles dans Le Bureau des Légendes et Taxi 5 récemment : toi, ton objectif, c'est le ciné, donc.

Je fais Youtube parce qu'on me propose rien. On me propose que des rôles pétés ou des passages d'une demi-seconde. Dans le prochain film de Mohamed Hamidi (ndlr : "Jusqu'ici tout va bien", sortie fin février 2019), on me voit un peu plus, mais en gros on me propose pas grand chose, donc je vais pas rester sans rien faire. YouTube me permet d'être actif en attendant qu'on me propose des trucs, et si on me propose rien comme c'est le cas actuellement, je prouve que je sais faire. À force de prouver que tu sais faire ça finit par marcher. Mais tout ça, ça coûte cher. J'ai mis 20.000 € de ma poche pour faire le court-métrage. Malheureusement pour le moment je suis obligé de créer, de prouver pour que les gens se disent "Ah mais il est bien en fait !". J'ai pas l'intention d'arrêter et je vais continuer dans cette voie-là.

En tant que passionné de foot, tu n'aimerais pas un jour mêler les deux, par exemple un film ou une série sur le foot ?

Malheureusement le football au ciné, ça marche pas. Les films sur le foot c'est que des films pétés alors qu'il y a plein de trucs à faire, c'est dommage. Après, moi je suis un peu un escroc du foot, j'ai été à fond dedans quand j'étais gamin, à la période Juninho et compagnie, puis j'ai lâché à l'adolescence, avec les conneries que tu fais quand t'es jeune. Je suis revenu au foot il y a 3 ans, en gros. Je pense que le fait d'avoir déménagé à Paris m'a poussé à me remettre à fond dedans, il me fallait une attache, quelque chose qui me raccroche à Lyon. Dès que je suis parti, je me suis dit "Attends, ils sont tous là à supporter Paris, moi je n'aime pas ce club, et en plus je suis parti, allez j'y retourne !".

Tu as fait une vidéo sur Lyon cet été, tu es né et as grandi là-bas : ça représente quoi, pour toi, Lyon ?

Tous mes souvenirs sont ici. Mon enfance, ma jeunesse, mes premières fois de tout sont ici. J'ai fait la vidéo sur Lyon parce qu'à chaque fois qu'on me croisait à Lyon, au stade ou n'importe où, on me disait "Mais qu'est-ce que tu fais ici ?". À chaque je le prenais mal ! Bah ouais, je suis de Lyon, c'est chez moi ! Les gamins qui me demandaient ça, j'avais envie de leur répondre "Hé, je suis encore plus de Lyon que toi !". J'y retourne souvent, je fais plein de clins d'oeil. Lyon c'est toute ma vie, tout est ici.

À Lyon, il y a eu Benzema, Fekir ou Aouar pour le foot. Sur Youtube ou Twitch on a toi, Zack Nani ou Rafsou : comment t'expliques l'incroyable capacité qu'ont les rebeus lyonnais à percer ?

(rires) C'est le centre de formation ! Moi j'adore, je suis trop content quand il y a un rebeu qui perce, je me dis "Il va partir où, aller, au Real ?" !

Comment ça t'est venu la passion de l'OL ?

Je jouais - très mal - au foot avec mes potes quand j'étais jeune. Puis bon, c'était l'équipe de ma ville, et en plus on était dans une période où c'était bien, l'OL était fort. J'ai 34 ans, donc je suis né à la bonne période. Le moment où j'ai découvert le foot, c'est le moment où on a claqué 7 titres consécutifs ! Lyon c'est ma ville, Lyon c'est mon club. Je me rappelle quand je me baladais dans le centre-ville quand j'étais petit, parfois je croisais Edmilson, j'étais trop content ! Un jour j'ai distribué le journal à Joël Bats à Bellecour. Tous ces gens, ils sont dans ta ville, tu les croises, ils sont accessibles. Tu vois aujourd'hui, il y a des gens qui me croisent ils buguent un peu, moi quand j'étais petit j'hallucinais quand je croisais des joueurs de l'OL. Sonny Anderson, je l'ai croisé quelques fois quand j'étais petit, et aujourd'hui il me dit "Viens voir un match à la maison, mes enfants sont fans de toi", c'est génial !

Quel est ton regard sur l'OL actuel ? Est-ce que tu partages cette sorte de schizophrénie des supporters qui sont à fond derrière leur équipe mais qui sont constamment en colère quand même ?

Oui, évidemment. Après, franchement, pendant une période j'étais très "Genesio Démission", ça se voyait, j'étais très en colère. Après, j'ai parlé à des gens proches de lui, et on m'a dit que c'était vraiment un mec bien. Ça n'empêche pas que statistiquement, on gagne moins, on va moins loin en coupes nationales, en championnat on est régulièrement à la traîne. Pendant un moment, je me suis un peu calmé, mais sportivement j'y arrive pas. Depuis, j'ai déplacé ma colère sur Aulas. En vrai, c'est lui qui ne veut pas faire bouger les choses. Il veut être tranquille, il a Genesio, et il prendra aucun coach de stature internationale car il ne pourra pas avoir la main dessus. Maintenant avec Genesio je respecte l'homme, je suis en mode "Genesio Démission Douce", avec indemnités !

Dernière question : on va la gagner la Ligue des Champions, du coup ?

Mais tu sais très bien que non ! Ça fait de l'argent pour le club, c'est bien, mais c'est mort, et ça peut être très violent en plus, on peut même se manger un 7-0, j'ai pas envie !

Session One-Shot

Ton joueur de l'OL préféré, toutes périodes confondues ?

Juninho Pernambucano la légende.

Ton meilleur souvenir de supporter ?

Récemment, quand j'ai fêté mon million d'abonnés, j'étais au Parc OL. Mais sinon, c'est quand on a tapé le Real en huitièmes. Jean II Makoun... je lui vendais des téléphones chez Orange à lui et ses potes, tous les mois il prenait des nouveaux téléphones. J'ai dû lui vendre 5-6 iPhones première génération à Makoun !

Ton pire souvenir ?

Franchement, quand Genesio fait sortir Valbuena pour Ghezzal contre l'Ajax Amsterdam en demi-finale d'Europa League et qu'on se fait éliminer.

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Charly

Kim Källström est mon idole de jeunesse. A part ça, j'ai eu une enfance plutôt heureuse.