Interview de Jean-Christophe Hembert

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Jean-Christophe Hembert, alias Karadoc dans Kaamelott, voue un culte presque religieux à l'Olympique Lyonnais et à son messie Juninho.

Karadoc et Juninho

Tu as commencé à supporter l’OL en D2. Quels sont tes premiers souvenirs ?

Mon père m’emmenait au stade mais un grand changement s’est produit durant la Coupe du monde 1986. Il y a eu France-Brésil, bien sûr, mais aussi France-URSS au premier tour. Un match nul 1-1 avec un but de Luis Fernandez sur une passe d’Alain Giresse. Je me souviens m’être levé du canapé de l’appartement et d’avoir hurlé. Á partir de ce moment-là, j’étais accro. J’ai vécu à Gerland les pires saisons de D2, les matchs contre Louhans-Cuisseaux et les déplacements à Gueugnon. Avec le temps, le football est devenu une religion. Je comprends très bien le rapport des Brésiliens ou des Anglais avec ce sport. C’est le même pour moi. Le football et l’OL prennent une place importante dans ma vie.

Tu as même déjà raccourci une pièce de théâtre à cause de la Ligue des Champions…

Oui, un Lyon-Manchester en 2004. J’ai raccourci la pièce de quinze minutes pour aller voir le match dans un bar. Officiellement pour « raisons artistiques ». En 2001, je suivais la finale de la Coupe de la Ligue Monaco-Lyon en pleine représentation. J’avais un rôle à la fin… et je ne suis pas entré sur scène en raison de la prolongation. Patrick Müller a marqué le but décisif puis toute la distribution m’a engueulé.

Le penalty non sifflé sur Nilmar est-il ton pire souvenir ?

(Il réfléchit) Face au Milan, au retour, nous sommes passés tellement près. On dominait, on entendait les mouches voler dans le stade et puis, d’un coup, sur le but d’Inzaghi, tout a explosé. (Il hurle) OOOOOOOOOOH ! La détresse. Ah, j’ai pire encore ! En 1987/1988, année des débuts d’Aulas, l’OL vise la montée en première division. Mais Sochaux a alors une équipe exceptionnelle avec des joueurs du calibre de Paille, Madar, Sauzée, Bazdarevic. Cette saison-là, ils atteignent la finale de la Coupe de France puis viennent s’imposer 7-1 à Gerland. J’étais au stade, j’avais 10 ans et ce match reste mon plus gros traumatisme de supporter.

As-tu déjà rencontré des joueurs ?

Ils sont brillants sur le terrain mais, l’âge aidant, je me sens en décalage. J’ai pu rencontrer des anciens comme Cris, Govou, Lacombe, Di Nallo, etc… en réalisant un film hologramme pour le Musée de l’OL. Lors du tournage, j’ai eu la chance de rencontrer Juninho, un homme brillant, éclairé. Au Brésil, il ne lui a fallu qu’une seule séance radio pour devenir consultant numéro 1 de la Globo, avant d’être viré à cause de ses prises de positions politiques. C’est notre idole à tous. Il est arrivé en Europe à 26 ans alors que c’était déjà un grand champion, vainqueur de la Copa Libertadores et finaliste de la Coupe Intercontinentale 1998, et non à 18 ans comme beaucoup de Brésiliens d’aujourd’hui. Les six premiers mois, il ne jouait pas. Santini l’appelait « Juno » et il a continué à travailler sans se plaindre. Il est discret, travailleur, à l’image de la ville. Je n’aurais pas vu Ronaldinho évoluer à l’OL, cela n’aurait pas collé.

Quels sont tes projets ?

Je travaille sur un spectacle et aussi sur un jeu vidéo sur la gastronomie. C’est un univers qui m’intéresse beaucoup.

Karadoc et la cuisine, une histoire d’amour… Ca parlait foot durant le tournage de Kamelott ?

Pas forcément, même si Thomas Cousseau, qui jouait Lancelot du Lac, supporte Saint-Étienne. Le tournage s’est déroulé entre 2004 et 2008, en pleine domination lyonnaise, et une partie de la production était parisienne. J’étais en position de force.

Perceval est fan de Gareth Bale. Et toi ?

Juninho, Socrates et David Linarès. Linarès est le profil de joueur qui existe pour bien faire jouer les autres. Indispensable à son équipe.

Quel est ton regard sur Bruno Genesio ?

C’est une période compliquée pour l’OL en général. C’est un club familial qui a obtenu des résultats à force de travail et de méthodes parfois artisanales, désormais devenu une holding presque mondiale. L’identité lyonnaise se perd un peu. Nous sommes à un carrefour de notre Histoire. J’éviterais de porter un jugement sur l’entraîneur et ses capacités, car je ne suis pas dans le groupe, mais c’est un métier terrible, une machine à laver émotionnelle.

Je vais prendre l’exemple de Ndombele, un super joueur, sans doute la prochaine très grande vente du club dans six mois. Que retiendra-t-on de son passage ? Aura-t-il marqué l’Histoire de l'OL ? Non. Il n’est que de passage. Il partira sans avoir rien gagné – ce que je ne souhaite pas ! Essien n’est resté que deux ans, Malouda quatre, ils ont grandi avec l’équipe, les supporters ont eu le temps de s’attacher à eux. C’est plus difficile à présent.


Session one-shot "C'est pas faux"

Les commentaires sur Bruno Genesio sont trop dithyrambiques.

C’est pas faux. 

Le gegenpressing est la meilleure réponse possible au tiki-taka.

C’est pas faux. 

Messi est meilleur que Maxwel Cornet.

Ah mais attention : Cornet est un joueur vaillant !

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Maxime

Né en 1984 le jour d'une victoire 5-0 de l'équipe de France contre la Belgique, je prends depuis les années les unes après les autres sans me poser de question. Aime l'ASSE mais aussi le football.