Interview de Corentin Moutet

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75ème joueur mondial, le jeune tennisman français a la rage de vaincre sur et en dehors des courts. Entre deux freestyles de rap, il revient sur son début de carrière tout en affichant ses objectifs pour la suite.

moutet

Comment se passe ce confinement ?

Pour le moment, le confinement se passe bien. Je n'ai pas grand-chose à faire donc je reste chez moi et j'en profite pour faire des trucs auxquels je n'ai pas souvent le temps de me consacrer comme écrire, regarder des séries ou encore écouter de la musique. Tout va bien. 

Comment gères-tu cette absence de compétition ?

On est tous dans la même situation, il n y’a pas de tournoi... Moi j’essaye de prendre journée après journée, en sachant que tout le monde est comme moi, enfermé. Je m’adapte et j’essaye de le faire au mieux.

Comment ça se passe dans la tête ? Et physiquement ?

Dans ma tête, ça se passe bien parce que j’ai toujours eu l’habitude d’avoir des choses à côté du tennis. Après, c’est sûr que physiquement, ce n'est pas l’idéal ! Il n'y a pas beaucoup de possibilités de nous entraîner mais j’essaye de faire au mieux pour m’entretenir et garder une certaine santé physique.

Comment t'est venue cette passion pour le tennis ?

Mon père entraînait le mercredi et moi, j’avais mon entraînement également ce jour-là. Du coup, pour attendre la fin de son travail, je jouais toute la journée afin de faire passer le temps et que ça me paraisse moins long. Au final, je pense que ma passion vient de là.

Si tu devais résumer ton jeu avec tes points forts et tes points faibles, que dirais-tu ?

Au risque de te surprendre, je pense que mes points forts et mes points faibles sont issus de la même chose : mon envie de gagner. Elle ne me quitte jamais, elle me pousse à être toujours en recherche de progrès. Mais parfois, cette obsession me joue aussi de mauvais tours.

Sur quelle surface te sens-tu le plus à l'aise ?

À peu près toutes les surfaces parce qu’il y a du positif et du négatif pour chacune. Je n'ai donc pas vraiment de préférence.

Jusqu'en 2017, tu as énormément brillé chez les jeunes. Quelles différences as-tu pu ressentir lorsque tu es passé chez les pros ?

Chez les adultes, on joue par définition des personnes plus âgées donc ça m’a forgé physiquement. Ça m’a appris à jouer plus longtemps, à des intensités physiques plus élevées. Je pense qu'avoir commencé à jouer tôt chez les adultes a été une très bonne chose pour ma formation.

Tu es devenu en 2019 le premier joueur de moins de vingt ans à remporter trois tournois Challenger. Tu en es à quatre aujourd'hui. Comment expliques-tu cette précocité ?

Je ne pense pas particulièrement avoir été précoce parce qu’il y avait des joueurs de mon âge qui étaient mieux classés que moi. Mais c'est toujours le travail qui prime, l’investissement de tous les jours et la recherche constante du progrès. Peu importe que l'on gagne ou que l'on perde, il faut conserver au quotidien nos objectifs de travail. C’est ça le plus important pour devenir meilleur.

2020 avait bien débuté pour toi avec cette première finale à Doha. Raconte-nous un peu comment tu as vécu ce tournoi.

Doha, c’était la première fois que je gagnais un match sur dur en tournoi 250 donc c’était vraiment bien ! C’était une première expérience, je venais des qualifications et j’ai finalement battu trois joueurs parmi les meilleurs que j’ai pu battre dans ma carrière. Il y avait beaucoup de Français qui m’encourageaient, c’était une expérience incroyable ! Je m’en servirai comme source d'inspiration pour le futur.

Quels sont tes objectifs désormais ?

Mon objectif principal, c’est de rester en forme pour le moment. L'avenir est dur à prédire donc pour l'instant j'essaie de vivre dans le moment présent en attendant que le circuit redémarre pour continuer à travailler et aller chercher les plus gros titres !

Rêves-tu de représenter un jour ton pays ?

Oui, forcément ! J’étais devant la télé la dernière fois qu’ils ont gagné la Coupe Davis, donc évidemment, c’est un objectif parmi les autres pour moi. J'ai déjà représenté la France chez les juniors, je serais super fier d’avoir la chance de représenter mon pays aux côtés des autres joueurs français au plus haut niveau !

Tu fais partie de cette fameuse NextGen avec entre autres Zverev, Tsitsipas, De Minaur, Shapovalov, Rublev, Humbert... Comment juges-tu votre génération ? Qui te parait le plus fort ? 

Je trouve que notre génération est très forte. Il y a beaucoup de jeunes qui sont déjà très bien placés et il y en a de plus en plus qui arrivent. Globalement, il y a un bon niveau mais je ne saurais pas dire qui est le meilleur. C'est le classement qui parle. J'ignore qui est devant aujourd’hui mais on est une génération assez dense.

Quel est ton grand chelem préféré ?

Il n'y en a pas un mais deux que j'apprécie particulièrement. Wimbledon, déjà, parce que je trouve toujours spécial de jouer sur gazon. Et Roland-Garros, ensuite, parce que c’est en France.

Tu as récemment décidé de quitter Twitter à cause de la méchanceté qui pouvait parfois s'abattre sur les joueurs de tennis, notamment à cause de personnes qui parient sur vos résultats... Peux-tu nous parler un peu de cela ?

Je pense que c’est un fléau qui touche beaucoup le tennis. On reçoit des messages tous les jours, notamment sur Instagram en privé ou alors sur Twitter en public, de la part de certains parieurs. Il y a beaucoup de critiques et de méchanceté gratuite. Après, je ne souhaite pas faire de généralités, il y a des gens plus ou moins intelligents partout. Pour ma part, il est vrai que je trouvais cela pesant de voir autant de méchanceté sans vraiment de raison...

Tu as lâché plusieurs freestyles durant ce confinement. Le rap est-il un moyen d'expression privilégié pour toi ?

Effectivement, la musique a une grande place dans ma vie. J’écris depuis quelques années maintenant, c’était le moment pour moi de le partager. Le fait d'être enfermé m'a offert plus de temps pour écrire et pour mixer, j'ai donc pu sortir les sons récemment. J'en ressortirai d'autres dans le futur et je suis je suis assez content des premiers retours. Les gens sont très bienveillants de ce côté-là donc ça fait super plaisir !

Tu écris des textes plutôt tristes, assez sombres... On n'est donc pas si heureux que ça même lorsque l'on vit de sa passion ?

Si, je suis heureux ! C’est juste que, comme tout le monde, j’ai des côtés plus sombres de ma personnalité. Mais j'ai également des cotés plus lumineux. Il est vrai que je trouve l’inspiration dans les moments un peu plus sombres, c’est ma façon à moi d’être inspiré. Malgré tout, j’essaye de toujours rester le plus lumineux possible pour ne pas me faire ronger par cette part d'ombre...

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