Interview de Clémentine Sarlat

Par dans

Après cinq ans passés à France Télévisions, Clémentine Sarlat s'est lancée dans la création d'un podcast. Pour Winamax, la journaliste revient sur ses nouveaux projets et livre son regard sur l'actualité sportive.

clementine sarlat

Tu étais une journaliste tout-terrain à France TV (rugby, athlé, tennis). Pourquoi avoir quitté la chaîne ?

J’ai décidé de quitter la chaîne parce que cela ne correspondait plus à ma façon de vivre. J’avais besoin de reprendre ma liberté. Il y a eu beaucoup d’événements dans ma vie qui m’ont fait changer ma façon de voir les choses. Ce sont eux qui m’ont lancé et donné ma chance. Je leur serai toujours reconnaissante de m’avoir fait confiance et épaulé. Après, si j’ai voulu changer, c’est qu’il y a eu un moment où je me suis essoufflé et qu’il a fallu que je fasse d’autres choses, comme ça peut arriver à plein d’autres gens dans plein d’autres métiers.

Tu t’es récemment lancée dans la création d’un podcast. Peux-tu nous en dire plus ?

C’est un constat que je me suis souvent fait lorsque je faisais des interviews à la télévision. J’avais l’occasion de discuter un peu plus longuement avec les différents athlètes, hommes ou femmes, et je me disais « putain, c’est trop intéressant ce qu’ils racontent ». Tu comprends mieux les réactions, les émotions de la personne, ce qui est pour moi très difficile à faire ressortir sur un terrain ou dans un reportage, parce que l’on n’a pas le temps de se poser et de discuter.

J’ai donc eu cette idée l’été dernier. Je me suis dit qu’il fallait absolument que je permette aux gens d’avoir accès à ce que j’ai pu vivre, car je pense que si l’on aime le sport, c’est avant tout pour l’émotion que cela procure. Et pour cela, il faut pouvoir discuter avec les personnes. Le podcast s’appelle « Spotlight ». Cela représente la lumière, le sportif est sous le feu des projecteurs, et l’on montre ce qu’il y a derrière.

Ecoutez Spotlight avec Renaud Lavillenie

Le premier invité fut Renaud Lavillenie. Espères-tu faire venir d’autres sportifs de son calibre dans les prochains épisodes ?

Oui, j’en ai enregistré d’autres. J’en ai parlé à d’autres athlètes qui sont également emballés par l’idée. Je me suis rendue compte que les sportifs ne connaissaient pas le concept du podcast à proprement parler. En France, on est très en retard par rapport aux Américains à ce sujet. Ici, on commence à peine à écouter des podcasts « natifs », c’est-à-dire des podcasts qui ne sont pas issus des émissions de grandes radios. Les sportifs que j’ai contactés étaient donc plus ou moins surpris par l’idée, mais plutôt enthousiasmés. Renaud a accepté tout de suite et ça s’est super bien passé. On est restés 1h20 à discuter. Il était très content.

As-tu d’autres projets en cours ?

Pas dans le sport en général, mais je compte lancer plus tard un autre podcast destiné aux femmes. 

Comment analyses-tu la performance de l’Equipe de France lors du Tournoi des 6 nations ?

C’est difficile car je ne suis plus à l’intérieur de l’événement donc j’ai moins d’informations. Mais d’un point de vue extérieur, c’est dur de voir l’Equipe de France souffrir comme ça, surtout quand tu connais les mecs. C’est une équipe très inconstante. Je pense que comme tout le monde, j’ai été emballé par la première mi-temps face au Pays de Galles, même si les Gallois n’étaient pas exceptionnels. Ils avaient ce truc où tu te dis « ok, il y quelque chose qui est en train de se passer ».

Mais bon, dans le sport de haut niveau le mental est extrêmement important, et on voit bien que ça ne fonctionne pas encore totalement de ce côté-là. Après, le match face à l’Ecosse était très sympa à regarder. C’était chouette de voir des jeunes se faire plaisir.

Pariez sur le tournoi des six nations

Peut-on néanmoins espérer quelque chose pour la Coupe du monde ?

C’est compliqué. Ils n’ont pas tiré le gros lot avec leur groupe. Quand tu dois affronter l’Argentine et l’Angleterre, même les Samoa… Ce ne sera pas une partie de plaisir. Mais j’ai envie de dire que tout est possible dans le sport, donc pourquoi pas. Je leur souhaite en tout cas.

En parlant de Coupe du monde, il y en a une autre qui se déroule cet été en France, c’est la CDM de foot féminin. Est-ce que tu comptes la suivre ?

Carrément ! Je regarde souvent les grandes compétitions de foot féminin. Comme elles se déroulent en été, je suis souvent en famille et mes petits cousins, qui sont fans de foot, sont comme des malades devant le foot féminin. Donc je vais suivre ça avec eux.

Je me souviens qu’en 2013, je bossais pour Eurosport et on couvrait l’Euro qui se déroulait en Suède. Et il y avait une sorte de frustration de les voir à chaque fois très bien jouer mais échouer de peu dans les moments cruciaux. Il y aura certainement beaucoup de pression à domicile et du fait que l’Equipe de France masculine leur a montré la voie. Elles savent qu’elles n’ont pas trop le droit à l’erreur. Mais cela peut aussi les motiver deux fois plus.

En tout cas, elles ont déjà gagné une bataille, c’est que les gens les prennent désormais au sérieux. Ils ne disent plus « c’est du foot féminin, c’est de la merde ». Enfin, il y en a encore quelques-uns, on l’a vu il n’y a pas longtemps (rires) mais on ne va pas revenir sur cette polémique. En tout cas, j’ai le sentiment qu’aujourd’hui le foot féminin est bien plus installé qu’il y a quelques années, et qu’il vaut la peine d’être regardé.

Pariez sur la Coupe du monde féminine

Pourrais-tu à l’avenir t’engager plus pour la visibilité du sport féminin ?

On ne me l’a jamais proposé même si c’est vrai que l’on me demande souvent d’intervenir dans des conférences sur le sport féminin. Et à chaque fois je dis la même chose : j’ai commencé par un sport qui est mixte : l’athlétisme. Les femmes et les hommes font les mêmes compétitions dans le même stade, au même moment. Je ne me rendais même pas compte des disparités. Mais c’est vrai que dans les sports collectifs notamment, il y a une vraie différence avec les sports individuels.

Les pages à suivre

twitter @WinamaxSport
 

fb Winamax Sport
 

site Pariez sur le sport


Thibault

J'aime le bruit blanc de l'eau.