Interview d'Alexis Vuillermoz

Par dans

Alexis Vuillermoz ne s'arrête plus ! Après le Giro, le voilà qui remplace au pied levé Pierre Latour pour le Tour de France qui débute samedi. L'occasion de faire le point avec lui sur son Giro, ses souvenirs et son avenir

vuil

Pour la première fois depuis 2014, tu as décidé de faire le Giro. Pourquoi ce choix ?

Je voulais aborder un Grand Tour avec un schéma différent des courses que je fais chaque année. C'était l'occasion ici de m'exprimer à titre personnel, j'avais envie de voir ce que je pouvais faire sur un Grand Tour, sur le général, sans arrière pensée.

Quel bilan tires-tu de ce Giro ?

Sur le plan personnel, ça s'est un peu enrayé après Tirreno où je me suis fait une déchirure et j'ai été arrêté 21 jours au total, sans faire de sport. S'arrêter aussi longtemps à un mois du Giro, je savais que ça allait être difficile. J'avais alerté l'équipe sur mon niveau physique avant le Tour d'Italie, je savais que ça allait être difficile. Je savais clairement que j'étais pas au niveau pour jouer le général, mais vu ce que l'équipe avait mis en place, j'avais quand même envie d'y aller et de compter sur la fraicheur pour éventuellement jouer ma carte sur un bon jour, mais malheureusement ça n'a pas été le cas. Faut pas avoir de regrets dans le vélo, et c'est jamais facile de déterminer à l'avant ce qui va se passer.

C'est passé un peu inaperçu, mais tu as chuté sur la 16e étape, tu peux nous raconter ?

Ouais, j'ai chuté et j'ai eu une crise d'asthme sur l'étape du Mortiolo. Assez vite, j'ai mes coéquipiers Hubert (Dupont) et Nans (Peters) qui s'en sont aperçus et qui ont appelé le médecin. J'ai voulu rester au contact de la course et ce n'était pas une super idée... J'ai hyperventilé, et derrière j'ai basculé dans le ravin. Je voulais pas abandonner le Giro, j'avais très mal vécu mon abandon sur le Tour de France l'an dernier, donc je voulais vraiment terminer la course malgré tout.

Est-ce que tu partages l'idée que le Giro devient une course plus excitante que le Tour de France ?

Pour moi c'est deux courses différentes. Le Giro c'est une très belle course, très montagneuse, plus ouverte. Le Tour de France, il y a un niveau plus homogène, ça se court différemment, je pense pas qu'on puisse dire que l'une est plus belle que l'autre.

Et du coup, pour le Tour, cette année, ça s'annonce comment ?

A l'entrainement, ma forme est bien meilleure qu'avant le Tour d'Italie. Je n'ai pas pu prouver ça car j'ai pris un petit coup de chaud sur le Mont Ventoux Denivelé Challenge, donc forcément, il peut y avoir un doute sur ma condition, mais mes entraîneurs savent ce que je fais à l'entraînement.

En 2015, tu t'imposes sur le Tour de France à Mûr-de-Bretagne, devant des cadors comme Valverde, Martin ou Sagan. On imagine que ça reste le meilleur moment de ta carrière.

Ouais, c'est sûr que ça reste le plus grand moment de ma carrière. C'est un souvenir exceptionnel, et c'est aussi un souvenir d'effort extrême, presque de souffrance. C'est aussi la satisfaction, chez les sportifs, de toucher ses limites et d'aller toujours plus loin dans l'effort. C'est aussi une grande fierté personnelle d'avoir su résister aussi longtemps que ça.

Le Tour de France va se faire avec deux absents majeurs, Tom Dumoulin et Chris Froome, et la course semble plus ouverte que jamais. Tu penses que c’est l’année ou jamais pour Romain Bardet ?

Non, je suis pas d'accord avec ça. Romain est encore jeune, il a performé assez vite certes, mais on dit souvent que la tranche 28-32 ans correspond aux plus belles années pour un coureur. Il y aura forcément d'autres années où Chris Froome ou les autres, qui sont des très grands champions, vont être sur le déclin, alors que Romain sera peut-être sur la dynamique inverse. Tom Dumoulin, c'est un très grand coureur, mais je pense que les coureurs français sont aussi des grands coureurs. Se dire que "c'est l'année ou jamais", c'est un peu se mettre une pression inutile, on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait.

Tu as renoué avec la victoire en début d’année sur la Drôme Classic : quels sont tes objectifs pour la fin de saison ?

Là du coup, avec l'enchaînement Giro-Tour, derrière ça va être un peu compliqué d'enchaîner, donc probablement du repos après le Tour, et ensuite on verra.

Tu es chez AG2R La Mondiale depuis 2014, et ton contrat court encore jusqu’en 2020. Comment tu envisages la suite ?

Honnêtement, je me sens super bien chez AG2R-La Mondiale, c'est une très belle équipe avec des coureurs avec qui je m'entends très bien et un staff très performant qui me connait depuis toutes ces années. C'est quand même une plus-value d'être dans une équipe aussi qualifiée. Je suis en contrat jusqu'en 2020, et ensuite...on verra.

Session One-shot

Ta course préférée ?

C'est un peu une réponse facile, mais le Tour de France ! La beauté du parcours, l'ambiance, et tout ce que ça me rappelle.

Le mec le plus sympa du peloton ?

Je dirais Brice Feillu. Un mec qui s'entend avec tout le monde, il est super sympa et quand j'étais chez Sojasun c'est un mec qui m'a beaucoup apporté.


Charly

Kim Källström est mon idole de jeunesse. A part ça, j'ai eu une enfance plutôt heureuse.