Gonalons : « L'OL représente tout pour moi »

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Ancien capitaine de l'OL, Maxime Gonalons joue désormais à Grenade, promu qui squatte le haut du tableau de la Liga. Il revient sur ses années lyonnaises, son départ de l'OL et son expérience à l'étranger.

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Tu es titulaire dans une équipe de Grenade qui pointe à 5 points de la tête : ce début de saison ne se passe pas trop mal, non ?

On reste sur trois résultats négatifs mais oui, on fait un super début de championnat et il faut que l'on continue comme ça, parce qu'on a des vraies qualités. J'ai eu une préparation un peu tronquée à cause d'une blessure et je suis arrivé un peu tard à Grenade. Il m'a fallu un peu de temps pour revenir, mais aujourd'hui, je me sens super bien. 

Qu'est-ce qui t'a poussé à rejoindre l'Espagne, puis ensuite Grenade ?

Les contacts avec Grenade ont été établis à quinze jours de la fin du mercato. J'ai connu la Liga la saison passée avec Séville. Même si j'ai eu une grosse blessure, j'ai eu l'occasion de jouer des rencontres de championnat et des matches de Coupe d'Europe. C'est un championnat qui me convient bien, dans lequel je me sens super bien. C'est un football qui me correspond. Quand Grenade est arrivé, j'ai pris leur intérêt avec beaucoup d'enthousiasme et de sérieux. On m'a tout de suite fait confiance, le projet me semblait assez ambitieux pour l'avenir. Il faut que l'on continue dans la lignée de ce qu'on fait depuis le début de la saison, corriger quelques détails, contre les grosses équipes notamment. Pour ma part je me sens de mieux en mieux, le groupe est top, avec des joueurs et un encadrement incroyables. On peut faire de belles choses cette saison !

Qu'est-ce qui a le plus changé pour toi en passant de la France à l'étranger ? Te sens-tu un joueur de football plus accompli ?

J'ai d'abord connu l'Italie, un championnat très tactique. Là-bas, j'ai beaucoup appris. que ce soit à l'entraînement ou en compétition. C'était différent de ce que j'avais pu vivre à Lyon. Le foot espagnol se rapproche davantage de ce que j'ai connu à Lyon, avec un jeu de passes, de possession, et c'est pour ça que je m'y retrouve et que je m'y sens très bien. C'est proche de la façon dont j'ai été formé et dont j'ai appris à jouer au football. Ça me correspond totalement.

Tu as été formé à Lyon et y a passé la plus grande partie de ta carrière. Que représente l'OL pour toi ?

Un peu tout ! C'est le club de mon enfance, le club de mon coeur, celui qui m'a formé et qui m'a permis de devenir le joueur que je suis aujourd'hui. J'ai été très fier de porter ce maillot pendant 8 ans en pro et d'en être le capitaine pendant presque 5 ans. J'ai laissé une trace dans ce club, donc je suis très fier de l'avoir représenté et de continuer à les supporter. L'OL, c'est tout pour moi.

Tu as connu le changement de stature de l'OL avec le passage au Parc OL. Quels souvenirs marquants gardes-tu de ce changement d’ère ?

Quand on est passé de Gerland au Parc OL, on a changé de stature. On s'est retrouvé avec des infrastructures dignes des plus grands clubs européens. Le président a tout fait pour que l'OL soit parmi les meilleurs. Maintenant, il faut un peu de temps car la concurrence est rude et les grands clubs sont encore devant. L'OL fait en sorte de jouer la Champions League tous les ans et de se donner les moyens de continuer à grandir. Quand j'étais là-bas, ce changement a été vraiment majeur.

Tu as 30 ans aujourd’hui et tu es un peu le premier cordée de toute la génération dorée du centre de formation lyonnais. Lacazette, Tolisso, Lopes, Umtiti, Fekir… Vous avez tous éclos en même temps. Quel souvenir as-tu de cette époque un peu compliquée où l’OL comptait énormément sur vous, les jeunes du cru, pour créer le renouveau ?

Oui, le club n'avait pas forcément les moyens d'acheter des joueurs. Forcément, on comptait beaucoup sur nous, les jeunes du centre. On a vécu de grands moments, même si je pense qu'on peut avoir des regrets. Il y a une ou deux années où on aurait pu titiller davantage le PSG et même, pourquoi pas, aller gagner le titre. Ça aurait l'aboutissement de nombreuses années de formation. On se connaissait tous depuis très longtemps. Je me souviens qu'il y a une saison où on se retrouve à 8 ou 9 titulaires originaires du centre. C'est quelque chose qui n'est pas commun, quand même. On était tous très fiers de représenter le club !

Est-ce que tu penses, justement, que l'OL a une place à part dans le paysage français, avec cette identité locale très marquée ?

Oui, complètement. Après, ça ne date pas d'hier. La formation a toujours eu une place importante. L'OL fait partie des meilleurs en Europe sur ce plan depuis de très nombreuses années. Il y a du bon travail de fait à tous les étages, des éducateurs à la pré-formation. Il faut que ça continue comme ça, et il y a plein de nouveaux talents qui vont éclore. Je pense notamment au petit Cherki. Ce sont des exemples qui prouvent que ça continue à très bien travailler sur la formation à Lyon.

Tu as connu l'aventure lyonnaise en demi-finale de Ligue des Champions en 2010. Cette année-là, quand vous battez Liverpool, le Real, est-ce que vous croyez à la victoire finale ?

Bien sûr qu'on rêvait de la gagner ! Quand tu arrives en demi-finale, tu penses forcément à la finale ! J'ai vécu ça avec la Roma il y a deux ans. Après, j'ai un peu plus de regrets avec la Roma, car j'ai eu le sentiment qu'on était plus près d'aller au bout que quand j'étais à Lyon. Quand on a rencontré le Bayern, c'était un monde au-dessus, et c'était difficile pour nous de rivaliser. Ça a été des grands moments pour moi. Cette année-là, en 2010, c'est ce qui m'a permis de me faire connaître en France et en Europe. J'ai eu le grand bonheur de marquer à Anfield, et c'est ce qui m'a permis de faire ce que j'ai fait aujourd'hui. Cette première année en pro a été exceptionnelle pour moi.

Ton départ à l'OL a été un peu soudain. Est-ce que tu as des regrets par rapport à cette sortie précipitée ?

On m'a souvent posé cette question. C'est vrai que j'aurais aimé que ça se passe différement.  Ça a été un peu brutal sur le coup et il m'a fallu du temps pour le digérer, mais ça fait partie du football. On en a discuté avec le président l'année dernière, on en a un peu discuté. On sait que le football, parfois, ça ne tient pas à grand chose. Je pense qu'il y a eu beaucoup d'ambiguité, un peu d'incompréhension. J'ai dit ce que j'avais sur le coeur à ce moment-là, j'avais envie que le club continue à grandir, à aucun moment ça ne visait à blesser qui que ce soit. Moi, j'ai toujours travaillé dans l'intérêt du club et du collectif, et les gens qui me connaissent savent comment je suis. Ce départ, ça fait partie de ma carrière, ça m'a permis de découvrir deux championnats étrangers où j'ai beaucoup appris et où je continue d'apprendre. Tout ça fait partie de la vie d'un footballeur, c'est que ça devait se passer comme ça, tout simplement.

Quel regard portes-tu sur la situation actuelle à Lyon ?

Il y a eu beaucoup de changements cet été, et de nouveau il y a quelques semaines. L'OL est dans une situation compliquée, mais ce club a beaucoup d'expérience, et notamment Jean-Michel Aulas, qui a monté l'OL et en a fait un grand club européen. Je ne suis pas inquiet, même si je suis les matches et les résultats. Ils vont revenir, et ils vont finir dans les trois premiers comme chaque saison. Il y a de la qualité, il y a de l'expérience dans le club. Les choses vont se mettre en place, comme d'habitude.

Tu as connu la France, l'Italie, l'Espagne : te vois-tu rester là-bas ou envisages-tu de finir ta carrière en France ?

Alors ça... Honnêtement, je ne me pose pas vraiment la question. Le foot va tellement vite. Aujourd'hui, je vais avoir 31 ans en mars prochain, et j'ai juste envie de prendre du plaisir, m'éclater sur le terrain et amener mon expérience. On verra bien ce qu'il se passera ensuite !

En 2014, tu es réserviste pour la Coupe du Monde, et c’est finalement Morgan Schneiderlin qui est appelé au moment du forfait de Clément Grenier. Qu'a-t-il manqué à l’époque pour que tu fasses partie du groupe ?

Pas grand chose, je pense. Ça se joue sur des détails. C'est un choix d'hommes, un choix de coach. J'étais un simple réserviste et j'étais juste là "au cas où". Après, je savais que j'étais pas loin et ça aurait été fabuleux de vivre ça avec l'Équipe de France. J'ai quand même vécu de belles années en Bleu. J'ai été en sélection pendant 4 ans de façon régulière. Ça m'a permis de continuer à progresser et de connaître le très très haut niveau. Je n'ai pas forcément de regrets car j'ai toujours donné le meilleur de moi-même. Après, il y a des choix qui sont faits, et il faut les respecter.

L'Équipe de France est-elle prête pour l'Euro 2020 ?

Oui, il n'y aura aucun problème. Les Bleus ont un groupe de très grande qualité et il y a encore des joueurs qui arrivent derrière. Je ne suis pas inquiet du tout, on regardera ça avec beaucoup d'envie. Il y a un talent fou dans cette équipe, et j'espère qu'ils continueront à nous faire vibrer !

Globalement, quel est le plus beau souvenir de ta carrière ?

Il y en a plusieurs. Je vais t'en citer deux : la victoire en Coupe de France avec Lyon, mon premier titre avec le club, et puis évidemment le but à Liverpool. Je revois les images, ma tête, mon corps tout frêle. C'est un moment impossible à décrire, c'était un truc de fou. Je rentre à un poste qui n'est pas le mien, on n'a pas de défenseur sur le banc... Claude Puel prend un risque, ça peut passer mais ça peut surtout casser. En plus on gagne le match, c'était incroyable.

Session One-shot, réponses courtes 

Le meilleur joueur que tu aies croisé dans ta carrière ?

Karim Benzema.

Le joueur le plus fort que tu aies cotoyé chez les jeunes à l’OL ?

Du coup, Benzema, mais Ben Arfa aussi. Franchement, pour moi, en talent pur, je n'ai jamais vu aussi fort que lui. C'est un gachis. Ce joueur-là aurait dû aller au Barça, au Real. Ballon d'Or même. Il a un talent très largement au-dessus de la moyenne.

Le meilleur coach de ta carrière, celui qui t'a le plus marqué ?

Remi Garde. Il avait encore un rôle de formateur, et je pense qu'il a fait du bon travail à Lyon, et c'était dommage pour nous qu'il ne continue pas l'aventure. Il y avait moyen qu'on fasse de grandes choses avec lui.

Ton idole de jeunesse ?

Thierry Henry. En fait, j'ai été attaquant jusqu'à 15 ans, et ensuite j'ai beaucoup grandi donc j'ai commencé à jouer plus bas, mais à l'époque c'était Henry mon modèle.

Le joueur qui t’impressione le plus à Grenade ?

Très peu de gens le connaissent, mais je vais dire Angel Montoro. Il a fait toute sa carrière en deuxième division, et j'ai été surpris d'apprendre ça quand je suis arrivé. Je ne comprenais pas comment ce joueur n'avait pas joué à plus haut niveau. Il a d'immenses qualités.

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Charly

Kim Källström est mon idole de jeunesse. A part ça, j'ai eu une enfance plutôt heureuse.