Ainhoita : ''On me disait que je ne savais pas jouer''

Par dans

Elle fait partie de ceux qui ont inscrit leur pseudo au palmarès des dernières Winamax KO Battles, en remportant l'Event 40 pour un peu plus de 5 500 €. Nous sommes allés à sa rencontre.

Article original par David Sarabia pour Winamax.es
Traduction et adapation par Flegmatic

Ainhoita ITW Facebook

La menace du Covid-19 dehors et le couvre-feu sur la ville : telle est la situation actuellement... et sans doute pour encore un bon bout de temps. "Dans des conditions pareilles, je n'avais rien de prévu ce dimanche-là donc j'ai joué au poker," commence Ainhoa alias Ainhoita à l'autre bout du fil. La pandémie n'incitant pas vraiment à organiser quoi que ce soit, elle choisit donc de lancer plusieurs tables de KO Battles. Cinq heures plus tard, elle sort victorieuse de l'Event 40 devant 6 354 entrants, pour un total de 5 500 €. "De la folie !, reconnaît-elle. Et ce n'était pas si long pour gagner autant d'argent !"

À 25 ans, la native de Torrevieja dans la province d'Alicante (côte est espagnole) explique qu'elle combine son travail dans un cabinet d'avocats avec le poker. "Ma journée se termine vers 17h et en principe je commence à jouer à partir de 19h." Elle joue depuis "quelques années" mais c'est avec le confinement qu'elle a commencé à s'y mettre sérieusement, au point d'en faire aujourd'hui presque un deuxième métier. "J'adore jouer au poker, le secret est là," glisse-t-elle entre deux éclats de rires. Par le passé, elle s'est même retrouvée à taper le carton aux tables de Las Vegas, Madrid ou Valence mais jamais dans sa ville natale. "C'est une salle très petite et... comment dire... les autres joueurs te regardent, commentent..."

Et il faut bien dire que le poker reste un environnement composé dans son immense majorité d'hommes. Si les chiffres officiels restent rares en dehors des WSOP, toute personne ayant un jour posé les yeux sur un quelconque tournoi ou festival de poker a pu en faire l'expérience. Selon certaines statistiques, pour huit hommes qui jouent au poker, il n'existe qu'une seule femme. "Une fois où je me suis retrouvée en table finale, les mecs m'ont dévisagé... 'Qu'est-ce qu'elle fait là celle-là ?'", se remémore Ainhoa. "Une femme qui joue au poker, ce n'est pas du tout vu de la même manière qu'un homme. Et ils partent du principe que tu es nulle", s'énerve-t-elle, elle qui a eu à subir sa part de commentaires désobligeants à table. "Une fois on m'a dit que je ne savais pas jouer, qu'étant une femme je ne pouvais qu'avoir de la chance... Des choses comme ça qui n'ont aucun sens."

Une victoire pour un apport

Bien que l'envie de passer professionnelle l'a titillé plus d'une fois, elle sait que ce n'est pas quelque chose qu'elle peut décider du jour au lendemain. "Ce n'est pas si facile de pouvoir dire 'Je vais m'y consacrer à plein temps'. Bien sûr que l'on peut y gagner beaucoup plus d'argent que via un emploi classique mais il faut peser le pour et le contre", poursuit-elle. D'ailleurs, ces dernières semaines lui ont souri, avec "plus de tables finales qu['elle] n'en avait jamais fait". La veille de cette interview, elle se classait même septième du Mad Max pour un peu moins de 200 €.

Mais revenons à nos moutons avions. "Le dimanche 6 mars, je m'inscris donc à plusieurs tournois des KO Battles et quand je suis arrivée en finale, je ne pouvais pas y croire !", poursuit Ainhoita, qui n'a visiblement toujours pas réalisé sa victoire à 5 500 €. Elle reconnaît un peu de nervosité au début, pensait qu'elle allait "perdre sur la première main !" Mais les dieux du poker sont intervenus en sa faveur : après ce premier tapis non payé avec une paire de 10, elle remet le couvert sur la main suivante et double grâce à deux Dames, pour passer en tête. "À partir de là, je me suis dit que j'allais jouer tranquille," se rappelle-t-elle. Et c'est ce qu'elle a fait, ne surjouant donc pas et prenant sa chance aux bons moments, jusqu'à un final en apothéose où tout s'est dénoué en l'espace de quatre mains. La majeure partie de la récompense est passée dans son apport en vue d'un achat immobilier... et dans quelques petits caprices. "J'adore les sacs, les vêtements..., confesse-t-elle. Mais à côté de l'apport, je n'ai pas d'autres projets en tête." Le reste est donc resté bien au chaud dans sa bankroll.

Comme tant d'autres, Ainhoa se déclare fan de notre pro Adrián Mateos, précisant si besoin était qu'elle a vu "pratiquement toutes ses vidéos". Elle est consciente que pour obtenir régulièrement de bons résultats, il faut obligatoirement travailler son jeu. Ce qui ne la dérange absolument pas. "J'aime étudier et ce qui est génial en plus, c'est qu'il y a énormément de contenu sur Internet. Je pense qu'aujourd'hui, quelqu'un qui voudrait commencer de zéro aurait plus de facilité à le faire qu'il y a plusieurs années." Si elle ne fait partie d'aucune équipe et ne compte sur aucun coach personnel, Ainhoita n'écarte aucune possibilité pour le futur. "J'ai mon emploi à côté mais si une opportunité se présente, je verrai".

"Je ne joue que sur Winamax"

Il y a peu, Ainhoa a ajouté à sa collection de vidéos préférées celles réalisées par une autre de nos W rouges, Leo Margets. Elle se rappelle d'ailleurs que ce sont des connaissances à elle qui lui ont parlé pour la première fois de la championne catalane, ainsi que d'Ana Márquez. "Des amis m'ont demandé 'Pourquoi tu ne suis pas des filles ?' J'ai répondu OK, allons voir !, s'amuse-t-elle. Le poker est un jeu majoritairement représenté par des hommes mais ça n'a pas vocation a être ainsi pour toujours."

Alors qu'elle continue de jouer les petites et moyennes limites "de 5 à 20 €", Ainhoita rêve de pouvoir franchir le pas vers les high stakes. Elle sait cependant que la gestion de bankroll est primordiale malgré le fait que "quand [elle] gagne, ça [lui] donne des idées". Joueuse "relativement récente" sur nos tables après avoir débuté chez la conccurrence, elle fait désormais partie des converties. "Je ne joue qu'ici et j'adore tout ! Je ne sais pas si c'est parce que je gagne autant mais je suis aux anges." Elle s'empresse d'ailleurs pour conclure de vanter notre offre de tournois 6-max, beaucoup plus plaisants que le reste selon elle. Au plaisir de t'y croiser de nouveau Ainhoita !

Les pages à suivre :

t @Winamax


in @Winamax


f Winamax


wtv Winamax TV


wtv Wam-Poker


David S.

Je pensais que mon truc était le journalisme, pas le poker. Mais finalement, j'ai choisi le poker et j'ai fini par faire les deux.

Suivez David S. sur TwitterSuivez David S. sur Instagram