This is the end

Par dans


Fin de l'année, c'est l'heure de dresser le bilan et de prendre de bonnes résolutions. Elles ne tiendront guère plus d'un mois on le sait mais que ce soit par tradition ou pur utopisme on s'y colle presque toujours. Arrêter de tilt, refaire du sport de manière régulière, et blablabla et blablabla ... dream on.

Je vais éviter de brasser du vent en parlant des choses que je ne vais pas faire et me cantonner à ce que je sais, à du concret, à savoir ce qu'il s'est passé en 2008 pour moi.

Pour ce qui est du poker online, je n'ai pas de résultats précis du fait du crash d'un disque dur qui à amputé une grande partie de ma base de donnée (note pour plus tard: éviter de taper son laptop quand on perd un gros coup).

Je peux tout de même dire sans me tromper que « décevante » est le seul mot qui convient vraiment.

Il faut dire qu'après une année 2007 de folie qui m'a vu passer de la NL 400 à la NL 5000 fin Décembre et  signer un contrat au sein de la team Winamax en Septembre, les attentes pour 2008 étaient forcément du domaine de l'irréalisable (je ne m'en rend bien évidement compte qu'à postériori).

J'entamais pourtant de la plus belle des manières avec deux mois extraordinaires en 25/50. A ce moment là je domine totalement les tables, notamment en Head's up et forcement je me sens invincible, je plane totalement et la chute n'en sera que plus lourde. Je m'aventure en 50/100 (NL 10 000), la plus haute limite sur le site, c'est la dernière marche, l'ultime étape. Arriver à s'installer sur ces tables auraient été une sorte de consécration en tant que joueur de cash game et surtout la quasi assurance d'être tranquille à condition de ne pas faire le con. En effet, si on se retrouve joueur gagnant sur les plus grosses tables et qu'on a une bankroll suffisante pour y supporter la variance, on n'a plus de risque de se retrouver broke.

Hélas ça ne passe pas, je vais m'y casser les dents pendant un mois complet avant d'abdiquer. J'ai le sentiment d'être dans un gros badrun mais il est également clair que je ne joue pas à mon meilleur niveau et je tilt beaucoup.

Le fait de ne pas jouer dans de bonnes conditions même si ça n'est en aucun cas une bonne excuse n'arrange certainement pas les choses. On vient d'emménager à Londres, lit et bureau n'ont pas encore été livrés, je joue assis ou allongé à même le sol avec le laptop sur les genoux …

Je me retrouve à bluffer avec hauteur 9 pour un pot de $60 000 et suis payé par top pair (oups), les sommes sont affolantes à ce niveau là.

Une chose est certaine, je n'ai pas le vertige, mais je n'ai pas non plus des moyens illimités et je met donc fin à la séance de chute libre.

Retour donc en 10/20 où je suis encore largement overrollé. Il y a cependant un gros problème, la 50/100 a sapé mon moral. Ajouter à ça le fait que je ne peux m'empêcher de penser qu'il va me falloir plusieurs mois pour retrouver le pic de ma bankroll ce qui me fait mal jouer (perte de patience), sans oublier également que le niveau général a considérablement augmenté, on arrive à un résultat sans appel: deuxième mois en négatif à la suite, ça ne m'était jamais arrivé.

En fait je crois même que je n'avais eut qu'un seul mois perdant en trois ans et demi avant ça.

Fin de l'hémorragie en Mai avec un mois à six chiffres, ça fait zizir. Il fallait au moins ça pour reprendre confiance.

Juin sera positif mais je ne joue quasiment pas du fait des WSOP, donc rien de transcendant.

Même score en Juillet qu'en Mai, là on recommence à se sentir bien, surtout que je réalise mon meilleur mois en Septembre en ce qui concerne la 10/20. Çà fait plaisir de ressentir à nouveau un gros edge face aux régulars de la limite, ce qui ne m'empêchera pas de finir négatif, nouveau shot en 50/100 oblige. Pas vraiment de regrets au niveau de mon jeu cette fois, je ne pouvais simplement pas gagner.

Même topo en Octobre et c'est retour à la case départ, le moral est au plus bas. J'ai l'impression d'avoir joué dix mois pour rien et que je n'arriverais plus à gagner. J'imagine que tout joueur professionnel de poker connait des périodes comme celle là à un moment donné et c'est certainement la partie la plus difficile à maitriser. Il faut encaisser, prendre sur soi (l'entourage n'a pas à supporter nos sautes d'humeur, ils n'y sont pour rien si on perd), puis se remettre en question pour se relever, encore plus fort qu'avant …

Ainsi, Octobre fut un mois de convalescence puis je fini l'année en boulet de canon avec un bon Novembre et un excellent Décembre.

Le moral est revenu au beau fixe et je me sens paré pour 2009. J'ai réalisé que mon principal problème au cours de cette année à été surtout relatif à tous les détails qui entourent le jeu et non pas à ma façon de jouer en elle même. Le niveau est maintenant tellement relevé que je n'ai plus le droit de jouer lorsque je ne suis pas à 100%. Je ne compte pas les fois où j'ai lancé des sessions en étant exténué de retour de voyage et manquant de sommeil, voire même à moitié éméché en revenant de soirée.

Arrivé à Décembre, l'addition est sacrément salée et la leçon enregistrée (j'espère :p).

Je discutais de ça il y a quelques jours avec mon pote Sly qui est également joueur pros (il sévit sur les 2/4 et 3/6 de wina). Il me demandait si au final mon contrat de sponsoring était profitable ou pas.

La question méritait réflexion. Je n'ai pas fait de résultat en tournois, en observant 2008 à la loupe comme je viens de le faire il est clair que cela m'a été préjudiciable sur un plan financier. J'étais très loin d'imaginer qu'il serait aussi difficile de concilier les deux.

J'aurais clairement fait une bien meilleure année si j'étais resté à grinder derrière mes deux écrans 24 pouces dans ma chambre Londonienne. Rythme de vie pépère, conditions physiques et mentales idéales, nul doute que les résultats auraient suivit.

Et pourtant pas une seconde je ne regrette d'avoir signé. J'ai toujours répété que ma seule ambition dans la vie était d'être heureux et à ce niveau là, faire partie de la team W est de loin la meilleure chose qui me soit arrivé. J'ai l'impression d'avoir vécus cinq année d'expérience en une seule. Bien sur, le rythme est fou, je ne sais pas combien de temps je le tiendrais mais une chose est sure, je veux  savourer chaque minute.

Jamais je n'aurais imaginé voir autant de choses à 25 ans. Bien sur une bonne partie du monde dans lequel on est baigné est fait de superflu mais la plupart des gens que j'y ai rencontré ne le sont pas. Je tiens à leur dire merci pour les moments passés et ceux à venir (ils se reconnaîtront).

Alors oui, on passe par des périodes de craquage nerveux, de doute etc et notre nature d'éternels insatisfaits nous amène bien souvent à nous plaindre, mais là j'fais le bilan et bah … bah j'autorise toute personne qui me surprendrait en flagrant délit de pleureuse à me foutre une grosse tarte pour me remettre les idées en place. Tellement de gens aimeraient être à ma place ...

Je garde mes complaintes pour le jour où on me réveillera en m'expliquant que tout ceci n'était qu'un rêve.

Sur ce, je vous souhaite à tous mes meilleurs vœux pour cette année 2009, et long live the team!