[Blog] Un Vegas pas comme les autres

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

Pierre Calamusa Blog

Beaucoup de choses ont changé ces derniers temps dans ma carrière de joueur de poker. Étant issu du online, j'avais toujours pensé que la technique pure était l'unique composante pour perfer, tant sur la toile qu'en live. Pourtant, après quatre années passées à grinder le circuit live, je me suis rendu compte que d'autres facteurs tout aussi importants rentrent en ligne de compte pour arriver à être performant. C'est d'autant plus vrai à Vegas, pendant les WSOP.

Après la PCA, j'ai commencé par changer de fond en comble ma préparation pour les gros tournois live. J'étais arrivé aux Bahamas sans aucune préparation physique ni mentale, ce qui avait conduit à une prestation catastrophique sur le Main Event. Certes, j’ai terminé 25e, mais j'avais une occasion en or d'atteindre la finale. À force de répéter les erreurs, arrive un moment où elles deviennent des choix. J'ai donc investi énormément de moyens pour aborder cet été à Vegas de la meilleure des manières.

Construire la Dream Team

Pierre Calamusa Logos

Plus t'en mets, plus t'en as.

La première chose a été de soigneusement choisir les personnes avec lesquelles j'allais passer mes six semaines de WSOP. Tout naturellement, j'ai contacté Tony Miles, joueur et personne que j'admire tout particulièrement et qui excelle dans le domaine sportif. Il allait pouvoir m'apporter cette routine absolument cruciale pour arriver à rester performant sur une période aussi longue. Il sait où et comment s'entraîner, comment s'alimenter et comment organiser ses journées pour dérouler sur des tournois aussi longs que le Main Event. Pour compléter l'équipe, nous avons intégré Quinn, son meilleur ami qui est préparateur physique, et Victor Choupeaux, un de mes meilleurs amis sur le circuit.... Lire la suite

[Blog] An American Story (Part 4)

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

Résumé des épisodes précédents : à la fois impressionné et ému par un joueur américain rencontré lors d’un tournoi au Planet Hollywood, Pierre Calamusa décide de le coacher, et de financer sa participation au Main Event des WSOP 2018. Bonne pioche, très bonne pioche : un mois plus tard, après sept jours d’efforts et d'émotions intenses, Tony Miles est en finale du plus gros tournoi du monde. Après deux jours de combat supplémentaires, il ne reste plus que trois joueurs dans la course. Aussi excité que son poulain, Pierre est aux premières loges pour la partie de poker la plus regardée de la planète...

An American Story - Part 4
L’élimination de Nicolas Manion en quatrième place sonnait le glas de la neuvième journée de ce Main Event des WSOP 2018. On est comme dans un rêve : Tony est large chip-leader, il possède 60% des jetons avec seulement deux adversaires entre lui et le titre suprême. Les paliers de gains sont gigantesques : 3,75 millions de dollars pour celui qui terminera troisième, 5 millions pour le runner-up, et 8,8 millions pour le vainqueur. Gérer un moment aussi rare et hors du commun est extrêmement difficile. La pression est impossible à quantifier. La pression médiatique, d’abord, tant les sollicitations sont nombreuses. Tony est submergé par les demandes des fans sur les réseaux sociaux. Les interview request se multiplient. Deux heures à répondre aux médias en fin de journée, rien que pour le Day 9. En tant que coach de Tony, ma problématique numéro 1 est qu’il puisse évacuer tout le stress et la tension accumulés au cours de la journée. Mon conseil est simple : prendre une bonne nuit de sommeil, et se garder du temps pour soi le lendemain. La dixième et dernière journée du Main Event débute à 17h30 et notre programme est... Lire la suite

[Blog] An American Story (Part 3)

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

An American Story - Part 3

Résumé des épisodes précédents : au hasard d’un tournoi au Planet Hollywood, à quelques semaines du lancement du Main Event des WSOP, Pierre Calamusa croise la route de Tony Miles, joueur Américain inconnu en qui il trouve une énorme force de caractère, et décide de le coacher pour le plus beau tournoi du monde. Tout se passe comme dans un rêve et, après sept jours d’effort, Tony s’assure une place parmi les neuf finalistes en même temps qu’un gain minimum d’un million de dollars…

Day 7 et 8 - Petit à petit, l'oiseau fait son nid

Il est environ 23 heures. Nicolas Manion relance UTG, Antoine Labat flat UTG+1 et Yueqi Zhu shove ses 40 blindes en milieu de parole. Un vent d'excitation parcourt l’Amazon Room lorsque Manion engage son tapis à son tour, payé par Antoine ! La désormais cultissime confrontation AA contre KK contre KK clôt ce Day 7. Le premier objectif est atteint : Tony Miles va participer à la table finale du plus grand tournoi du monde.

Le public est en feu, le bruit à la limite du supportable. Tous les joueurs rejoignent leurs clans respectifs, qui parfois même fusionnent dans un joyeux bordel. L'euphorie est palpable, chacun savoure le chemin accompli. Après avoir chaleureusement embrassé chacun des membres de notre rail, et en particulier la famille de Tony, je m'éclipse rapidement. Pour moi, la fin de Day n'est pas synonyme de fin de journée. Elle ne fait même que commencer. De son côté, est indispensable que Tony puisse se reposer et profiter d'une nuit de sommeil le plus réparateur possible.

Tony Miles - Pierre Calamusa

Une dernière embrassade avan de repartir bosser.

Ma nuit est courte. D'un point de vue technique, je dois mettre en place toute la stratégie de la table finale et tous les... Lire la suite

[Blog] An American Story (Part 2)

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

Blog VietF0u

Cette année, j'ai expérimenté une nouvelle stratégie : acheter de très petits pourcentages d'actions sur le Main Event chez énormément de joueurs. Au total, j'ai pris de l'action à une quinzaine de joueurs et un seul, Tony Miles, réussit à se qualifier pour le Day 3, avec un stack très correct de 383 000 jetons, soit plus de 190 blindes. Ce fut une journée clé.

Très vite, son stack gonfle à un million, après avoir géré la bulle en patron. À ce moment-là il y a encore tellement de joueurs en course que je ne vais le voir qu'aux pauses de mes tournois, et aucun coaching digne de ce nom n'est mis en place. Entre les Day 3 et 6, tout semble se passer comme dans un rêve. Tony se paie même le luxe d’éliminer Davidi avec deux As contre une paire de 10. Au soir du Day 4, il dispose d'un tapis de 2,3 millions (115 BB), en fin de Day 5, de 5,6 millions (93 BB), puis de 15 millions (62 BB) avant d'aborder le Day 7. Il ne reste alors plus que 26 joueurs en course.

ICM, gros tapis et barre de fer

Pierre Calamusa - Tony Miles Coaching

Pour avoir beaucoup discuté avec lui, je sais que Tony est un joueur de cash game et qu'il va absolument falloir le briefer sur les questions d’ICM. Décision est prise de se retrouver le lendemain matin chez lui, pour discuter stratégie et préparer au mieux ce Day 7. Je pars de la villa Winamax sur les coups de 10 heures du matin, pour arriver dans un quartier résidentiel qui ne fait pas vraiment rêver, où sont alignées des maisons petites et à l'allure vieillotte. Je commence vraiment à capter qu'il ne roule pas sur l'or.

Tony m'attend sous le porche. Je suis surpris de voir que ses parents ont fait le déplacement, ainsi que Jane, sa meilleure amie, elle aussi amatrice de poker. Je laisse tout cela de... Lire la suite

[Blog] An American Story (Part 1)

Par dans Life Style il y a plus de 2 ans.

An American Story

La fin des World Series of Poker marquait pour moi la fin de ma troisième année sous les couleurs de Winamax. Sans doute une de mes années les plus riches en émotions. Elle se divise en deux phases bien distinctes. La première, placée sous le signe de la malchance; la seconde, marquée par un de ces clins d’œil du destin dont je suis familier. Retour arrière.

D'un point de vue poker, la saison 2017/2018 fut celle des occasions manquées. Deux tables finales sur des Highrollers WSOP-Circuit (dont une neuvième place au CCM), une 15e place à l'EPT Prague (suivi par les caméras de Dans la Tête d'un Pro), une 45e place sur le gigantesque Main Event à 10 000 € du partypoker MILLIONS de Barcelone, et une 13e place sur le 1500 $ 6-max des WSOP.

Mon élimination du Main Event des World Series of Poker en juillet est venue mettre un terme à une année catastrophique en termes d’espérance de gain. La première mauvaise année de ma carrière. Quand on est habitué, comme moi, à «run au-dessus de l'EV », jouer de malchance est très difficile à accepter, et j'étais très abattu de finir ma saison avec un capital positif de seulement quelques milliers d'euros, là ou Dame Chance aurait pu m'en faire gagner des centaines de milliers. Souvent, j'ai rejoué dans ma tête un coup-clé : une paire d'As craquée par une paire de Dames à Barcelone, pour un pot valant trois fois la moyenne, à 45 joueurs restants. Et souvent, j'ai maudi ces Dieux du poker qui, depuis l'EPT Monte Carlo 2016, ont cessé de venir à mon secours.

L'alignement du Planet

Dans un blog précédent, j'expliquais que j'étais né sous une bonne étoile. Au début du mois de juin, cette dernière va une fois de plus me jouer un joli tour. Je viens de faire 13e d'un tournoi... Lire la suite