[Blog] Éloge de l'échec

Par dans Général il y a 8 mois.

Blog Aladin Reskallah

Le début d'année 2020 a été pour moi synonyme d'une bonne nouvelle : la prolongation de mon contrat avec Winamax. C'est l'aboutissement de beaucoup de sacrifices, de travail et d'abnégation. J'ai donc sauté sur cette occasion pour dresser un petit bilan et mettre en lumière plusieurs facteurs qui m'ont permis de progresser au fil du temps et de devenir un meilleur joueur de poker. Cette liste est non exhaustive mais j’espère que vous pourrez en retirer de précieux conseils. Vous êtes prêts ? C'est parti.

Jouer dans de bonnes conditions

Poker Dodo

Lorsque j'ai commencé à jouer en cash game live à Montréal je me rendais au cercle de jeux directement après ma journée de travail, dans un état de fatigue assez avancé. Évidemment, je faisais des sessions trop longues et je m'assurais de rentrer très tard, parfois même presque aux aurores. Tout cela dans l’unique but d'être bien crevé au travail le lendemain et pouvoir retourner jouer encore plus fatigué dans la foulée.

À mes débuts sur Internet, j'ai bien insisté sur le fait de ne pas acheter de deuxième écran et de jouer sur un tout petit PC portable. Surtout, j’ai mis un point d’honneur à ne pas acheter de souris, pour cliquer avec le pad et m’assurer un maximum de missclicks. Je jouais même parfois allongé sur mon lit avec une souris sans fil, dans la position la moins ergonomique possible. Cerise sur le gâteau, je lançais des tournois tard le soir, toujours fatigué et toujours couché, pour me donner l'opportunité de m’endormir et de me faire déblinder en étant sit-out.

Avoir une gestion de bankroll irréprochable

Travolta

En live, c’est toute une science. J’allais d’abord jouer à des limites trop chères et avec seulement une cave ou deux en poche. Comme cela, je pouvais... Lire la suite

[Blog] Bons baisers du Cambodge

Par dans Tournois LiveLife Style il y a 9 mois.

Aladin Reskallah Blog

La vie peut parfois réserver de très belles surprises lorsque l'on saisit les opportunités qui s'offrent à nous. Si quelqu'un m'avait dit lors de mes jeunes années que je serai amené à vivre près du pôle nord pendant dix ans (bon ok j'exagère, c'était au Canada, mais vous avez déjà vécu un hiver à moins 30 degrés vous ?) je lui aurais probablement ri au nez. Si l'on m'avait dit ensuite qu'après cela j'habiterai au Cambodge, j'aurais trouvé cela tout aussi farfelu. Et pourtant... c'est bien notre jeu de cartes favori (non, pas la belote coinchée enfin, réfléchis, je parle du Texas Hold'em) qui m'a conduit dans le sud-est asiatique.

Flashback. Lorsque je décide de quitter mon travail à Montréal fin 2015/début 2016 pour me lancer dans l'aventure du poker professionnel, je réfléchis à emménager quelque part sur le globe qui me permettrait de quitter la neige, le vent et le froid polaire. Je couche sur papier une short-list de pays remplissant les critères du parfait joueur en ligne : bonne connexion internet, législation autorisant à jouer, coût de la vie raisonnable et, en bonus, température clémente avec plages à proximité.

Rapidement, une poignée de destinations sortent du lot : Brésil, Malte, Maroc, Thaïlande et... Cambodge. Je me rappelle d'ailleurs prendre contact avec un pote d'enfance du quartier pour lui demander des informations sur ce dernier pays. Ses parents avaient dû fuir le régime des khmers rouges de Pol Pot à la fin des années 70 et s'étaient réfugiés en banlieue lyonnaise. Encore aujourd’hui, je me souviens de ces parties pétanque endiablées avec un bouchon d'eau minérale en guise de cochonnet, au bas des tours de quatorze étages, en compagnie de son paternel et ses amis. Des... Lire la suite

[Blog] Le grand bouillon de culture

Par dans Général il y a plus d'un an.

Blog Aladin Reskallah
¡A por ellos!: génèse d’une expression et considérations d’ordre culturel

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être remarqué que cela fait déjà un moment que je ponctue mes messages avec l’expression ¡A por ellos!, paraphrasant ainsi Adrian Mateos, pour qui la méthode semble fonctionner à merveille.

Superstition ou coïncidence : aussitôt après l’adoption de ce mot-clé, j’ai deep-run à Monaco, avec un ITM dans le National HR et une frustrante mais encourageante 13e place sur le Main Event. La finale et les gros sous étaient à portée de main : ce résultat n’a fait qu’augmenter ma motivation, me permettant de réaliser que la grosse perf’ était quelque chose d’envisageable, de tangible, et non un rêve inaccessible.

Oui : trois petits mots répétés comme un mantra peuvent favoriser la motivation et la concentration, au même titre que d’autres routines qui aident à se mettre dans le bain de la compétition. Mais, voulant aller au-delà de ce qui était au départ une simple blague, j’ai voulu creuser un peu et en comprendre le sens. Grâce à Leo Margets, je me suis rendu compte que ces mots étaient ancrés dans la culture espagnole. ¡A por ellos! On peut traduire cela par « Let’s go get them! » en anglais, ou « Allons se les faire ! » en français.
 

L’expression fut popularisée (ou plutôt remise au goût du jour) durant les années 2000, lors des épopées espagnoles à l’Euro et la Coupe du Monde de football. Mais il faut savoir qu’elle est clivante : certains lui trouvent une connotation violente. On a pu par exemple l’entendre dans les manifestations qui ont émaillé l’histoire récente de l’Espagne. On peut donc dire qu’utiliser cette expression nous fait plonger au cœur du pays de... Lire la suite

[Blog] To be or not to be (a pro)

Par dans GénéralLife Style il y a plus d'un an.

Aladin Reskallah Blog

Depuis ma réintégration dans le team Winamax, je reçois beaucoup de sollicitations sur les réseaux sociaux de joueurs qui souhaiteraient devenir professionnels ou, pour commencer, devenir gagnants. Certaines demandes tiennent en une ou deux phrases - "Comment je fais pour gagner au poker ? Juste un conseil simple, que je peux appliquer maintenant tout de suite." - tandis que d’autres démarches sont plus élaborées mais ne témoignent pas d’une volonté de fournir les efforts nécessaires pour y parvenir.

Tout cela suscite chez moi pas mal de questions, dont une qui englobe toutes les autres : dois-je réellement, en mon âme et conscience, encourager des gens à essayer de devenir pro ? La réponse va bien plus loin qu'un simple "oui" ou "non". À l'heure où fleurissent les formations et coachings en tous genres, mais aussi où le niveau général n'a jamais été aussi élevé, est-il encore possible pour un néophyte passionné d'atteindre le Graal et de réussir à vivre de sa passion ? Est-il possible de suivre à la lettre les recommandations d'un mentor, existe-t-il une recette toute faite vers le succès, ou doit-on vivre sa propre expérience ?

Apprendre de ses erreurs

J'ai appris le poker à la dure. Mon cheminement s'est fait dans la douleur. Tout a pourtant débuté sur un run good : j’ai remporté le tout premier tournoi que j’ai joué, et j’ai monté assez vite plusieurs milliers de dollars en cash game. J’avais des étoiles dans les yeux et j’ai fait des plans sur la comète en un temps record. Un départ en fanfare que connut aussi mon meilleur pote Yassine, avec qui j'ai commencé à jouer. Après avoir déposé 200 $ sur Internet, il prit place sur une NL600, gagna un pot à 1 000 $ et retira tout immédiatement.... Lire la suite

[Blog] Alad'2, le retour

Par dans Général il y a plus d'un an.

Alad'2 Blog

Janvier 2018. Mon contrat Top Shark arrive à sa fin et j'apprends qu'il ne va pas être renouvelé. Je ne me faisais que peu d'illusions à ce sujet, puisque l’on m'avait bien spécifié dès le début que, avec l’ouverture sur le marché européen et la volonté de sponsoriser des joueurs espagnols, italiens et portugais, cela s’annonçait compliqué pour moi. Je gardais quand même au fond de moi un petit espoir. J'avais vraiment envie de continuer à faire partie de cette équipe, de parcourir le circuit et d'être au contact de tous ces excellents joueurs. D'autant qu'Adrián et Mustapha avaient fait leur entrée dans le Team quelques mois seulement avant mon départ, redonnant en même temps un nouveau coup de fouet à nos conversations techniques.

La déception était palpable. Les jours suivants, et même si je m’y attendais, le vide commença à installer : j’accusais un petit coup de moins bien. Moins de déplacements live, moins de soirées, terminées les sessions Twitch, envolées les sollicitations sur les réseaux sociaux… La sentence était tombée : j'allais me retrouver seul devant mon ordinateur à grind des tournois à 20 balles alors que, il n'y avait de cela pas si longtemps, je jouais le Main Event des WSOP et les festivals EPT.

Comme lorsque j'ai bust de La Maison du Bluff aux portes de la table finale - même si la déception d’alors était loin d’être aussi importante -, je décidai de ne pas me laisser abattre et de me servir de cet échec pour revenir encore plus fort et plus déterminé. D’où l’idée de mettre en place de nouvelles résolutions.

Aladin Reskallah

Résolution n°1 : une attitude irréprochable

Je repensais à cette année passée au sein du Team et j'essayais de trouver la constante chez tous les bons joueurs que cette... Lire la suite

[Blog] L'ego, un ami qui nous veut du mal

Par dans Général il y a plus de 2 ans.

AladinReskallah
J’ai toujours trouvé étonnant qu’il soit si difficile pour beaucoup de joueurs de poker de reconnaître qu’un adversaire puisse être meilleur qu’eux. Que celui qui ne s'est jamais fait traiter de fish à une table de poker me jette la première pierre ! Pourtant, dans d’autres disciplines comme les échecs ou l’athlétisme, par exemple, ce genre d'aveu semble poser moins de soucis. C’est peut-être parce qu’avec de l’argent impliqué, il est plus délicat d’avouer son infériorité par peur de passer pour le pigeon de la table ? Peut-être aussi que la part de hasard inhérente au poker empêche de distinguer le niveau réel des joueurs ? Ou est-ce tout simplement un refus inconscient de se sentir moins bon que l’autre ?

Déjà, que signifie exactement être le meilleur ? Parle-t-on de tournois ou de cash-game ? S’agit-il de celui qui maîtrise le mieux le jeu GTO ou au contraire de celui qui exploite le mieux ses adversaires ? À moins peut-être qu’on se place simplement du côté des gains purs, ou du plus gros one-time ? De mon point de vue, toutes ces nuances rendent la question floue et prouvent qu’elle n’est pas forcément pertinente, car pas si cruciale dans le fond. C’est sur cette idée que je voudrais m'attarder.

J’ai plongé de plain-pied dans le poker principalement à cause de son aspect compétitif. Lorsque j’ai mis un terme à ma carrière sportive (qui fût, soit dit en passant, largement moins brillante que celle dont je rêvais en regardant les Jeux Olympiques de Barcelone à la télévision), je me suis retrouvé orphelin de l’adrénaline que procure une compétition importante et l’entraînement qui l’entoure.

En effet, je suis véritablement habité par l’envie de gagner, et j’exècre donc la défaite. Je fais partie de cette... Lire la suite

[Blog] Donne-moi ton range, je te dirai qui tu es

Par dans Analyse de mainsCash Game Live il y a plus de 3 ans.

Aladin Reskallah
Les tells, c’est bien mais…avec modération !

Je prends mon petit déjeuner au soleil la veille de m’envoler pour Macao et les crépitements des baffles de la chaîne hi-fi du salon font parvenir à mes oreilles le son monotone d’une émission de France Inter. Sauf que rapidement, entre deux tartines, le sujet m’interpelle. Peut-être tout d’abord car l’invité du jour se prénomme Marwan, comme mon acolyte de la Team4betlight, prénom somme toute assez rare pour attirer mon attention, mais aussi car le sujet semble intéressant. Il s’agit de l’émission Grand bien vous fasse ! dont le sujet du jour est « Peut-on vraiment décoder le langage corporel ?», disponible en podcast pour les curieux désireux de réécouter l’émission.

L’invité en question est en fait Marwan Méry, négociateur spécialisé dans les situations complexes et entre autres auteur d’un ouvrage intitulé Vous mentez. Il est expert dans l’interprétation du langage corporel et de toutes les formes de communication non-verbale.

Vous avez deviné que mon oreille prête donc une attention particulière et les connexions entre les neurones de mon cerveau qui gèrent le poker s’effectuent assez naturellement. La discussion suscite chez moi une question à laquelle la plupart des joueurs de live aimeraient avoir la réponse lorsqu’ils s’assoient à une table en vue d’y recevoir des cartes et de manier des jetons : comment interpréter le comportement des adversaires pour en tirer des conclusions, et ainsi savoir s’ils ont en main un jeu fort ou au contraire s’ils bluffent ?

J’avais d’ailleurs à ce sujet lu l’ouvrage « référence » en la matière, Read’em and Reap de Joe Navaro, ancien agent du FBI et spécialiste lui aussi en détection des mensonges, duquel je... Lire la suite

[Blog] Les mois d'avant

Par dans Général il y a plus de 3 ans.

2015. Montréal, Canada

J'ai une vie « rangée ». Je suis marié, je travaille comme cadre dans une institution financière, j'ai un salaire correct, de bonnes conditions et j'ai même pu m'acheter la voiture de mes rêves, une Mercedes Classe C240 4Matic (quatre roues motrices, c'est un must pour se sortir de la neige). Mais le poker prend de plus en plus de place. J'y passe la plupart de mon temps libre. Vu que je travaille à plein temps, cela ne me laisse plus beaucoup de temps à consacrer à autre chose, ce qui a le don d'exaspérer ma femme. L'ultimatum finit par tomber : « C'est le poker ou moi ! » Ce fut donc un choix cornélien.

Allais-je jouer en cash-game ou en tournoi ?

Septembre 2015

L'hiver commence à approcher, autant vous dire que je commence à paniquer... Attends, t'es marrant toi, tu sais ce que c'est de se taper six mois de Pôle Nord à moins 20 degrés ? C'est décidé : je me casse avant l'hiver, je n'ai pas envie de finir cryogénisé. Je rédige ma lettre de démission et je prends sur le champ un aller simple Montréal-Lyon. Je retourne chez maman ! J'ai quelques économies, histoire de tenir quelques mois. Je veux en profiter pour voyager un peu et essayer de faire marcher le poker pour de bon. Au pire, j'aurais pris une année sabbatique, je peux toujours retourner bosser derrière. Je vends tous mes meubles et je confie la voiture à mon pote Yassine. Après tout, je ne risque rien, il est très prudent sur la route. En plus, il m'a déjà donné une voiture dans le passé, et m'a rendu d'innombrables services, ça me fait plaisir de lui renvoyer l'ascenseur…

Un peu plus tard, il me fera parvenir les deux photos ci-dessous, sans explication…

Voiture

RIP Merco Benz Benz Benz, aurait dit Kool Shen. Bah tant pis, c'est... Lire la suite