[Blog] Macao Royale

Par dans Life StyleCash Game Live il y a 14 jours.

Davidi Kitai Blog Team Winamax Macao Royale
Je me réveille, je suis à Macao, tour du Wynn Palace, 42e étage. J'entrouvre les stores, cent mètres plus bas la capitale asiatique du jeu s'étale devant moi. Il fait beau, même si comme d'habitude l'archipel est enveloppé de brume. Aujourd’hui : day off, car demain je joue le Main Event à 10 000 $ de l'Asian Pacific Poker Tour et j'ai envie d'arriver en forme. Mon programme du jour ? Rien ! Enfin, pas de poker en tout cas. Cela fait déjà plusieurs fois que le calendrier des tournois m'emmène à Macao, et à chaque fois c'est un vrai choc, toujours renouvelé.

On compare souvent Macao à Las Vegas. C'est vrai qu'il y a de loin quelques ressemblances évidentes, notamment esthétiques, mais tous les connaisseurs vous le diront : les deux n'ont rien à voir. Ici la fièvre du jeu est encore plus intense, les divertissements "adultes" qui font la notoriété de Vegas se font plus discrets, les bars, clubs et salles de spectacles sont peu nombreux et moins fréquentés : on vient à Macao pour jouer, et pas grand-chose d'autre. Les floors des casinos sont cinq fois plus étendus que ceux de Vegas, et à chaque table on gamble avec sérieux et application, de façon monomaniaque, religieusement pourrait-on dire. Cela en est presque flippant ! Mais les vieux quartiers de la ville, ses églises et bâtiments coloniaux, son dédale de ruelles où planent encore l'influence portugaise du XVIe siècle donnent à Macao ce supplément d'âme qui manque souvent à Las Vegas, parc d'attractions en carton-pâte ayant subitement poussé dans le désert au milieu du siècle dernier.

Je vais déjeuner avec Jimmy Guerrero, qui est ici chez lui ou presque. Il connaît les cash-games de Macao et leur faune comme sa poche. Entre deux raviolis, il me parle d’une partie de No-Limit... Lire la suite

Destination Terrou-Bi

Par dans Life StyleCash Game Live il y a plus de 7 ans.

Bienvenue au paradis.

Tout comme la faune sous marine, les parties juteuses se font de plus en plus rares. Je dois m'éloigner loin des côtes parisiennes pour trouver de nouveaux endroits sauvages, là où l'écosystème n'a pas encore été attaqué par les hordes de professionnels scandinaves ou américains.

Je vous écris de l'Aviation Club de France, ma cardroom de prédilection. J'y joue une partie de Limit mixed games 80€/160€, quelque chose de routinier où la victoire comme la défaite ne change rien. Je perds un peu mon temps. Néanmoins, je prends encore du plaisir à jouer avec les gars du Limit, des gens généralement plus intéressants que la moyenne des joueurs de cash live. Et je repense aux dix jours que je viens de passer.

On me laisse savoir qu'une belle partie est organisée au Sénégal, au casino-resort le Terrou Bi, à Dakar. Je délaisse donc les stressants cash games parisiens pour tenter ma chance sur les terres africaines. A peine arrivé a l'aéroport, un émissaire du casino m'attend devant la sortie de l'avion avec une photo de ma tête à la main. Grâce à lui, je passe la douane en trois minutes alors qu'une queue ne finissant pas m'attendait.

Je joue au poker une heure plus tard dans la partie la plus agréable que j'ai pu jouer depuis une décennie peut être, et ce fut ainsi tous les jours. Je me suis goinfré de langoustes grillées et d'oursins fraîchement péchés le matin. Et ceci tous les jours de  la semaine tout en jouant au poker.

Entre chaque session (oui, les parties durent 90 minutes, et les joueurs peuvent se décaver : ça joue donc short, mais ça flambe bien alors on ne va pas se plaindre), je vais piquer une tête dans la mer à trois minutes de la table de poker.... Lire la suite

Action à l'Aviation

Par dans Life StyleCash Game Live il y a plus de 8 ans.


Une fois de retour de Vegas, mon downswing s'est terminé et j'ai enchainé les mois gagnants. Il faut dire que l'action « high-stakes » est de retour à Paris : David Benyamine, Romain Arnaud, Rui Cao, Basil Yaiche, Idris Ambraise et d'autres ont bataillé avec moi sur les tables de l'Aviation Club de France (25€/50€, 50€/100€, ou 100€/200€, toutes en Pot-Limit Omaha).

D'autres joueurs moins aguerris techniquement se sont joints aux enflammées parties parisiennes.

Jusqu'à mi-décembre, tout se passait bien. D'ailleurs je n’écris pas trop quand ça va bien. Surement trop occupé à jouer. Je grindais tranquillement, rebuildant comme je pouvais ma bankroll ébranlée par mon downswing cru 2011 (moins 1,2 million d'euros).

A peu près positif de 300 000€, je me sentais invincible, je commençais à retrouver mon swing. Et oui, il ne faut pas jouer les riches quand on n'a pas le sou... Je veux dire par là que j’étais un peu scared money et que je refusais certains spots un peu risqués mais malgré tout rentable.

Je décide donc de prendre quelques jours de vacances au ski : direction Val d’Isère ! Aucun endroit au monde ne m'apporte autant de repos que la montagne, et je savais que j'avais besoin de souffler un peu. Quand je commence à rentrer dans la danse des cash games, je peux jouer 15 heures par jour 31 jours par mois. J'ai de la résistance mais je saturais un peu.

Nous sommes le 23 décembre. Anticipant les bouchons parisiens du soir, je décide de réserver le train de 7h39 du mat', histoire d'être sûr de ne pas le rater. Le réveil sonne a 6h10 : je me lève comme une fleur et il ne reste plus qu'à passer un coup de fil à mon pote censé m'accompagner. Bref, je vais vous la faire courte...... Lire la suite

Dans la peau d'Antony Lellouche

Par dans GénéralTournois LiveLife Style il y a plus de 9 ans.


« Les joueurs veulent des émotions fortes. L'incertitude est nécessaire à leur volupté. Ils n'auraient plus de plaisir s'ils jouaient à coup sûr. » Anatole France.


Elle est peut-être là, l'explication. Lorsque vous demandez à un joueur pourquoi il choisit de monter à une limite supérieure plutôt que de rester sur celle qu'il bat aisément, il vous répondra à coup sûr : « Pour progresser. » Et puis il marquera un temps d'arrêt, se rendant compte que c'est avant tout un combat et de l'adrénaline qu'il va chercher. Pour ceux disputant les plus grosses parties, la question n'est pas la même. Parti avec quelques centaines de francs en poche il y a une dizaine d'années, Antony Lellouche écume désormais les plus importantes parties mondiales. Et il l'assure : « Lorsque je joue un pot de 150,000€, le cardiogramme passe de 65 à 69, pas plus. » Afin de comprendre le détachement des plus grands joueurs face à de tels enjeux financiers, je vous propose de vous immerger dans le quotidien d'Antony Lellouche, joueur professionnel du Team Winamax.

Dimanche 3 Octobre. Au beau milieu de l'EPT Londres, mon téléphone sonne. A l'autre bout du fil, Antony Lellouche. « Tu pourrais me rendre un service ? Il te suffit d'aller voir Tommy Vedes, il te remettra quelque chose pour moi. » Je m'exécute et retrouve le joueur pro américain. « Je viens de la part d'Antony Lellouche. » A peine ai-je le temps de terminer ma phrase que Tommy sort un jeton bleu, rouge et blanc. Sa valeur y est inscrite : « 5,000$ ». Sa provenance : le Bellagio. Il me le remet, sans poser la moindre question supplémentaire. Je reprends contact avec Antony. « Les œufs sont dans le panier, je répète, les œufs sont... Lire la suite

Oops! I did it again...

Par dans Général il y a plus de 11 ans.



Grind  . . . . . . . .  TILT  . . . . . . . . . . . .  Grind



Je me confesse : j'ai tilté !


Un bon gros tilt, comme au bon vieux temps... En fait même plus exactement deux tilts. Le premier début novembre, le deuxième à Namur dix jours plus tard.


Les deux fois le même scénario : j'ai joué la nuit en rentrant très tard. Crevé et avec l'envie de jouer, mais pas vraiment l'envie de gagner...


Les deux fois, il n'y avait quasiment personne sur Winamax, alors je suis allé jouer les meilleurs. En jouant mon Z-game... et ce qui est sur, c'est que mon Z-game envoie du lourd...


Bref je ne vous dirai pas combien j'ai perdu sur ces deux sessions. Je ne tiens pas à ce que mon banquier soit foudroyé par une crise cardiaque, ni moi à la relecture d'ailleurs. La bonne nouvelle c'est qu'en terme de buy-ins perdus en une journée je suis encore loin de mon record de 35. Oui j'étais encore plus sick avant, il y a longtemps... Mais ce mois-ci avec un petit -18 et -10 en deux fois j'avoue je suis déjà bien calmé.


J'ai l'impression d'être comme tous nos sportifs français, capable du meilleur comme du pire. Et malheureusement au poker on perd beaucoup plus vite en jouant très mal qu'on ne gagne en jouant très bien...

Cela dit le bilan des trois derniers mois reste très bon malgré tout, et je suis plus optimiste et motivé que jamais. Ca faisait un moment que je n'avais pas ressorti le Z-game du placard. Et je sens qu'il va y rester enfermé un bon moment.


Je suis lent à comprendre, mais je finirai par y arriver :

Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter

High Stakes Paname

Par dans Général il y a plus de 11 ans.

J’avais pensé écrire un article détaillant la préparation physique et mentale qui précède les tournois et cash-games à enchères élevées… Mais le truc, c’est qu’à part m’abstenir de faire la fête la veille, et manger léger le Jour J, je n’observe aucun rituel ni règle particulière.

Le sport ? Mis à part quelques sets de tennis où je me fais laminer, aussi bien techniquement que financièrement (35,000 dollars rien que pour 2008), rien à signaler. J’ai ce petit problème de toujours tout repousser au lendemain…

Un seul truc me semble essentiel : prendre une douche glaciale avant chaque grosse partie de cash-game, pour être sûr d’être bien réveillé dès le début.

Laissons donc tomber ce brouillon d’article technique, et plongeons nous plutôt dans le monde relativement inexploré du poker « high-stakes » à la sauce parisienne...

Je n’avais que rarement eu l’occasion de dévoiler en public le parcours qui m’a mené là où j’en suis aujourd’hui : voilà qui sera désormais chose faite. Cependant, pour respecter la vie privée de certaines personnes que j’ai croisées et croise encore autour des tables aujourd’hui, vous comprendrez bien que je resterai discret sur certains chiffres et détails.

24 février 1999. Ca y est, j’ai dix-huit ans !

Arrivés à la majorité, beaucoup de jeunes gens vont prendre une cuite, ou faire la fête en famille. Pas moi. J’ai foncé directement au cercle, où l’on allait enfin me laisser rentrer. J’étais surexcité.  J’ai commencé par jouer aux plus petites tables du CIC (désormais fermé, snif) et de l’Aviation Club de France. Cave : 200 francs de l’époque. J’y allais tous les jours. Enfin, quand j’avais assez... Lire la suite