[Blog] La tête dans les étoiles (suite et fin)

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a plus de 5 ans.

Résumé du chapitre précédent : arrivé à Monaco avec autant d'espoirs que d'appréhensions, Pierre connait un départ canon sur le Main Event de la Grande Finale de l'EPT Monte Carlo. Grâce à un savant mélange de good run, de bluffs bien sentis et d'inspirations géniales, il attaque la troisième journée du tournoi (celle de l'entrée dans les places payées) en position de chipleader. Comment l'histoire va t-elle se terminer ?

Day 3 : le plan est clair

Durant tout le tournoi je n'ai jamais changé mon rituel. Réveil vers 9h30, petit déj’ copieux, puis ballade dans Monaco. J'arrive dans la Salle des Étoiles vers onze heures. Brief d'avant-coup d'envoi avec Stéphane. J'en profite pour demander des conseils à Davidi, grand habitué des deep runs sur l'EPT. La stratégie est simple : profiter de la bulle pour agresser les tapis moyens, puis ralentir la cadence une fois dans les places payées, lorsque les joueurs libérés de la pression de l'argent auront moins peur. Je tire une bonne table, où je ne reconnais qu'Erwann Pécheux, Jérémy Routier, et John Gale, un vieux de la vieille. Il hèle un serveur et paie une tournée à toute la table. La classe à l'ancienne, un gentleman old school comme on n'en fait plus. La table est facile, je passe un premier 4-bet contre Jérémy muni de As-Roi, puis vole une multitude de petits pots. Les joueurs sautent comme du pop-corn et la bulle se rapproche à vitesse grand V. Un scandi 3-bet puis 5-bet shove 10-9 dépareillés contre Jérémy Routier qui a les As. Il tombe à quinze blindes et tank trois minutes préflop toutes les mains. Je crois devenir fou et je le time dès que c'est son tour de jouer. Heureusement pour lui, la bulle éclate très vite, et il finit dans l'argent... avec... Lire la suite

[Blog] La tête dans les étoiles (chapitre 2)

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a plus de 5 ans.

Résumé du chapitre précédent : après un hiver difficile qui l'a vu perdre près de 100,000 euros, Pierre Calamusa retrouve ses coéquipiers du Team Winamax pour leur mise au vert annuelle. L'occasion de recharger les batteries avant de se diriger vers Monaco, où va bientôt commencer le plus gros tournoi Européen de l'année...

Day 1 : A Kid With A Dream

Au même titre que le Main Event des World Series of Poker et le PCA des Bahamas, jouer la grande finale de l’EPT à Monte Carlo était pour moi un rêve de gamin. Jamais je ne remercierai assez mon sponsor de me donner l’opportunité de vivre ce rêve. En amont, j’ai bien préparé ce tournoi, en limitant mes frasques nocturnes et en achetant énormément de quinoa et de lait d’amande dans des magasins bio. Je profite du Day 1A, que je ne joue pas, pour humer l’atmosphère des lieux : le field n’a pas l’air si relevé que cela. Certes, le gratin du poker mondial a fait le déplacement, mais il semble noyé dans le flot de qualifiés live et online. Les tables semblent bonnes, et je suis prêt. En rentrant me coucher, j'implore dernière fois le Dieu du Jinx de ne pas faire tomber sur moi la foudre du bad-beat. Le run pour les gentils one time please : j’ai très envie de siroter des petits cocktails à 25 euros durant tout l'été.

A l’aube du Day 1B, je me réveille en pleine forme. Le temps d'avaler un combo omega3/oeufs/courgettes/pain complet et il est déjà temps de prendre la route. Pas question d'arriver en retard. Les petits poissons qualifiés via les sats de type Expresso seront tous à l’heure, et le requin qui sommeille en moi ne raterait ce festin pour rien au monde. Je retire mon ticket au desk, rentre dans la mythique salle des Etoiles et m’installe à table. Il... Lire la suite

[Blog] En attendant Monaco

Par dans Général il y a plus de 5 ans.

Traditionnellement, les mois de mars et avril sont plutôt calmes sur la planète poker. Huit mois déjà que je suis sponsorisé et je n'ai pas vu le temps passer. Bénéficier de huit semaines plus posées tombe à point nommé. Je compte les mettre à profit d'abord pour faire un peu la fiesta à Lisbonne. Ensuite, il sera temps de rentrer en France et m'entraîner online, en faisant beaucoup de volume, et en ayant une hygiène de vie irréprochable pour aborder un tournoi mythique : l'EPT Monte-Carlo.

Premiers amours : back to the grind

Ce qui est embêtant lorsque on oscille entre live et online, c'est qu'il est très difficile d'être performant dans les deux domaines, tant ces deux formes de poker sont différentes. Nombre de mains jouées par heure, cadre de jeu (on grind souvent chez soi alors qu’on se déplace pour le live), buy-in moyen, profil des adversaires : tous ces éléments induisent une cadence de jeu différente entre live et online. Depuis huit mois ma priorité a clairement été le live, et pour ne pas m'emmêler les pinceaux j'ai peu joué online. Car les stratégies globales sont très différentes. Sur la toile, les joueurs n'ont pas peur de se faire éliminer, les structures sont plus rapides et l'on doit souvent prendre des risques. Sur les tournois à 5 000 et 10 000 euros, les dynamiques n'ont rien à voir, et appliquer les mêmes ranges qu'online serait désastreux. Cependant, je reste avant tout un joueur issu du net, et le grind me manque. Il est donc sans doute temps pour moi de renouer avec mes premiers amours.

Pour ceux qui suivent mes résultats online, je suis perdant depuis le début de mon contrat en août dernier. Contre-performance d'autant plus surprenante pour moi que j'ai la conviction d'être... Lire la suite

Ça se passe comme ça... chez Winamax

© Laurent Clément / Winamax

Depuis l'EPT Deauville, je n'ai pas vu le temps passer ! Tout va très vite lorsqu'on fait partie d'une équipe comme le Team Winamax... Après le bizutage du Winamax Poker Tour dans des destinations de rêve bien françaises telles que Saint-Etienne et Auxerre (note pour plus tard : proposer les étapes dans les DOM-TOM, je me ferais un plaisir d'y participer !), j'ai pu prendre deux semaines de vacances au ski pour me requinquer.

Retour à Malte en pleine forme et, après deux semaines de grind, je me suis lancée en avril dans un challenge cash game, qui consistait à monter une bankroll en partant de 100€. Me voilà partie pour 13 jours de grind intensif en partant de la NL5. Ce fut pour le moins éprouvant avec plus de 95 000 mains jouées et une bankroll s'élevant à 664,29€ à l'issue du challenge (si vous n'avez pas suivi le défi, vous pouvez toujours retrouver mon parcours en cliquant ici).

Mais pas le temps de souffler, à peine le challenge terminé, décollage pour Marseille direction l'EPT Monte Carlo. Pour le dépaysement, c'est réussi ! Après 13 jours à grinder les plus petites limites de Winamax, me voilà sur le point de jouer l'un des tournois les plus prestigieux du circuit. J'ai vraiment hâte de jouer ma première finale EPT et c'est avec un peu d'appréhension que je rejoins les autres joueurs dans la magnifique salle des étoiles pour participer au day 1. A cet instant, je repense à tout mon parcours, à ce que j'ai accompli ces cinq dernières années pour me retrouver aujourd'hui ici en compagnie des tout meilleurs. Et je me dis que finalement, ce n'est que le début d'une nouvelle aventure et qu'il reste tant de choses à faire.

Non loin du Main Event, la table finale du... Lire la suite

En route pour Vegas

Par dans GénéralTournois Live il y a plus de 12 ans.

J’ai écrit ce blog dans l’avion en venant à Vegas et j’ai oublié de le poster une fois arrivé. Je le mets quand même, mieux vaut tard que jamais :

J'arrive dans quelques heures à Vegas. Je suis dans l'avion avec tallisque, Mik et son fils Victor. Je suis un peu mieux installé que d'habitude d'ailleurs puisque je me suis offert quelques centimètres carrés de plus pour la dizaine d'heures à passer dans les airs.

Il y a un mois j'étais à Londres, je préparais la reprise des tournois et la fin de 3 mois de break. Enfin « break » n'est pas vraiment le mot puisque je me suis surtout consacré pendant ces 3 mois au cash game online, qui demande encore plus d'efforts et de mental pour réussir que les tournois live, du moins aux hautes limites. En tout cas je découvrais qu'il était possible d'attraper un coup de soleil à Londres et je profitais du début de l'été.

Fin avril, j'allais à Monaco jouer un des plus beaux tournois de la saison. Je n'avais pas eu de table aussi faible à un EPT depuis très longtemps. Et pourtant je saute au dernier niveau du day 1, sans avoir eu l'occasion d'attraper mon quota de chips. En face de moi, de l'autre coté de la table, le seul autre bon joueur de la table finissait chip leader du day 1A suite à quelques livraisons de nos amis communs à table. Ce joueur n'a rien fait d'extraordinaire, juste joué solide. Il a touché du jeu et a été payé. J’avais fini dans l’argent à mes 2 tournois précédents, les bahamas et Deauville, donc j’accepte facilement de sortir au day 1 à Monaco. Et je profite de mon temps libre pour jouer avec Tall et Nico sur les cours de tennis les plus sympas où je sois allé pour l’instant :

Tennis Monaco

Il y a deux semaines j'étais... Lire la suite

Qui fait le coq ?

Par dans Tournois Live il y a plus de 12 ans.

Ceux qui me lisent le savent, jouer avec des femmes n’est pas ma configuration favorite !

Bien sûr, pour ce ladies event de Monaco (une cinquantaine de joueuses), l’idée était de jouer mon meilleur poker, de repérer les plus inexpérimentées et mettre une pression sans faille.

La structure du tournois, un bon vieux turbo des familles allait décider du reste puisqu’avec 3000 jetons et des niveaux de 20 minutes, il fallait, pour gagner, être là au bon moment pour les livraisons de début de tournois et avoir un tant soit peu les cartes entre la 3ème et 4ème heure de jeu pour ramasser les derniers jetons des plus petits tapis.

Dès le début de la partie, les deux joueuses les plus faibles à ma table sautent. Femmes de joueurs du circuit, elle sont là pour s’amuser mais ne connaissent pas vraiment les règles du jeu.

J’exagère ?

Une joueuse pose ses jetons un à un. La croupière la reprend et lui explique la règle. Deux tours après elle refait la même chose. Un peu vexée par les réprimandes, elle poussera ses presque 3000 jetons, en milieu de parole, aux blinds 50/100, avec JJ.

Mais AA se trouve derrière elle et elle saute sous l’œil très amoureux de son chéri, sûrement ravi de ne pas avoir à dîner seul.

Voilà les coups qu’il FAUT remporter en début de tournois. Dès que l’on arrive à monter des jetons, l’affaire est en partie gagnée.

En partie seulement. Car s’il y a bien une chose qui est fausse concernant les tournois femmes, c’est bien notre prétendue passivité. Au contraire quelle agressivité ! Gestuelle, verbale, il faut dire que de vrais talents se trouvaient à table.

Et nous voilà prises dans une bataille de coq, un catch à main nues qui font que les... Lire la suite

EPT Monte Carlo : c'est fini...

Par dans Tournois Live il y a plus de 12 ans.

J'attendais avec impatience l'arrivée de l'EPT de Monte Carlo, le tournoi le plus convoité d'Europe, avec une structure de rêve où l'on démarre avec 30 000 jetons, soit 300 grosses blindes au départ.
 
J'étais résolument prêt à faire un excellent Day 1, et très motivé pour jouer mon A-Game dans cette magnifique Salle des Étoiles. 

"Shuffle up and deal" ... que la partie commence ! Enfin ... pas tout de suite. On oublie souvent qu'un tournoi débute par une autre étape ... le fameux tirage des tables!

En compagnie de Johny001, j'observe avec intérêt les joueurs de ma première table. Mon premier réflexe: identifier les noms de mes compagnons de route, et définir donc le stratégie que je vais mettre en place pour leur rendre ce moment de vie le moins facile possible.
 
Alors que les plafonds de la Salle des Étoiles se décapotent totalement lors du show d'ouverture de l'évènement, Guillaume me signale : "t'as encore chatté, ils ont l'air mauvais les joueurs de ta table !"
 
Oui ... la table était en effet composée de joueurs a priori amateurs mais ma joie fut de courte durée ... et quelle désillusion de me rendre compte que Johny faisant référence à la table 35, alors que moi j'étais assis en table... 36.

Une petite table de différence peut-être me direz-vous, mais un monde de différence si l'on entend les prestigieux noms des joueurs présents à la table 36 immédiatement rebaptisée par les nombreux journalistes présents autour de nous : "la table de la mort"
 
Je suis entouré de la high society du poker mondial : Mike MacDonald et Luca Pagano à ma droite, Mark 'Randallin' Flowers et Greg Raymer à ma gauche, Serge Didisheim, joueur suisse ami du Team Winamax, et un autre... Lire la suite