Never give up

Un des avantages d'habiter à Londres est de pouvoir assister aux exploits des plus grands sportifs contemporains, des Jeux Olympiques à Wimbledon, des matchs de Premier League à d'occasionnelles confrontations UFC ou NBA. Ce que je trouve préférable à l'atmosphère sportive parisienne obnubilée par les gestes d'un footballeur suédois...

Mais l'évènement dont je voudrais parler aujourd'hui nous emmène loin du gigantisme des stades pour nous plonger dans l'atmosphère tendue et feutrée des tournois d'échecs. Fin mars se tenait ce qui est sans doute le plus important tournoi du jeu d'échecs de l'histoire : le tournoi des candidats, un affrontement au sommet entre huit des meilleurs joueurs du monde, dont le vainqueur obtient le droit d'affronter le champion du monde pour le titre.

Cet évènement était exceptionnel pour deux raisons : le niveau moyen des joueurs n'a jamais été aussi relevé au sein du même tournoi avec huit génies de leur discipline au palmarès impressionnant s'affrontant et, surtout, c'est la présence au départ du norvégien Magnus Carlsen qui a passionné les foules échiquéennes.

Carlsen a vingt-deux ans et est déjà numéro un mondial. Il a battu récemment le record de classement ELO de Garry Kasparov et gagne presque tous les tournois auxquels il participe. Son avance au classement sur le numéro 2 mondial est déjà quasiment irrattrapable. C'était sa première participation au tournoi des candidats et tous les observateurs l'érigeaient en grand favori. Carlsen est un cas à part dans le milieu des échecs, un diamant scandinave brut qui scintille au milieu des sept perles de l'ex-union soviétique.

Quand un tel phénomène se produit dans une discipline bien établie, je me pose... Lire la suite

Retour aux racines pour ChessBaby

Par dans GénéralLife Style il y a plus de 10 ans.

Comme vous l'expliquait Harper il y a quelques jours, les joueurs du Team Winamax n'ont pas chômé durant l'intermède estival post-WSOP. En premier lieu Almira Skripchenko, qui a profité de la pause pour renouer avec sa passion première... et s'adjuger en août le titre de Championne de France d'échecs, rien que ça.

« Je n'ai disputé que très peu de compétitions d'échecs en 2009 », dit Almira. On arguera que la décision fut judicieuse, car ce fut son année la plus profitable au poker, avec plusieurs résultats dont une finale aux World Series of Poker en compagnie de son collègue du Team Anthony Roux puis, en début d'année suivante, une très belle troisième place lors du France Poker Tour. « Mais quelque chose me manquait », poursuit t-elle. « J'avais envie de renouer avec la compétition aux échecs, retrouver ce stress familier, les parties marathons, l'envie de gagner. »
Avec cette victoire, Almira ajoute un trophée supplémentaire sur une étagère déjà fortement encombrée. La joueuse du Team Winamax totalise désormais quatre titres de Championne de France, auxquels viennent s’ajouter quantité d’autre triomphes, en individuel comme en équipe, en France comme au niveau européen et international* .A Belfort, Almira possédait une avance au classement que la partie était déjà jouée avant le dernier duel.

De là à penser que les choses furent faciles pour la Grande Maître ès échecs, il n’y a qu’un pas… que l’on ne franchira pas. « Contrairement à ce que beaucoup pensent, toutes les compétitions sont extrêmement difficiles, et épuisantes. A Belfort, chaque partie m’a demandé quatre, cinq heures de préparation, notamment avec la consultation de la base... Lire la suite

Sonate à quatre mains sur l’échiquier

Par dans Général il y a plus de 11 ans.

Alors que les premiers réverbères s’allumaient sur les Champs Elysées, les amateurs de poker découvraient enfin les premières images de la finale du Grand Prix de Paris, à laquelle participaient deux amis et coéquipiers. Devant mon écran j’ai rêvé, tremblé et vécu avec eux la fin de cette compétition particulièrement éprouvante. Ils sont évidemment tous les deux déçus de ne pas accéder à l’Olympe, mais je veux leur dire : à toi Nicolas - « Chapeau ! » et à toi Vikash - «  Tu as véritablement marqué ce tournoi ! ». C’est un très bon présage pour les World Series, d’autant plus qu’en ce moment même, les Dieux du Poker tiennent un concile pour faire pencher la Grande Balance des « coin flips » en votre faveur.

Vous vous demandez peut-être la raison de mon absence à ce rendez-vous parisien. J’étais engagée au même moment dans un exercice de style échiquéen destiné à attiser la curiosité du grand public.

Assister à une partie d’échecs entre Grands-Maîtres – dont la durée atteint parfois six ou sept heures – peut se révéler passionnant, mais également parfois soporifique. En témoignent les ronflements des spectateurs que j’entends régulièrement lorsque, exposée aux yeux du public sur la scène du théâtre, je dispute l’un de mes propres matches. Arrachée à ma concentration, je m’énerve, lance un regard vers le coupable assoupi et ne peux m’empêcher de sourire. Le crescendo du ronfleur m’évoque le prélude n°5 opus 23 de Rachmaninov. Jugez vous-même :

Rachmaninoff Prelude n°5 Op. 23


Ce n’est donc pas un hasard que plusieurs formules originales ont été élaborées au cours de l’histoire du jeu d’échecs pour... Lire la suite

Deauville, mon désamour.

Par dans GénéralTournois Live il y a plus de 11 ans.

J’avoue que j’ai déjà fait plusieurs tentatives de m’asseoir devant l’écran de mon ordinateur pour vous écrire. Et à chaque fois j’ai fait la même erreur de jeter un coup d’œil sur les récents articles postés par mes illustres comparses. Comme vous j’ai attendu avec impatience la suite de l’histoire du CrocMonsieur, des péripéties de ManuB et des aventures d’AntonyL et je me suis demandé comment j’allais attiser votre curiosité après de tels textes, écrits avec passion, humour et finesse par de véritables Grand-Maîtres de la plume.

À moins d’écrire un roman digne du « Parrain » ou de vous conter la vie ordinaire d’un joueur d’échecs avec le génie et la virtuosité de Nabokov et de Zweig réunis, je n’ai pas trouvé de solution. Je me suis dirigée vers la deuxième option tout à fait naturellement.

La vie d’un joueur d’échecs est loin des paillettes et surtout du …danger qui est toujours présent dans la vie du joueur de poker. Pas de cagoule, pas de champagne non plus, pas de bad beat, pas de gestion de bankroll (parce qu'il n‘y a pas de bankroll !), pas de descente musclée, pas de hold-up et le plus souvent les tournois d’échecs sont organisés dans de petites villes loin du regard des médias.

Quand mon absence se fait un peu longue sur Winamax, regardez la carte du monde et jetez votre dévolu sur le coin le plus perdu de la planète. Vous êtes probablement à 50/50 de me trouver en train de jouer aux échecs à cet endroit précis. La semaine dernière par exemple j’ai joué des matchs de Bundesliga dans un petit village allemand. Je défends les couleurs du club Werder de Brème et pendant longtemps j’ai été à l’affiche d’une campagne... Lire la suite

C’était pas du gâteau…

Par dans Général il y a plus de 12 ans.

La période des fêtes de fin de l’année me fait souvent voyager dans le temps et explorer les souvenirs de mon enfance. Tout au long du mois de décembre Paris fait défiler ses plus belles tenues de soirée, et en me promenant dans la ville de lumières j’aime beaucoup observer la rue, son effervescence, la fougue des passants vers une nouvelle année où tous les espoirs sont permis et je me souviens…

Almira Skripchenko en 1989

Réveillon de 1988, j’ai 12 ans et c’est la première fois que je suis sélectionnée pour représenter la Moldavie dans un tournoi qui rassemble les meilleures équipes de l’Union Soviétique à Moscou.

Je me souviens d’une ribambelle d’enfants au pied du train, le lendemain de cette grande fête qui réunissait toute la famille et ses amis autour d’une table remplie de plats traditionnels et exquis à perte de vue. Impossible de goûter à tous ces petits plats à moins que vous ne soyez un personnage de conte pour enfants très peu soucieux de votre taille de guêpe. Le plus souvent on s’adonnait à la tâche de terminer ce festin toute la semaine qui suivait.

Le voyage Kichinev - Moscou durait 28 heures et chaque enfant avait un petit sac avec ses vêtements, un échiquier et quelques livres. Et, malgré nos espoirs de jeûne, un autre sac, contenant quelques kilos de nourriture soigneusement préparée par sa maman à l’apogée de son art culinaire.

10 enfants, 2 entraîneurs, iI y avait de quoi servir le goûter à tous les voyageurs de ce périple. Alors, malicieux que nous étions, nous organisions des petits duels d’échecs et de cartes (et oui, on jouait à une variante russe de la belote) et le perdant devait tout simplement manger

le plat choisi par notre joyeuse assemblée. Le borsch, la... Lire la suite