[Blog] Dessine-moi un joueur

Par dans Général il y a plus de 2 ans.

Davidi Kitai
Qu’est-ce qui fait un bon joueur de poker ? Plein de choses, mais aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de quelques qualités ô combien primordiales mais trop souvent sous-estimées…

L’acceptation

« L’art d’apprendre à accepter ce que nous ne pouvons changer. » - Marc Aurèle

C’est un avantage considérable dans la vie de tous les jours que de pouvoir lâcher prise, d’être capable d’affronter nos pensées et émotions négatives sans y réagir de manière contre-productive. Accepter les évènements, c’est voir diminuer ses niveaux d’aigreur, d’anxiété et de culpabilité. Accepter les évènements, cela permet aussi de mieux se connaître, et d’éviter de se juger trop sévèrement.

L’acceptation équivaut précisément à nous adapter à toutes les sortes de changements divers et variés qui peuvent à tout moment faire irruption dans notre vie, en modifiant notre manière de les percevoir pour y faire face plus efficacement.

Au poker, je vois deux sortes d’acceptations :

D’abord l’acceptation des facteurs qu’on ne peut pas maîtriser, autrement dit la variance. La plupart des pros savent bien qu’il est contre-productif de se focaliser sur la malchance, et sont donc capables de réagir positivement à la suite d’un bad beat : le tilt qui peut ensuivre est généralement moins marqué que chez un joueur moins expérimenté. Cela étant, après toute une série de mauvais coups, bien rares sont les joueurs parvenant à maintenant leur « A-game » : on est toujours un peu affecté, même inconsciemment.

Puis il y a l’acceptation de ses propres erreurs. Beaucoup plus compliqué à gérer ! Lorsque l’on est seul responsable de nos actions, on est aussi seul face à ses démons et ses erreurs. Il est malgré tout impératif de passer par cette phase... Lire la suite

Du ciel à l'enfer

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a plus de 8 ans.


Afin de mettre à profit mon temps d'attente à l'aéroport, je voudrais revenir sur une main disputée pendant les WSOP 2012 et disserter sur le lien subtil entre stratégie et psychologie.

Il s'agit du tournoi 4-max à $2,500. Nous jouons depuis une demi-heure, j'ai une table équilibrée avec deux joueurs online américains compétents et un joueur européen amateur à ma droite. J'ai fait un bon début en portant mon tapis de 8,500 à 10,000. Je n'ai joué que trois mains et bénéficie donc encore d'une image plutôt serrée.

Les blindes sont à 25/50. Un des joueurs online (8,000 de tapis et une image loose agressive) relance à 150 premier de parole. Je reçois [Qs][Qd] de grosse blinde et décide de 3-bet à 400. Il réfléchit un instant et se contente de call.

Flop : [Qc][Js][Jd]

Beaucoup de joueurs moyens vont avoir le mauvais réflexe de checker ce flop magique en espérant "piéger". Il est pourtant bien préférable de continuer à valoriser cette main : nous sommes encore très profonds, il faut donc tenter de faire grossir le pot. De plus, nous sommes censés faire un c-bet sur ce tableau avec pratiquement toute notre range, en bluff ou en value. Certains joueurs de tournoi aiment check avec une paire d'As ou de Rois dans ce spot hors de position pour contrôler le pot, les joueurs de cash game préfèrent tous certainement miser. Sur ce point, je préfère la seconde option.

Je mise donc 525 et mon adversaire me relance à 1,250. Il a probablement:

- un valet (80% du temps). Il y en a beaucoup dans sa range de call dans cette situation : J9s+ probablement.
- un semi-bluff ou bluff complet qu'il se prépare à effectuer sur plusieurs streets (20% du temps). Il ne peut pas s'attendre à ce que j'arrive... Lire la suite