[Blog] S'adapter, une nécessité

Par dans Général il y a 27 jours.

Blog Davidi Kitai
Darwin écrivait que « les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements ». Quelques siècles plus tôt, Socrate disait que ce qui fait l’homme, c’est sa faculté d’adaptation.

L’espèce humaine a affronté de nombreux chamboulements au cours de son histoire. Nous avons dû constamment nous adapter aux variations de notre environnement afin de survivre. La capacité à changer, à faire évoluer notre appareil psychique, c’est toute l’histoire de l’humanité !

C’est encore le cas aujourd’hui. La société continue d’évoluer : nous sommes forcés de nous adapter, encore et toujours, a des choses que nous ne pouvons pas ou peu contrôler. Prenez la crise du Covid – exemple au hasard ! – qui bouscule nos vies sans que l’on n’ait rien demandé. Mais je pourrais aussi bien évoquer, plus banalement, le fait de s’adapter à notre entourage, à un environnement en mouvement, ou tout simplement au temps qui passe.

La capacité à s’adapter : c’est peut-être une des qualités les plus importantes pour vivre sereinement en société, que ce soit sur le plan professionnel, social ou privé. En faire preuve, c’est se donner la chance d’aborder l’inconnu de manière positive et volontaire. Devant le changement, certains parviendront à mieux faire face que d’autres. Ils sauront adapter leur approche aux circonstances, ils chercheront à comprendre et évaluer un point de vue différent du leur, ils tenteront de trouver des solutions pour affronter les bouleversements. D’autres, à l’inverse, opteront pour la fuite, s’apitoieront sur leur sort, rejetteront la faute sur les autres, et finiront par subir les nouvelles conditions. Mais c’est humain, après tout : pour la... Lire la suite

[Blog] Mental & Variance

Par dans Général il y a plus de 2 ans.

Sylvain Loosli
La variance est quelque chose que beaucoup de joueurs ont du mal à réellement apréhender. En ligne, nombre de joueurs peuvent aisément lancer 8, 16 ou même 24 tournois dans la même soirée et enchaîner les éliminations sans pour autant en être affecté : ils vont continuer à jouer normalement leur meilleur poker sur les tournois restants.

En live, les choses sont différentes : toute votre attention, votre concentration et votre énergie sont dévoués à un seul et unique tournoi, au buy-in généralement beaucoup plus élevé que votre buy-in moyen online. Souvent, vous avez parcouru pas mal de kilomètres pour vous rendre sur place et disputer le tournoi en question. Etre éliminé d'un tournoi live est donc par définition plus "coûteux", à la fois pour votre bankroll et votre mental.

Le poker live nécessite donc une approche et une préparation différente du poker sur Internet. Enchaîner 15 ou 20 tournois online sans ITM online, c'est certes une mauvaise série, mais ce sont des choses qui arrivent et vous pouvez généralement l’encaisser sans trop de soucis. Le même bad run en live prend une toute autre dimension. On joue rarement 15 tournois différents au cours d’un même festival live (hors Vegas) : une mauvaise série de ce type sera donc étalée sur une durée beaucoup plus longue qu'une soirée de grind online.

Le poker étant par nature un jeu où vous prenez des décisions basées sur des informations incomplètes, il n'est jamais évident a posteriori de savoir si vos mauvais résultats sont uniquement dûs à la variance, ou à autre chose (mauvaises décisions, tilt, manque de motivation et/ou de concentration, etc). C'est pourquoi il est important de faire des "reviews" de vos tournois, en revenant sur les mains clé... Lire la suite

[Blog] Mes trois pires gamelles

Par dans Général il y a plus de 4 ans.

Cela fera bientôt dix ans que je joue au poker. Forcément, j’ai connu beaucoup de hauts, mais je n’ai pas été épargné non plus par des périodes un peu plus creuses et difficiles à gérer. Pour cet article, je me suis amusé à faire le Top 3 de mes pires downswings en y ajoutant quelques anecdotes. Mon but : vous rassurer, et faire réfléchir sur l’incidence des bad runs sur une carrière dans le poker.

Dans l’ordre chronologique…

1/ Été 2008

J’ai 19 ans, je viens de quitter une école d’ingénieur qui ne me plaisait pas, et je décide de creuser ma passion du moment, le poker : je m’investis dedans à 100%. (Remarque au passage : aujourd’hui, en 2016, cela serait une très très mauvaise idée que de quitter ses études pour se consacrer entièrement au jeu !)

A cette époque, ma progression m’avait amené aux tables de No-Limit à 2$/4$, et j’avais fait la transition vers le format heads-up. Ma bankroll est de 16 000$. En 2008, le jeu en tête à tête était encore relativement nouveau. Les pratiques (aujourd’hui honnies) de bumhunting (ne jouer exclusivement que des joueurs très faibles) ou d’ouvrir des tonnes de tables pour attendre le « client » n’existaient pas encore. De même, personne ne savait vraiment ce qu’il faisait. Les fluctuations étaient beaucoup plus importantes qu’en full ring ou en 6-max. Bref : c’était un peu la jungle !

Ce downswing n’aura duré que quelques jours. J’ai tout d’abord perdu 6 000$ en NL400, puis 5 000$ en NL200, soit un total de quarante caves ! Jusque-là, ma plus grosse perte ne représentait que quinze caves, et voilà que je me retrouvais à perdre 70% de ma bankroll en moins d’une semaine, pile alors que j’avais pris la décision d’arrêter les cours – autrement dit le pire moment... Lire la suite

Lost Vegas

Par dans Tournois Live il y a plus de 5 ans.


Clap de fin sur ces World Series of Poker édition 2015. Si de nombreux Français ont brillé durant ces WSOP (certes pas de Graal décroché mais tout de même six secondes places, bravo !) mon séjour à Vegas ne fut pas auréolé du même succès...

Je dois dire que ces dernières semaines ont été parfois éprouvantes, pour moi comme pour les autres membres du Team d'ailleurs. Les « busto » se sont succédés sur des Day 1, les bad beats ou coins flips perdus se sont enchaînés à un rythme inquiétant, et au bout d’un moment je ne semblais plus en voir la fin.

C’était la première fois que je vivais les World Series comme un vrai « grind » : j’ai fait beaucoup plus de volume que l’an dernier. L’important était donc de garder le même cap à chaque nouveau tournoi, de repartir avec la même envie et la même énergie, en oubliant tout ce qui avait pu se passer dans les tournois précédents. S'il y a bien une particularité à Vegas en été - mis à part le prestige associé aux WSOP - c'est la quantité de beaux tournois offerts un peu partout sur le Strip et Downtown. Le programme de MTT sur place est considérable, et tous les jours, on peut s'inscrire dans un nouveau tournoi dès qu'on a fini le précédent...

Sur le papier, c’est génial : avant le grand départ, on est excité et motivé en pensant aux prizepools et aux beaux tournois qu'on va pouvoir disputer. Mais une fois sur place, si les résultats n'arrivent pas rapidement, la routine commence à s'installer, la fatigue également, et c'est là que notre force mentale est mise à l'épreuve. 

Pour en revenir à mes résultats proprement dits, le bilan comptable est simple : 15 tournois disputés aux WSOP pour 1 seul ITM (sur le 3000$ 6-max), et un deep-run sur le WPT500 de l'Aria. C’est de loin mon plus... Lire la suite