Winamax

Shine A Light

Par dans


Ludovic Lacay et sa 205

Toulouse, Cannes, retour à Toulouse, passage à Paris. Puis Barcelone via Toulouse, retour et nouveau départ, Londres cette fois-ci, directement dans une impasse. Machines arrière direction Paris, via Toulouse, terminus Paris, pour le moment.

La batterie de mon ipod aussi vide que mes poches, ma barbe plus longue que mes dents, la file d'attente pour prendre un taxi à l'arrivée de l'EuroStar a des airs d'énième bataille, comme si partout où je devais aller nous étions trois cents pour un seul gagnant.

Peu importe je suis rodé, juste un peu de patience et je serais exaucé.


Un halo de lumière m'entourera, les projecteurs ou la main de Dieu ? Vous voyez. Toujours est-il que les yeux seront braqués sur une personne, moi. Attendre et espérer, c'est toujours une question de patience.

"L'élu" certains m'appelleront, "un génie" pour d'autres, la masse des aigris ou des plus connaisseurs se contentera du traditionnel "chanceux". Les faits seront là, trois cents braves qui n'ont rien à envier a des Spartiates n'auront su me résister, un à un victimes de coups violents, disparaissant face au rouleau compresseur de ma valise.

Ce sera enfin mon tour de monter dans le taxi. Taxi qui me rapprochera un peu plus des prochaines échéances. France Poker Tour à Toulouse, Tournoi de Heads Up à Barcelone, EPT Budapest, EPT Varsovie...

Des noms fusent : Easyjet, AB Skipper, Baccara, Vodka, Four Seasons, Air France, Frog, Blue Label, Europcar, Bon Plaisir, Vueling, Catwalk, Barceloneta, XO, Charles de Gaulle, Entrecote, Colosseum, Sambuca, British Airways, Razmataz, Terminal B, Hilton, E-Klub, Correspondance, Absinthe, 7, Check out.

Il était temps de recharger les batteries, d'un changement radical, de soleil peut-être, d'alcool sûrement, de faire la fête inévitablement. Alors je suis parti avec Antony et Anthony à Marrakech. Les conditions étaient réunies: courant pour recharger ipod et casque Bose, cashgame au lieu des tournois, soleil (je crois), alcool (ni sûrement ni lentement), et inévitablement... Theatro, Pacha, Paradisio...

On peut dire qu'on a eu des bons guides. Antony Lellouche s'est comme d'habitude occupé de tout, Roger Hairabedian nous a invité à l'hôtel, Gilles Haddad nous a mit entre de bonnes mains, Bernard Boutboul nous a fait mourir de rire, et ... et que veut le peuple comme on dit? Des cashgames juteux? Vendu.

Je n'ai bien sur pas mis le pied dans la piscine mais plongé dans un océan de vodka, pas grillé au soleil mais flambé au casino, pas lu de livres mais bouquiné mes adversaires, pas fait d'excursions dans le désert mais ait exploré la ville de nuit, je ne me suis pas reposé mais... Je bloque la. Je pourrais dire "mais on dormira quand on sera mort" mais ça ferait trop skyblog d'une gamine fan de Kyo. On va faire dans l'autodérision, ça marche toujours l'autodérision.

Je ne me suis pas reposé mais, hé, on a le temps de dormir quand on se lève jamais pour faire le day 2.

Vendredi 17 Octobre, retour sur Terre, pour une retour sur mes terres. Toulouse capitale du rugby, de la saucisse et non pas du cassoulet (c'est Castelnaudary), est pour un week-end, la capitale du Poker. Enfin une des trois capitales, puisque le France Poker Tour pose ses valises dans trois villes en même temps.

Accompagné de Benjo je prend l'avion, pour retrouver le soir même la toujours aussi enceinte Alexia Portal, le toujours aussi délirant (passé deux bières et sur Téléphone uniquement) Régis, mes potes régionaux (toujours aussi pauvres), ma maison de toujours et ma 205 de tous les jours.
Vous l'avez compris ça fait bizarre.

A peine le temps de poser les valises, de faire tourner le moteur talbot de mon bolide, qu'on se rend au restaurant. Tout le monde est de bonne humeur, on boit du Gaillac en mangeant du foie gras et des gros steaks. Les plus courageux (mention spéciale a Étienne car il était en béquilles) finissent au frog puis à l'Ubu, un club légendaire de la nuit Toulousaine. Je n'y étais pas retourné depuis au moins 4 ans et j'ai été super surpris, l'age moyen devait avoisiner les 24 ans, la musique était électro sans être de la daube commerciale, le patron est sympa, excellente soirée.

Le lendemain matin, vers 13h, un seul doliprane suffira. Un heure plus tard début du tournoi de poker, les toulousains sont venus nombreux, et pas que de Toulouse d'ailleurs. Albi, Montauban, Perpignan, Arcachon, Caen(!)... les places pour le France Poker Tour s'arrachent et je suis fier d'être l'hôte de cette étape, le cadre n'a rien a envier à un EPT, la salle a une vue exceptionnelle sur la pelouse du Stadium.

Pourtant bien déterminé à prouver que je suis prophète en mon pays je ne ferais pas le day 2, respect des traditions oblige me direz vous.

Cette étape à néanmoins été très agréable, rencontrer tous ces passionnés oblige à relativiser, à réaliser la chance que l'on a d'être sponsorisé, de voyager, et de vivre du poker. J'ai eu l'impression que chacun d'entre eux vivait un peu un rêve par procuration, et ce rêve je peux peut être en écrire un petit chapitre dans les prochains mois, qui sait.