Qui fait le coq ?

Par dans

Ceux qui me lisent le savent, jouer avec des femmes n’est pas ma configuration favorite !

Bien sûr, pour ce ladies event de Monaco (une cinquantaine de joueuses), l’idée était de jouer mon meilleur poker, de repérer les plus inexpérimentées et mettre une pression sans faille.

La structure du tournois, un bon vieux turbo des familles allait décider du reste puisqu’avec 3000 jetons et des niveaux de 20 minutes, il fallait, pour gagner, être là au bon moment pour les livraisons de début de tournois et avoir un tant soit peu les cartes entre la 3ème et 4ème heure de jeu pour ramasser les derniers jetons des plus petits tapis.

Dès le début de la partie, les deux joueuses les plus faibles à ma table sautent. Femmes de joueurs du circuit, elle sont là pour s’amuser mais ne connaissent pas vraiment les règles du jeu.

J’exagère ?

Une joueuse pose ses jetons un à un. La croupière la reprend et lui explique la règle. Deux tours après elle refait la même chose. Un peu vexée par les réprimandes, elle poussera ses presque 3000 jetons, en milieu de parole, aux blinds 50/100, avec JJ.

Mais AA se trouve derrière elle et elle saute sous l’œil très amoureux de son chéri, sûrement ravi de ne pas avoir à dîner seul.

Voilà les coups qu’il FAUT remporter en début de tournois. Dès que l’on arrive à monter des jetons, l’affaire est en partie gagnée.

En partie seulement. Car s’il y a bien une chose qui est fausse concernant les tournois femmes, c’est bien notre prétendue passivité. Au contraire quelle agressivité ! Gestuelle, verbale, il faut dire que de vrais talents se trouvaient à table.

Et nous voilà prises dans une bataille de coq, un catch à main nues qui font que les visages se déforment, les trais s’épaississent pour ne plus former qu’une boule de rage.

Oh les filles, faites du poker pas la guerre …

Et moi dans tout cela ? je vivote … pas de cartes, je vole, je reraise avec mes connectors et remporte le plus souvent ces petits pots mais impossible de remporter un vrai coup.

Dîner break, je suis en dessous de l’average et change de table.

Les deux chipleader-euses sont en face de moi. Et enfin je crois que le rush arrive et que je vais pouvoir attaquer ces demoiselles et doubler.

Mais je perds un coin flip en payant, avec AKs une short stack qui possède une paire de 10. Et je pousse quelques minutes après mes derniers jetons au milieu avec 99 et je perds de nouveau mon coin flip contre AQo.

Et là, stupéfaction, la joueuse qui me sort, une énorme barrière de jetons devant elle, mime une mitraillette avec ses deux bras et me traverse de haut en bas dans un bruit plutôt réaliste de balles …

Je finis par en rire… bigre, elle a juste gagné un coin flip !

Athéna n’était pas seulement la déesse de la guerre mais aussi celle de la sagesse et de la raison et il manquait sans doute à cette joueuse là, en plus de l’attirail treillis, casque, lance, et méduse sur la tête, une petite chouette quelque part dans son âme pour rentrer véritablement dans le cercle des grandes joueuses.

A mes yeux.

Alexia

Un grand merci à Hugues Fournaise pour cette très belle série de photos … un photographe de talent est né !