« Nice Hand », Titi

Par dans

L'Irlande vient de prendre le plus gros bad beat de son Histoire. Et il a été infligé par l'Equipe de France de football. Titi a fait une main (même deux !), et Gallas a envoyé l'équipe de France vers la coupe du monde en Afrique du Sud. « Merci les gars ! », devrait-on crier.

Mais non. La presse s'est déchainée. Philosophes, intellectuels, politiques, supporters lambdas ou spécialistes sportifs... tous avaient un avis. Inquiétant !

De façon unanime pour le monde du football : joueurs, entraineurs, journalistes, ce geste n'est qu'un fait de jeu parmi tant d'autres. Pour les autres, c'est souvent une tricherie, une honte.

« La fin ne justifie pas les moyens », diront certains. « Un sportif doit être un exemple pour la jeunesse », diront encore d'autres. Ah bon ? Pourquoi eux ? On en appelle donc à la justice, la morale, à la vidéo(surveillance) pour fliquer nos bons footballeurs. Faut-il rejouer le match ? Punir Thierry Henry ? Devait-il se dénoncer, trahissant ainsi la patrie ?

En tout cas, « nice hand Titi ». La vie ressemble à ça. Thierry Henry est un grand joueur de foot. Il vient de rentrer dans l'histoire. Car l'histoire est impitoyable : elle retient autant les buts incroyables que les erreurs d'arbitrage (qui n'ont d'ailleurs pas toujours été à notre avantage).

Titi ne sera peut-être jamais un grand joueur de poker. Pourtant, il vient de tenter un des plus beaux coups de bluff de l'histoire du football, à l'instar d'un certain Diego Maradona et sa main de Dieu.

« Nice hand, Titi » aurait-on entendu autour d'une table de poker. Parce que oui, au poker, le bluff est autorisé. Le mensonge d'une certaine manière. La seule véritable inconnue dans ce jeu reste les cartes de son adversaire. Alors on va essayer de "représenter tel jeu" ou on va faire un "check-raise all-in" ou bien encore rentrer dans un bluff totalement fou avec "air".

On va essayer de lui faire croire que l'on est faible avec une main pourtant max et faire des "value bet" millimétrés pour être payé au mieux. On va lire son adversaire sur un "tell", une expression, un mouvement... et faire un "call" génial avec la troisième paire.

Finalement, il faudra de tout façon se découvrir et montrer sa main. Pris dans le sac ou pas, on sera à ce moment-là le visage rouge de plaisir ou rouge de honte.

« That's poker my friend ! »

En y réfléchissant, tout ceci ressemble un peu à la vie. La "faim" justifie les moyens. « Very nice hand, Titi ».