Made In Ukraine

Par dans

Je m’insurge contre le titre du dernier blog de Johnny001, et ne peux laisser cette honteuse affirmation sans réponse plus longtemps ! Dans cet article, le dit « Guillaume de La Gorce » prétend être de retour à la vraie vie, chez lui, et profiter un peu depuis que les WSOP sont finis.

Si ce mensonge grotesque trompait qui que ce soit, je vous arrête tout de suite. La vraie vie de Monsieur 001, c’est le poker… il était momentanément en pause voila tout ! Car il faut le reconnaitre, peu de choses peuvent égaler l’exciation d’un déplacement a l’autre bout du monde pour jouer contre le gratin mondial du poker. Peu d’activités offrent l’adrénaline qu’un gros bluff au jour 3 d’un tournoi majeur, qui –s’il rate- nous enverra directement a l’aéroport, sans passer par la case « cash in », et surtout sans toucher X-mille billets de monopoly !

De l’adrenaline justement, j’en aurais eu en Ukraine pour le premier EPT jamais organisé à Kiev. Accompagné de l’Usual Suspect Arnaud Mattern et du « petit nouveau officiel » Tristan Clemençon, nous étions décidés à bien faire. C’est finalement l’inégalable Bernard Boutboul ami du team qui finira meilleur français au pied de la table finale et signant du même coup la meilleure performance de sa carrière. Chapeau :)

EPT Kiev

Pour ma part j’ai fait un tournoi tres sérieux et concentré... La nouvelle structure et le relatif faible niveau des Russes et Ukrainiens (qui n’avaient pour l’instant pas de tournoi international a domicile rapellont le) etaient autant de conditions qui permettaient de passer de petites edge et de controler le pot afin de mettre son argent dans des conditions idéales. J’ai joué ce que je sais faire de mieux dans ces cas la, le poker smallball. Malgré un gros coup perdu au début avec top paire top kicker contre le fou (AQ sur Q88), qui m’aurait probablement vu quasi mort avec l’ancienne struture, j’ai pu remonter progressivement.

Je suis tres content de mes lectures, notamment sur quelques gros fold. Comme ce coup ou je paye un 3bet hors de position avec JTs (sooooooooooted). Le flop vient KQQ et je décide de check call une fois histoire de bluffer beaucoup de turn (et on sait jamais le 9 est surement bon, l’as peut être).le turn est un 8, je check et mon adversaire check quasiment AVANT moi. La rivière est un 9 qui me donne la quinte max. Je lead 6,500 dans 12,000 en espérant obtenir un crying call par AK ou même pire, mais en quelques instants mon adversaire me met a tapis pour 30k de plus !

S’ensuit une scéance kafkaienne ou je demande à un autre joueur russe de demander a mon adversaire pas polyglotte de lui demander s’il montrera ses cartes en cas de fold. Je cherche à savoir s’il bluffe, et une attitude gentille de la part d’un joueur peu filou est souvent un signe de faiblesse. Son pote traduit, la croupière leur dit de parler anglais, j’explique qu’ils parlent anglais mais qu’elle ne comprend pas leur accent, tout le monde rigole, sauf mon adversaire qui n’a rien compris mais qui me regarde méchamment.

J’en conclus qu’il est sur d’avoir la meilleure main, et il ne m’a pas l’air assez mauvais pour avoir AQ. Visiblement il a pris sa décision très tot puisque apres une pause au flop il agit tres vite turn et river, j’en conclus qu’il a fait sa main au flop et n’a pas JT comme moi. Bref je suis trop souvent battu, les overbet sont tout le temps max de la part des joueurs occasionnels, je passe. Il me fait savoir via notre interprète désormais officiel que si je montre il montrera aussi. Je n’ai pas trop envie de montrer que je peux passer quinte, mais je suis curieux. Je montre, il montre KK pour full floppé, et je passe pour un génie. Ouf

Forcément les deux mais suivantes que je raise, quelqu’un me surelance. Forcément. « Le français il passe quinte max gogogo ». Du coup j’ai deux options, rentrer dans ma coquille et ne plus jouer un coup… ou si vous me connaissez un peu, l’option numéro 2 : je relance KTo premier de parole a 8 (quand je vous dis que j’ai joué beaucoup de coups…). Les deux joueurs directement à ma gauche payent et le reste de la table passe. Etant donné leur position je m’attends à voir des jeux sérieux en face… mais quand le flop vient Q44 avec un tirage couleur je ne peux pas m’empêcher de tenter un vol. Le premier joueur passe, mais le deuxième après une (trop) longue attente me relance petit. Ce faisant il tente de mettre la pression mais commet une erreur fatale quand on joue contre une bluffing station comme moi un joueur expérimenté. : il ne peux pas avoir de 4 ni même AA ou KK vu le préflop. Il ne relance quasiment jamais avec QQ, AQ, et encore moins avec une paire moyenne. Je réfléchis 10 secondes, réalise qu’en cas de tirage couleur il ne peut plus payer si je pousse. Je ne vois que KQ joué très bizarrement. J’annonce tapis. Il passe aussitôt. Je retourne mes cartes. On l’a plus entendu dire un mot de la soirée. Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace.

Hélas lors des dernières minutes du jour 2 j’allais croiser la route du futur vainqueur Maxim Radomiskoff (c’est comme ca qu’on dit Benjo ?). Clairement un bon joueur du style rouleau compresseur, je ne peux pas l’éviter si je veux développer mon jeu car il est dans tout les coups et défend toutes ses blindes, clairement conscient de l’edge qu’il a sur le field. Il défend carrément 47o depuis la petite blinde par exemple ! Je fais semblant d’être une pince pendant 2 tours puis je 3bet au bouton lorsqu’il ouvre le hijack, avec A6o. Il 4bet aussitôt, et je sens que c’est une des seules fois de l’année ou un 5bet all in en bluff n’est pas idiot. Je n’ose pas dégainer, la table est trop faible, c’est trop marginal. Smallball forever, et je passe comme un fish. Il me dira apres avoir une poubelle. NH sir.

Apres ce coup je suis juste sous la moyenne lorsque je découvre AKs au bb. Max ouvre le bouton (range any 2) je 3bet. Conscient que je vais lui revenir dessus souvent, le futur vainqueur envoie son tapis avec 55 et je paye en un éclair. Le flop est sympa, AQT, mais le 5 a la rivière m’envoie dans les cordes… A ces coinflips inévitables qu’on aime

Omahahaha

Partagé entre la satisfaction d’avoir bien joué et la frustration de n’avoir rien a faire, j’apprend qu’il y a un tournoi de PLO a 2,000 avec une 60aine de joueurs. J’ai fait un peu la fête la veille (sortie oblige) a base de Narguilé fait d’une pastèque fraiche et amélioré à l’Absynthe (!) . Après 3 cafés, un sandwich, une douche froide, je me dit que je peux le faire, et j’arrive 30 min en retard prêt a potter comme jamais. Je me suis mis sérieusement au PLO depuis Vegas et c’est l’occasion de voir un peu comment ca joue en tournoi live. En plus les deux américains avec qui j’ai fait la fête la veille on déjà gagné un tournoi chacun (Shaundeeb le high roller – certes composé de 3 joueurs mais quand même – et NHFunkii le 1000 pendant que je faisait le jour 2). Bref ca motive pour les side event J

Ais je run super good ? Je ne sais pas, j’ai eu du jeu et j’ai gagné les 2/3 coups très importants. J’ai également senti une super edge sur ceux qui étaient la dans les petits pots et les pots moyens. J’ai clairement mal joué un ou deux coups lorsque le pot est super gros je ne connais pas encore très bien les range adverses, mais je n’ai pas a rougir et je suis tres fier de ma 4e place a ce tournoi ! J’empoche 10,000 euros et la satisfaction de voir que ca commence a rentrer. J’arrive même à gérer mes 4 cartes (les retourner sans flasher, les mémoriser ) sans trop de difficultés ! Si ca c’est pas du professionnalisme J

Allez je vous laisse, rdv demain a Paris pour le France Poker Tour, et lundi je pars pour Cannes pour tenter de succéder à Alan Roy… Salut tout le monde !