Lost Vegas

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Clap de fin sur ces World Series of Poker édition 2015. Si de nombreux Français ont brillé durant ces WSOP (certes pas de Graal décroché mais tout de même six secondes places, bravo !) mon séjour à Vegas ne fut pas auréolé du même succès...

Je dois dire que ces dernières semaines ont été parfois éprouvantes, pour moi comme pour les autres membres du Team d'ailleurs. Les « busto » se sont succédés sur des Day 1, les bad beats ou coins flips perdus se sont enchaînés à un rythme inquiétant, et au bout d’un moment je ne semblais plus en voir la fin.

C’était la première fois que je vivais les World Series comme un vrai « grind » : j’ai fait beaucoup plus de volume que l’an dernier. L’important était donc de garder le même cap à chaque nouveau tournoi, de repartir avec la même envie et la même énergie, en oubliant tout ce qui avait pu se passer dans les tournois précédents. S'il y a bien une particularité à Vegas en été - mis à part le prestige associé aux WSOP - c'est la quantité de beaux tournois offerts un peu partout sur le Strip et Downtown. Le programme de MTT sur place est considérable, et tous les jours, on peut s'inscrire dans un nouveau tournoi dès qu'on a fini le précédent...

Sur le papier, c’est génial : avant le grand départ, on est excité et motivé en pensant aux prizepools et aux beaux tournois qu'on va pouvoir disputer. Mais une fois sur place, si les résultats n'arrivent pas rapidement, la routine commence à s'installer, la fatigue également, et c'est là que notre force mentale est mise à l'épreuve. 

Pour en revenir à mes résultats proprement dits, le bilan comptable est simple : 15 tournois disputés aux WSOP pour 1 seul ITM (sur le 3000$ 6-max), et un deep-run sur le WPT500 de l'Aria. C’est de loin mon plus mauvais été à Vegas, très décevant financièrement. J’étais arrivé à Sin City le 9 juin avec le moral au plus haut et une confiance boostée par de nombreuses perf lors des derniers mois dont une place de runner-up au SISMIX la veille de mon départ. Je sentais que si le « good run » continuait un peu plus longtemps, je serais en mesure d’aller chercher la très grosse perf…
 

Malheureusement, la variance en a décidé autrement. C’est toutefois une expérience intéressante au niveau mental que de traverser ce type de « bad run ». Je vois tous les progrès que j’ai pu effectuer à ce niveau depuis que je parcours le circuit. Deux ans en arrière, mon jeu se serait probablement davantage dégradé, j’aurais sûrement fait plus d’erreurs, joué trop « high variance » certains coups, bref j'aurais dévié de ma stratégie générale. Aujourd’hui, mon acceptation de la variance ou de mes erreurs est totale. J’accepte de parfois me tromper, mais j’assume pleinement mes décisions. Je parviens aussi très rapidement à oublier les mains passées et à me concentrer sur l’action en cours, le « moment présent ». En résumé, je crois que je parviens à jouer mon A-game un % élevé du temps et que mon B-game et C-game sont bien meilleurs qu’auparavant.
 

Malgré cette mauvaise série de résultats, je n’ai jamais arrêté de positiver, et même s’il est possible que j’ai eu un peu moins de motivation certains jours, je suis dans l’ensemble très satisfait de la manière dont j’ai géré ces WSOP.  Pour preuve, j’ai commencé à écrire ces lignes quelques heures seulement après avoir sauté du Day 2 du Main Event. J'étais logiquement déçu car c’est un tournoi très spécial qui nous fait rêver chaque année nous joueurs de poker, mais j’ai quitté la table avec le sourire ! J’ai pris du plaisir à jouer ce tournoi, j'étais satisfait de mon jeu, assumant notamment le bluff qui m’a coûté une grosse partie de mon tapis avant la pause dîner (il serait passé très souvent si mon adversaire n’avait pas touché la seule carte qui lui permettait de me « bluff catch »  à la river), et je pensais déjà à la suite !
 

La suite, c'est la nouvelle saison du circuit EPT que j'ai déjà hâte de retrouver sous le soleil de Barcelone en août prochain, pour l'une des plus grosses étapes de l'année ! Mais ce sera après quelques vacances bien méritées, histoire de refaire le plein d'énergie et de motivation pour la suite !


Loosli

En 2013, Sylvain est rentré dans l’histoire du poker tricolore en accrochant la 4e place du Main Event des championnats du monde. Le début d'un parcours d'exception au sein du Team Winamax.

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