L'ascension des High-Rollers

Par dans

Une huitième place dans le High-Roller du dernier EPT à Malte, ça vaut le coup d’en parler ! Petit préambule si vous ne savez pas ce qu'est un "High-Roller": ce terme désigne tout simplement un tournoi au buy-in plus élevé que celui du Main Event, en général le double. Sur le circuit EPT, on retrouve donc à chaque étape un évènement au buy-in de 10,000 euros (avec un re-entry possible), et il y a aussi parfois des tournois à 25,000, 50,000 ou 100,000 euros... Inutile de préciser que seul un nombre restreint de joueurs peuvent se permettre de jouer des buy-in aussi élevés, en particulier lorsque ceux-ci atteignent les six chiffres... On y reconnaît les mêmes visages, avec des stars du poker, quelques businessmen fortunés et de temps en temps de nouveaux "jeunes talents" d'Internet ne jouant toutefois que pour un faible pourcentage de leur action. Gagner un de ces tournois est donc assez prestigieux: le field est rempli d'excellents joueurs, les médias poker y prête une attention toute particulière et les enjeux en font rêver plus d'un.

Lorsque j'ai commencé à parcourir le circuit professionel sous les couleurs de Winamax, en septembre 2013, ce format m'a tout de suite séduit. Après tout, j'étais en pleine confiance suite à ma qualification pour la table finale du Main Event des WSOP, j'étais certain d'avoir un edge conséquent et j'avais l'habitude des gros swings du cash-game online. Jouer des tournois à 10,000 euros de buy-in ne me posait pas de problème particulier.

En réalité, je sous-estimais probablement le niveau de pas mal de réguliers de ces tournois et je surestimais certainement le mien sur un format de jeu dans lequel je n'étais pas forcément si à l'aise à l'époque (la structure étant bien plus rapide que sur un Main Event EPT). Objectivement, il faut reconnaître que j'avais quelques ajustements à mettre en place dans mon jeu. Si l'on combine à ça du bad run, il me fallut donc attendre décembre dernier à Prague pour enfin obtenir mon premier résultat sur un de ces High-Rollers ! Mes performances sur ce type d’évènements étaient jusqu’alors assez frustrants, à l'image de mon année 2014, puisque j'ai échoué à plusieurs reprises aux portes d’importantes tables finales. J'ai toutefois gardé le cap, continué à travailler mon jeu, mon mental et tout ce que je pouvais améliorer pour être encore plus performant aux tables de poker.

Je me sentais très bien juste avant d'aborder ce nouvel EPT avec une confiance boostée après avoir disputé les Global Poker Masters, une belle compétition bien fun qui a rassemblé l'élite du poker mondial. C'était probablement idéal pour me remettre dans le meilleur état d'esprit possible et affiner mes reads. S'en suivit un joli deep run sur le Main Event couronné d’un ITM (79ème place). Plus que le résultat, je retiendrai surtout mon jeu pendant ces trois jours, dont je suis très satisfait. Une bonne nuit de sommeil plus tard et il était déjà l'heure de démarrer le High-Roller !

Une fois de plus, je me sentais au meilleur de ma forme et de mes capacités à table, et pour preuve j'enchaînais rapidement deux bons call hauteur As dans des pots conséquents. Ce n'est qu'à partir du deuxième jour que j'ai pu profiter pleinement des erreurs de mes adversaires et forcément d'un peu de réussite pour monter un très gros tapis avant la bulle. J'ai ainsi pu agresser à souhait et continuer d'augmenter mon tapis graduellement sans variance. Difficile d'imaginer meilleur scénario pour cette belle journée de poker : j’ai réussi à transformer mon stack de 75, 000 en début de journée à 1,5 million de jetons en fin de day 2 !

Je terminais avec le deuxième tapis à 18 joueurs restants, de quoi aborder la dernière journée sereinement. Le scénario du jour 3 fût cependant moins simple : après quelques spots compliqués et une mauvaise décision pendant les demi-finales, je me retrouve en position de second short-stack pour la table finale... Le premier short bust puis je pousse mon tapis deux ou trois fois sans être payé jusqu'à un spot rêvé pour mes 12 blinds. Le high-jack, un joueur argentin très actif open, le bouton call, la small blind demande le montant de mon tapis et call. Je découvre As-Dame de coeur en big blind et pousse évidemment mon tapis mes jetons au milieu. Fold, fold, tank/call par As-10 de trèfle ! Scénario idéal pour me relancer dans cette table finale. Le flop est vient Q84 avec un trèfle. Vous l'avez compris, deux trèfles plus tard, mes chances de remporter un premier High-Roller se sont envolées.

Malgré le goût un peu amer de cette huitième place, cela reste un excellent résultat et je retiendrai que j'ai enfin réussi à atteindre une table finale de High-Roller. Mais surtout, j'ai eu l'impression de franchir un petit cap supplémentaire mentalement au cours de cette semaine maltaise. Même lorsque j'observais certains coups dans lesquels je n'étais pas impliqué à table, mes reads étaient toujours très bons, que ce soit sur les mains de mes adversaires ou les tells que j’avais sur eux. Ma confiance et ma lecture du jeu étaient au top ce qui n'est certainement pas étranger à mes résultats.

Ce n'est donc que partie remise, soyez en sûr, l'année ne fait que démarrer...


Loosli

En 2013, Sylvain est rentré dans l’histoire du poker tricolore en accrochant la 4e place du Main Event des championnats du monde. Le début d'un parcours d'exception au sein du Team Winamax.

Suivez Loosli sur FacebookSuivez Loosli sur Twitter