Winamax

Fortunes

Par dans

Alexia Portal et Salim Kechiouche

Me voilà à Tours depuis mi juillet, depuis mon retour de Las Vegas.

Je tourne une mini série pour Arte « Fortunes » dont je tiens le rôle principal féminin.

Aujourd’hui est un jour chaud. Un de ces jours qui vous font regretter d’être obligée d’être chaudement habillé à cause de scènes « raccord » déjà tournées fin juin quand il faisait plus frais. On est en centre ville et on entend toute la journée les passants ou les curieux dire « quelle patience il faut ! » ou « mais pourquoi vous refaites encore ? » ou bien « alors, c’est vous la mariée ? » alors que non, pas du tout, mais tout le monde a voulu me marier aujourd’hui …

Tournage "Fortunes"

 






Las Vegas, mon Las Vegas me manque déjà. Je n’ai fait cette année qu’un petit tour aux WSOP, un seul tournois, le main event pour cause de tournage et d’enfant en bas âge.

Mes souvenirs se floutent. En day 1, rien ne passe. Je split AAvAA après une frayeur sur une turn offrant une possibilité de flush à mon adversaire. Nous jouons 5 niveaux de 2 heures, un niveau de plus que ceux qui ont débutés le tournoi les premiers jours. Jouer longtemps est une situation qui est souvent à mon avantage, mais là avec le décalage horaire, la dernière heure me coute cher. Alors que j’ai remonté un tapis confortable à 50 000 sans avoir de cartes, je perds deux fois AK et je me retrouve en dessous de l’average pour le day 2 avec 35 000.

 

Mon second jour de tournois commence très mal. Ma table est très difficile. Je me retrouve avec Raul Mestre et un autre jeune joueur très actif, je serre les dents et je fais preuve de patience. Je le squeeze dans la seconde heure avec 8/10 espérant un peu de respect mais devant sa résistance je lâche et il retourne les AS. L’écran de contrôle du tournoi me dit que ma table va bientôt casser donc ce n’est pas le moment de perdre des jetons qui seront utiles ailleurs mais mon tapis baisse à vue d’œil. Pas de cartes, pas de brèches, pas de réussite mais heureusement quand j’arrive à ma seconde table de la journée, elle me parait tout de suite plus amicale ! Des ricains pur jus et un français plutôt sympa qui me rencarde à la pause sur les joueurs de la table. Il m’annonce qu’il n’aime pas du tout jouer avec des femmes, que ça lui fait peur. Et pas de chance pour lui, il me donnera presque tout sur un grand classique AAvKK. Le coup se passe d’ailleurs assez mal puisque la croupière refuse mon 3bet parce que j’ai posé mes deux jetons sur la table sans dire "reraise" (chose tout à fait classique mais elle ne le voit pas de cet œil là). Tout le monde s’échauffe et bien que la croupière soit la seule à contester mon bet, l’ambiance devient électrique à table. Et c’est bien dommage car le joueur après moi possède AK et je pense sincèrement que sans ce barouf, il faisait tapis lui aussi. Call par kk. Call par moi et je triplais au lieu de doubler.

La suite de ma journée est splendide, je monte mon tapis tranquillement avec de bonnes rencontres et une bonne motivation de ma part. Et je joue un coup plutôt marrant. Je raise utg avec les dames, je suis reraise, je call. Le flop donne un 10 et deux petites cartes. Bet/ call. Sort un J. Check/check. Je pense que ce joueur plutôt solide ne m’a surrelancé ni avec les 10, ni avec les valets. Peut être avec les dames comme moi, sinon avec les rois. Par contre je peux l’avoir call moi avec les valets et j’essaye de lui faire lâcher sa main à la rivière. Il hésite vraiment longtemps et me call en retournant QQ aussi ! Beaucoup de frayeur pour nous deux, un très bon moment d’adrénaline et un joli call de sa part, c’est certain.

Je finis ma journée avec un très beau tapis et avec l’envie et la confiance pour aller beaucoup plus loin dans ce tournoi.

 

Quand j’arrive en day 3, la configuration de ma table n’est pas idéale : 4 femmes, j’ai deux fois plus de jetons que tout le monde et 5 tapis sont vraiment shorts. Je vois deux issues possibles, soit je trouve les bonnes cartes et je les fais sauter, soit c’est le contraire ! Le poker parait si simple parfois !

Et je perds plus de la moitié de mes 120 000 jetons dans le premier quart d’heure en trouvant à trois reprises AK et en les perdant à chaque fois . Contre AA, contre une paire moyenne et contre un joueur qui me call tout le long avec une misérable paire de 4 !

Mais tout va mieux puisque je vois s’avancer vers ma table Phil Ivey et sa montagne de jetons ! Il rentre dans beaucoup de coups et lâche en cas de résistance. Je lui prends à deux reprises des jetons et aiguise sa curiosité « d’où venez-vous ? winamax, c’est quoi ?… » bon, en anglais c’est tout de suite plus sexy !

Je finis par perdre bon nombre de mes jetons sur un beau tirage quinte par les deux bouts plus flush …. Mais quand ça ne rentre pas …

Je change de table. Je raise utg avec JJ, suis call par un joueur actif. Board Axx. Je décide de check/raise allin. Je pense que mon adversaire, s’il a un As, ne possède pas un bon kicker sinon il m’aurait vraisemblablement reraise avec AQ ou AK et il passe en montrant A7. Je lui montre mes Jacks ! Et il est vert …

Et ce même joueur me fera sauter à la fin du day 3 avec la top paire au board quand je possède une overcard l’As, plus un tirage flush max. Un coin flip ou presque. Et je rate. Et je sors du main event.

 

Au cinéma, on doit aimer la caméra. Comme un amant. On s’amuse avec elle comme si elle faisait partie de la scène, un personnage à part entière. J’aime tellement quand le board est ma caméra …

 

Je regarde mes scènes pour demain. Ma sœur se marie avec un homme qu’elle ne désire pas, je travaille pour une noble qui ne me respecte pas, mon amoureux trime comme un malade pour ramener de quoi faire tourner la baraque, son business et son moral … il est question de respect, de religion, d’amour et de sexe … j’ai la chance de vivre 1000 vies plus la mienne.

 

Qui dit nouvelle saison de poker, dit nettoyage de mon ipod. Je rajoute thalia zedec, billy the kill, porcelain, the dead weather et raising the fawn entre autres …

A bientôt pour le Partouche à Cannes … et bienvenue à Tristan !

un grand merci à Julien Mokrani pour les photos du tournage

 

Alexia