Deauville, la désillusion

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Je suis de retour de Deauville. Et, autant vous le dire, le bilan est très mauvais. J’ai joué le Main Event, quelques tournois parallèles et même le High Roller à 20,000€. J’ai presque fait l’argent dans le 1,500, mais, malheureusement, ma paire d'as n'a pas résisté au moment crucial.

La défaite au poker est difficile à accepter. Au football également. Pourtant, lorsqu'on est footballeur, même si on est un privilégié, il va falloir répondre à toute une série d’humiliations, de désillusions, de déceptions... Cela peut prendre plusieurs formes : le banc des remplaçants, la tribune ou carrément la non-sélection en équipe première. On peut aussi se blesser, rater son match, être remplacé en seconde période, ou parfois même bien avant… Le lendemain, le réveil est dur, parfois très dur. Les critiques tombent et les notes des journalistes vous accablent. On essaie d’éviter les journaux au maximum mais la tentation d’en ouvrir un furtivement est grande. Et pourtant, il faut quand même se rendre au décrassage pour affronter le regard des autres : l’entraîneur, ses coéquipiers, les journalistes et, surtout, les supporters…

Au poker tout ceci n’existe pas. Le poker, à mon avis, n’est pas un sport. C’est une discipline individuelle. Et, après une contre performance, on se retrouve seul face à soi-même sans véritable compte à rendre.

Bien sûr, le poker n’est pas mon métier. Mais j’y joue assez sérieusement pour que les évènements me touchent. Et après l’échec cuisant de Deauville, l’heure de la remise en question semble être arrivée.

Je dois admettre que je ne me suis pas rendu en terre normande avec le mental d’acier nécessaire pour pouvoir faire la perf attendue. J’étais pourtant motivé, mais cela ne suffit pas. Je n’avais pas la gnac, la grinta, la haine.

La haine, c’est ça !

En football, il faut avoir la haine. Pas la haine pour faire mal, mais la haine de la défaite, de l’adversaire, de la contre-performance.Il faut détester prendre un but, détester se faire éliminer par un adversaire… Dans les bonnes périodes de ma carrière,c’est ce qui a fait ma force. « Dhorasoo ne meurt jamais » ou « Dhorasoo incassable » avait titré le journal L'Equipe.

« Il ne faut pas lâcher les gars », nous disait sans cesse le coach !

Voilà, j’avais la gnac et j’ai toujours su rebondir après un mauvais passage ou un mauvais match.

Au poker, je n’ai pas de notion de concurrence, je ne ressens pas assez la pression de l’événement et le regard des autres m’indiffère. Il va falloir changer tout ça très vite, car, dans le poker, au football ou dans la vie, sans la HAINE, tu te fais dévorer !