Coucou, tu veux voir mon come-back ?

Par dans

"Tu vas faire quoi maintenant ?" Cette question, je l'ai entendu à maintes reprises depuis l'arrivée de mon enfant au printemps. Mais la vie ne s'arrête pas ! Bien au contraire. Après deux mois consacrés à la mise en place de cette toute nouvelle maternité (vive les Expresso et les Deglingos pendant les biberons !), il est temps de se remettre en selle. Je n'ai jamais été aussi excitée à l’idée de me farcir les aléas des voyages. Vive le train bondé jusqu'à l'aéroport ! Vive le contrôle de sécurité ! ("Oui Monsieur, j'ai bien sorti mon ordinateur du sac. Et oui, j'ai bien vidé mes poches") et vive le trajet à côté d'un voleur d'accoudoirs ! Tout ça pour arriver sur le lieu du sacre (c'est toujours ce qu'on se dit quand on arrive) : Barcelone.

Mais se contenter de dire qu'on va gagner n'est pas suffisant. Ainsi, avant de débuter la nouvelle saison, il me semble judicieux de dresser un bilan des derniers mois passés à parcourir le circuit et de réfléchir à mes objectifs. C'est chaque année un passage obligatoire afin de savoir où l’on va. Comme à l'école, chaque joueur fait son propre conseil de classe. Il faut donc être à la fois le proviseur attentif qui se contente d'écouter et prend la décision finale, le professeur de mathématiques méchant qui ne voit que les défauts, la prof d'arts plastiques qui met des fleurs à côté des notes ou encore le délégué qui était à vos côtés tout au long de l'année et est finalement celui qui vous connaît le mieux. En gros, savoir être objectif tout en gardant un brin de folie, de la démesure, un rêve auquel vous pouvez ensuite associer le travail nécessaire pour qu'il devienne de l'ordre du possible.

Une table finale WPT au compteur

Qu'a donné mon conseil de classe alors ? Je n'ai pas eu les félicitations du jury mais de bons gros encouragements. L'année dernière, j'avais particulièrement mis l'accent sur l'importance d'atteindre un Top 3 lors d'un tournoi majeur. Je n'ai malheureusement toujours pas atteint cet objectif mais je n'en suis pas passée loin. Ma récente table finale au World Poker Tour de Vienne, où j'ai atteint la cinquième place, a été une grande satisfaction. Le field était effectivement particulièrement relevé. La raison ? Toute la bande d’excellents joueurs allemands, d'Ole Schemion à Philipp Gruissem, a décidé d'emménager dans la capitale autrichienne. Je veux bien les comprendre : architecture, culture, nourriture... Tous ces mots se terminant en -ure donnent envie de vivre à Vienne. (Oui, biture aussi, mais ce n'est pas à l'ordre du jour.)

Une cinquième place, donc. L'occasion d'accomplir un objectif qui traînait depuis trop longtemps : atteindre la table finale d’un événement majeur. J'ai également réalisé quelques jolies performances sur des side events. La première perf, c'est d'en avoir joué énormément, ce que je ne faisais pas assez auparavant. J'ai depuis plusieurs mois décidé d'en faire le plus possible pour rendre mes voyages plus intéressants. Fini le tourisme, je suis là pour gagner ! Cela m’a réussi à Londres où, sur le High-Roller du UKIPT, j'ai atteint la septième place d'un tournoi remporté par Olivier Busquet. Aux Bahamas, je me suis hissée jusqu'en 14ème place d'un tournoi à 1 000 dollars et, enfin, j'ai joué la table finale du High-Roller du Winamax Poker Tour (9ème). Une main en finale, ça compte, non ? Je ne suis donc pas mécontente, même s'il manque la concrétisation de mes objectifs principaux : la victoire d'un tournoi du circuit (que ce soit un Main Event ou un side) et un Top 3 sur un tournoi majeur.

Les WSOP en spectatrice

La saison passée s'est terminée prématurément pour moi avec l'EPT Monaco. Tirer un trait sur le pèlerinage annuel à Las Vegas, en raison de ma grossesse, n'a pas été simple, mais j'en ai profité pour suivre les championnats du monde en spectatrice, comme je le faisais à l'époque quand j'étais une simple amatrice. Ce n'était pas inintéressant, bien au contraire. Je n'ai en effet jamais aussi peu suivi les WSOP que lorsque j'étais à Las Vegas. Le rythme est effréné, les tournois s’enchaînent et on a très peu le temps d'être en ligne pour suivre l'actualité des autres salles. Là, j'ai pu lire des comptes-rendus, regarder les streaming et, finalement, plus travailler mon jeu que si j'étais sur place.

J'ai donc eu tout le temps durant la période des WSOP de "me reposer" (la bonne blague !) mais surtout de réfléchir à la suite de ma carrière. Et c’est avec de nombreux objectifs toujours en tête que je suis déterminée à parcourir le circuit avec la même assiduité. Pour ceux qui se demandent comment cela est possible avec un petit bout, sachez qu'avec de l'organisation (et un papa sympa), tout est possible !

Cette longue pause m'a aussi permis d'atteindre un pic de motivation (qui malheureusement fluctue souvent chez les joueurs) et de combativité. On a beau penser qu'on est toujours au top, une fatigue psychologique et une lassitude peuvent s'installer insidieusement lorsque l'on enchaîne les tournois, à plus grande mesure en l'absence de résultat. Il me tarde de toucher les cartes et je me suis concoctée un très gros programme pour la fin d'année. Un programme qui débutera dans moins de deux semaines pour la reprise de la saison EPT à Barcelone, et m'emmènera bien sûr à Dublin pour le Winamax Poker Open !


O RLY

Une des premières vraies terreurs au féminin de la nouvelle génération. Un talent fou de choc et de charme !

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