Comment gérer une montée de limite

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Lorsqu’on joue en cash-game, au-delà du plaisir procuré, l'objectif est bien sûr de gagner. À travers mes challenges et les conseils donnés dans la Poker School Winamax, vous avez déjà quelques éléments clés pour progresser et devenir un joueur gagnant en basses limites. Il reste néanmoins un élément auquel on ne vous a pas préparé : gérer les montées de limite.

Qui n'a jamais eu cette petite boule au ventre au moment de débarquer sur une table aux blindes inconnues ? Où la taille d'une relance correspond à celle d'un ancien 3-bet et où un simple bluff raté peut vous coûter ce qui représentait deux caves durement gagnées !

Il n'y a pas un joueur qui ne soit pas passé par là. Mais il ne faut pas pour autant se cantonner à sa limite si on souhaite progresser. En respectant une bonne gestion de bankroll, en ayant l'audace de sortir de sa zone de confort et en appliquant les conseils donnés ci-dessous, vous pourrez aborder avec plus de sérénité cet exercice nerveusement difficile qu'est la montée de limite.

L'importance de la gestion de bankroll

Avant toute chose, un bref rappel concernant la gestion de bankroll, car si vous ne maîtrisez pas ce concept, il est inutile d'espérer devenir un joueur gagnant. Gérer son capital alloué au jeu, c'est essentiel. Si vous avez déjà de bonnes notions, je vous conseille d'avoir un minimum de 30 caves pour attaquer une nouvelle limite. Ainsi, si vous avez 50€, ne jouez pas plus haut que les tables dont les blindes s’élèvent à 0,01/0,02€ et où la cave est de 2€. Cela vous permettra de mieux gérer la variance qui vous voit parfois perdre plusieurs caves consécutives, mais aussi d'acquérir de l'expérience sur chaque limite avant de grimper.

Ce tableau vous donnera une indication fiable de la limite à laquelle jouer en fonction de votre bankroll. Ces chiffres ne sont cependant pas à prendre au pied de la lettre : il existe pour gérer votre capital d'autres facteurs à prendre en considération que je vais détailler, mais ils vont permettront néanmoins d'éviter la banqueroute.

Limite Blindes Bankroll
NL2 0,01/0,02€ 50€
NL5 0,02/0,05€ 125€
NL10 0,05/0,10€ 250€
NL20 0,10/0,20€ 500€
NL30 0,15/0,30€ 750€
NL50 0,25/0,50€ 1500€
NL100 0,50/1€ 3000€

Quels sont les autres facteurs à considérer pour gérer sa bankroll et monter de limite sans stresser ?

Il faut savoir reconnaître et accepter son niveau de jeu. Beaucoup de joueurs le surestiment et pensent pouvoir s'asseoir à n'importe quelle table pour rivaliser et battre aisément leurs adversaires. C'est faux ! Si vous n'avez pas d'expérience à une limite, n'espérez pas massacrer vos adversaires d'entrée de jeu. Il vous faudra jouer beaucoup de mains pour apprendre à maîtriser la limite et augmenter votre edge. L'idéal est donc de se faire la main sur des limites basses, avant de monter progressivement une fois que votre niveau de jeu s'est amélioré. Être un joueur gagnant, cela s'apprend. Et ce n'est pas non plus parce que vous respectez une bonne gestion de bankroll que vous serez automatiquement un joueur gagnant. Si vous décidez de vous asseoir en NL20 avec 500€ alors que vous n'avez jamais joué au poker, il y a fort à parier que vous allez tout perdre, même en ayant respecté cette règle. D'où la nécessité de commencer au plus bas, puis d'apprendre et d'améliorer son jeu avant de monter petit à petit sans vouloir brûler les étapes.

Le niveau de vos adversaires va considérablement augmenter à chaque montée de limite, ce qui aura pour conséquence d'augmenter la variance, donc l'amplitude des downswings que vous allez subir. Par exemple, s'il peut être suffisant d'avoir 20 ou 25 caves en réserve pour jouer en NL20, je vous conseille de passer à 30 caves pour attaquer sereinement la NL50. Ainsi, plus la limite est élevée, plus il vous faudra augmenter le nombre de caves en stock pour éviter le risque de ruine.

Tout dépendra également de votre ressenti personnel. Certaines personnes sont à l'aise avec une gestion de bankroll très agressive (montée de limite à 20 caves par exemple, et descente à 15 caves) sans que leur jeu soit affecté. D'autres auront au contraire besoin d'adopter une gestion extrêmement conservatrice et de garder entre 80 et 100 caves de la limite. Pour ma part, j'ai toujours préféré privilégier une gestion plutôt conservatrice, sans aller dans les extrêmes. Pourquoi ? Être scared money (avoir peur des pertes) n'apportera rien de constructif à votre jeu : vous vous mettrez une pression supplémentaire inutile qui affectera votre poker et votre mental de façon négative. À vous de trouver quel matelas de sécurité il vous faut garder pour ne pas être touché par vos pertes, ou du moins l'être à un degré moindre.

Si vous ne respectez pas cette règle, vous risquez également d'avoir plus de mal à redescendre de limite lorsque ce sera nécessaire, car vous aurez tendance à vouloir rattraper vos pertes. Pour l'avoir testée lors de (trop) longues nuits de grind, je peux vous assurer que cette technique est rarement concluante !

Le style de jeu et le format que vous pratiquez aura une influence sur votre gestion de bankroll. Plus vous avez un style de jeu large et agressif, plus vous augmentez vos chances de subir une variance importante. De même, le jeu en heads-up peut augmenter vos swings de façon considérable, tandis que le full ring favorise en revanche une variance plus faible.

Tout dépend de votre statut de joueur. Vous n'aurez pas la même gestion de bankroll si vous êtes un amateur débutant ou un professionnel chevronné. Pour beaucoup de joueurs récréatifs, la gestion de bankroll est inexistante et cela ne leur pose aucun problème. C'est le cas si vous abordez le jeu comme un loisir agréable auquel vous consacrez un certain budget par mois, que vous pouvez perdre sans que vous en soyez affecté. Vous n'avez pas pour but de progresser, de monter de limite, ni même d'être un joueur gagnant, mais simplement de passer un bon moment et de jouer pour vous détendre.

Pour le joueur amateur gagnant qui n'utilise pas le poker comme source de revenu principale, la gestion préconisée ci-dessus est probablement suffisante. Si jamais ce joueur vient à perdre sa bankroll, il ne sera pas pour autant en difficulté.

Pour un joueur professionnel, il est par contre primordial de respecter une gestion de bankroll très stricte et bien plus conservatrice. Lors d'une période de bad run qui peut durer plusieurs mois, vous devez prendre soin de respecter un bon BRM (gestion de bankroll) afin d'avoir suffisamment de ressources pour vous permettre à la fois d'absorber la variance et de couvrir vos besoins personnels chaque mois. Le risque de ruine doit être nul !

Maintenant que vous savez tout à propos de la gestion de bankroll, voici quelques conseils supplémentaires pour mieux gérer la montée de limite :

Vous devez avoir joué suffisamment de mains sur une même limite avant même de songer à monter, même si votre bankroll semble le permettre. Bon nombre de joueurs décident de quitter leur limite actuelle après 10 000 mains, pensant facilement la battre, jusqu'à ce qu'ils se rendent compte un peu trop tard, après un inéluctable bad run, qu'ils n'étaient finalement absolument pas prêts à attaquer cette nouvelle limite. Gardez bien en tête que l'on commence à avoir une idée de son winrate réel à une limite à partir de 50 000 mains, et que celui-ci se précise au bout de 100 000 mains !

Lorsque vous faites vos premiers pas sur une nouvelle limite, il est tout à fait normal de perdre plusieurs caves. N'oubliez pas que vous affrontez des joueurs souvent meilleurs que vous. L'important est de savoir redescendre quand il le faut. En règle générale, je vous conseille de faire un essai dès que vous possédez 20 caves de la limite supérieure, puis de redescendre à 25 caves de la limite inférieure (ou 30 caves, selon la hauteur de la limite). Par exemple, si vous êtes installé en NL30, vous pourrez commencer à faire vos premières armes en NL50 lorsque vous aurez atteint 1000€ de bankroll, mais vous devrez redescendre lorsque vous retomberez à 750€. Vous devrez sans doute répéter cette opération plusieurs fois, mais à force d'entraînement, votre jeu s'améliorera jusqu'à ce que vous atteigniez le niveau de la limite supérieure.

Si vous vous sentez mal à l’aise, peut-être qu'il est trop tôt pour envisager une montée de limite. S'il est toujours intéressant de sortir de sa zone de confort, il ne s'agit pas non plus de jouer dans des conditions qui vous feront avoir une crise cardiaque à chaque pot joué…

Pour finir, n'oubliez pas que chaque parcours est différent et que c'est à vous de vous forger sur les tables selon votre profil de joueur. Bonne chance à tous !


O RLY

Une des premières vraies terreurs au féminin de la nouvelle génération. Un talent fou de choc et de charme !

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